Uli Roth – Sky Guitar

Uli Jon Roth Electric SunA la croisée d’un Jimmy Hendrix et d’un Jeff Beck, sorte d’osmose entre feeling cosmo- funky et perversions électroacoustiques, Uli Jon Roth s’impose d’emblée comme l’un des guitaristes les plus novateurs et inspirés. Natif de Düsseldorf en Allemagne, le musicien s’impose au départ avec Scorpions, groupe au sein duquel il restera jusqu’au triomphe Japonnais de Live Tapes en 1978. Lassé d’un répertoire dans lequel il se sent à l’étroit, Roth quitte la formation pour se lancer dans l’aventure power trio d’un Electric Sun à la Hendrix. Il y chante, compose, joue et tente de faire éclater au grand jour sa propre vision d’une musique imprégnée d’ambiances sombres, aériennes et mystiques. Malheureusement et comme souvent, exception faite de quelques curieux et connaisseurs, le public n’adhère pas et l’aventure Electric Sun prend fin en 1985 après trois albums. A cette époque il joue surtout sur une Stratocaster qui, malgré ses qualités, lui impose trop de limites quant à l’expression de sa créativité. Le concept de la Sky Guitar est lancé. C’est avec le luthier britannique Andréas Demetriou qu’il conçoit un prototype qui verra le jour en 82 et connaîtra diverses évolutions. Cinq versions de ces guitares verront le jour. Les modifications successives concernent principalement le nombre de frettes, les micros et le nombre de cordes. Ainsi, le modèle « Mighty Wing » se voit doté d’une 7ème corde et compte 32 frettes pour offrir une gamme de 6 octaves avec des touches creusées en U, à partir de la 8ème frette. De quoi donner à Jon les moyens d’exprimer son approche de l’exploration musicale qui consiste en compositions originales fusionnant guitare électrique et musique classique. La réussite n’est toujours pas au rendez vous. Désormais la carrière de Roth consiste en tournées au cours desquelles il partage la scène avec Michael Schenker, Steve Vaï, Joe Satriani et d’autres, en hommages live à Hendrix et en adaptations discutables de Bach, Vivaldi, ou Beethoven. Il lui arrive aussi de participer avec succès aux concerts du groupe de Klaus Meine, ce qui l’amène à sortir des albums dans lesquels il revisite les titres composés, enregistrés, et publiés au cours de sa période Scorpions. Quel dommage de constater qu’après avoir vécu une période si souterraine, celui qui devait jouer les comètes autour de la planète metal néo-classique se retrouve réduit à racler les fonds de tiroirs pour se faire entendre.

PB, août 2018

 

 

 

 

HellFest 2018 – Voyage au bout de l’Enfer

War Zone HellFest23 millions de budget pour la treizième édition de ce raout métallique qui chaque année attire de plus en plus de fans de Metal. Malgré un Pass 3 jours à 200 euros le public répond présent au festival le plus cher de France et, sans même connaitre l’affiche définitive, en l’espace de 30 heures se porte acquéreur des 55 000 Pass. Fiers de cette confiance et de cette adhésion massive, les organisateurs du Hellfest sont aux petits soins avec ces 200.000 spectateurs qui se déplacent pour assister aux prestations des 160 groupes qui se partagent les 6 scènes du festival de l’Enfer. ″Chez nous, chaque euro gagné est réinvesti pour le confort des festivaliers et ils s’en rendent compte″, précise Ben Barbaud cofondateur de la manifestation. Ainsi en 2017 ont été installés la fibre optique pour les écrans géants et 4 km de conduites enterrées pour alimenter les bars qui débitent quelques 393 000 litres de bière, soit l’équivalent de 1.5 millions de demis. Pour l’édition 2018 le staff a pavé les devants de scènes et mis en œuvre le ″Cashless″, un portefeuille électronique intégré à la puce du bracelet d’entrée, destiné aux paiements des achats de nourriture et de boissons. Rien n’est trop beau pour satisfaire les festivaliers, et c’était aussi l’une des nouveautés du moment: deux immenses arches déversant de l’eau qui, en plus de rafraichir, affichent en filigrane le nom et le logo du festival. Avec ses décors gigantesques à la Mad Max, ses sculptures monumentales, son cénotaphe à la mémoire de Lemmy, ses effets pyrotechniques, son merchandising et son public friand de costumes délirants, le Hellfest a acquis une réputation qui va désormais au-delà des frontières puisque, parait il, un quart des festivaliers vient de l’étranger. L’édition 2018 à peine achevée, les organisateurs du Hellfest ont révélé que Manowar, Mass Hysteria, et Slayer seront à Clisson en 2019… Par contre Christine Boutin et Philippe Devilliers ont déclaré forfait, eux. Étonnant non?

PB, juin 2018