Prince – The Black Album

 

[Extrait]: Le disque enregistré par le ″ Kid de Mineapolis ″ en 1987 devait initialement s’intituler The Funk Bible. Puis, souhaitant être jugé et apprécié uniquement pour la qualité de sa musique, Prince décide sortir l’album de façon totalement anonyme. Pas de nom, sans titre ni crédit et emballé dans une pochette noire. Son intention est éventée au moment de la sortie. Prince exige alors de sa maison de disques que les 500 000 exemplaires du Black Album déjà diffusés fassent l’objet d’un rappel pour être détruits. Quelques galettes échapperont au pilon et valent aujourd’hui une petite fortune. En 2018, l’une d’elles s’est vendue 27 500 dollars. Quant à la version officielle, elle a été publiée le 22 novembre 1994.


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Patrick BETAILLE, mars 2023

Norman Greenbaum – Spirit in the Sky

 

[Extrait]: Après quelques tentatives musicales peu convaincantes avec son groupe Dr. West’s Medicine Show & Jugband, Norman Greenbaum quitte son Massasuchetts natal et part s’installer à Los Angeles où il fait la rencontre d’ Erik Jacobsen, alors producteur à succès des Lovin’ Spoonful. En voyant à la télé un chanteur de country interpréter un gospel, et, inspiré par un riff très marqué par le Refried Boogie de Canned Heat, l’artiste de confession juive décide de composer une chanson à connotation religieuse: Spirit in the Sky. De la vie après la mort il est question. De Dieu également, mais, en terme d’accroche commerciale, Greenbaum préfère évoquer Jésus plutôt que Jehova…

À la grande surprise de Norman et de la maison de disques, le single publié en 1969 connaît un énorme succès international et se retrouve en tête des ventes dans de nombreux pays. Du haut des cieux, les royalties pleuvent mais Norman Greenbaum décide de se retirer. Il s’achète un ranch, se lance dans l’élevage de vaches laitières rapidement mis à mal par un divorce financièrement douloureux…

Quant à Spirit in the Sky, interprétée à l’identique en 1986 par Doctor and the Medics elle caracolera un temps en tête des charts britanniques. Le titre fera aussi partie de la BO de Apollo 13, le film réalisé par Ron Howard en 1995…


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Patrick BETAILLE, mars 2023

Screamin’ Rebel Angels – Heel Grinder

 

Pas une nouveauté en tant que telle puisque le skud dont à propos duquel je vais causer ne date pas de la dernière neige mais plutôt de celle de janvier 2019.

Depuis 2011, les Screamin’ Rebel Angels se sont approprié l’énergie primitive des débuts du rockabilly, l’émotion du rhythm & blues et la sensualité de la Soul des années 1950, et ce, avec une fougue à nulle autre pareille. À la tête de ce ce quatuor new-yorkais originaire de Brooklin, une certaine Laura Palmer qui a bien compris que l’une des règles essentielles c’est d’essayer d’attirer immédiatement l’attention de l’auditeur. Cette meneuse chante, joue de la contrebasse, de la guitare rythmique, écrit les chansons, conçoit les illustrations et ne mout pas le café; ça c’est plutôt le boulot de Brian Hack, virtuose pourvoyeur de solos de son état. La première chose qui frappe à l’écoute de Heel Grinder (NDLR: Meuleuse de Talons Hauts), le deuxième long play, c’est la voix de Laura, parfois ponctuée de ″Wooo″ à la Little Richard, qui par moments donne l’impression qu’elle est prête pour la baston. Oooh my Sooooul! Elle grogne, vocifère, le ton est si puissant et rugueux qu’on en arriverait facilement à envisager ce qui aurait pu se passer si Bessie Smith avait eu l’occasion d’assurer les lead vocals au sein des Cramps. Voix unique de palmer, virtuosité de Hack, cogne précise de Sean O’Connell et slaps percutants de la miss à la contrebasse; la magie opère et à partir de là tout décolle à un rythme effréné en flirtant avec un psychobilly post punk jouissif que ne renierait pas le Révérend Horton Heat. Si la plupart des 13 titres carburent au nitrométhane, certains comme  Brassy Brown, Sweet  Petunia ou Something on Your Mind font preuve d’exception avec une baisse de tempo qui ne nuit en rien à la fougue et à la cohérence de l’ensemble. Cet album bourré de mélodies et de rythmes est une pépite de revival stupéfiant d’authenticité et de classe. Parfois, le rock, le vrai, bande encore et il n’a rien à devoir aux médias trop occupés à faire l’article de la soupe auto-tunée. Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir et volupté que je vous offre de quoi vous décrasser les esgourdes!

 

Steam – Na Na, Hey Hey, Kiss him Goodbye

[Extrait]: Au début des années soixante, les musiciens des Glenwoods – un groupe de doo-wop du Connecticut – gravent un shuffle intitulé Kiss Him Goodbye qui fait un flop. Séparation en 1969 suite au départ pour New York de deux des membres de la formation. Là-bas, Paul Leka en tant que pianiste et producteur, Gary DeCarlo en tant que composteur-musicien-interprète, entrent en studio et enregistrent 4 titres. Mercury Records est aux anges et souhaite concrétiser la démarche en publiant l’ensemble en face A de singles distinct. Se pose alors la question de savoir que mettre en Face B du premier single. Leka et DeCarlo ressuscitent l’ancienne chanson des Glenwoods.

En l’état, Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye est trop court, à peine plus de 1’30; décision est prise d’ajouter un refrain et un long break de percussions pour atteindre la norme des 3’45…

Lorsque la maison de disques entend le résultat enregistré en une seule cession, elle décide de la publication du titre en tant que Face A. Dans un premier temps les musiciens refusent. Un compromis voit le jour et Mercury propose d’éditer la chanson via sa filiale Fontana. Ne voulant voir apparaître aucun nom, le trio accepte toutefois qu’elle sorte sous le nom fictif de Steam

Quant aux paroles, elles racontent l’histoire d’un mec qui essaie de convaincre la fille dont il est amoureux de quitter son copain du moment pour venir le rejoindre… Na Na Hey Hey Kiss Him Goodbye sort en novembre 1969, passe deux semaines à la première place du Billboard Hot 100 aux Etats-Unis et devient un hit mondial qui se soldera par le statut de multi-platine grâce à plus de 2 millions d’exemplaires vendus. Steam n’a jamais connu d’autres succès…


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Patrick BETAILLE, février 2023

David Bowie – Halloween Jack

 

[Extrait]: Conséquence de plusieurs projets avortés (dont une adaptation musicale du roman 1984 de George Orwel), le huitième album de David Bowie paru en 1974 reste basé sur l’étrange. Tout en s’écartant du glitter rock, Diamond Dogs devient une descente aux enfers post-apocalyptiques où se côtoient des personnages étranges. Parmi eux, Halloween Jack, une créature mi-homme, mi-chien, dessinée par l’artiste belge Guy Peellaert. L’illustration sera assombrie au bon endroit afin de masquer les parties génitales de la créature thérianthrope.


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Patrick BETAILLE, février 2023

Forbes – Le Rock à l’heure des Comptes

 

Selon le classement annuel publié par le magazine américain Forbes, 1,3 milliard de dollars c’est la somme générée l’an dernier par les 10 créateurs et musiciens les mieux rémunérés en 2022, . Un top 10 dans lequel se côtoient groupes de rock, acteurs, réalisateurs ou scénaristes et dont la première place revient à Peter Jackson, réalisateur du Seigneur des Anneaux et de Get Back, le documentaire consacré au Beatles.

Honneur cette année aux musiciens et notamment à quelques légendes du rock, puisque le podium accueille sur ses deux premières marches Genesis et Sting. Les Rolling Stones, quant à eux, ont atteint la septième place.

Genesis: 230 M$. Le groupe de Phil Collins a bouclé l’an dernier sa tournée d’adieu, The Last Domino Tour, riche d’une cinquantaine de dates en Amérique du Nord et en Europe. Mais la fortune amassée en 2022 est principalement liée à la vente, en septembre dernier, de son catalogue pour la somme de 300 millions de dollars.

Sting: 210 M$. Même tabac pour l’ex policeman qui poursuit sa tournée mondiale Sting My Song Tour. Il également récolté 300 millions de dollars pour la vente de son catalogue à Universal Music.

The Rolling Stones: 98 M$. Septième et honorable place de ce classement pour les increvables Stones. Sans avoir fourgué leur répertoire ils peuvent s’enorgueillir d’avoir engranger près de 100 millions de dollars l’an dernier, à l’ancienne. La  tournée Sixty Tour marquant les 60 ans du groupe, a rapporté en moyenne 8,5 millions de dollars par concert.

Money! You get a good job with more pay and you’re okay. Du fric ! Tu as un bon boulot avec un salaire énorme et tout va bien″ [Roger Waters – Money: extrait]

Patrick BETAILLE, février 2023

The Troggs – Wild Thing

 

[Extrait]: De tous les groupes de la British Invasion, aucun ne mérite mieux l’estampille proto-punk que The Troggs – un groupe originaire du Hampshire en Angleterre – qui, sur la scène du Swinging London, avait pour habitude de revendiquer haut et fort ses origines prolétariennes. C’est Reg Presley qui en 1964 fonde les Troglodytes. Un soir de concert, Larry Page – l’ex manager des Kinks – entend l’interprétation saisissante du You Really Got me de ses anciens poulains par le quatuor auquel il fait immédiatement une proposition de management. Le groupe accepte et un contrat avec CBS est signé peu après. Ce faisant les Troglodytes deviennent The Troggs. Un premier single voit le jour dans l’indifférence la plus totale. L’accord avec la maison de disques ne portant que sur un seul 45 tours, le manager fait des pieds et des mains et finit par décrocher un nouvel accord avec Fontana.

Peu convaincu, à tort, par les talents de compositeur de Presley et de ses hommes des cavernes, Page leur propose deux reprises: Did You Ever Have To Make Up Your Mind des Lovin’ Spoonful ou Wild Thing des Wild Ones, une chanson composée en 1965 par un certain Chip Taylor. Vendue! Direction le studio. Les musiciens profitent des 45 minutes de rab d’une cession en cours et, en 20 minutes, bouclent le titre et celui qui deviendra leur prochain hit: With A Girl Like You, tous deux mixés en direct pendant l’enregistrement. Le single sort en avril 1966, illustration parfaite de ce qu’une interprétation sur 3 accords et pliée dans l’urgence peut faire d’une compo somme toute banale. D’entrée, certains programmateurs radio se font tirer par la manche pour accepter de diffuser un morceau dont les paroles à double sens flirtent allègrement avec la lubricité…

En mai Wild Thing est N°2 au hit parade britannique et atteint la première place du Hot 100 aux États-Unis en juillet. En juin 1967 Jimi Hendrix met le public du Monterey Pop festival sur le cul avec sa reprise à la fin de laquelle il immole sa Stratocaster par le feu.


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Patrick BETAILLE, février 2023

Golden Earring – Moontan

 

[Extrait]: Formé en 1961 à La Haye, Golden Earring connaît très vite le succès. Entre 1969 et 1984, le groupe effectue de nombreuses tournées en Amérique. Durant cette période ils jouent avec Santana, King Crimson, Led Zeppelin, Kiss, Rush, Aerosmith et Jimi Hendrix. Moontan est leur neuvième album studio. Diffusé par Polydor en 1973, il renferme entre autres titres celui qui deviendra le plus grand succès international des bataves : Radar Love. À partir d’une photo de Ronnie Hertz, c’est une danseuse de cabaret qui tient lieu d’illustration. La Bluebell girl emplumée et lascive pose nue. Aux États-Unis, l’image est rapidement censurée. À sa place c’est désormais un gros plan sur une oreille arborant sur son lobe une créole étiquetée  » Golden Earring « .


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Patrick BETAILLE, février 2023

Question Mark & The Mysterians – 96 Tears

 

[Extrait]: Ce groupe a été formé en 1964, quelque part dans le Michigan. À sa tête un gus qui avait compris que pour l’on parle de lui il fallait entretenir un certain mystère. Pour preuve: sa première formation se nommait XYZ, la suivante, The Mysterians, composée de musiciens immigrés hispaniques qui avaient quitté leur Texas et leur Mexique natals. Peu s’en faut pour déduire que  le ″? ″ ne serve qu’à cacher un pseudo, celui de Rudy Martinez qui, pour entretenir le questionnement, ne quittait jamais ses lunettes de soleil… Après deux années de concerts sans succès, ? and The Mysterians sont signés sur un minuscule label local et, sans le vouloir, se retrouvent à l’origine d’un immense tube. 96 Tears parait en août 1966. Tiré à 750 exemplaires il devient très vite le chouchou des radios du coin. Dans la foulée, les droits son rachetés par Neil Bogart pour que le single bénéficie d’une écoute nationale, s’écoule à un million d’exemplaires, devienne N°1 aux Etats-Unis en octobre et entre dans les hits parade européens. Des larmes, d’accord, mais pourquoi 96? Bonne question! Merci de l’avoir posée, à Martinez notamment qui refusait d’y répondre sous prétexte de signification ésotérique qu’il refusait de dévoiler. Il faut dire que le mec était quelque peu barré. Il prétendait venir de la planète Mars, avoir vu les dinosaures et être persuadé qu’il reviendrait dans 10 000 ans pour interpréter à nouveau sa chanson. Des larmes donc, celle du gus qui vient de se faire larguer par sa copine et promet de se venger…
Quant à la mélodie, simplissime. Sur un orgue Vox Continental, deux accords obsédants qui scandent l’intégralité de la chanson. Quelques temps plus tard, 96 Tears se verra attribuer pour la première fois le qualificatif de ″punk rock″ par Creem Magazine et sera reprise de nombreuse fois: Aretha Franklin, The Residents, Thelma Houston, Garland Jeffreys, Suicide, The Stranglers, Iggy Pop, et, en France, par The Dogs.


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Patrick BETAILLE, février 2023

Pink Floyd – Endless Story

© Photos • David Gilmour: Ross Halfin – Roger Waters: Alfredo Estrella/AFP

 

C’est de notoriété publique, depuis une quarantaine d’années il y a de l’eau dans le gaz entre David Gilmour et Roger Waters. Luttes d’égos, dissensions, évictions de musiciens, dissolution, réunions, procès, etc. Ce ne sont pas les motifs qui manquent pour entretenir cette Endless Story qui n’a plus rien de psychédélique au cœur de la saga floydienne.

Aujourd’hui, Polly Samson s’invite dans le débat. Journaliste, écrivaine, elle est aussi, depuis 1994, l’épouse du guitariste David Gilmour et elle a contribué à l’écriture de 7 des 11 titres de The Division Bell et la moitié de Rattle That Lock, l’album de David paru en 2015. ″ Malheureusement, Roger tu es antisémite jusqu’à la moelle ″ a récemment écrit Samson sur Twitter. ″ Tu es aussi un apologiste de Poutine, un menteur, un voleur, un hypocrite, un évadé fiscal, un chanteur de play-back, un misogyne, un envieux, un mégalomane. Tes conneries ça suffit ″. Ça c’est fait! Gilmour a retweeté le message en ajoutant: ″ Chaque mot est indiscutablement exact ″. De son côté, Waters réfute et gamberge sur la suite à donner…