Buddy Guy – Ain’t Done With the Blues

 

La dernière apparition de Buddy Guy datait du 16 avril 2025 dans Sinners, le drame horrifico-surnaturel consacré au blues du Delta et à la fin duquel il incarnait le rôle de Preacher Boy. Même si musicalement il n’a plus rien à prouver, le dernier des Blues Giants persiste et signe avec un vingtième album studio: Ain’t Done with the Blues.  ″ Cet album parle de mon parcours et des gens qui m’ont tant appris ″ explique Buddy. ″ Muddy, Wolf, Walter, Sonny Boy, BB… tous m’ont demandé de défendre le blues. J’essaie de tenir cette promesse ″.

À bientôt 90 ans, Buddy Guy est non seulement toujours debout mais il confirme également que grâce à sa passion, sa détermination et son jeu il est capable d’honorer ses engagements en allant encore plus loin avec 18 titres imprégnées d’âme et d’histoire. Une célébration à laquelle sont invités quelques uns de ceux qui, plus souvent qu’à leur tour, ont rendu hommage à la Musique du Diable. Joe Walsh (How Blues is That), Christone ″ Kingfish ″ Ingram (Where U At), Peter Frampton (It Keeps me Young), Joe Bonamassa (Dry Stick) et les Blind Boys of Alabama (Jesus Loves the Sinners). Entre hommages à John Lee Hooker (Hooker Thing), Lightning Hopkins (One for Lightnin’) et BB KIng (The Blues Chase the Blues Away), entre shuffle, gospel, R&B, Chicago blues et hymne méditatif (I Don’t Forget), l’ensemble vibre d’un chant expressif et d’une intensité électrique dont le guitariste a le secret. Ain’t Done With The Blues n’est pas une promenade nostalgique, pas plus qu’un résumé de carrière. C’est juste la preuve que Buddy Guy n’en a pas fini avec le blues et qu’il reste un artiste essentiel devant lequel on ne peut que s’incliner.

Patrick BETAILLE, août 2025

Pierre Bachelet – Emmanuelle

 

[Extrait]: 1960-1970. Émancipation des mœurs et liberté sexuelle. Le film érotique cherche sa place entre une production de plus en plus hard et un cinéma de séduction. Réalisé par Just Jaekin, sur un scénario de Jean-Louis Richard et d’après un roman d’Emmanuelle Arsan, le long métrage Emmanuelle est à l’affiche en France le 26 Juin 1974. Scandale ! Le film, en conjuguant érotisme chic et décors exotiques, met en scène Sylvia Kristel dans un scénario qui explore plusieurs aspects d’une sexualité découverte ou fantasmée. La musique du film composée par Pierre Bachelet est éditée la même année chez Barclay. Il s’avère que l’une des plages contrefait le Larks’ Tongues in Aspic de King Crimson paru le 23 mars 1973. L’année suivante, Robert Fripp, compositeur du morceau, poursuit les producteurs du film en justice et obtient gain de cause. Sur la jaquette de la bande originale, Sylvia Krystel pose a demi nue dans le désormais célèbre Fauteuil. L’image sera censurée dans certains pays. Portugal et Espagne devront ainsi se contenter d’une photo de l’actrice, plus classique et surtout, plus habillée. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, août 2025

Orianthi – Some Kind of Feeling

 

Orianthi… Guitar hero au féminin ou taupe modèle? Pour trancher il suffit de garder en mémoire le fait que mademoiselle Panagaris a brillamment collaboré avec Alice Cooper, Dave Stewart et Richie Sambora. Il convient également de souligner que son style et son jeu lui ont valu l’honneur d’être souvent comparée à Joe Satriani, Steve Vai, Carlos Santana et même Eddie Van Halen. Au fil des ans, tout en jouant avec des légendes elle a continué à enrichir sa discographie personnelle. Dernière production studio en date, ce Some Kind of Feeling pour le moins intéressant.

Entre ballade sensuelle et profonde (Some Kind of Feeling et Heaven Right Here) et un blues rock intense partagé avec Joe Bonamassa (First Time Blues), Orianthi confirme ses qualités vocales avec les ambiances soul de Ghost et Call you Mine. Elle n’en oublie pas pour autant qu’elle est aussi là pour envoyer du bois et elle le prouve avec Dark Days Are Gone, What I’ve Been Looking For et une belle reprise de Sharp Dressed Man qu’elle a déjà eu l’occasion de jouer avec son compositeur: Billy Gibbons. Some Kind of Feeling possède une réelle identité musicale, entre puissance et élégance, technique et feeling. De quoi  bien démarrer la journée.

Patrick BETAILLE, août 2025

Simon & Garfunkel – The Sounds of Silence

 

[Extrait]: Paul Simon et Art Garfunkel grandissent ensemble à New York, dans un quartier du Queens où ils fréquentent la même école. En dehors des cours, tous deux se retrouvent dans le garage des parents de Art pour s’exercer sur des airs du moment et bricoler des harmonies à quatre voix sur un magnétophone…
Arrivent les années 60 et la vague folk qui déferle sur le milieu étudiant de Greenwich Village. Inspiré par l’engouement du public pour Bob Dylan et Joan Baez, Paul Simon obtient un rendez-vous avec Columbia Records qui donne le feu vert pour enregistrer Wednesday Morning 3 A.M, album sur lequel figure The Sounds of Silence, une chanson que Simon a composée peu après l’assassinat de John F. Kennedy et qui évoque le manque de communication entre les hommes…
Sorti le 19 octobre 1964, le LP passe inaperçu et cet échec entraîne la séparation du duo. Le producteur Tom Wilson, apprend que la chanson est diffusée avec succès sur plusieurs radios. Alors que le folk rock devient de plus en plus populaire, il décide de tenter un coup pour coller à la tendance du moment. À l’insu de Art et Paul, il conserve le chant et fait enregistrer un accompagnement électrique. Cette nouvelle mouture sort en single en septembre 1965 et amorce une lente mais inexorable progression des deux artistes vers les sommets. Sounds of Silence atteint la première place du Billboard et devient pour Simon & Garfunkel le moteur d’une célébrité internationale, confirmée en 1967 par la BO du film The Graduate (Le Lauréat) sur laquelle le morceau apparaît à deux reprises.

Vivement recommandée, la magnifique version de Sound of Silence interprétée à capela par: Nouela


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Patrick BETAILLE, juillet 2025

Alice Cooper – The Revenge of Alice Cooper

 

L’album du retour que tout le monde redoutait ″. Le message est clair. D’autant plus clair qu’à y regarder de plus près on peut lire aussi: ″ Le groupe des origines? 14 nouveaux titres? Pas de pitié? ″. Alice revient, sans son lapin mais en compagnie de ceux avec qui elle a écrit les plus belles pages du shock rock des seventies. Michael Bruce (Guitare), Denis Dunaway (Basse), Neal Smith (Batterie)  sont là pour revivre la grande époque de Love It to Death, Killer, School’s Out et Billion Dollar Babies. Un seul manque à l’appel: Glen Buxton, le guitariste disparu en 1997 à qui un hommage est rendu avec See you on the Other Side, titre dans lequel Alice chante : ″ à bientôt, je sais qu’un jour nous jouerons à nouveau ensemble ″.

Essayer de faire revivre le passé peut s’avérer délicat, voire risqué s’agissant d’une réunion d’anciens combattants. Même si les protagonistes affichent plus de 70 au compteur de leurs existences, The Revenge of Alice Cooper est une réussite. Certes, le rock horrifique de monsieur Furnier s’est considérablement assagi mais la magie opère toujours et l’alchimie est palpable. Pas d’esbroufe, la formation au complet accepte le temps qui passe et en fait un atout. Avec ses 14 titres l’album navigue sans temps morts entre rock, théâtralité, grandiloquence et même psychédélisme. Témoignage simple et  efficace de la part de ceux qui n’ont pas besoin de se réinventer pour prouver qu’il sont encore vivants.

Patrick BETAILLE, juillet 2025

Drew Struzan – Sabbath Bloody Sabbath

 

[Extrait]: Le cinquième album studio du groupe de heavy metal britannique Black Sabbath est publié en 1973. C’est Drew Struzan, peintre et illustrateur américain, qui a été retenu pour illustrer le recto et le verso de la pochette de Sabbath Bloody Sabbath. Réputé pour avoir conçu de nombreuses affiches de films d’horreur, l’artiste met en scène les derniers instants d’un homme allongé sur son lit de mort. Au recto, des couleurs rouges et chaudes évoquent tourments et souffrances. Accompagné de diablotins, Satan est en train de s’approprier le défunt. 666, le nombre de la bête, est bien en évidence au dessus de la couche. À contrario, le verso à dominante bleue baigne dans une ambiance apaisée. Le mourant, veillé par deux lions majestueux, est entouré de ses proches venus l’accompagner lors du départ pour son voyage vers l’au-delà. Pour le marché espagnol, WWA Records se verra obligé de faire figurer au recto l’image du verso. À l’international, la typographie des ″S″ adoptée pour le cover art fera couler beaucoup d’encre. Trop de similitudes avec le ″S″ de la Waffen SS. Ach so !


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Patrick BETAILLE, Juillet 2025

Rush – Permanent Waves

 

[Extrait]: Si musicalement Permanent Waves – la septième production studio de Rush – figure parmi les meilleures de la discographie des canadiens, l’album est aussi graphiquement remarquable et remarqué.
Sur le visuel, en bas à gauche, la première page d’un quotidien titre :  » Dewey Defeats Truman « . En 1948, lors de l’élection présidentielle américaine, le journal annonce à tort la victoire du républicain
Thomas E. Dewey face au président sortant, le démocrate Harry Truman. En réalité c’est Truman qui l’emporte. 30 ans après ces élections, lors de la parution de l’album, Le Chicago Daily Tribune fait le forcing pour que cette énorme boulette ne refasse pas surface. Sur certaines versions, le gros titre embarrassant sera effacé ou masqué… 
La femme au premier plan est le top model canadien Paula Turbull et contrairement à la rumeur, l’individu qui lève le bras n’est pas l’un des membres de Rush mais Hugh Syme, le directeur artistique de l’album.

© United Press / Records of the U.S. Information Agency National Archives: Harry Truman, hilare, brandissant le Chicago Tribune qui annonce sa défaite.

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Patrick BETAILLE, juillet 2025

Barclay James Harvest – Octoberon

 

Groupe britannique de pop rock, Barclay James Harvest a très souvent utilisé l’emblème du papillon. Sous une forme ou une autre, le lépidoptère s’est retrouvé à l’honneur sur différentes pochettes de disques (BJH & And Other Short Stories, Once Again, Baby James Harvest,Time Honoured Ghosts, Gone to Earth, XII, et Turn of the Tide) et même intégré de belle manière dans le light show laser des concerts. La plus belle pochette des albums de BJH reste celle d’Octoberon paru en 1976. S’appuyant sur ce symbole illustrant des mélodies ambitieuses, le groupe a cette fois utilisé un tableau datant de 1901 et peint par l’artiste britannique Frederick Marriott (1860-1941). On y voit Oberon, le roi des elfes, sous la forme d’un papillon aux ailes déployées. Le personnage avec ses incrustations de nacre et ses dorures a été apposé en relief sur un paysage verdoyant.

Quant l’intitulé du disque, Octoberon, il résulte de la contraction de octo (le disque étant le huitième du groupe) et Oberon, l’un des personnages d’une comédie de William Shakespeare écrite en 1595, Le Songe d’une nuit d’été.

Patrick BETAILLE, juillet 2025


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Otis Redding – The Dock of the Bay

 

[Extrait]: Du 16 au 18 juin 1967, accompagné de son groupe les Bar-Keys, Otis Redding participe au Monterey Pop Festival de San Francisco. Durant cette période, il loge dans un hangar à bateaux au Waldo Pier de Sausalito, de l’autre côté de la baie californienne. Très inspiré par le va-et-vient des navires, c’est là, qu’il écrit le premier couplet de (Sittin’ on) the Dock of the Bay
En novembre 1967, il rejoint le producteur et guitariste Steve Cropper dans les studios Stax à Memphis dans le Tennessee. Steve déclara dans une interview : ″ Otis était le genre de gars qui avait 100 idées à la minute. Chaque fois qu’il venait enregistrer, il proposait toujours 10 ou 15 intros différentes, des idées de titres ou quoi que ce soit d’autre. Il avait joué au Fillmore à San Francisco et il dormait sur les quais. Il avait ce début de texte sur un bateau qui accoste mais c’était à-peu-près tout. Je me suis servi de ça et j’ai terminé les paroles. Si vous écoutez les chansons que j’ai écrites avec Otis, la plupart des textes parlent de lui ″…
Musique et paroles, Cropper et Redding collaborent étroitement. L’enregistrement a lieu le 22 novembre 1967. En toute fin de session, ″ Mr Pitiful ″ a oublié les paroles et doit improviser. Ainsi, la chanson s’achève sur le sifflement le plus célèbre de l’histoire de la musique. Après le bouclage des overdubs, le chanteur repart en tournée et, le 10 décembre 1967, l’avion qui le transporte s’écrase dans le Wisconsin. Otis Redding ainsi que six membres des Bar-Keys sont tués sur le coup. The Dock of the Bay est publiée en single en janvier 1968. Alors que le monde pleure la disparition d’un immense artiste, le titre devient directement le premier n°1 posthume de l’histoire des charts américains.
Ce mec là c’est Edith Piaf avec des couilles ″ disait un journaliste de la presse musicale française de l’époque!


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Patrick BETAILLE, juin 2025

Bruce Springsteen – Tracks II: The Lost Album

 

Tracks, sorti en 1998, regroupait déjà des pépites que les inconditionnels du Boss avaient recherché pendant des années et qui pour certains figuraient sur de rares bootlegs faisant l’objet de quêtes fébriles. Sept ans après, Bruce Springsteen remet le couvert avec Tracks II en commercialisant, sous forme de coffret, des inédits couvrant essentiellement les années 90, période au cours de laquelle le E Street Band avait été délaissé au profit d’une entame de carrière solo. Un véritable trésor: des albums ambitieux regroupant 83 titres qui pour certains avaient été mixés mais jamais publiés. De démos austères aux orchestrations grandiloquentes en passant par de l’americana gorgée d’émotions ou du gospel inspiré, chaque disque possède sa propre identité et braque les projos sur le talent du plus grand conteur de l’histoire du rock qui affiche 75 printemps et plus de 50 ans de carrière.

Tracks II est disponible en édition limitée de neuf vinyls ou sept Cd pour la modique somme de 285 à 350€ selon les versions, photos et livrets compris. Pour les fans qui souhaitent un point d’entrée plus abordable, une version complémentaire, Lost and Found: Selections from The Lost Albums, rassemble 20 titres de l’intégrale sur deux LP ou un CD.

Patrick BETAILLE, juillet 2025