Bonne nouvelle! Brian Setzer (guitare, chant), Lee Rocker (contrebasse) et Slim Jim Phantom (batterie) sont de retour. La formation originale du légendaire trio qui, en traversant le désert musical des années 80, avait redonné au Rockabilly ses lettres de noblesse, revient après 26 ans d’absence discographique. 12 nouveaux titres viendront célébrer le 40ème anniversaire de la formation. Cerise sur la banane, une tournée mondiale qui passera par la France est d’ores et déjà planifiée. Avis aux amateurs de Creepers, de Gomina et surtout de zique qui fait sortir les bijoux de famille par les oreilles, les Stray Cats ressortiront leurs griffes lors des concerts prévus entre autres à l’American Tours Festival de Tours le 6 juillet, aux Eurockéennes de Belfort le 7 juillet et au Musilac Festival d’Aix-Les-Bains le 13 juillet! En attendant et pour se mettre dans l’ambiance, un extrait de l’album intitulé ″40″ à paraître en mai: Cat fight!
[Extrait]: En août 1968, arrive dans les bacs l’un des disques les plus emblématiques de l’histoire du Rock : Cheap Thrills de Big Brother and the Holding Company avec, depuis juin 1966, Janis Joplin au chant. Le triomphe est aussi inattendu que total. Personne ne sait alors ce qui se cache derrière cette œuvre magistrale. À sa sortie, le disque est annoncé comme étant le premier de la formation. Dans les faits, un précédent opus a déjà été produit sur un petit label local mais son succès n’est pas allé au delà de la baie de San Francisco. Fans des comics underground, Janis et son groupe décident de faire appel à Robert Crumb pour le cover art. Le dessinateur se met au travail et finalise un projet jugé trop classique par la maison de disques. En pleine période Flower Power, Columbia souhaite plutôt une photo du groupe dans le plus pur style hippie californien du moment…
Durant la séance photos, Pearl et les musiciens picolent énormément, consomment diverses drogues, font la fête et l’ambiance kitsch du studio dégénère rapidement en un bordel sans nom où tout ce beau monde délire dans le plus simple appareil. Il fallait s’y attendre, aucune photo n’est vraiment exploitable. Le temps presse. Au final, Janis parvient à imposer le dessin de Robert Crumb, prévu au départ pour le verso, en tant que recto de l’album. Il s’agit d’une bande dessinée criarde composée d’un patchwork de visuels annonçant titres et crédits sous forme de bulles. Sur la jaquette, un fac-similé de sticker mentionne en blanc sur fond noir un » Approved by Hell’s Angels Frisco « . Ennemis jurés, Hell’s Angels et Hippies ne s’apprécient guère. Ils se rejoignent néanmoins autour des mêmes valeurs que sont la marginalité, la route, le sexe et le LSD… Pour son travail, Robert Crumb a touché quelques 600 dollars. Il se raconte toutefois que, pour tout dédommagement, l’artiste n’eut que le droit de toucher les seins de Janis. L’album, qui à l’origine devait s’intituler Dope, Sex and Cheap Thrills (Drogues, Sexe et frissons bon marché), se retrouve classé en tête du Billboard pendant huit semaines et y restera presque deux ans. Aujourd’hui encore, Cheap Thrills reste l’un des témoignages les plus fulgurants du blues psychédélique californien, notamment grâce à une interprétation viscérale et inoubliable du titre composé en son temps par George Gershwin pour l’opéra Porgy and Bess : Summertime !
Patrick BETAILLE, mars 2019
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
[Source Blues Web]: Joanna Connor voit le jour en 1962 du côté de Brooklin. Elle passe son enfance dans le Massachusetts et se retrouve très tôt baigné dans le Blues des albums de Taj Mahal et Jimi Hendrix que sa mère écoute à longueur de journée. Elle reçoit sa première guitare à 7 ans et adolescente elle forme plusieurs groupes à la High School qu’elle fréquente. Elle devient professionnelle en 1981, elle a 19 ans. En octobre 84 elle s’installe à Chicago et se retrouve au sein de The 43rd Street Blues Band, le groupe du guitariste Dion Payton. Joanna ravage littéralement les bars blues de la région avec ses solos de slide incendiaires et sa voix écorchée. Très vite sa réputation grandit allant jusqu’à la faire remarquer lors d’une prestation éblouissante quand elle assure derrière Payton pendant le concert au Chicago Blues Festival de 1987. Le signal est donné. La guitariste est prête et se sent capable de sillonner les Etats-Unis avec son propre groupe. Son premier album Believe It sort sur Blind Pig en 89 et un critique musical du Chicago Magazine décrit l’artiste comme ″ le nouveau talent le plus excitant de la scène blues ″. La même année, les lecteurs du magazine américain Guitar, la classent parmi les trois ″ leading female guitar players ″ de l’année reconnaissant en elle ″ the spirit of Freddy King ″. Elle reçoit également les félicitations de Buddy Guy, d’Otis Rush et de Jimmy Page. La dame enregistre ensuite plusieurs albums, notamment Living On The Road, Rock’n Roll Gipsy et Big Girl Blues. Sur Six String Stories paru en 2016, son style continue de s’affirmer sur des titres essentiellement Blues et Blues Rock, parfois teintés de Jazz mais toujours imprégnés de son jeu de slide guitar fulgurant. Alors bien sûr question physique et look vestimentaire nous sommes bien loin des canons guitaristiques à la Joanne Shaw Taylor ou Ana Popovic. Qu’importe! La Big Girl Blues n’a pas besoin de ça. Son talent a largement de quoi faire pâlir d’envie le haut du panier de la guitare au féminin. C’est sur scène, quand explosent une spontanéité, une énergie, une décontraction et une efficacité sans pareilles que Joanna Connor est inégalable, y compris lorsqu’elle s’exprime en petit comité lors d’une BBQ party. Hallucinant!
[Extrait]: ″Kick out the Jams motherfuckers or get off the stage″ (Envoie la sauce enfoiré ou barre toi de la scène!) C’est par ces mots que Rob Tyner (chant), accompagné des guitaristes Fred Sonic Smith et Wayne Kramer, avait pour habitude de harceler les groupes qui partageaient la scène avec lui. Régulièrement, la formation du Michigan se faisait arrêter pour violences, obscénités ou grossièretés; parfois même, les musiciens n’avaient même pas le temps de monter sur scène que le police était déjà à la manœuvre. Le premier album du MC5 sort en février 1969 sur le label Elektra. C’est un live enregistré les 30 et 31 octobre 1968 au Grand Ballroom de Detroit lors de la fête d’Halloween. Protopunk par excellence, ce disque comporte entre autres titres ravageurs Ramblin Rose, Rama Lama Fa Fa Fa et Starship. Figure aussi Kick out the jams qui donne son titre à l’album et qui devient l’objet de nombreuses polémiques, notamment avec la maison de disque qui d’emblée impose une version édulcorée sur laquelle ″ Motherfuckers ″ est remplacé par ″ Brothers’n’Sisters ″. Le terme ″fuck″, lui, reste présent sur l’intérieur de la pochette qui sera rapidement censurée. Pour ne rien arranger, le célèbre journaliste musical Lester Bangs, écrit dans Rolling Stone que le disque est ″ ridicule, ennuyeux et prétentieux ″. Dès lors, certains disquaires refusent de vendre l’album allant même jusqu’à menacer le label de stopper les ventes de tous ses artistes. Craignant pour la discographie des Doors, eux aussi au catalogue, Elektra prend la décision de se séparer du groupe. Brûlot live sans concession, Kick out the jams, marquera définitivement l’histoire de la musique rock. Les 8 titres rendent compte sans fioriture de la provocation, de la puissance et de la sauvagerie des prestations scéniques du Motor City 5, par ailleurs magnifiquement représentées sur la jaquette réalisée à partir de clichés du photographe Joel Brodsky. ″ And right now… right now… right now, it’s time to… kick out the jams, motherfuckers ″!
Cinquantenaire oblige, retour sur une année politiquement bouleversante, socialement agitée, culturellement créative et musicalement prolixe: 1969! Le Concorde décolle, De Gaulle démissionne, le Vietnam est en feu, Denis Hopper débarque au Festival de Cannes avec Easy Rider, la lune se fait piétiner, le sang coule en Irlande du Nord et Jack Kerouac disparaît. Mais pendant ce temps là…
… Le 12 janvier, parution du 1er album de Led Zeppelin. Page, Plant, Jones & Bonham brandissent les tables de la loi du Hard Rock. Le 30 janvier les Beatles donnent leur dernier concert sur le toit des locaux d’Apple à Londres.
Le 1er mars Jim Morrison est arrêté pour outrage public lors d’un concert à Miami. En avril, Bob Dylan avec Nashville Skyline et Neil Young avec Everybody Knows, réinventent la Country Music. À la même époque Joe Cocker convoque Page, Winwood et Stainton pour son With a little help from my friends.
Joli mois de mai avec le premier opéra rock des Who. Pete Townsend met en scène Tommy, un ado perturbé, sourd et aveugle qui devient champion de flipper. Crosby, Stills & Nash, eux, établissent les fondements d’un rock californien sur fond d’harmonies vocales et de guitares lyriques.
Le 1er juin The Jeff Beck Group publie Beck-Ola. Jeff improvise, Rod Stewart chante Elvis, Nicky Hopkins pianote et Ron Wood tient la basse. Le 3 juillet Brian Jones est retrouvé mort dans sa piscine et le 21, sur les ruines de Cream, Eric Clapton forme Blind Faith avec Steve Winwood, Ginger Baker et Ric Grech. Juillet c’est aussi la Soft Parade pour les Doors, l’album le plus atypique du groupe. Punk avant l’heure, Iggy Pop déballe ses outrances le 5 août à la tête des Stooges. 500.000 spectateurs, 3 morts (1 overdose, 1 accident de tracteur, 1 péritonite), 4 fausses couches, 2 naissances; c’est le bilan du festival de Woodstock qui a lieu du 15 au 18 août dans l’état de New York. Santana est sur scène avec un Soul Sacrifice mémorable qui figure sur l’album éponyme qui parait le 30 août.
Septembre: le 11, Janis Joplin en rupture d’avec Big Brother & the Holding Cie, revient avec son Kozmic Blues Band; frisson garanti! Le 22, un lundi, deuxième album de Robbie Robertson et ses potes canadiens: The Band. Le 26, John, Paul, George et Ringo traversent Abbey Road et livrent leur chant du cygne.
C’est en octobre que le Roi Pourpre est intronisé; le 10, Robert Fripp, Greg Lake & Ian McDonald sont In the Court Of the Crimson King. Le même jour Frank Zappa, sans les Mothers of Invention, sort Hot Rats, un album instrumental dans lequel rock et jazz sont en fusion. Le 22, Led Zeppelin revient avec un deuxième album; son whole Lotta Love orgiaque entre dans la légende. Le double Ummagumma de Pink Floyd sort le
Novembre! Creedence Clearwater Revival est au sommet de la créativité. A peine 3 mois après Green River et 10 mois après Bayou Country, John et Tom Fogerty servent un Willy and the Poor Boys éblouissant. Premier album et gros succès pour The Allman Brothers Band et son blues rock solidement imprégné des ambiances du sud. Grateful Dead sous LSD arrive dans les bacs le 10 novembre avec le psychédélique Live Dead. The Rolling Stones en sont déjà à leur huitième album avec le monumental Let it Bleed qui sort le 28 novembre; Live with me, Gimme Shelter, Midnight Rambler et Let it bleed, magiques! Que ça saigne! C’est bien ce qui va se passer le 6 décembre 1969 à Altamont. Au cours d’un concert qui rassemble plus de 300 000 personnes un adolescent noir de 18 ans, Meredith Hunter, est poignardé par un Hells Angels.
En 1969 j’ai 16 ans! j’ignore allègrement les Bee Gees et je découvre Jethro Tull qui fait un Stand Up au son d’une Bourée enchanteresse. Je n’oublie pas non plus ma totale incompréhension à l’écoute de Trout mask replica du Captain Beefhart ni mon intérêt pour le Good morning little school girl de Ten years After dont le I’m going home me laissera sur le cul un an plus tard lors de la projection de Woodstock, le film. Quant au disque du MC5, il n’a été sauvé de la vindicte paternelle destructrice qu’une fois prouvé qu’il m’avait été prêté par un mien ami. Kick out the jamsmotherfuckers brothers’n’sisters!
[Extrait]: Lors de sa parution en 1978 le Some Girls des Stones, premier album intégralement enregistré avec Ron Wood, connait quelques déconvenues. Le packaging de ce seizième opus studio pose problème. Conçue par Peter Corriston la jaquette se présente sous forme de Die Cut qui, comme le Physical Graffiti de Led Zeppelin, consiste en découpages laissant apparaître des images différentes en fonction de l’orientation des sous-pochettes sur lesquelles figurent notamment les Rolling Stones grimés en femmes et des publicités pour la lingerie de Valmor Products Co. Ainsi, au gré des jeux d’inserts, apparaissent les visages des membres du groupe au côté de ceux de célébrités parmi lesquelles Brigitte bardot, Claudia Cardinale, Farrah Fawcett, Lucille Ball, Raquel Welch et Marilyn Monroe. Certaines, dont Liza Minnelli (au nom de sa mère Judy Garland), ne manquent pas d’intenter une action en justice pour utilisation de leur image sans autorisation et obtiennent gain de cause. Très vite l’album est réédité. Toutes les représentations féminines, plaignantes ou non, sont remplacées par des patchs colorés et sur les feuillets internes on peut lire: ″Pardon our appearance″ et ″Cover under re-construction″ (″Désolés pour notre look″ et ″Pochette en cours de refonte″). Quant à la publicité Valmor, elle est conservée moyennant compensation financière non négligeable attribuée par le tribunal.
Patrick BETAILLE, décembre 2018
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Maître Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2018 n’ait pas été très généreuse du côté de qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″La musique c’est comme la vie, ça se respire″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!
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[Extrait]: Si Sgt. Peppers’, le White Album ou Abbey Road ont été longtemps ou toujours considérés en tant que grandes œuvres des Fab Four, il convient aujourd’hui de rendre justice à ce qui reste le vrai chambardement musical de leur prédécesseur. Revolver arrive durant l’été 1966 et avec lui la confirmation d’un changement radical dans la façon d’aborder la Pop Music. Déjà avec Rubber Soul en 1965, les Beatles se livrent à quelques expérimentations sonores avec notamment l’apparition du sitar dans Norwegian woodou du clavecin dans In My Life. C’en est fini des bluettes pour minettes pré-pubères et Revolver le confirme. Les Beatles sont en totale symbiose, bossent comme des dingues, font tomber les barrières et, sous acides, explorent de nouveaux horizons. Au sommet de leur art, John, Paul et George intellectualisent le propos, enrichissent les sonorités et produisent un fantastique kaléidoscope lyrique et musical qui culmine sur un Yellow Submarine déjanté, festif, saugrenu, et aussi psychédélique que le cover art de l’album. C’est Klaus Voormann qui conçoit la pochette avec un montage noir et blanc mélangeant dessin au trait et collage de photos des musiciens. Bassiste de son état, Voormann rejoint le groupe Manfred Mann de 1966 à 1969. Après la séparation des Beatles, il intègre le Plastic Ono Band de John Lennon et joue sur les albums respectifs de George Harrison et Ringo Starr. En tant qu’ illustrateur il travaillera également pour les Bee Gees, Spooky Tooth et plus récemment pour les norvégiens de Turbonegro.
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Certes, la parodie de la jaquette du POWERAGE d’AC/DC pourrait donner envie à un cul de jatte de prendre ses jambes à son cou. Surtout pas! Tout est dans le titre. Contre toute attente, le maître incontesté du Gipsy Blues se livre à un exercice quelque peu inattendu. Le guitariste américain nous offre une relecture blues de la puissance de feu du combo australien et il offre à son interprétation acoustique des arpèges, de la slide, du Jazz et même parfois des accents hispanisants. La superposition de sa voix chaude façon Tom Waits à jeun, parfois accompagnée de chœurs féminins, de tambourin, de mandoline ou de violon, ajoute du feeling et du sublime à l’intensité de son jeu de guitare. Fallait oser! L’album s’ouvre sur un Hells bells superbement métamorphosé et se termine par un Ride On aux accents gospel. Entre les deux? Rock’n’roll damnation, Girls got rhythm, une sublime version jazzy de Have a drink on me, et unYou shook me all night long en version ballade brumeuse. Et puis il y a Beatin’ around the Bush, It’s a long way to the top, Sin city, Kicked in the teeth et bien sûr un Whole lotta Rosie survitaminé. Ce disque est une gageure incroyable, une énorme surprise, une bouffée d’air pur et une baffe dans la gueule qui prouve si besoin en était que Eric McFadden est un fabuleux guitariste au mieux de sa forme quand il assène le blue grass déjanté et techniquement époustouflant de Beatin’ around the bush!
[Extrait]: Dessinateur et caricaturiste anglais, Gerald Scarfe est surtout connu pour avoir travaillé avec Pink Floyd sur le concept album avec l’éblouissante Screming Head, sur la scénographie des concerts et sur le film d’Alan Parker: The Wall. C’est lui en effet qui a réalisé les dessins ayant servi de base au projet artistique du cover art de l’album et aux animations du long métrage. En tant que caricaturiste et illustrateur, Scarfe travaille surtout pour le New Yorker et le Sunday Times dont l’édition du 27 janvier 2013 lui valent quelques soucis de la part des organisations juives. En effet, là aussi de mur il est question. A l’époque le Sunday Times publie une caricature représentant le Premier Ministre israélien Benyamin Netanyahou construisant un mur avec le sang et le corps des Palestiniens et légendée: ″ Élections israéliennes – Va-t-on continuer à cimenter la paix? ″. A l’occasion l’artiste ne manque pas non plus de s’en prendre à Donald Trump à qui il voue une haine féroce, notamment quand il fait dire au Président des USA: ″ We are going to make America Hate again ″ (nous allons à nouveau faire haïr l’Amérique)!