Poison Ivy – Gretsch 6120

© Photo: Clayton Call

 

Formé par le chanteur Erick Lee Purkhiser et la guitariste Kristy Marlana Wallace, The Cramps émergent au printemps 1975 en proposant une fusion unique mêlant le rock et le rockabilly des années 50 aux sonorités punk débridées de l’époque. Sous les pseudos respectifs de Lux Interior et Poison Ivy, les membres fondateurs se définissent eux-mêmes comme les porte-parole d’une contre-culture américaine qui fait la part belle à la violence, au sexe et aux drogues. Outre ces outrances, c’est également la présence de Kristy qui attire l’attention et marque les esprits par ses tenues et attitudes provocantes mais aussi et surtout par son jeu radical.
La ″ Poison ″ fait ses débuts avec une gratte Lewis à corps plein, équipée d’un vibrato de type Bigsby et dotée d’un manche plat, large et confortable. Lors d’un concert à Paris, l’instrument est cassé durant une bousculade. C’était en 1985, date à laquelle la miss flashait sur une autre six cordes qui ne la quittera quasiment plus: une Gretsch 6120. Ce modèle réputé pour sa sonorité brillante deviendra emblématique du style de Poison Ivy, très influencée par Link Wray et Duane Eddy. La caisse creuse contribuait à une réverbération naturelle idéale pour un son aérien riche en écho. Les micros réglés près des cordes à fort tirant offraient un niveau de sortie élevé, idéal pour obtenir le mordant grâce auquel elle assurait les parties rythmiques et les solos au sein des Cramps.


Poison Yvy utilisait occasionnellement une Gibson ES-295. Sur scène, elle disposait d’une réédition de la Gretsch 6120 plus récente mais uniquement en cas de besoin. Adepte des instruments au look original, elle eut également entre les mains une Danelectro Longhorn, une Ampeg Dan Armstrong et une National Newport. 


 

Ugly Kid Joe – America’s Least Wanted

 

[Extrait]: Sorti en 1992, America’s Least Wanted est le premier Long Play du groupe de heavy metal californien : Ugly Kid Joe. Le Sale Gosse en question serait une caricature de Whitfield Crane – chanteur et fondateur de UKJ – dessinée par son ami de collège Moish Brenman. Celui qui deviendra la mascotte de la formation est déjà présent sur As Ugly As They Wanna Be – le tout premier EP du groupe – sur l’illustration duquel il affiche un sourire narquois tout en faisant un doigt d’honneur et en dissimulant une bouteille de bière dans son dos. Pour le cover art de America’s Least Wanted, Joe prend la place de la statue de la liberté et se livre à un fuck sur fond de bannière étoilée. Désormais, c’est un magazine porno qui remplace la déclaration d’indépendance des États-Unis…
Beaucoup de distributeurs américains refusent de vendre l’album avec cette pochette jugée offensante pour leur pays. En toute hâte, il a donc fallu rendre les choses acceptables par tous en créant un nouveau look pour le rebelle. Casquette de travers, Joe se retrouve ainsi ligoté, bâillonné et enchaîné. Menottée, sa main droite est paralysée par du ruban adhésif, ses pieds sont entravés par un boulet de forçat et le contenu de sa canette brisée s’est répandu sur le sol…
Nota: Toute ressemblance avec des faits ou des personnages existants serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d’une pure coïncidence. 😉


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Lil’ Ed and the Blues Imperials – Slideways

 

Quarante ans que Lil’ Ed Williams et ses Blues Imperials nous gratifient avec bonheur d’une musique en lien direct avec le blues de Chicago. Avec ses riffs de guitare slide endiablés et son chant rauque, Williams n’a pas son pareil pour mettre en lumière un groupe qui excelle dans l’expression d’une authenticité musicale redoutable. Sur ce dixième album, la formation se montre intrépide, décontractée et parfaitement soudée, jouant le blues pur sous toutes ses formes. Autour de celui  que le Chicago Tribune a un jour qualifié  de ″ guitariste slide extraordinaire, électrisant et déchaîné ″, Les Blues Imperials forment un trio parfait. Bassiste, guitariste et batteur jouent avec instinct et se répondent avec une conviction rare et en totale osmose avec leur leader. Le résultat est immédiat et l’approche transparaît avec une force incroyable de spontanéité. Occasionnellement ponctué de claviers old-school, Slideways est un album intense et énergique qui navigue avec aisance entre boogies endiablés (The Flirt In The Car Wash Skirt – You Can’t Strike Gold From A Silver Mine), shuffles percutants (One Foot On The Brake – 13th Street And Trouble – If I Should Lose Your Love) en passant par des blues lents et profonds (Homeless Blues et Wayward Women) ou le swing jazzy de Crazy Love Affair au cœur desquels la slide est portée par le chant rauque de celui qui vit cette musique depuis toujours.


Quand on apprécie la musique sans OGM, il est rassurant de constater que Lil’ Ed et Alligators Records sont toujours là pour perpétuer le blues urbain de l’Illinois dans ce qu’il possède de plus fondamental.


 

David Gilmour – The Black Strat

Source Image: Screenshot Comfortably Numb Live at Pompeii 2016

 

En avril 1970, Pink Floyd entame sa tournée américaine au Fillmore East de New York. Le 22 mai, après deux concerts à la Nouvelle Orléans, le groupe découvre que le fourgon servant au transport de leur matériel a été volé. Le véhicule est retrouvé mais il manque plusieurs choses, dont la Fender de David Gilmour. Le reste de la tournée est annulé et avant de repartir pour l’Europe, David revient chez Manny’s Music au cœur de la Big Apple et y achète une nouvelle Stratocaster de 1969 (la précédente avait été acquise dans ce même magasin) dont l’habillage Sunbrurst d’origine avait été repeint en noir. Les premières apparitions de cette six cordes datent du fameux Live at Pompéi, le film d’Adrian Maben sorti en 1972.
Tout au long des années 70 la Strat connait de nombreuses modifications. Manche, micros, mécaniques, chevalet, pickguard, tout y passe pour répondre à un besoin insatiable de perfection et d’innovations de la part du guitariste anglais. Finalement, en 1986, elle est mise de côté et prêtée pour être exposée au Hard Rock Cafe de Dallas, au Texas. Elle sera restituée à son propriétaire à la fin des années 1990, mais n’ayant pas été présentée sous vitrine, elle a subi de sérieuses dégradations.
Après restauration, c’est le grand retour de la Black Strat lors de la réunion de Pink Floyd au Live 8 en 2005, puis au cours des tournées solos de Gimour: On an Island en 2006, Rattle That Lock en 2015 et enfin lors du Live at Pompeii des 7 et 8 juillet 2016. De Dark Side of the Moon à The Wall en passant par Wish You Were Here, Dave surplombe de son jeu la quasi-totalité de la discographie de Pink Floyd et de Money à  Shine On You Crazy Diamond en passant par Comfortably Numb, ses solos restent à jamais
indissociables de son feeling émotionnel.


Le 20 juin 2019, la guitare est vendue aux enchères à Jim Irsay – le propriétaire des Indianapolis Colts – pour une somme avoisinant les 4 millions dollars versés au profit de ClientEarth, une organisation caritative environnementale. Le 12 mars 2026, nouvelle vente chez Christie’s. Un anonyme l’achète pour un montant record de 14,5 millions de dollars, faisant de la Black Strat la guitare la plus chère jamais vendue.


 

The Black Crowes – A Pound Of Feathers

 

Avec un dixième album studio, The Black Crowes confirment un retour tonitruant amorcé avec Happiness Bastards en 2024 et ce, sans jamais avoir succombé aux chants des sirènes de la facilité ni adapté leur son aux modes passagères. De Shake Your Money Maker à The Southern Harmony And Musical Companion, en passant par Amorica et leur album avec Jimmy Page, Live At The Greek, Chris et Rich ont bâti une discographie imprégné d’assurance et de créativité.
Pound Of Feathers, c’est une vague de rock à la fois débridé et subtil qui déferle avec une puissance indéniable dès les deux premiers titres. Gorgés de riffs incisifs et de chœurs rythmés, Profane Prophecy et Cruel Streak s’imposent en tant que tels avant de dévoiler Pharmacy Chronicles, une ballade sombre qui explore un territoire inhabituel chez les gars d’Atlanta. Redoutable, le Do the Parasite crasseux qui suit brille d’un tempo appuyé et de guitares explosives. Électro acoustique et solo en reverb de rigueur pour un swinguant High & Lonesome ponctué par les phrasés d’un violon aérien. En à peine un peu plus de 2 minutes Queen Of The B-Sides nous promène dans un univers mélancolique dans lequel la complicité entre voix, dobro et piano fait des merveilles. À n’en pas douter, le classique et entrainant It’s Like That est fait pour les stades alors que Blood Red Regrets flirte avec un psychédélisme sombre aux arrangements somptueux. You Call This a Good Time: par excellence le son et l’empreinte Black Crowes en mode AC/DC avant ce Eros Blues fiévreux aux variations de cadence surprenantes. Pour finir, Doomsday Doggerel migre vers un environnement sonore apocalyptique rageur, lourd et mélodique dont Led Zeppelin avait jusqu’alors la primeur.
Malgré les virages stylistiques, les onze compositions nourrissent une cohésion harmonieuse au sein de laquelle les frères Robinson sont au sommet de leur art grâce à un équilibre issu de quarante années de collaboration fraternelle. Rich gratte comme si sa vie en dépendait en balançant riffs ou solos incandescents et Chris n’a pas son pareil pour allier énergie viscérale et maîtrise émotionnelle.


A pound of Feather est un témoignage audacieux qui prouve que Les Corbeaux Noirs ne se contentent pas de faire revivre le rock; ils le réinventent.


 

George Thorogood – Gibson ES 125

© Source Image: Cover Art – George Thorogood & The Destroyers – Live ’99

Fabriquée dès les années 40, la Gibson ES 125 offrait pour un prix modeste une qualité sonore hors du commun pour l’époque. Alors qu’elle n’était plus produite depuis les années 70, George Thorogood tombe par hasard sur l’un de ces modèles en stock chez un prêteur sur gage et il raconte: ″ J’étais fauché, je n’avais que 200 dollars, on avait un concert de prévu, et cette guitare me convenait. Je l’ai prise parce que j’avais l’habitude de jouer en acoustique ″.
Cette semi-acoustique donne du corps à un son énorme sorti des entrailles de son imposante caisse de résonance à pan florentin. Pendant des années, c’est la seule guitare que le musicien trimballe sur scène. Depuis une apparition en première partie des Rolling Stones en 1981, George Thorogood, véritable passionné de blues rock authentique, entre dans le cœur du public grâce son jeu de slide puissant et énergique appliqué à des standards savamment maîtrisés.
Dès lors, les tournées s’enchainent pour le guitariste du Delaware qui ne ménage pas son instrument favori et chaque remise en état coûte une petite fortune. Thorogood fait donc appel à Epiphone – filiale de Gibson depuis 1957 – pour que soit fabriquée une réplique sur mesure de sa six cordes. Chose faite. À force de réparations et de modifications pour trouver le son parfait, la marque devra lui en fournir une bonne dizaine d’exemplaires pour qu’il puisse se produire partout dans le monde avec son groupe The Destroyers.


Il n’empêche que quand le grand fan de baseball qu’est George compare les copies à son ES 125 usée jusqu’à l’os, il n’y va pas par quatre chemins: ″ avec ma Gibson c’est comme envoyer une balle dans les tribunes supérieures ″.


 

St Patrick – Irish Tour

 

17 mars! Célébration de l’événement le plus rock’n’roll de la chrétienté: La St Patrick! L’évangélisateur de la verte Erin débarque avec Shane McGowan. Le ″ Lord of the drinks ″ n’a pas son pareil pour vanter les vertus de la Murphy’s et de la Guiness qui sont à l’honneur et servies à température ambiante. Sur fond de Dirty Old Townun blend de chez Jameson annonce la venue de The Boomtown Rats, Stiff Little Fingers et des Them. La température monte. Thin Lizzy et son Whiskey in the Jar annoncent le Black Bushmills tout droit sorti de la plus vieille distillerie du monde. À table maintenant! Seeafood Chowder servi en entrée par The Corrs qui s’éclipsent quand Gary Moore déboule avec le plat de résistance: un Irish Stew à la Guinness accompagné d’un Côte de Beaune) St Patrick a séjourné en France). La fougue de The Answer, des Mama’s Boys et de The Strypes couvre à peine les ″ Miam , Scroch et autres Slurp . Au dessert, les Dubliners enchantent le Apple crumble cake alors que vient enfin le temps du café et du digestif: Irish Coffee! Le deux-en-un est servi par Rory Gallagher. Une Tatoo’d lady vient mettre un terme à ce raout auquel ne participe pas la bande à Bono et pour un Kopek elle accepte de jouer le rôle de guide pour cet Irish Tour commémoratif!

 

Black Stone Cherry – Celebrate

 

Originaire d’Edmonton dans le Kentucky, Black Stone Cherry s’inscrivait au départ dans la tradition d’un Southern Rock couillu rondement mené. Après un premier album éponyme tonitruant paru en 2006, le groupe s’est peu à peu forgé une solide réputation et, malgré un virage FM dommageable avec Between The Devil And The Deep Blue Sea en 2011, sa notoriété est allée croissante. Grâce notamment à des apparitions aux côtes de Chickenfoot, Def Leppard, Buckcherry, Black Label Society ou encore Whitesnake.
Avec Celebrate, le quatuor s’essaie à un nouvel exercice, celui de l’Exented Play. Une première après huit albums au format standard. Sept titres donc, et autant de facettes qui se rejoignent dans une démarche coutumière chez ceux du Bluegrass State: ne pas s’installer dans la routine.
Dans la lignée des deux derniers albums, s’installe désormais un Alt Metal nerveux qui, tout en dissipant définitivement l’empreinte sudiste, affiche une sincérité et une authenticité sans faille. Sans atteindre le brio des débuts, BSC nous offre 25 minutes de puissance, de rythme et de guitares rageuses. Cette célébration de 20 ans de carrière du combo de Chris Robertson s’achève sur une reprise étonnante du classique d’un classique pop des années 80: Don’t You (Forget About Me) des écossais Simple Minds. Va comprendre Charles!

Muddy Waters – Fender Telecaster: The Hoss

© Photo: Paul Natkin

 

Lorsqu’en 1943 McKinley Morganfield quitte le Mississippi pour Chicago, c’est avec une guitare acoustique Silvertone qu’il commence à jouer dans les rues et les petits clubs. Là bas, il se fait connaitre sous le nom de Muddy Waters et réalise très vite que pour être entendu il doit passer à l’électrique. Il choisit donc une Gretsch, celle que l’on peut entendre sur Rolling Stone. En 1952, Muddy prend une Gibson Les Paul Gold Top avec laquelle il enregistre Got My Mojo Working, Baby Please Don’t Go et I’m Your Hoochie Coochie Man.
En 1957 il achète une Télécaster blanche avec manche en érable. The Hoss (traduction: La Patronne), c’est ainsi que le bluesman l’appelle en 1961 après l’avoir faite repeindre en rouge pomme. Il opte aussi pour un manche plus large doté d’une touche en palissandre et remplace les deux potentiomètres d’origine par ceux provenant d’un ampli Fender. Bien qu’ayant également utilisé une Gibson SG Junior et une Guild Thunderbird, la Telecaster est restée l’instrument préféré qu’il utilisera sur scène et en studio sur l’album Fathers and Sons, sorti en 1969 chez Chess Records et sur Hard Again, l’album de son grand retour produit en 1977 par Johnny Winter qui profitera de l’occasion pour vociférer sur Mannih Boy.


En 1987, le père du blues électrique a été intronisé au Rock & Roll Hall of Fame par Paul Butterfield. Occasion au cours de laquelle la succession de Muddy Waters à offert The Hoss au musée de Cleveland dans l’Ohio.


 

Barry E. Jackson – ZZ Top

 

Originaire du Nebraska, Barry Jackson a grandi en Californie, et a obtenu son diplôme de l’Art Center College of Design de Pasadena en 1977. Avant de se consacrer au court-métrage et à l’animation, il a débuté sa carrière en tant qu’ illustrateur publicitaire et graphiste spécialisé dans le Cover Art. Il est à l’origine des pochettes d’albums pour des artistes tels que Neil Young (Trans en 1982), Mountain (Go For Your Life en 1985), Ronnie james Dio (The Last in Line en 1984), Warrant (Dirty Filthy Stinking Rich en 1989), Johnny Crash (Neighbourhood Threat en 1990), ZZ Top (Afterburner en 1985 et Recycler en 1990) Ronnie Montrose (Music From Here en 1994  et The Band (High on the Hog en 1996). Il a également créé des affiches de concerts (Grateful Dead) et de films comme New York 1997, Terror Train, Street Trash, The Lift et Alligator.


D’autres histoires sur le Cover Art à retrouver dans Le livre
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