Sonny & Cher – The Beat Goes On

 

[Extrait]: Los Angeles en 1962. Elle a 16 ans, lui 27 et ils sont en couple. Il veut faire carrière dans le show-business et elle rêve d’être une star de cinéma. Formé en 1963 par la chanteuse Cher Sarkisian et Sonny Bono, le duo américain débute sa carrière en enregistrant quelques titres anecdotiques sous le nom de Caesar & Cleo…
L’allusion à la mystérieuse relation entre Cléopâtre reine d’Égypte et Jules César empereur romain est abandonnée l’année suivante. Rebaptisés Sonny & Cher, ils obtiennent en 1965 un premier gros succès avec I Got You Babe qui devient numéro 1 aux États-Unis et au Royaume-Uni. Ils réitèrent dans la foulée avec Baby Don’t Go. Autre coup d’éclat avec Little Man en 1966 puis, en janvier 1967, paraît un titre composé, écrit et produit par Sonny Bono : The Beat Goes On. Les paroles font allusion aux faits marquants couvrant la période à laquelle elles ont été écrites. Il est ainsi question de sport, de minijupe, de guerre au Vietnam ou de teenyboppers, ces ados accros aux tendances consuméristes. Sous forme de métaphore, le message passe :  Quoiqu’il advienne, la vie continue…

Pour The Beat Goes On, ce sont les musiciens de studios appartenant au collectif The Wrecking Crew qui, sans être crédités, participent à l’enregistrement. Parmi eux, Carol Kaye, l’une des meilleures musiciennes de studio de Los Angeles particulièrement appréciée par Phil Spector et Brian Wilson. Sonny Bono, lui aussi, faisait souvent appel à elle pour assurer les parties de guitare 12 cordes. Carol s’était mise à la basse depuis peu et c’est elle qui, grâce à un seul accord sur un jeu simple et clairsemé, offre ce tempo si particulier à l’instrumentation…
The Beat Goes On a été chantée lors des funérailles de Sonny Bono en 1998 et le titre de la chanson a été gravée sur sa pierre tombale.


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

IRAN – Melovaz Efface les Femmes

 

[Extrait]: En 2019, le site de streaming iranien Melovaz décide d’effacer toute représentation féminine de sa plate-forme d’écoute et de téléchargement. Comme par enchantement les Lady Gaga, Katy Perry ou Whitney Houston sont grossièrement gommées des visuels de leurs albums disponibles en ligne…

 


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

The Casanovas – Backseat Rhythms

 

Les australiens sont de retour! Non, pas eux, les zôtres: The Casanovas. En 2007 et après deux albums, le guitariste-chanteur Tommy Boyce avait imposé un break à son groupe afin qu’il puisse mener à bien ses études en architecture et obtenir son diplôme. Comme quoi!

Après deux autres LP’s – Terra Casanova et Reptilian Overlord parus respectivement en 2015 et 2020, voici donc Backseat Rhythms qui vient confirmer l’excellente réputation dont bénéficie le power trio qui de près ou de loin, mais surtout sur scène, peut se vanter de pouvoir rivaliser avec Airbourne, The Darkness ou The Black Crowes. À part l’arrivée d’un nouveau batteur en la personne de Brett ″ Wolfie ″ Wolfenden pas grand changement sous les cieux de la lointaine Aussie. Serait-ce un clin d’œil? La pochette ressemble étrangement à celle qui, en 1989, illustrait le  Sonic Temple de The Cult. Avec dix titres 100% rock les séducteurs restent fidèles à un hard rock très seventies qui ne manquera pas de rassurer les fans et de séduire les adeptes d’une high energy aux petits oignons produite par celui qui, en son temps, a fait ses preuves avec les Who, Thin Lizzy, Bad Company, UFO, Kiss et led Zeppelin (Physical Graffiti): Ron Nevison.

Dixit le New Musical Express à propos de The Casanovas: ″ c’est comme Jet [autre groupe australien qui casse la baraque – NDLR] sous Viagra mais en mieux! ″. Quant à ceux qui oseraient prétendre que l’on a affaire à du sous AC/DC, ils seront démembrés à l’aide d’un coupe-ongles. Pas vrai Jojo?!

 

Peter, Paul and Mary – Blowin’ in the Wind

 

[Extrait]: En 1962, Albert Grossman est le manager de Bob Dylan mais aussi aussi celui de Peter Yarrow, Paul Stookey et Mary Travers; c’est par son entremise que ces derniers découvrent Blowin’ in the Wind, une protest song écrite par le ″ Rimbaud du Rock ″. En 1963, le trio folk enregistre sa propre version en une seule prise et, le 18 juin, Warner Bros publie le single. Des animateurs influents le considèrent comme la chanson de l’année et certaines radios de Cleveland, Washington et Philadelphie le passent toutes les heures. En huit semaines le titre atteint la seconde place des charts et connaît un succès mondial, paradoxalement plus retentissant que la version originale de Dylan sortie un mois auparavant. Le nombre d’exemplaires vendus dépasse les deux millions. Cette année-là, Peter, Paul And Mary chantent cet hymne métaphorique lors de la marche pour l’emploi et la liberté à Washington ; événement au cours duquel Martin Luther King prononce devant le Lincoln Memorial son fameux discours : ″ I Have a Dream ″.


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

Coco Montoya – Writing on the Wall

 

Un parcours pour le moins atypique que celui de ce musicien californien d’abord recruté comme batteur par Albert Collins qui, dans les années 70, l’initie également à la guitare. Bonne idée car très vite la six cordes n’a plus de secrets pour Coco Montoya. Au point qu’au début de années 80 il est repéré et embauché par John Mayall au sein des Bluesbreakers, formation qui au fil des époques a servi de tremplin à des pointures guitaristiques comme Eric Clapton, Peter Green, Mick taylor, Harvey Mandel, Walter Trout et j’en passe. Venu remplacer Mick Taylor sur le point de rejoindre les Stones, Montoya jouera aux côtés du parrain du blues jusqu’en 1994. L’année suivante il se lance dans une carrière solo et sort un premier album prometteur: Gotta Mind to Travel. Dix albums plus tard et après quatre ans d’absence discographique, inutile de vous dire que le virtuose de la strat était attendu au tournant, lui et son nouvel opus, le sixième sur le légendaire label Alligator Records. Writing On The Wall tient ses promesses et le guitariste-chanteur nous offre un de ces moments de grâce qui allient émotion et sensibilité. Le Coco pourrait en faire des caisses, genre écoutez comme je joue vite, bien et fort – il en a les moyens – mais il préfère user de ses capacités pour nous captiver avec un toucher de manche éblouissant et une interprétation exceptionnelle. Enregistré live avec les musiciens qui l’accompagnent sur scène, ce nouvel album de blues mais pas que est un grand moment classieux, poignant et mid-tempo au cours duquel le bluesman est éblouissant tout au long des 13 plages. Un vrai bonheur!

 

The Shamrocks – Cadillac

 

[Extrait]: Écrite et enregistrée par le chanteur britannique Vince Taylor en 1959, Brand New Cadillac ne connaît qu’un succès confidentiel au Royaume-Uni car la BBC refuse de diffuser ce qu’elle considère comme une publicité pour la marque américaine… Le titre connaît un regain de popularité en Europe occidentale lorsqu’il est repris en 1964 par un groupe de Birmingham, The Renegades, qui, sous le titre simplifié de Cadillac, s’en attribue la paternité. En 1965 c’est en Suède que The Hep Stars reprennent la version des Renegades – crédits d’auteurs compris – en ignorant que la version originale revient à Vince taylor. Énorme succès en Europe du nord et surtout en Finlande. La même année, un autre groupe suédois, The Shamrocks, en enregistre une version garage à la fois vigoureuse et bluesy qui fera elle aussi un tabac en Allemagne, au Japon et surtout en France, atteignant la première place sur les radios de l’hexagone…


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Patrick BETAILLE, août 2023

Herik Hanna/Charlie Adlard – Altamont

 

Après le peace & love de Woodstock, la fureur et le désastre d’Altamont! Décembre 1969. Woodstock et la vague du Flower Power ont déferlé sur la côte Est des États-Unis quelques mois plus tôt. En réponse, la côte Ouest décide à son tour de faire monter les décibels lors d’un festival qui se rêve légendaire… Les plus grandes stars de l’époque sont censées y participer, à commencer par les Rolling Stones en têtes d’affiche pour enflammer la scène.

Hors de question pour Jenny et ses potes de rater le concert du siècle ! Dans leur combi Volkswagen qui roule depuis Los Angeles, l’ambiance bon enfant fleure bon la marijuana. Peu importe si l’organisation s’annonce un peu fantaisiste, ce qui prime, c’est la musique ! 300 000 personnes sont attendues pour ce rendez-vous peace, love et rock’n’roll qui aura finalement lieu sur la piste automobile d’Altamont, en Californie du Nord. Sauf que peu de temps après l’arrivée du groupe d’amis, une première altercation éclate, ne présageant rien de bon. Si tout commence dans l’exaltation, la tension est palpable. Embauchés pour assurer la sécurité et payés en bière, les Hells Angels commencent à éloigner la foule de la scène à coups de batte et de chaîne. Tandis que Thomas escalade les échafaudages et que Matt se perd dans un trip d’acide, Leonard comprend qu’ils ne sortiront pas indemnes d’Altamont. Cela devait être un beau festival, gratuit, une célébration de l’amour et du partage. Au lieu de ça, la tragédie d’Altamont est devenue le symbole de la fin d’une époque. Charlie Adlard et Herik Hanna reviennent sur cet épisode tristement célèbre du rock en nous livrant le portrait désenchanté d’une jeunesse libre et rêveuse, marquée par la guerre du Vietnam. Illustré par le dessinateur-culte de Walking Dead dans un style vintage emprunt au pop art, ce road-movie graphique qui sonne juste se lit d’une traite, le temps d’un voyage iconique. 

Aux Éditions Glénat: 136 pages au format 21 x 29cm, couverture rigide, 19,50€. Une bande dessinée jouissive à ranger pas loin de Altamont 1969 de Joel Selvin.

Patrick BETAILLE, septembre 2023

The Pretty Things – Don’t Bring me Down

 

[Extrait]: Ce petit groupe anglais du Kent se produisait sous le nom de Little Boy Blue and the Blue Boys et comportait entre autres en son sein Dick Taylor, Keith Richards et… Mick Jagger. Alors qu’ un certain Brian Jones recrute pour monter son propre groupe, les trois compères se joignent à lui et à et Ian Stewart en 1962 pour devenir The Rollin’ Stones…

Parce qu’il y avait trop de guitaristes dans cette nouvelle formation, Dick Taylor passe à la basse puis décide de quitter les Stones (il sera remplacé par Bill Wyman – NDLR) pour voler de ses propres ailes en compagnie du chanteur-harmoniciste Phil May, de John Stax à la basse, de Brian Pendleton à la guitare et de Viv Prince à la batterie. Le nouveau quintet s’appelle désormais The Pretty Things… Comme beaucoup d’autres groupes The Pretty Things ne sont ni étrangers, ni insensibles aux défis qui accompagnent souvent la célébrité et le succès. Au prétexte de relation amoureuse Don’t Bring Me Down évoque les frustrations et les pressions qui accompagnent le fait d’être sous les feux de la rampe, constamment jugés… 

 


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The Velvet Underground – 1969 Live With Lou Reed

 

[Extrait]: C’est le deuxième opus live du Velvet Underground. C’est aussi le premier disque du groupe à être sorti après sa dissolution en 1973. L’album a été enregistré en 1969, lors d’une tournée de 70 dates à travers l’Amérique du Nord et le Canada… Ce témoignage a bien failli ne pas voir le jour, le guitariste Sterling Morrison s’opposant à la sortie d’un enregistrement qu’il juge nuisible à la notoriété du Velvet. Détenteur des droits et seul maître à bord depuis ses succès en solo, Lou Reed passe outre et confie les bandes à Mercury Records qui, après mixage, publie les enregistrements des 17 titres sous la forme d’un double LP en septembre 1974. Le cover art imaginé par le designer Ernest Thormahlen se retrouve bloqué à la frontière espagnole, contraignant la maison de disque à masquer la culotte en dentelles que laisse entrevoir une jupette trop mini… La mention ″ Con las versiones originales ROCK AND ROLL – SWEET JANE – LISA SAYS – FEMME FATALE ″ est imprimée au recto de la pochette. En procédant à une fouille minutieuse, les autorités franquistes découvrent une dose de chnouf et procèdent à sa confiscation immédiate. De fait, Heroin – l’un des titres majeurs de l’album – est désespéramment absent de l’édition hispanique….0


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Patrick BETAILLE, septembre 2023

Alice Cooper – Road

 

La route Vincent Damon Furnier connaît. Depuis plus de 50 ans il bouffe du kilomètre aux commande de son grand rock’n’roll barnum. Pas étonnant donc qu’ Alice Cooper veuille évoquer un mode de vie consacré pour une grande part à ses errances internationales. Pour ce, le 29 ème album studio du roi des constrictors a été enregistré dans des conditions live et sans overdubs; c’est lui qui le dit et la production du fidèle Bob Ezrin semble le confirmer. Histoire de pimenter la sauce, Cooper a fait appel aux guitaristes Nita Strauss, Ryan Roxie, Tommy Henriksen et Tom Morello, au bassiste Chuck Garric et au batteur Glen Sobel. Une belle façon de rendre hommage, en les impliquant, aux compagnons de route qui partagent la scène avec lui. ″ Pour Road, je voulais que le groupe soit impliqué dans l’élaboration de toutes les chansons. Je ne vois ces gars que lorsque nous sommes sur scène. Donc, je voulais qu’ils soient aussi impliqués qu’ils le sont en concert. Quand vous avez un groupe aussi bon, je crois qu’il faut le montrer ″. Le résultat est là. Road envoie du lourd, de la virtuosité et témoigne d’une passion et d’un enthousiasme débridé qui tendent à prouver que l’éminence du classic rock n’a pas encore l’intention de prendre sa retraite. L’album tient admirablement la route et s’achève sur une reprise réussie du Magic Bus des Who au cours duquel, le temps d’un solo, Glen Sobel essaie de se faire passer pour Keith Moon. Seule ombre au tableau, Baby Please Don’t Go, une ballade sirupeuse qui vient casser le rythme et l’ambiance de ces 48 minutes d’énergie brute au cours desquelles les guitares virevoltent. Mais bon, on pardonne, c’est pas la première fois que l’on nous fait le coup. Pour oublier cet écart il suffit de s’attarder sur un White Line Frankenstein dans lequel Tom Morello se montre sous son meilleur jour.

Tracklist: 1. I’m Alice – 2. Welcome To The Show – 3. All Over The World – 4. Dead Don’t Dance – 5. Go Away – 6. White Line Frankenstein – 7. Big Boots – 8. Rules Of The Road – 9. The Big Goodbye – 10. Road Rats Forever. 11. Baby Please Don’t Go – 12. 100 More Miles – 13. Magic Bus.

Patrick BETAILLE, août 2023