Chris Hardy – Short Sharp Shocked

 

Américaine née au Texas, compositrice et militante engagée, Michelle Shocked a mené une vie itinérante aux États-Unis et en Europe tout au long des années 1980. Short Sharp Shocked est son deuxième album sorti en août 1988. La photographie de la chanteuse qui figure sur le cover art a été prise par Chris Hardy du journal San Francisco Examiner. On y voit Michelle brutalisée par des policiers lors d’une manifestation contre les entreprises qui financent les campagnes du Parti Républicain. L’événement s’est déroulé à San Francisco pendant la convention nationale démocrate de 1984.

Nota: Pour la pochette du disque publié par Mercury, le cliché a été recadré, la position de la tête de Michelle modifiée et les yeux de l’agent de contention ont été masqués par des lunettes de soleil ajoutées à l’aérographe. Voir la photo originale de Chris Hardy: Michelle Shocked.

Patrick  BETAILLE, mai 2025


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Anthny Gomes – Praise the Loud

 

Tronche de killer hurlant, Gibson Flying V fumante pointée vers le ciel, d’emblée le message est clair: le mec il n’est pas là pour enfiler des perles. Ce guitariste canadien est pour moi une découverte prescrite par un mien expert en trucs qui hérissent les poils de la guitare. Anthony Gomes s’y connait en 6 cordes et c’est toute son énergie qu’il déverse aux pieds du blues rock, du hard rock et du metal. Question voix le gars ne fait pas dans la dentelle non plus avec un clonage des cordes vocales de Rod Stewart (Love Song Gone Wrong) et celles de Billy Gibbons (Praise the Loud), le tout dégrossi à la râpe à bois puis mixé au pili-pili. Le vaste répertoire vociférant de Gomes rend parfois aussi hommage à ses pairs tels que Free (Inside Out) ou AC/DC (Electric Blues Crusade). Who cares! En 12 titres Praise the Loud est véritablement une expérience électrisante, délivrée avec virtuosité, décontraction et un savoir faire redoutable de la part de ce power trio.
D’entrée, le titre éponyme frappe très fort en juxtaposant riffs puissants et solo explosif à la wah-wah. Pour la suite, la même recette est appliquée, y compris sur des morceaux mid tempo comme Netflix and Chill. En juxtaposant guitares massives, chant puissant et rhythmique impeccable de la part de ses deux acolytes (le bassiste Jacob Mreen et le batteur Chris Whited), Anthony Gomes parvient à ouvrir la frontière entre le blues et le rock en saupoudrant largement les genres d’incandescence. En ce sens, In the Name of the Blues et son jeu de guitare exceptionnel est probablement le plus représentatif de ce processus. Même tarif, même punition pour Electric Blues Crusade au solo de guitare jouissif et exceptionnel d’audace. L’album s’achève comme il a commencé sur Blame on Rock and Roll, un hard rock plombé de chœurs entêtants.
Praise the Loud est convaincant. Le genre est assuré de prospérer tant que des artistes comme Anthony Gomes seront là pour entretenir la flamme!

 

Le lundi c’est permis – Jalousie

© Photo: Cosmic Timetraveler – Via Unsplash

 


[Will Smith]: ″ A jealous woman investigates better than the F.B.I. – Une femme jalouse est plus efficace que le F.B.I. ″


Patrick BETAILLE, avril 2025

Van Halen – Ford Phaeton 1932

© Photo: Steve Brown-Flickr

 

Ce Street Rod personnalisé a été construit par Tom McMullen en 1982 avec une carrosserie en fibre de verre montée sur un châssis de Ford Phaeton. Surnommé ″ Tom’s Tub Two ″, la voiture est propulsée par un V8 compressé Chevrolet posé sur un châssis renforcé et doté d’une transmission manuelle à cinq rapports. Les Jantes en aluminium sont couplées à des suspensions réglables et équipées de freins à disques à l’avant. Conduit par David Lee Roth, le hot rod apparait dans le clip vidéo Hot for Teacher, titre extrait de l’album de Van Halen: 1984.

Patrick BETAILLE,  2025

EZK – Art Against Poverty

© EZK

En quelques années, le street-artiste EZK s’est frayé un chemin à travers les rues de Paris, Berlin, New-York, Hong-Kong ou Moscou en s’exprimant sur les murs. Derrière ce pseudo se cache Eric ZeKing, un Français qui, avec ses pochoirs inspirés et ses punchlines incisives, tente de réveiller les consciences. L’artiste cultive une œuvre ancrée dans la société occidentale, avec l’élaboration d’une critique acerbe des grands groupes industriels et des entreprises du luxe dominant l’économie mondiale. Cherchant à provoquer l’étonnement et la réflexion, son art urbain culmine avec Art Against Poverty, une série au sein de laquelle l’association d’images sobres et de slogans sans équivoques marque les esprits.

Patrick BETAILLE, mai 2025

Ally Venable – Money & Power

 

Ally Venable a pratiqué le chant dès son plus jeune âge, découvert la guitare à 12 ans et n’en avait que 14 lors de la sortie de Wise Man, son premier EP de 7 titres. De cordes en micros la texane a passé la dernière décennie à se faire une place dans un monde musicalement dominé par les hommes. Très influencée par Stevie Ray Vaughan et Samantha Fish, la guitariste et chanteuse a été nominée en 2018 pour le prix du meilleur nouvel artiste aux Blues Awards. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle fasse partie en 2019 de la Blues Caravan de Ruf Records (sa maison de disques) et que Kenny Wayne Shepard l’embarque en première partie de sa tournée de 2021. L’ascension de Venable a donc été fulgurante. Après le succès de Real Gone, N°1 du Billboard blues en 2023, et la reconnaissance par le magazine Total Guitar comme l’une des 100 meilleures guitaristes de blues, l’artiste revient avec un sixième album dans lequel elle confirme vouloir repousser les limites de son art.

Sans être forcément révolutionnaire, Money & Power est un album de blues rock audacieux et agressif qui réveille et satisfait les attentes. Brown Liquor ouvre les hostilités en compagnie de  Christone ″ Kingfish ″ Ingram venu livrer un furieux solo. Changement d’ambiance avec Maybe Someday et son ambiance soul portée par la voix et les cuivres. L’album explose avec le titre éponyme, précis, direct et cinglant porté par un solo à la wah wah de haute volée. Suit Do you cry, un slow blues viscéral au cours duquel la puissance de la voix et un solo d’anthologie vous font sortir les roustons par les oreilles. Même recette mais accélération du tempo sur un Heal Me qui précède Stopper Back Papa qui vient prouver les talents de la dame dans un style plus funky.  Legends, Keep In Mind, Unbreakable irréprochables eux aussi. Stepping Stone et Feel That Thing, puissants et énergiques mais aux ambiances plus atmosphériques et envoutantes. C’est sur Black Cat, un titre fringant emprunté à Janet Jackson, que s’achève Money & Power avec lequel Ally Venable affiche son ambition de vouloir s’imposer à l’avant-garde d’un blues rock puissant et équilibré.

 

Le lundi c’est permis – Grenier

© Photo: Irina Shyak par Mario Sorrenti

 


[Frances Hodgson Burnett – Romancière anglo-américaine]: ″ I am a princess. All girls are. Even if they live in tiny old attics… – Je suis une princesse. Toutes les filles le sont. Même si elles vivent dans de minuscules greniers… ″


Patrick BETAILLE, avril 2025

Johnny Kidd – Shakin’ All Over

 

[Extrait]: Chanteur et guitariste anglais de rock’n’roll, Frederick Heath fait ses débuts en jouant du skiffle… C’est en 1959 qu’il adopte le pseudo de Johnny Kidd – en référence au pirate écossais William Kidd – et qu’il se produit sous le nom de Johnny Kidd and the Pirates…
À la différence des artistes de l‘époque qui reprennent les titres en vogue chez les rockers américains, le quatuor préfère chasser sur les terres du rhythm & blues en reprenant Bo Diddley ou Arthur Alexander. En mai 1959, HMV publie un premier 45 tours, Please Don’t Touch, et l’année suivante, le 13 mai, l’équipage entre dans les studios d’Abbey Road et enregistre Shakin’ all Over, un rock’n’roll mid-tempo frissonnant à souhait.

Le single est publié en juin 1960 – toujours sur le label HMV – et atteint la première place du hit-parade britannique le 4 août. Grâce à ce succès, le quatuor appareille. Cap sur les tournées avec Vince Taylor et Gene Vincent. En 1961 changement de line up avec l’arrivée de Mick Green (guitare) et Johnny Spence (basse). En 1962, nouvelle tournée avec Jerry Lee Lewis cette fois…
Johnny Kidd and The Pirates ont eu finalement une longue influence qui survécut au trépas du chanteur dans un accident de la route le 7 octobre 1966. Même pas dix ans de carrière mais Shakin’ all Over restera à jamais un classique, repris de nombreuses fois, notamment par les Who, les Flamin’ Groovies, Billy idol, Iggy Pop ou Suzy Quatro…

 

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

Patrick BETAILLE, mai 2025

L.A. Guns – Leopard Skin

 

En ce printemps 2025, L.A. Guns, les vétérans du sleaze rock californien nous gratifient de leur quinzième album studio. Leopard Skin témoigne de pas loin de 40 années de bons et loyaux services au cours desquelles le groupe a toujours fait preuve d’une énergie sans faille pour entretenir la flamme d’un heavy rock simple et efficace. Les dix titres de ce nouvel album – le quatrième depuis le retour aux affaires des membres fondateurs Phil Lewis (chant) et Tracii Guns (Guitare) – offrent une ambiance baignée à la fois de nostalgie et d’inventivité. Dès le premier morceau, Taste It, on retrouve avec plaisir la signature sonore qui a fait la renommée du quintet de Los Angeles: des riffs tranchants, une rythmique entraînante et la voix puissante de Phil Lewis. Lucky Motherfucker vient confirmer la tendance en y ajoutant à mi-course une touche funky et un break étonnant d’originalité. Pas de baisse de régime avec The Grinder, Intense et crasseux avec ses solos de slide. Hit And Run est un mid tempo moins bourrin mais irrésistible. Rien à voir toutefois avec le déjanté Don’t Gimme Away. Lui aussi en mode mid tempo, I’m your Candy Man précède l’étonnant Runaway Train [Rien à voir avec le titre de Soul Asylum – NDLR], une incursion country and western acoustique. Follow The Money s’inscrit dans la lignée des classiques du hard rock avec guitares en veux-tu en voilà et déclamations voraces. Dans la série  » on sait faire aussi des ballades  » c’est le moment de The Masquerade. Intro acoustique, profusion de cordes avant que ne débraque la fée électricité et ses lignes mélodiques dans la plus pure tradition power ballad des eighties. Avec If You Wanna, l’album s’achève comme il a commencé; avec le même punch.
Même s’il ne bouscule pas les codes, Leopard Skin est l’occasion d’apprécier l’honnêteté et l’efficacité de ces Guns encore et toujours prêts à défourailler pour entretenir leur légende, y compris en faisant appel à l’artiste peintre Kahla Lewis pour un cover art des plus attractifs.