Vivian Maier – Photographe de Rue

© Photos : Vivian Maier

C’est ainsi que par le plus grand des hasards débute l’histoire d’une découverte. À la fin de l’année 2007, John Maloof, un jeune agent immobilier de 25 ans, président d’une société historique locale, recherche des photographies pour illustrer un livre qu’il coécrit sur le quartier de ″Portage Park″ à Chicago. Il court les salles de ventes et finit par acheter pour 400 dollars un énorme lot de négatifs (30 000 négatifs, des dizaines de rouleaux de pellicule et seulement quelques tirages réalisés dans les années 1950-1960). Il n’y a pas d’images de ″Portage Park″. Déçu, John Maloof remise son achat dans un placard pendant plus de six mois avant de se rendre compte que ces images, principalement en noir et blanc, sont belles, émouvantes et superbement composées. Un véritable trésor! Ce trésor est l’œuvre de Vivian Maier. Passionnée de photographie depuis son plus jeune âge cette américaine d’origine française s’adonne chaque fois qu’elle le peut, à son passe temps favori en parcourant les rues, Rolleiflex autour du cou, shootant tout ce qui pour elle suscite un intérêt ou touche sa sensibilité. Elle photographie les miséreux et les quartiers malfamés des villes, les situations cocasses, émouvantes ou insolites mais aussi les éléments architecturaux. Ainsi naît une légende, celle d’un génie de la photographie qui a vécu dans l’anonymat en tant nounou à New York où elle est née et à Chicago où elle est décédée dans la misère en 2009 à l’âge de 83 ans. Aujourd’hui et même si des zones d’ombre subsistent, l’œuvre de l’artiste fait l’objet de nombreux articles, d’ouvrages documentés, d’expositions et même d’un film. Autant de supports qui replacent légitimement Vivian Maier dans l’histoire de la photographie du XXème siècle à laquelle appartient désormais cette très grande photographe. Pour s’en convaincre il suffit de parcourir le site officiel en attachant une attention particulière aux photographies de rue: Portfolios > Street; le témoignage d’une époque et de sa société y est beau, émouvant et tellement réaliste.

 

© Photos : Vivian Maier

Led Zeppelin – La Saga du Plagiat!

 

L’écoute des versions originales dont il est question ici même conduit à admettre que parfois les termes de reprise, inspiration, influence ou plagiat peuvent cohabiter de manière sournoise. Même quand il s’agit de l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps!: Led Zeppelin!

Led Zeppelin I

Babe I’m gonna leave you: Ecrit par Anne Bredon dans les années 50, chanté en 1964 par Barbara Müller. Crédité ″ Words and Music: Jimmy Page ″. L’auteure intente une action en justice dans les années 80. Depuis le tire est estampillé ″ Brenon/Page-Plant ″.

Black Waterside: Chanson tirée du folklore Irlandais, arrangée et publiée par Bert Jansch en 1965. ″Music by Jimmy Page″ même s’il n’a fait que supprimer les paroles.

Dazed and Confused: A été écrit par Jake Holmes en 1967. Le titre est repris en son temps par les Yardbirds, groupe dans lequel Jimmy Page tient le manche de la 6 cordes. La version du Zep sera créditée : ″ Jimmy Page: Words and Music ″.

How Many More Times: Publié en 1961 par Howlin’ Wolf sous le titre de How Many More Years. Bien que les paroles soient différentes, la musique, elle, est identique. Figurent également dans la version du dirigeable des plans piqués d’une part à The Hunter de Albert King et d’autre part au Beck’s Bolero de Jeff Beck. Pourtant le songwriting est clair: ″ Jimmy Page, John Bonham & John Paul Jones ″.

Malgré tout deux titres de l’album sont bien attribués à leur auteur Willie Dixon: You Shook Me et Dazed and Confused . Au final seuls deux morceaux subsistent en tant que compositions originales: Good Times, Bad Times & Your Time is Gonna Come.

Led Zeppelin II

Whole Lotta Love: Au bénéfice de ″ Bonham/Jones/Page/Plant ″, Créé par Willie Dixon et enregistré par Muddy Waters en 1962  sous le titre ″You Need Love″. Dixon intente un procès et le gagne.

The Lemon Song: Riff et paroles pompés sur Killing Floor de Howlin’ Wolf en 1966 mais ″ Bonham/Jones/Page/Plant ″ toujours crédités.

Moby Dick: En écoutant Watch Your Step que Bobby Parker enregistré en 1961, on se demande vraiment comment ″ Bonham/Jones/Page/Plant ″ osent en revendiquer la paternité du morceau.

Bring it on Home: Sonny Boy Williamson l’enregistre en 1963 mais le porte au crédit de Willie Dixon qui en est l’auteur. Ce dernier intente un procès au cours des 70’s mais le titre restera attribué à ″ Page/Plant ″.

 Led Zeppelin III

Since I’ve Been Lovin’ You: Signé ″ Jones/Page/Plant ″ et pourtant les paroles sont clairement copiées sur le Never de Moby Grape et la musique y est par moments très similaire.

 Led Zeppelin IV

Stairway to Heaven: Hit planétaire attribué à ″ Plant & Page ″. L’intro et quelques plans seraient tirés de ″Taurus″, un morceau composé en 1968 par Randy California, le guitariste du groupe Spirit. Les membres de Led Zeppelin ont eu de nombreuses fois eu l’occasion d’entendre le titre, notamment lorsqu’ils faisaient la première partie du groupe Californien à Denver aux États-Unis. Plainte a été déposée par l’avocat de Randy California. A suivre donc. Les enjeux sont énormes. Droits d’auteur (et donc royalties), éventuelle interdiction de mise sur le marché (prévue à partir d’ octobre) de la version remastérisée de la discographie de Led Zeppelin… Même si généralement par le passé ce genre de conflit s’est presque toujours réglé à l’amiable, ce coup ci, les avocats vont devoir jouer une sacrée partition. Rock’ n’ Roll bordel!

Roger Dean – Yes!

Roger Dean: The Gun & Yes cd's covers

[Extrait]: Cet illustrateur de renommée internationale a, dès le début de sa carrière, crée un style dont les images évocatrices et visionnaires ont illustré avec bonheur le monde musical. Avec des techniques, des approches et des styles différents, lui et Storm Thorgerson ont fait passer la jaquette de disque du rang de simple emballage à celui d’œuvre d’Art à part entière. Les dessins de Roger Dean évoquent de façon stylisée des paysages et des mondes étranges inspirés par la littérature fantastique et par la Science Fiction. Des univers grandioses aux lumières étincelantes, peuplés de créatures mythiques, ont fait que cet artiste anglais  reste sans doute le plus connu dans l’illustration du Rock en général et du Rock Progressif en particulier. La première oeuvre discographique de Roger date de 1968; des montres hideux rampent et se meuvent sur la jaquette du premier album du power trio anglais The Gun (Race with the Devil) . En 1971 c’est l’album Fragile qui marque le début d’une longue collaboration avec Yes (Close to the Edge, Yessongs, Relayer, yesterdays, etc..). Choisie par Rolling Stone Magazine parmi les 50 meilleures pochettes du siècle, celle de Tales from Topographic Oceans (1973), illustre à merveille la musique et les textes cosmiques de l’album. Images et musique ne se sont jamais mieux rencontrées et complétées que sur l’association Yes – Roger Dean qui cette année encore contribue à l’image identitaire du groupe sur le dernier album: Heaven & Hearth.

Patrick BETAILLE, septembre 2014


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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MuPop – Le Musée des Musiques

Musée des Musiques PopulairesDe notre correspondant  permanent France-Breizh, Gaël Gourvezvank: « Un excellent musée à visiter pour les musiciens ou amateurs de musiques. Le MuPop de Montluçon. Le musée des musiques populaires couvre tous les styles:  (electro, guinguette, Rock, Punk, Métal, Disco, Swing, Rap, Fanfare, etc…..) et expose des instruments aussi bien  ancestraux que modernes. Dans une pièce, Jimmy Hendrix en concert sur écran géant avec murs de Marshall; comme si vous y étiez!  Dans une autre, le local de répétition d’un groupe punk des années 80, ou encore la chambre type d’un ado des années soixante. Le MuPop c’est aussi des expositions de costumes, d’affiches ou encore de pochettes de disques, de tourne-disques et de Juke Boxes… Envie d’écouter le son d’une cornemuse ou d’une Gibson de 1962? C’est possible! Un album de Pink Floyd ou de MC5? Egalement! »  Et si après avoir examiné de près les 3500 instruments de musique et participé au parcours interactif il vous reste un peu de temps vous pourrez le passer  au centre de documentation également présent sur le site. Pour en savoir plus: N’oubliez pas le guide!

Brimstone Coven, l’album

Brimstone CovenIl n’est pas dit que l’année 2014 s’achève sans un bon petit brûlot de Heavy Rock.  La jaquette de l’album éponyme de Brimstone Coven annonce une couleur que Richard Clayderman n’oserait entrevoir, même dans ses rêves les plus avinés. Crânes, grimoire, bougies, sorcières aux yeux vides… tout y est et pour sûr on imagine aisément les membres hirsutes de ce groupe de Virginie se balader avec le premier opus de Black Sabbath sous le bras. Dès la première écoute ça se confirme; les gus ne sont pas là pour enfiler des perles. Les riffs sont rugueux à souhait, la rythmique plombée et à n’en pas douter le chanteur « Big John William » à fignolé ses cordes vocales à la râpe à bois. Plus surprenant par contre,  c’est que ça et là viennent s’immiscer des ambiances plus bluesy, et parfois même des harmonies plus psychédéliques. De toute évidence Brimstone Coven a passé du temps à écouter les Maîtres du genre mais sans tomber dans le piège de l’imitation mercantile. Nous sommes bien au sein de ce que l’on pourrait appeler du Neo-Metal Retro (Sic!) et on ne s’ennuie jamais à l’écoute de ces 17 titres qui ne sont ni plus ni moins que la compilation remastérisée des deux premiers albums que ce combo prometteur a auto-produit entre 2012 et 2013.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

Shirley – Un voyage dans la peinture d’ Edward Hopper

© Edward Hopper

 

Le réalisateur Gustav Deutsch donne vie à 13 toiles d’Edward Hopper dans un film qui raconte les errances d’une femme, Shirley, dont les pensées et les émotions nous amènent au cœur de l’histoire américaine.  Chaque tableau correspond à une date précise calée sur l’année de création par Edward Hopper. Gustav Deutsch a respecté cet ordre chronologique et en a fait de courts chapitres de six ou sept minutes, donnant à voir ce qui se passe avant et après l’instant figé par l’œuvre initiale. Au final, 34 ans de vie ont été peints puis portés à l’écran. Techniquement, le passage de l’univers en 2D des toiles à l’animation 3D des plateaux n’a pas été une mince affaire. Pour résoudre les problèmes liés à la perspective ou à la profondeur il a fallu construire des décors en grandeur nature. Quant aux lumières, il fallait décider de la manière dont on pouvait les placer et les gérer sans qu’elles ne compromettent l’aspect pictural original. A la fois impressionnante reconstitution historique et mariage de raison entre Cinéma et Peinture, Shirley, Visions of Reality est une œuvre originale, novatrice et unique sur laquelle il ne faut absolument pas faire l’impasse.

Patrick BETAILLE, septembre 2014

 

 

Flash – In the Can

Flash In the Can

[Extrait]: 1970, évincé et remplacé par Steve Howe au sein de Yes, Peter Banks forme Flash dès 1971. Un premier album, In the Can, sort au printemps 1972. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous, et ce,  malgré un design accrocheur de John Hoernle. Ce premier essai est suivi à l’automne, d’un l’album éponyme tout aussi accrocheur au niveau packaging mais sans effet quant à la notoriété du groupe. Pourtant, le style musical de ces deux disques est fortement marqué de l’empreinte de Yes. Il faut peut être rechercher la cause de ces flops du côté d’une orientation musicale plus pop. Le groupe se sépare en 1973 peu après la sortie du troisième et dernier enregistrement studio Out of our hands. Un témoignage live est publié en 1997 dans la plus totale indifférence.

Flash Flash

Patrick BETAILLE, août 2014


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Rebelle Attitude!

Graffiti Rebelle Attitude

 


″ Malgré la révolution permanente des mœurs, des mentalités, des modes, des tendances culturelles, et malgré l’âge, une rebelle reste une rebelle…″ (Philippe Labro).


Jimi Hendrix – Experience illustrée

Hendrix Are you experienced Moebius

 

Milieu des années 70, l’âge d’or du rock. La bande dessinée entame alors sa révolution. Jusqu’alors plutôt destiné au jeune public cet art se tourne désormais vers le monde des adultes. Ainsi, l’on assiste en France à l’émergence de magazines tels que Métal Hurlant, l’ Echo des Savanes ou encore Fluide Glacial. Au sein de cette mouvance, les Editions Barclay qui entreprennent la réédition de la discographie de Jimmy Hendrix, ont alors une idée novatrice et intéressante: confier l’illustration des pochettes à des auteurs de bande dessinée.  Le premier double album qui réunit Are you Experienced et Axis: Bold as Love est confié à Moebius (alias Giraud, le dessinateur de Blueberry). Pour le second volume, Electric Ladyland, c’est Philippe Druillet et son univers incomparable qui met en scène le Guitar Hero. La pochette du volume 3 comprenant Band of Gypsys et The Cry of Love est dessinée par Solé. Un photographe publicitaire, Patrice Leroy, œuvre sur l’illustration du quatrième volet Hendrix in the West et War Heroes. Pour terminer, Patrick Lesueur, dessinateur à Pilote (Mâtin quel journal!) de son état, se charge du Greatest Hits de la série. Ces représentations sont magnifiques et elles prouvent que, même si l’un sollicite notre écoute pendant que l’autre est affaire de regard, Rock et BD entretiennent parfois une relation fusionnelle.

 

Hendrix Electric Ladyland Druillet

 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
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Patrick BETAILLE, juillet 2014