Zapping Photo – 2012 en images.

© Pablo Spencer – AFP

 

C’est de saison et tous les ans nous y avons droit, ça et là, sous une forme ou sous une autre. Louable initiative que celle de The Boston Globe qui au travers de  clichés soigneusement sélectionnés nous propose de parcourir les évènements significatifs de 2012. Un magnifique zapping en images qui nous incite à réfléchir et surtout à nous focaliser sur l’essentiel tout en passant outre l’orgie de clichés insipides et d’infos aseptisées que nous consommons quotidiennement sans même nous en rendre compte. ″ La mémoire ne filme pas, la mémoire photographie ″ (Milan Kundera). C’est ici que ça se passe: The Boston Globe!

The Jim Jones Revue: The Savage Heart

 

Un Garage Rock rugissant façon MC5 ou Stooges première époque que ne renierait pas un Jerry Lee Lewis sous amphétamines ou un Little Richard à qui l’on annonce l’annulation de la Gay Pride. C’est ça The Jim Jones Revue ! Un déchaînement hargneux et puissant qui ferait passer des hauts fourneaux pour de vulgaires cocottes minute. Pour le coup la perfide Albion met en oeuvre des armes de destruction massive via des émissaires londoniens qui usent et abusent de guitares furieuses, de tempos sidérurgiques et de claviers déjantés. C’est sale, brut, visqueux et hystérique. Après un album éponyme en 2008 et ″Burning your House down″ en 2010, Jim Jones et sa bande de loubards reviennent dans les bacs avec ″The Savage Heart″. L’album, comme ses prédécesseurs, brille par sa concision et son efficacité mais aussi par une production magnifique. Toujours aussi allumées et rock’n’roll, les compos explorent néanmoins de nouvelles directions ; ce qui laisse présager le meilleur pour ce groupe qui vous fera sortir les couilles par les oreilles pour peu que vous ayez la chance de les voir sur scène.

Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

L.A Guns – Golden Bullets

L.A Guns Albums Cover Art

 

Un peu d’Histoire. Dans les années 80 Tracii Guns (guitares) forme L.A Guns, un groupe de Hair Metal avec lequel il occupe la scène du Sunset Strip d’Hollywood. En 1983 Michael Jagosz, le chanteur, part en taule voir le temps qu’il y fait. Il est remplacé par Axl Rose qui quitte rapidement la formation pour monter Hollywood Rose  avec son pote Izzy Stradlin. En 1985 Axl Rose et Tracii Guns s’ acoquinent pour lancer la première mouture de Guns N’ Roses. Bon! Ca c’est fait! A moins d’être un inconditionnel du genre, disons que musicalement L.A Guns est indispensable… pour appréhender ce qui ne l’est pas. Et sinon? Ben… Il faut jeter un coup d’œil sur les titres des albums du combo (Cocked & Loaded, Sex, Booze N’ Tattos , etc…) ou s’attarder sur les intitulés de morceaux (No mercy, Sex Action, Bitch is back, etc.) pour piger le comment du pourquoi du sujet dont à propos duquel il s’agit. Allez, sautez directement à la case fuckin’ Guns & fuckin’ Roses vous gagnerez du temps. Cela dit, et pour ceux qui auraient la comprenette anesthésiée, un examen rapide de certaines  jaquettes des albums de L.A Guns devrait à coup sûr les mettre sur une piste; celle des Pin-Up. De ce côté là au moins on est servi!

Patrick BETAILLE, décembre 2012


d’autres anecdotes dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Diana Krall – Glad Rag Doll

 

J’ose! J’aime bien cet album! Tout de go je précise que cette allégation chapeaute les considérations superfétatoires intello-jazzy du moment. Que Madame Costello soit trop ceci ou pas assez cela je m’en tape comme de ma première tétine. En outre, je dois avouer que je ne possède pas les compétences requises pour juger à l’aune de la créativité le bien fondé de certitudes masturbatoires que je respecte dans l’indifférence la plus totale. Point de créativité d’ailleurs; juste une collection de standards de Jazz des années 20-30 qui fait de Glad Rag Doll une machine à voyager dans le temps pilotée par T-Bone Burnett qui assure la production. Pour la circonstance le Doc  s’est contenté de dépoussiérer délicatement la vieille poupée de chiffon pour lui donner un petit air joyeux sans pour autant en dénaturer l’âme. Il découle de cette approche une ambiance singulière qui, paradoxalement, colle parfaitement à la voix et au jeu de Diana Krall (à moins que ce ne soit l’inverse…) qui visiblement prend du plaisir à s’exprimer dans ce contexte. Certes, la démarche et l’interprétation peuvent étonner, voire hérisser. Néanmoins, en outre et cependant, dès l’instant où l’on parvient à faire abstraction du reste de la production de la belle, l’ensemble s’avère cohérent, original et séduisant. Certains titres sont même assez surprenants ; à l’instar de I’m a Little Mixed Up (Betty James) et  son piano Rock’n’roll ou encore de Lonely Avenue (Doc Promus) dont la lecture bluesy assez radicale reste un des meilleurs moments. Chaleur, humour, sophistication et rigueur ; Diana se laisse aller et, quoique l’on en dise, sa performance vocale Rock’ n’ Blues est remarquable. Tout aussi remarquable la prestation des musiciens comme en témoigne, entre autres, le jeu du ″ Picasso de la six cordes ″ (dixit la patronne), Marc Ribot himself. Quant à la jaquette… Elle parle d’elle même! De toutes façons on s’en fout! Glad Rag Doll reste un putain de bon disque.

 

Frank Margerin – Mes crobards.

 

Un nouvel album de Margerin c’est comme un rencard avec une frangine. On bouillonne, on s’y prépare fébrilement et quand arrive l’heure on essaie d’en capter toute l’intensité. Rendez vous aux Editions du Chêne. Une fois n’est pas coutume, Lucien, Ricky, Gillou, Riton, Momo et tous les autres sont pile à l’heure et ils sont comme vous ne les avez jamais vus ! C’est Frank Margerin qui fait les présentations et ce de façon inédite. Il évoque la genèse des albums et divers travaux qui ont fait le succès d’aventures motocyclistes sur fond de Rock’n’Roll et de délires potaches. Et la moto il connaît le Frank: “ la moto est une de mes passions, j’en dessine beaucoup, soit pour préparer une BD, soit pour me détendre ”. C’est ça  Mes Crobards! un recueil d’ébauches, d’idées, de transcriptions graphiques, d’instantanés devenus de grands moments de BD. Les fans et autres amateurs éclairés y trouveront l’authenticité des coulisses du travail de l’artiste et certainement pas une exploration de fonds de tiroirs. Fin des présentations et puisque tout le monde est là que la fête commence ! A wop-bop-a-loo-a-wop-a-wop-bam-boom!

Patrick BETAILLE, décembre 2012

 

 

Jack Daniel’s – It’s not Scotch, it’s not Bourbon, it’s Jack!

 

Jack était l’un des dix enfants de Calaway Daniel et Lucinda Cook. Perdant tôt sa mère et ne s’entendant pas avec sa nouvelle belle-mère, il est placé à l’âge de 6 ans chez l’oncle Félix, un voisin fermier, d’où il fugue pour aller travailler chez un ami de son oncle, un prédicateur luthérien qui est aussi distillateur de whisky. Dan Call, le gars en question,  décide un beau jour de se consacrer entièrement à sa fonction de prédicateur. En 1863  il vend son affaire à Jack qui en 1895 décidera de changer la forme ronde de la bouteille pour celle, carrée, qui deviendra célèbre notamment dans le monde du Rock. Ce Bourbon si particulier donnera plus tard naissance à une nouvelle appellation: le Tennessee Whiskey.  Au-delà de l’incontournable Old No.7 âgé d’au moins cinq ans aux notes immédiatement reconnaissables de vanille, d’agrumes et de chêne, Jack Daniel’s propose différentes expressions : Gentleman Jack, filtré une seconde fois à travers le charbon, se révèle encore plus doux et sophistiqué; Single Barrel, une sélection de fûts absolument superbes, aux notes de noix de pécan distinctes; et enfin Monogram, véritable joyau de la gamme et trésor du whiskey (Source: La Maison du Whisky). Jack meurt le 10 octobre 1911 suite à l’infection d’un orteil cassé après avoir donné un coup de pied à son coffre-fort. ″Mais quel con!″ (Black Bonnie, philosophe alambiqué).

Patrick BETAILLE, décembre 2012

Beth Hart – Bang Bang Boom Boom

Beth Hart: CD Bang Bang Boom Boom!

En 2011 et avec ″D’ont explain″, fruit d’une collaboration judicieuse avec Joe Bonamassa, Beth Hart passe de la Variété haut de gamme au  Blues Rock électrique qui colle à merveille à  son tempérament d’écorchée vive. En 2012 l’influence bluesy reste évidente au sein de Bang Bang Boom Boom, nouvel et huitième opus studio de la Californienne. Guitares et piano occupent toujours une place prépondérante,  à l’instar de Baddest Blues, façon Billy Holiday, qui ouvre les festivités, ou encore Caught out in the rain qui dégueule d’émotion pendant plus de 7 minutes. La profusion de cuivres sur Swing My Thing Back Around et Spirit Of God amorce un changement de direction avec tonalité Swing ou Big Band que ne renierait pas Cab Calloway. Avec Better Man, Ugliest House ou encore le titre éponyme, l’ambiance devient plus légère et plus fun qu’à l’accoutumée. Au final ce qu’il faut retenir, c’est qu’avec ces  11 compostions originales, la force de cet album réside avant tout dans l’éclectisme des influences desservies par une voix à la foi chaude, puissante et émouvante. La production heureuse de Kevin Shirley (Led Zep, Aerosmith, Bonamassa) assure à l’ensemble une cohésion sans faille. Et que dire du packaging ? Visuel qui atteste du réchauffement de la planète, paroles lisibles sans loupe, Liner notes d’Henry Yates, commentaires de l’artiste sur les origines de chaque titre, quelques zoulies zimages… Une fois n’est pas coutume, on en a pour ses euros ! C’est donc l’occasion ou jamais de découvrir cette immense artiste. A moins de préférer se focaliser sur ses performances scéniques… Auquel cas il suffit : soit de se rabattre sur le sublime Dvd Live at Paradiso, sorti en 2005, soit d’assister à l’un des concerts de la tournée française qui passe par l’Olympia  le 28 Mars 2013. ″Quand Beth Hart chante le temps s’arrête, le cœur danse et les poils de la nuque se hérissent!″ Je confirme!

Patrick BETAILLE, octobre 2012

Jean-Marie Périer – Rencontres.

 

Il y a peu, alors que je m’épanchais sur le magnifique ouvrage qu’est Musique Box, je m’assénais égoïstement la remarque suivante :  » Diantre, fichtre, foutre…pas un seul cliché de JM Périer ! « . C’est fou ça !  Delirium très épais ou fulgurance neuronale ? Allez savoir ! En tous cas voici l’occasion, non pas de combler une lacune, mais plutôt d’évoquer un temps que  les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Dixit Charles, pas le Grand, l’autre, le petit, l’arménien quoi ! Faites un effort merde ! Les Sixties, c’est bien de cette décennie dont il s’agit aujourd’hui avec la parution de Rencontres, un recueil photographique consacré aux grands noms de la musique anglo-saxonne. L’auteur, Jean-Marie Périer donc, nous apporte sur un plateau  la bagatelle de quelques 200 témoignages annotés ! 300 pages de  souvenirs dont 85 consacrées aux Rolling Stones, une cinquantaine aux Beatles et une bonne douzaine illuminées par le joli minois de Marianne Faithfull. Miles Davis, Ella Fitzgerald, Dizzy Gillepsie, Chuck Berry, Cliff Richard, Gene Vincent, Dylan, Hendrix, James Brown, tous et bien d’autres sont également passés devant l’objectif et répondent présent à l’évocation d’une époque où rien n’était sérieux mais tout était possible. Clic, Clac,Merci Kodak! C’est aux Editions du Chêne et c’est Magique !

 

 

Rivals Sons – Pressure and Time.

 

Un mien ami, tout à fait artisan, presque retraité, adepte de fanfares et grand consommateur de super sans plomb, me disait récemment: ″ Dis donc y’a longtemps que tu nous as pas balancé un truc sympa?! ″. Est ce de ma faute si la production discographique du moment est aussi pauvre que le QI d’un animateur de Fun Radio? Non hein ?! Ceci admis, et sans atteindre les fulgurances de Henry’s Funeral Shoe ou Black Joe Lewis, en fouillant un peu, on parvient à exhumer des trucs qui font du bien par où ça passe. Formé en 2008, Rival Sons excelle dans un Classic Rock qui à n’en pas douter devrait ravir les nostalgiques d’Aerosmith, Led Zeppelin ou Black Crowes.  Avec Pressure and time Le quatuor de Los Angeles vous en donne pour votre argent même si l’ensemble des dix titres dépasse tout juste les 30 minutes. Rythmique plombée, guitares insolentes, vocalises perçantes, changements de rythme et une production sans faille s’avèrent aptes à dégourdir les enceintes les plus amorphes. Certes l’album ne vous fera pas sortir les couilles par les oreilles mais  il vous fera peut être découvrir un groupe qui s’est quand même vu attribuer les premières parties d’Alice Cooper et d’AC/DC. Ben ouais! Eh ben ouais! 

Patrick BETAILLE, septembre 2012

 

Hayseed Dixie – A Hot Piece of Grass

Hayseed Dixie: A Hot Piece of Grass - 2005Allez faites un effort et répétez le nom du groupe plusieurs fois… Ca y est ? Vous avez compris ? Bon j’explique pour les handicapés de la menteuse. En 2001 Hayseed Dixie sort une galette exclusivement composée de reprises de hits des Australiens d’AC/DC. Hayseed Dixie… AC/DC… Vous y êtes ce coup ci ? Ce premier album, ″A Hillbilly  tribute to AC/DC″, annonce la couleur et de  ″Highway to Hell″ à ″Back in Black″ en passant par ″TNT″ et ″Hells Bells″, tout y est ou presque. Les quatre furieux des Appalaches, habitués à jouer la musique traditionnelle de leurs ancêtres, ont obtenu cette année là un succès quasi immédiat et ont pris goût aux covers à la sauce Blue Grass et Hillbilly. Tout en donnant un éventail plus large à leurs cibles et sans pour autant délaisser les compositions personnelles ils sortent en gros une dizaine d’albums, tous aussi barrés les uns que les autres. En 2005 ″A Hot Piece of Grass″ ravage tout ce que le monde du Heavy Rock possède de plus lourd. Des reprises de Led Zeppelin, AC/DC, Motorhead, Van Halen, Green Day, Black Sabbath voisinent  avec quelques compos personnelles bien foutues et l’ensemble s’avère on ne peut plus jouissif. Même quand le banjo remplace la guitare de Jimmy Page cet album est exactement ce qu’il est censé être: divertissant, provocateur, kitsch et déjanté. Il n’en reste pas moins fidèle dans les adaptations et bougrement efficace quant à l’énergie déployée par des musiciens talentueux. Alors bien sûr, on peut se masturber l’intellect pour  remettre en cause la légitimité de la formation ou  le bien fondé de sa démarche mais le plaisir éprouvé à l’écoute des quinze titres devrait sans problème annihiler ce genre de digression. De toutes façons entre ça et un groupe de puceaux imberbes (vous voulez des noms ?) dont les voix ne feraient même pas bander un teckel à poil ras, moi j’ai choisi. Pas vous ?

Patrick BETAILLE, juillet 2012