Van Dyke Parks – Songs Cycled

 

[Extrait]: Connu pour ses collaboration avec les Beach Boys (Smile en 1967) Ry Cooder, Alro Guithrie et Lowell George ; connu également pour des musiques de film telles que celle de Company de R. Altman en 2003, Van Dyke Parks revient en 2013 avec un disque pour le moins atypique.  L’album consiste en un judicieux amalgame de 12 titres relevant soit de matériel déjà diffusé sous forme de singles, soit de réarrangements d’anciennes compostions. Les styles et les idées s’y bousculent. L’accordéon y côtoie la guitare électrique et les cuivres flirtent de façon éhontée avec les percussions ou la mandoline faisant de Songs Cycled une œuvre digne d’une Americana baroque ou déjantée pas toujours facile à comprendre mais habilement orchestrée  et donc jubilatoire. Jubilatoire également le Cover Art de cet album qui est l’œuvre de R. Kenton Nelson dont l’ évocation de la civilisation Américaine n’est pas sans rappeler l’approche d’un Edward Hopper à ceci près qu’ici la technique consiste en une peinture à l’huile sur laquelle est appliqué un lissage subtil obtenu par sablage. Il faut s’en convaincre, l’union de ces deux talents que représente Songs Cycled n’est ni plus ni moins qu’une bouffée d’oxygène bienfaitrice.

 

© Peintures de R. Kenton Nelson
Patrick BETAILLE, septembre 2013
 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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James Cotton – Cotton Mouth Man

James Cotton: Cotton Mouth Man!A 78 ans James Cotton n’a plus grand-chose à prouver. Il a accompagné les plus grands dont entre autres Big Mama Thornton, Janis Joplin, Howlin’ Wolf, Santana ou encore Johnny Winter et BB King. Muddy Waters fit appel à cet harmoniciste inspiré et Ô combien talentueux sur l’Immense album diffusé en 1977 et produit par Johnny Winter himself, j’ai nommé ″Hard Again″ que tout amateur de Blues viscéral se doit de posséder. Aujourd’hui, avec ″Cotton Mouth Man″, Alligator Records diffuse 13 compositions originales du maître incontesté de l’harmonica qui, dans la plus pure expression du Chicago Blues, nous livre un album puissant et immédiat. James ne chante plus beaucoup. Depuis longtemps il se bat contre un cancer de la gorge et c’est la raison pour laquelle des invités prestigieux apportent leur contribution à cette dernière livraison. Joe Bonamassa, Gregg Allman, Warren Haynes ou Keb ‘Mo’ sont de ceux là. Ne vous méprenez pas! Cotton Mouth Man n’est pas un disque pince fesses alimentaire pas plus qu’une galerie de duos que certains artistes en panne d’inspiration commettent au crépuscule de leur carrière. Non! Ce disque est tout sauf ça et il est surtout un brûlot  étonnant d’énergie, de puissance et de passion qui vous mettra les poils des bras à la verticale. L’émotion y est omniprésente et culmine magistralement sur le dernier titre, ″Bonnie Blue″, où la voix ravagée et l’harmonica redoutable de James Cotton fusionnent de manière absolument poignante: Bonnie Blue!

Patrick BETAILLE, août 2013

The Strokes – Is this it

Strokes: Censure Is This it

[Extrait]: Début des années 2000. Un vent de fraîcheur Rock’n’roll caresse l’industrie musicale. Le géant Show Bizz se réveille, soudain rappelé à l’ordre par des petits galopins bruyants et motivés qui se produisent au sein de groupes décomplexés. Jet, The Datsuns, The Hives, The Veils, The Libertines, The Vines, etc… C’est l’époque des groupes en ″The″, comme dans les sixties, et The Strokes sont parmi les plus prometteurs de ce Revival de la scène  Rock Garage. Is this it le premier album des New Yorkais sort en Europe en août 2001 et  ce n’est que deux mois plus tard qu’il est diffusé aux Etats Unis. Le retard est causé par la pochette qui représente une main gantée de cuir posée sur un beau galbe de cul, pardon, de postérieur féminin.  Considérée comme obscène et provocatrice la jaquette est censurée et remplacée par un entrelas coloré sensé représenter une collision de particules. Un malheur arrivant rarement seul, le titre New York City Cops est supprimé car il est dit dans le refrain: New York City Cops, they ain’t too smart (Les flics de New York, ils ne sont pas très futés). On vit une époque formidable! Les propos en question sont qualifiés d’indécents par rapport aux événements du 11 septembre et le titre est remplacé par When it started qui en 2002 fera partie de la BO de Spider-Man.  L’interdit donne de la saveur parait il!

Patrick BETAILLE, avril 2013


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Le Club 27 – La Malédiction

 

Entre anecdotes inavouables, faits avérés et gros bobards, l’histoire du rock est émaillée de rumeurs qui, comme le veut la tradition orale, ont été déformées, exagérées ou enjolivées pour élaborer des légendes fantasques plus ou moins tenaces. Suivant les modes et le sens du vent on en apprend de belles. Ainsi, Robert Johnson aurait vendu son âme au diable pour pouvoir jouer de la guitare comme personne et Keith Richard aurait sniffé les cendres de son père. Plus fort. A la fin de Strawberry Fields Forever, certains croient entendre John Lennon  murmurer ″ I buried Paul ″ (j’ai enterré Paul); par contre Elvis et Jim Morrison, eux, seraient toujours en vie. J’en passe et des meilleures, y compris la présence de messages subliminaux ou sataniques sur des disques – Led Zeppelin entre autres – joués à l’envers. Il reste évident que la mort et la fascination qu’ elle exerce occupent une place prépondérante dans ce merveilleux monde du fantasme débridé. Pour peu que sur fond d’excès divers et variés une coïncidence s’en mêle et on en arrive vite au Mythe absolu.
De 1969 à 1971, en l’espace de deux ans donc,  Brian Jones, Jimi Hendrix, Janis Joplin et Jim Morrison sont passés violemment de vie à trépas alors qu’ils avaient tous 27 ans. La malédiction du Club des 27 était née et elle entrera définitivement dans l’inconscient collectif en 1994 avec la mort de Kurt Cobain qui n’a rien trouvé de mieux que de se suicider au cours de son vingt-septième printemps en laissant un ″ It’s better to burn out than to fade away ″ en guise d’au revoir. Étonnant non? En tous cas, superstitieux et autres adeptes de prophéties fumeuses y trouvent leur compte et ce n’est pas la disparition d’ Amy Winehouse le 23 juillet 2011 qui va venir mettre à mal leurs convictions. Elle aussi avait 27 ans! Au final si l’on prend en compte l’âge du décès, un talent certain et une aptitude à brûler la vie par les deux bouts on peut demander au cerbère de service d’accorder l’entrée au club des 27 à Robert Johnson, le père du blues moderne, Alan Wilson de Canned Heat, ou encore Gary Thain bassiste de Uriah Heep… Par contre Otis Redding et Graham Parson ont loupé le coche en mourant à 26 ans, idem pour Tim Buckley (le père de Jeff!) parti à 28 ans. Pour Psy c’est foutu, le stylé Gangnam a déjà 36 chevauchées à son actif. Quant à Justin Bieber va falloir attendre 8 ans pour être fixés !

Cee Cee James – Low Down Where the Snakes Crawl.

 

Christina ″Cee Cee″ James fait partie de ces talents stellaires qui, contre vents et marées, entretiennent la flamme de ce qu’ils ont de plus cher : une certaine idée de la musique en tant que mode de vie.  Low Down where the Snakes Crawl, sorti en 2008, est certainement la conclusion légitime d’une longue période passée sur les routes à courir les bars et les clubs pour glaner quelques dates de sets et, entre deux coups de pieds au cul, une éventuelle reconnaissance bienfaitrice.  Des onze titres de l’album  émergent des ambiances assez traditionnelles, parfois un peu fantasques ou mystérieuses car teintées de Soul. Voici donc un bon Blues underground qui se balade entre Memphis et Chicago porté par un  chant  plein de feeling et parfaitement maîtrisé. Selon les titres, la voix susurre ou se tend jusqu’à devenir délicieusement rauque quand les compositions le justifient.  Et les compos Cee Cee James connaît ! C’est elle qui œuvre, aidée par son mari qui, excellent joueur de slide, est également en charge des guitares. Le couple assure aussi mixage et production de l’ensemble. On n’est jamais mieux servi que par soi même ! Plus j’écoute ce disque intime et plus j’en apprécie l’atmosphère aux accents parfois Jopliniens.  ″ Janis était absolument unique, incomparable. Sauvage dans son chant, et je pense que c’est ce qui plait chez elle. Cette façon de tout donner, sans tricher″ (Cee Cee James).

 

Philippe Berthet – Dottie.

© Philippe Berthet

 

Pin Up est le titre d’une Bande Dessinée (Editions Dargaud) née en 1994 d’une collaboration judicieuse  entre le scénariste Yann et le dessinateur Philippe Berthet. En dépit du titre accrocheur il ne faut s’attendre ni à une série coquine, ni à un hommage à l’érotisme ; en fait il s’agit  plutôt d’un hymne à la femme que l’on aborde au travers des aventures de Dorothy Partington, alias Dottie. L’héroïne à la personnalité attachante et au physique troublant connaît des aventures tumultueuses et tragi-comiques sur fond de conflits divers et variés. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre Froide, le Viêt Nam, Dottie joue tour à tour et entre autres le rôle de Pin Up, d’aventurière, de physionomiste ou d’espionne. Finalement, dans le dixième et dernier tome, elle se voit proposer au détour d’une intrigue un rôle sur le tournage d’un film d’Alfred Hitchcock. Même s’il convient de ne pas réduire le talent de Philippe Berthet à cette seule série, il faut reconnaître que cet ancien de Spirou a tout de même donné un sacré élan à sa carrière en couchant sur la papier une créature de rêve.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Michael Ochs – 1000 Record Covers

 

Né en 1943, Michael Ochs est un photographe américain. Egalement archiviste et collectionneur passionné il est très connu pour sa collection d’images consacrées à la musique Rock.  Le New York Times considère The Michael Ochs Archive (localisée à Los Angeles), comme étant la banque d’images consacrées à la musique la plus importante du monde. Pas moins de 3 millions de clichés et de négatifs ! Durant les années 80-90, le Cd est en plein essor ; pour illustrer leurs rééditons de nombreuses maisons de disques – Rhino Records notamment – piochent dans ce trésor qui finalement sera vendu à Getty Images en 2007. Monsieur Ochs conserve néanmoins sa collection de plus de 100.000 microsillons. 1000 Record Covers propose une sélection par l’auteur d’illustrations d’albums et de singles des années soixante aux années 90. Certaines d’entre elles, véritables œuvres d’art sont devenues aussi célèbres que la musique qu’elles illustrent. D’autres, plus anecdotiques n’en restent pas moins les témoins d’une époque. ″Cette compilation n’est ni une anthologie critique sur l’Art des pochettes, ni une histoire exhaustive. Il s’agit seulement d’une sélection de mille pochettes de ma collection qui donneraient une vue d’ensemble sur le Rock & Roll depuis sa plus tendre enfance jusqu’à son âge actuel″. Plus qu’un simple catalogue ce livre est une véritable mine de renseignements. Outre les crédits photos ou les références de design, chaque illustration est accompagnée du nom du groupe ou de l’ interprète,  du titre de l’album, de sa date de parution. Même la maison de disques est citée. L’ouvrage de presque 800 pages, superbe et merveilleusement édité par TASCHEN, se lit indifféremment comme un voyage dans le temps ou une étude générale sur l’évolution du Cover Art mais il rend avant tout justice à une forme d’expression artistique malheureusement encore et toujours trop sous estimée.

Patrick BETAILLE, février 2013

 

Roxy Music – For your Pleasure!

Roxy Music: 1972: Roxy Music - 1973: For your pleasure - 1974: Country Life - 1975: Siren

[Extrait]: Au début des années 70 un courant avant-gardiste propulse sur le devant de la scène une musique privilégiant recherche de textures sonores et Pop élégante. Roxy Music s’impose en tant que l’un des fers de lance de cette tendance Art Rock. Brian Ferry et Brian Eno sont à l’époque les moteurs du groupe. Ils mettent en avant leur fascination pour la mode, le glamour, le cinéma et l’Art; musicalement bien sûr mais aussi au travers des pochettes d’albums pour lesquels ils font appel à des modèles qui en font la popularité. Sur l’album éponyme sorti en 1972, Kari-Ann Muller pose dans la plus pure tradition des calendar girls. 1973, ambiance nocturne pour Amanda Lear qui s’affiche en cuir moulant sur For your Pleasure. L’année suivante aux Etats-Unis Country Life sera emballé dans un film opaque car Constanze Karoli & Eveline Grunwald s’exhibent dans de la lingerie transparente. Et enfin Siren en 1975 met en scène celle qui sera l’espace d’un temps la compagne de Brian Ferry avant de le quitter pour Mick Jagger. Jerry Hall, c’est bien d’elle dont il s’agit.

Patrick BETAILLE, janvier 2013


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Julie London – Calendar Girl

Julie London: Calendar Girl 1956

 

[Extrait]: Au cours des années 50 Julie London (1926 – 2000) jouit d’une popularité considérable. En tant qu’actrice, cette californienne physiquement très intelligente, a tourné la bagatelle de 22 films dont certains aux côtés Gregory Peck et Rock Hudson. Musicalement elle connaît un succès fulgurant avec Cry me a River qu’elle interprète dans le film The Girl Can’t Help It (La blonde et moi) sorti en 1956. Cette année là également parait Calendar Girl, le deuxième opus d’une discographie riche de 34 albums. La mode est aux Pin-Up. Qu’à cela ne tienne ! La belle se retrouve mise en scène dans 12 tableaux calendaires qui détrôneraient à coup sûr les chalets enneigés et les chevaux neurasthéniques grâce auxquels les Petits Travailleurs Tranquilles nous délestent  annuellement de quelques euros. 12 poses…12 mois… Calendrier… Le concept du contenant s’applique aussi au contenu. 12 chansons, une pour chaque mois de l’année. Même pas peur ! Chaque titre intègre le mois qui lui revient de droit: 1. June in January, 2. February Brings the Rain… 12. Warm in December. Y figure même un Thirteenth Month bien négocié puisque illustré par une photo dont la suggestivité contribuera grandement à l’image de sex symbol de la dame. © photos d’illustrations de Gene Lester.

Julie London: Calendar Girl Thirteenth Month

À l’époque délicieusement dans l’air du temps, Jazzy à souhait, Calendar Girl bénéficie d’une orchestration soignée et savamment adaptée  à la voix chaude et suave qui aujourd’hui encore résonne dans certains lounges où des businessmen stressés rêvent d’un futur sans Powerpoint statisticiens. Pour conclure il convient d’ajouter que Julie London a été mariée à un certain Bobby Troop, célèbre pour avoir composé l’un des plus grands standards du Rock’n’Roll:  Route 66!!!


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Patrick BETAILLE, janvier 2013

Marcel Gotlib – Noël à Chier!

Gotlib Fluide Galcial
© Gotlib

 


C’est la couverture du numéro spécial que l’on voit chez les libraires un peu avant Noël. Elle est l’oeuvre de Marcel Gotlib. Nous sommes en 1975, le numéro 3 de Fluide Glacial vient de paraître. Énorme!


Patrick BETAILLE, décembre 2012