Johnny Kidd – Shakin’ All Over

 

[Extrait]: Chanteur et guitariste anglais de rock’n’roll, Frederick Heath fait ses débuts en jouant du skiffle… C’est en 1959 qu’il adopte le pseudo de Johnny Kidd – en référence au pirate écossais William Kidd – et qu’il se produit sous le nom de Johnny Kidd and the Pirates…
À la différence des artistes de l‘époque qui reprennent les titres en vogue chez les rockers américains, le quatuor préfère chasser sur les terres du rhythm & blues en reprenant Bo Diddley ou Arthur Alexander. En mai 1959, HMV publie un premier 45 tours, Please Don’t Touch, et l’année suivante, le 13 mai, l’équipage entre dans les studios d’Abbey Road et enregistre Shakin’ all Over, un rock’n’roll mid-tempo frissonnant à souhait.

Le single est publié en juin 1960 – toujours sur le label HMV – et atteint la première place du hit-parade britannique le 4 août. Grâce à ce succès, le quatuor appareille. Cap sur les tournées avec Vince Taylor et Gene Vincent. En 1961 changement de line up avec l’arrivée de Mick Green (guitare) et Johnny Spence (basse). En 1962, nouvelle tournée avec Jerry Lee Lewis cette fois…
Johnny Kidd and The Pirates ont eu finalement une longue influence qui survécut au trépas du chanteur dans un accident de la route le 7 octobre 1966. Même pas dix ans de carrière mais Shakin’ all Over restera à jamais un classique, repris de nombreuses fois, notamment par les Who, les Flamin’ Groovies, Billy idol, Iggy Pop ou Suzy Quatro…

 

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Patrick BETAILLE, mai 2025

L.A. Guns – Leopard Skin

 

En ce printemps 2025, L.A. Guns, les vétérans du sleaze rock californien nous gratifient de leur quinzième album studio. Leopard Skin témoigne de pas loin de 40 années de bons et loyaux services au cours desquelles le groupe a toujours fait preuve d’une énergie sans faille pour entretenir la flamme d’un heavy rock simple et efficace. Les dix titres de ce nouvel album – le quatrième depuis le retour aux affaires des membres fondateurs Phil Lewis (chant) et Tracii Guns (Guitare) – offrent une ambiance baignée à la fois de nostalgie et d’inventivité. Dès le premier morceau, Taste It, on retrouve avec plaisir la signature sonore qui a fait la renommée du quintet de Los Angeles: des riffs tranchants, une rythmique entraînante et la voix puissante de Phil Lewis. Lucky Motherfucker vient confirmer la tendance en y ajoutant à mi-course une touche funky et un break étonnant d’originalité. Pas de baisse de régime avec The Grinder, Intense et crasseux avec ses solos de slide. Hit And Run est un mid tempo moins bourrin mais irrésistible. Rien à voir toutefois avec le déjanté Don’t Gimme Away. Lui aussi en mode mid tempo, I’m your Candy Man précède l’étonnant Runaway Train [Rien à voir avec le titre de Soul Asylum – NDLR], une incursion country and western acoustique. Follow The Money s’inscrit dans la lignée des classiques du hard rock avec guitares en veux-tu en voilà et déclamations voraces. Dans la série  » on sait faire aussi des ballades  » c’est le moment de The Masquerade. Intro acoustique, profusion de cordes avant que ne débraque la fée électricité et ses lignes mélodiques dans la plus pure tradition power ballad des eighties. Avec If You Wanna, l’album s’achève comme il a commencé; avec le même punch.
Même s’il ne bouscule pas les codes, Leopard Skin est l’occasion d’apprécier l’honnêteté et l’efficacité de ces Guns encore et toujours prêts à défourailler pour entretenir leur légende, y compris en faisant appel à l’artiste peintre Kahla Lewis pour un cover art des plus attractifs.

 

Marbles – Only One Woman

 

[Extrait]: Ce sont les Bee Gees qui ont composé le titre qui a lancé la carrière très éphémère du duo anglais The Marbles. Les frères Gibb ont également apporté leur contribution à l’enregistrement. Barry jouait de la guitare et Maurice, du piano et de la basse sur le single sorti sur en août 1968…
Le texte évoque un amour passé. Le protagoniste ne possède qu’une seule photo de celle qu’il aime. Il remue ciel et terre pour la retrouver car pour lui elle est la seule, l’unique, celle qui occupe une place dans son cœur…
Only one Woman atteindra le Top 5 au Royaume-Uni et sera l’unique succès de ses interprètes qui mettront fin à leur collaboration en 1969 pour entamer des carrières en solo. Après un unique album, Trevor Gordon deviendra professeur de musique…

Pour Graham Bonnet c’est une autre histoire. Alors que Ronnie James Dio vient de quitter Rainbow, Ritchie Blackmore auditionne bon nombre de chanteurs potentiels. Sans succès. C’est Roger Glover qui propose celui avec qui il avait déjà bossé auparavant. Bonnet sera finalement accepté. De 1978 à 1979, passage éclair pour le nouveau chanteur de l’Arc-En-Ciel. Le temps d’un seul album: Down to Earth.


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Patrick BETAILLE, mai 2025

Who – Won’t Get Fooled Again

 

[Won’t Get Fooled Again – Album: Who’s Next – 1971]: Je rendrai hommage à la nouvelle constitution. Je me prosternerai devant la nouvelle révolution. Je me contenterai des changements annoncés. Comme hier, je jouerai de la guitare. Puis, je m’agenouillerai et prierai pour que nous ne nous fassions pas avoir une fois de plus.

Patrick BETAILLE, mai 2025

Ghost – Skeletá

 

Les hasards de l’actualité donnent parfois aux événements une dimension quasi surnaturelle. Le 21 avril, le pape François partait au plus haut des cieux histoire de voir si j’y étais déjà. Quatre jours après, la nouvelle tombe sur les téléscripteurs de la chapelle Sixtine: Habemus papam! Sans la moindre fumée blanche, la nomination du nouveau pape Papa Emeritus V n’a bien sûr rien à voir avec la succession du Saint-Père argentin. Il ne s’agit que de la énième incarnation de Tobias Forge, le leader masqué de Ghost, groupe de metal suédois qui, depuis  2010, gère ses albums comme une saga théâtrale axée sur l’occulte et le mystique.

Dernier opus en date, Skeletá ne déroge pas à la règle. Mélant rock FM estampillé eighties (Peacefield, Cenotaph, Marks of the Evil One), hard rock classieux (Satanized, De Profundis Borealis, Missilia Amori) et prog rock (Lachryma, Excelsis) parfois imprégné de pop symphonique, les Nameless Ghouls (les gueules Anonymes – NDLR) accompagnent avec talent le prédicateur de service dans ses sermons grandiloquents. D’accord, l’ensemble n’est pas sans rappeler les riches heures de Toto ou Journey, mais qui oserait s’en plaindre? Une chose est sûre, musicalement la qualité est au rendez-vous. Pour preuve, Guiding Lights, ballade lente baignant dans une instrumentation luxuriante au service d’une voix à la fois céleste et ardente. Quant à Umbra, c’est probablement le plus de ce sixième album. Refrain magnifique, rhythmique hypnotique, dialogues claviers/guitares, voix profonde et puissante, tout y est. Un coup de génie, la recette imparable pour soulever les stades. En se penchant sur les textes, l’analyse vaudrait certainement son pesant d’hosties mais là je n’ai pas le temps; j’ai un rencart à Lourdes avec Bernadette.

Kitch Skeletá? Peut-être. En tous cas bougrement efficace, admirablement produit et doté d’un cover art sublime que l’on doit à un illustrateur polonais répondant au nom de Zbigniew M. Bielak. Ite missa est, allez en paix!

Patrick BETAILLE, avril 2025

BOW WOW WOW – See Jungle! See Jungle!

 

[Extrait]: See Jungle! See Jungle! Go Join Your Gang Yeah, City All Over! Go Ape Crazy! Interminable titre du premier LP de l’éphémère Bow Wow Wow paru en 1981. Managée par Malcolm McLaren, la formation britannique est plus connue pour ses scandales que pour sa musique qui peine à faire l’unanimité…

Passionné de peinture, le batteur David Barbarossa est béat d’admiration pour la toile d’Édouard Manet: Le Déjeuner sur l’Herbe. Il en parle à McLaren qui entrevoit immédiatement la possibilité de se livrer à une provocation via une interprétation parodique de l’œuvre. Il fait appel au photographe Andy Earl. La chanteuse Annabella Lwin pose nue, aux côtés de deux des autres musiciens habillés. La jaquette déclenche un énorme scandale au Royaume-Uni. La jeune fille n’a que 14 ans ! Dès la parution de l’album, sa mère indignée dépose plainte pour pornographie juvénile et demande l’intervention de Scotland Yard. L’enquête n’apporte aucun résultat probant mais l’image, déjà interdite aux USA, est remplacée par une photo de Annabella seule et habillée. Le cover art d’origine refera une apparition l’année suivante sur le EP intitulé The Last of the Mohicans


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👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, avril 2025

Danny Clifford – Caroline

© Photo: Status Quo – By courtesy of Danny Clifford

 

Photographe de renommée mondiale, Danny Clifford a passé sa carrière à photographier les artistes les plus emblématiques de la scène rock. Il a 20 ans quand, à la fin  des années 70, il devient le photographe officiel de Bob Dylan. En shootant Queen, The Who, les Stones, Rory Gallagher, ZZ Top ou les Foo Fighters (pour n’en citer que quelques-uns), Danny a accumulé des souvenirs vivants, colorés et saisissants. Parmi les innombrables témoignages pris sur scène et backstage lors de concerts historiques, figure ce cliché du quatuor britannique en pleine bourre au cours des seventies: Status Quo

Voici ce que Danny Clifford a dit à propos de cette photo prise en 1979 au NEC (National Exhibition Center) de Birmingham – UK: ″ Tous ceux qui ont pu découvrir Status Quo à cette époque se souviendront de ce moment incroyable au début du spectacle. Les lumières s’éteignent et un léger bourdonnement provient de la sono. L’obscurité règne; de la neige carbonique flotte sur la scène et se répand sur les premiers rangs. Backstage, le groupe est dans le noir. Soudain, le rideau tombe. Dans un rugissement, apparaissent Rick, Francis et Alan, ainsi que l’étonnant John Coghlan à la batterie. J’ai pris cette photo au début du spectacle pendant Caroline. Quel bonheur de pouvoir assister à ce moment incroyable!

De vous à moi : J’ai vu le Quo au Havre le 29 janvier 1977 (à l’époque ils ouvraient sur Junior’s wailing et Backwater). C’est l’un de mes meilleurs souvenirs, tous concerts confondus. La puissance et l’énergie qui émanent de cette photo traduisent à merveille ce que j’ai ressenti lors de cette soirée mémorable.

Accéder à la galerie photos sur le site officiel: Danny Clifford – Photographer et rejoindre le photographe sur Facebook: Danny Clifford Photography.

Patrick BETAILLE, avril 2025

The Darkness – Dreams on Toast

 

Huitième album studio pour cette formation britannique qui distille depuis toujours un rock de qualité. Aujourd’hui, The Darkness persiste et signe en remettant au goût du jour les codes du heavy metal et du glam rock. Iconoclaste par essence, Dreams on Toast propose donc un patchwork étonnamment éclectique. Rock And Roll Party Cowboy ouvre l’album avec un véritable hommage au heavy rock à l’énergie brute et aux solos tranchants. Avec I Hate Myself  Justin Hawkins se prend pour Russell Mael des Sparks pour s’ancrer cette fois dans une veine glam réjouissante. Queen première époque ne renierait certainement pas ce Hot On My Tail aux accents folk de ’39 (A Night at the Opera) qui offre un bon moment de calme avant un entêtant Mortal Dread aux accents classic rock. Don’t Need Sunshine, une ballade rock des plus classiques riche en harmonies vocales et arrangements classieux. 

Le reste du disque ressasse la formule, chacun des morceaux répondant de près ou de loin aux influences évoquées précédemment. Il faut néanmoins retenir le mid tempo enjôleur de Don’t Need Sunshine et un The Longest Kiss aux faux airs de pop bubblegum nourrie de vocalises expressives et de guitares cristallines. Quant à The Battle For Gadget Land, voilà une autre pépite énergique aux accents métal qui prend au passage des tournures stoner. Cold Hearted Woman: guitare acoustique, tambourin, banjo et fiddle sont de sortie pour une ballade moderne dans l’Ouest américain. Dreams On Toast s’achève sur Weekend In Rome, un titre conçu comme une musique de film avec des voix parlées accompagnées d’une orchestration grandiloquente qui installe une atmosphère totalement décalée. Véritable épilogue émotionnel à contrepied, ce dernier morceau souligne la capacité du quatuor à sortir brillamment de son registre habituel pour séduire la plupart avec un album foisonnant et réussi.

 

Aerosmith – Dream On

 

[Dream On – Album: Aerosmith – 1973]: Quand je me regarde dans le miroir, les traits de mon visage sont de plus en plus marqués. Le temps passe, aussi vite que l’aube file vers le crépuscule. C’est ainsi, à un moment dans la vie, tout le monde a des comptes à rendre. Personne ne sait d’où l’on vient et où l’on va… Tout le monde fait des erreurs, il faut perdre pour apprendre à gagner. Alors chante avec moi, ris, pleure et chante avec moi. Ne serait-ce qu’aujourd’hui, car demain tu ne seras peut-être plus là. Rêve. Rêve et rêve encore, jusqu’à ce que tes rêves deviennent réalité.

 

Mama’s & Papa’s – Monday Monday

 

[Extrait]: Ce premier vrai groupe hippie des années 60, quatuor vocal californien pourtant formé à New York en 1963, a failli être celui de Janis Joplin. Après un premier Go Where you Wanna Go qui passe totalement inaperçu, viennent les splendides harmonies vocales de California Dreamin’ qui paraît en décembre 1965 et qui devient un tube mondial. Dans la foulée, The Mama’s & The Papa’s enregistrent leur premier LP  – If you Can Believe Your Eyes and Ears – duquel est extrait un morceau composé par John Phillips : Monday Monday. Publiée en single en 1966, la chanson est consacrée au jour de la semaine que personne n’aime, surtout quand il devient annonciateur d’une rupture amoureuse : le lundi…
À l’époque, les radios diffusaient largement California Dreamin’ mais dès la sortie de l’album, les stations commencent à passer Monday Monday en boucle. Ainsi, déjà connu du public, le single devient très rapidement un énorme succès et n°1 du Bilboard Hot 100. John Phillips avouait qu’il n’avait aucune idée de l’impact que pouvait avoir le texte. Quant à Denny Doherty il déclarait: ″ Personne n’aime le lundi, alors j’ai pensé que c’était juste une chanson à la con sur un jour de la semaine ″...
En juin 1967, forts d’une renommée internationale, les Mama’s & Papa’s sont annoncés en tant que vedettes du Monterey Pop Festival organisé par John Phillips lui-même. Ils se produisent en clôture et leur prestation laisse quasi indifférent un public pas encore remis de ce qu’il leur a été offert par Janis Joplin, les Who et Jimi Hendrix.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, mars 2025