Richard Gotainer – Saperlipopette!

Saperlipopette or not Sapelipopette

Saperlipopette (Or not Saperlipopette)! Richard Gotainer, le maître de l’humour, de la grossièreté érudite, le Gotlib de la chanson française est de retour. 10 ans que le binoclard fantasque ne nous avait pas titillé les zygomatiques. ″ Quoi de plus savoureux, de plus jubilatoire qu’un gros mot bien juteux pour fleurir une histoire, d’une couille bien placée, d’un trou de balle bien senti, et la phrase étriquée se transmute en saillie ″. Le ton est donné. Fidèle à son goût pour les propos acerbes, les satires ironiques et la tournure alambiquée, le trublion déjanté signe 9 textes riches et délicieux mis en musique par Michael Lapie. Les ambiances musicales tantôt rock ou électro, parfois baroques collent à merveille aux propos truculents sur l’amour, la politique, la société et bien sûr les mots. Sapristi nom de nom, que le grand cric me croque, cet album est le meilleur depuis Chants Zazous ou celui que vous voulez.

Patrick BETAILLE, juillet 2018

Sixties – 45 tours de France

France: Les Yéyés

[Extrait]: Je vous parle d’un temps… Le Swinging London s’ébroue au son des Beatles, Animals, Manfred Mann, Herman’s Hermits, Rolling Stones, Troggs, Who, Kinks et même Donovan ou Petula Clark. Pendant ce temps là, de l’autre côté du Channel, Christophe construit Les Marionnettes, Pascal Danel se balade sur La Plage aux Romantiques et Joe Dassin est à la bourre mais y’a du soleil: Bip Bip!. Larguée, Sheila a des envie de meurtre et tire à vue: Bang Bang! Françoise Hardy raconte La maison où j’ai grandi pendant que Claude Nougaro martèle bidon Bidonville et que Charles Aznavour compose avec La Bohème. Michel Polnareff n’a pas encore montré son cul mais il se demande: Sous quelle étoile suis je né? Tout nu dans son bain Jacques Dutronc pense et oublie: Et Moi et Moi et Moi dit il, c’est la vie, c’est la vie! Hugues Aufray papote avec sa sœur Céline. Richard Antony revendique La Terre Promise mais Dick Rivers, lui, préfère le Twist à St Tropez. Avec Eddy Mitchell Il y a Toujours un coin qui me rappelle alors que pour Claude François c’est Comme d’habitude. Georges Brassens y va de sa Supplique pour être enterré sur la plage de Sète. Lassé d’attendre Madeleine, Jacques Brel fait ses adieux alors que Serge Gainsbourg et Brigitte Bardot jouent à Bonnie & Clyde. Sylvie Vartan embarque Carlos pour 2’35 de bonheur et Dalida prodigue de judicieux conseils à son Bambino. Nino Ferrer prend son Téléfon pour prévenir Henri Salvador que Zorro est arrivé. Adepte des cheveux long, Evariste se justifie: Si j’ai les cheveux longs c’est pour pas m’enrhumer. Au cours de ses Élucubrations Antoine veut enfermer  Johnny dans un cirque; Cheveux longs Idées courtes lui répond Halliday qui n’en finit plus de gueuler Noir c’est noir! Pas très wok & woll tout ça! La jeunesse hexagonale finit par découvrir Bob Dylan et Jimmy Hendrix en goguette à l’Olympia, surfe sur la déferlante venue d’outre Manche et délaisse de plus en plus ses idoles Yéyé. Boudée, l’industrie du disque connait une de ses premières crises et tente de la résoudre en mettant sur le marché le 45 Tours 2 titres moins cher à produire et commercialement plus accessible que le 45 Tours 4 titres dont les ventes connaissent une baisse vertigineuse. Ex fan des sixties où sont tes idoles?


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, Juillet 2017

The Mama’s & The Papa’s – Aux chiottes!

If you can believe your eyes and ears

[Extrait]: On se demande à quoi carburaient les californiens de The Mama’s & The Papa’s pour accepter de poser entassés dans une baignoire afin d’illustrer la jaquette de leur premier album. D’une incroyable laideur, le cover art de If You Can believe Your Eyes and Ears sorti en 1966 marque les esprits mais s’attire aussi les foudres de la censure. On aurait pu penser  que la photo représentait un danger en tant qu’incitation à une débauche chère au mouvement Hippie de l’époque mais non! C’est bien la présence d’un banal goguenot à côté de la baignoire qui a fait crier à l’indécence. Ainsi, deux ans avant le Beggars Banquet des Stones, le groupe de Cass Elliot doit affronter les puritains pour finalement se voir obligé de coller un sticker sur l’album afin de dissimuler l’objet du délit. Flush!

Patrick BETAILLE, juin 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


HellFest 2018 – Voyage au bout de l’Enfer

War Zone HellFest23 millions de budget pour la treizième édition de ce raout métallique qui chaque année attire de plus en plus de fans de Metal. Malgré un Pass 3 jours à 200 euros le public répond présent au festival le plus cher de France et, sans même connaitre l’affiche définitive, en l’espace de 30 heures se porte acquéreur des 55 000 Pass. Fiers de cette confiance et de cette adhésion massive, les organisateurs du Hellfest sont aux petits soins avec ces 200.000 spectateurs qui se déplacent pour assister aux prestations des 160 groupes qui se partagent les 6 scènes du festival de l’Enfer. ″Chez nous, chaque euro gagné est réinvesti pour le confort des festivaliers et ils s’en rendent compte″, précise Ben Barbaud cofondateur de la manifestation. Ainsi en 2017 ont été installés la fibre optique pour les écrans géants et 4 km de conduites enterrées pour alimenter les bars qui débitent quelques 393 000 litres de bière, soit l’équivalent de 1.5 millions de demis. Pour l’édition 2018 le staff a pavé les devants de scènes et mis en œuvre le ″Cashless″, un portefeuille électronique intégré à la puce du bracelet d’entrée, destiné aux paiements des achats de nourriture et de boissons. Rien n’est trop beau pour satisfaire les festivaliers, et c’était aussi l’une des nouveautés du moment: deux immenses arches déversant de l’eau qui, en plus de rafraichir, affichent en filigrane le nom et le logo du festival. Avec ses décors gigantesques à la Mad Max, ses sculptures monumentales, son cénotaphe à la mémoire de Lemmy, ses effets pyrotechniques, son merchandising et son public friand de costumes délirants, le Hellfest a acquis une réputation qui va désormais au-delà des frontières puisque, parait il, un quart des festivaliers vient de l’étranger. L’édition 2018 à peine achevée, les organisateurs du Hellfest ont révélé que Manowar, Mass Hysteria, et Slayer seront à Clisson en 2019… Par contre Christine Boutin et Philippe Devilliers ont déclaré forfait, eux. Étonnant non?

Patrick BETAILLE, juin 2018

 

HMV – Nipper, La Voix de son Maitre

Nipper, His Master's Voice

 

His Master’s Voice (HMV en abrégé), connu en France sous le nom de La voix de son maître, est un label musical anglais appartenant au groupe EMI. En 1885, dix ans après le cylindre de phonographe de Charles Cros, Emile Berliner développe un support d’enregistrement plat et son appareil de lecture. C’est l’avènement du disque et du gramophone. L’inventeur souhaite une image accrocheuse pour promouvoir sa découverte et il fait appel à son ami peintre Francis Barraud. Dans son atelier, l’artiste s’inspire de son chien Nipper qui, intrigué, tend l’oreille vers les sons qui sortent du pavillon du gramophone. L’image de ″La Voix de son Maître″ est née pour devenir l’un des logos les plus célèbres de l’histoire de la publicité. Dans les années 50, après avoir traversé plusieurs décennies, le petit terrier aux oreilles pointues se retrouve au beau milieu des microsillons. Au cours des années 70, quand la firme adopte l’appellation de EMI La Voix de son Maître puis Pathé Marconi EMI il se voit réduit au rang de petite vignette. En 1990 EMI abandonne toute référence à Pathé Marconi et prend le nom de EMI France. En Grande-Bretagne, le label HMV est délaissé et c’est l’étiquette EMI Classics qui prend la relève. Woof! Couché Nipper!

Patrick BETAILLE, juin 2018

Jared James Nichols – Black Magic

Jared James Nichols Heavy Blues Rock

Après un prometteur un Old glory and the Wild Revival sorti en 2015 revoici Jared James Nichols avec un deuxième essai moins speed mais tout aussi pêchu. Avec ses acolytes Erik Sandin (basse) et Dennis Holm (drums), le guitariste américain reste fidèle au modèle du genre. A la ville, le Power Trio brûle les planches avec Zakk Wylde, Glen Hughes ou Lynyrd Skynyrd et en studio les chevelus malmènent les consoles en peaufinant leur répertoire stéroïdé. Plus varié et moins bourrin que le premier opus, globalement le nouvel album offre néanmoins 10 titres bougrement efficaces. Même teinté de slide, de gospel, de funk ou de talkbox, le répertoire fait bien évidemment la part belle au guitariste dont le jeu pourrait consister en un savant mélange de Ted Nugent pas encore végétarien et de Billy Gibbons sur 380 triphasé. Amateurs du genre foncez, Black Magic n’ est pas un album de technicien mais celui d’un virtuose qui a su faire sienne la magie énergique et déjantée du Heavy Blues Rock born in the 70’s et qui sur scène affiche sans vergogne une efficacité redoutable. Jugez plutôt: Blackstar Basement Session!

Patrick BETAILLE, juin 2018

Paul Whitehead – Genesis

Depuis les années 70, Paul Whitehead, peintre et graphiste britannique, reste associé aux jaquettes des albums de Van der Graaf Generator et Peter Hammill mais aussi et surtout de Genesis.
 
Paul Whitehead Trespass
 
 

Graphiquement parlant, Trespass, deuxième album du groupe sorti en 1970, est sans doute le plus surprenant. Dans un décor médiéval on y voit un angelot (l’Amour?) en train d’observer un couple en pleine contemplation du monde extérieur. Un trait noir barre l’image et lorsque la jaquette est dépliée il apparait que c’est un poignard qui est à l’origine de cette balafre. Dixit Whitehead, cette rupture entre le côté bucolique du dessin et la déchirure du couteau correspond au fait que l’ambiance paisible qui domine l’ensemble des compositions est brusquement mise à bas par The Knife, un titre éminemment plus pêchu et accrocheur.

 
 
Paul Whitehead Foxtrot
 
 

Trespass, le flamboyant Nursery Crime (1971) et l’envoutant Foxtrot (1972) resteront à jamais  les marqueurs d’une époque créative au cours de laquelle expression picturale et compositions musicales cohabitaient étroitement. Ainsi, la femme-renard de Foxtrot inspira Peter Gabriel qui fit vivre le personnage sur scène portant une robe rouge et masque de renard.[ Site Officiel Paul Whitehead! ]

 
Patrick BETAILLE, juin 2018

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Mati Klarwein & Santana – Abraxas

Mati Klarwein Abraxas Santana

[Extrait]: Mati Klarwein est assurément l’un des grands peintres du mouvement psychédélique. Allemand d’origine, cet élève des Beaux Arts de Paris s’initie au Surréalisme aux côtés de Fernand Léger et fait la connaissance de Salvatore Dali avec qui il se lie d’amitié. Installé en France il développe son propre style figuratif… L’un des exemples les plus représentatifs de la démarche de l’artiste restera à jamais un concept élaboré en 1961: Aleph Sancturay aussi appelé ″Le Temple de toutes les Religions″. En 1970, Carlos Santana vient de terminer l’enregistrement de son deuxième album et il tombe sur la reproduction de l’un des volets de l’œuvre en question: The Annunciation. On y voit une Vierge Marie à la peau noire, nue, le sexe caché par une colombe, symbole de virginité. L’ange Gabriel participe lui aussi à cette Annonciation revisitée en déboulant tatoué, à califourchon sur un conga et pointant le doigt vers un motif qui n’est autre que Aleph, la première lettre de l’alphabet hébreu signifiant ″ commencement ″. Quant aux Rois Mages, ils sont représentés par des danseurs africains en compagnie de l’artiste lui même. Séduit par le concept et les symboles, Carlos décide que l’image sera le cover art d’ Abraxas… Le disque aura un succès planétaire et il fera connaitre dans le monde entier Mati Klarwein qui travaillera aussi pour Miles Davis (Bitches Brew), Brian Eno, Greg Allman etc… Tout ça grâce à la Black Magic Woman!

Patrick BETAILLE, juin 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Joe Bonamassa – British Blues Explosion

CD1: Beck’s Bolero/Rice Pudding. Mainline Florida. Boogie With Stu. Let Me Love You Baby. Plynth (Water Down The Drain). Spanish Boots. Double Crossing Time. Motherless Children.
CD2: SWLABR. Tea For One/I Can’t Quit You Baby. Little Girl. Pretending. Black Winter/Django. How Many More Times.

Joe Bonamassa LiveNon! Il ne s’agit pas d’une compilation du meilleur de ce qu’a produit le Blues Boom des années 60-70. Ce concert au Old Royal Naval College de Greenwich a été enregistré en 2016 et consiste en un hommage aux maîtres de la dite période: Jeff Beck, Jimmy Page, Eric Clapton et John Mayall, et par conséquence Cream, Led Zeppelin et autres Bluesbreakers sont à l’honneur. Aux commandes le boulimique Joe Bonamassa, le king of the Blues Rock himself, champion du monde toutes catégories de la production d’enregistrements live et de contributions diverses et variées. Le résultat est incontestablement imparable, aussi bien au niveau du fond que de la forme. Le choix des titres est judicieux, la qualité artistique est là, l’exécution est millimétrée, le son excellent et la production au top. De quoi ravir les fans pour qui ce énième live sera incontournable, indispensable et plus, puisque affinité. Les autres trouveront là une belle opportunité de redécouvrir les versions originales d’une époque ô combien furieusement emblématique car globalement la prestation manque un tant soit peu d’âme et de spontanéité. L’ensemble est un peu trop propre, un peu trop formaté, un peu trop linéaire et au final on est quand même bien loin de la folie des premiers enregistrements publics du guitariste. Dommage, mais bon, faute de mieux on prend! Joe Bonamassa ne tente pas de réinventer le Blues Rock, il est le putain de Blues Rock. British Blues Explosion est disponible en double Cd, Dvd et BlueRay bonussés et triple Vinyl colorisé, comme la jaquette qui pique les yeux.

PB, juin 2018

Eastwood Guitars – Crestwood Astral II

Eastwood Guitars Crestwood Astral II

 

La désignation  Hollow Body  s’applique à des guitares à corps creux. Les premiers modèles sont fabriqués dès 1930 afin de répondre aux exigences des musiciens de jazz qui ont besoin d’un volume sonore important. Au cours des 70’s, après maintes évolutions techniques, c’est la la Gibson ES-335 qui marque à jamais les esprits, grâce notamment à Chuck Berry ou Alvin Lee. D’autres marques ont occupé, avec plus ou moins de succès et de bonheur, le créneau de la Hollow Body. Parmi elles, Epiphone et Gretsch bien sûr, mais aussi Hofner ou Ibanez et bien d’autres. Depuis 2001 la société canadienne Eastwood Guitars a investi le marché en proposant des fac-similés de guitares électriques vintage. Ces guitares, fabriquées en Corée du Sud, sont vendues sous les marques Eastwood et Airline. Aujourd’hui et via un financement participatif, Eastwood a décidé de rendre hommage à Jack White en sortant la Crestwood Astral II, une copie de l’instrument que l’on peut entendre sur les premiers enregistrements des White Stripes, bien avant que Jack ne tombe amoureux de sa Airline fabriquée à l’époque aux USA par Valco et aujourd’hui également répliquée par Eastwood qui en a acquis les droits.