XTC – Skylarking

 

[Extrait]: Skylarking est le huitième album du groupe XTC. Au départ, et sur une idée du guitariste Andy Partridge, la pochette devait dévoiler des gros plans sur des sexes à la toison pubienne fleurie; celui d’une femme au recto et celui d’un homme sur le verso… D’emblée, les distributeurs signifient catégoriquement à la maison de disques qu’ils refuseront de commercialiser le disque avec un tel packaging. Dans l’urgence, Partridge décide d’utiliser un dessin ancien qu’il modifie en attribuant des flûtes aux deux personnages. Il déclare:  » j’ai trouvé ça assez classe et de toutes façons il aurait été suicidaire de publier la pochette originale « … Les éditions de 1986 sont également amputées de Dear God. Le titre en question s’en prend au culte religieux et contient des propos potentiellement aptes à froisser certaines susceptibilités. Skylarkind sera réédité en 2010 dans sa version intégrale et avec son packaging d’origine.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Elliot Erwitt – Dogs

© Photos: Elliot Erwitt-Magnum

 

Photographe d’origine russe né en France à Neuilly-Sur-Seine, Elliott Erwitt (1928-2023) a passé son enfance entre l’Italie et Paris, avant de partir vers les Etats-Unis pour s’installer avec ses parents, d’abord à New York, puis à Los Angeles. Dès l’adolescence il se passionne pour la photographie moderne en se focalisant sur les scènes de la vie quotidienne ou les événements sociopolitiques, souvent captés avec dérision ou ironie.
Robert Capa sera l’un des premiers à remarquer son talent et son travail et à l’inviter à devenir membre de l’agence Magnum dès 1953 (agence qu’il présidera de 1968 à 1970). Après quelques publications, le succès est au rendez-vous et il commence un travail de photojournaliste aux USA pour Life, Look, Holiday, et en Europe pour Stern et Paris Match.
Comme en témoignent ces clichés de la série Dogs, Erwitt portait sur les chiens un regard plein de malice et de tendresse.


Retrouvez l’artiste sur la galerie du site: Magnum Photos/Elliot Erwitt.


 

Keith Haring – Crack is Wack

© Keith Haring – Crack is Wack

 

Artiste américain majeur du XXe siècle, Keith Haring (1958-1990) a incontestablement marqué le monde du Pop Art et du Street Art. Artiste militant, il n’a cessé d’aborder des sujets parfois épineux, le tout en un trait minimaliste immédiatement reconnaissable. Politiquement engagé, il dénonçait en particulier l’homophobie, le nucléaire, mais aussi le racisme et toutes les injustices sociales.
Crack is Wack [Le Crack c’est Nul] est un puissant exemple de l’engagement de l’artiste. Située dans un parc public de New York, la fresque a été peinte en 1986 pour créer un choc face à l’épidémie de crack qui ravageait la ville dans les années 80.
Couleurs vives et figures stylisées ont été utilisées pour transmettre un message percutant destiné à sensibiliser le public sur les ravages de la drogue. 


Pour en savoir plus et parcourir les œuvres de l’artiste: Artnet-Keith Haring.


 

Edward Van Halen – Fender Stratocaster: Frankenstrat

© Photo: Flicker-Carl Lender. Eddie Van Halen in New Haven 1977

 

Début 1977 Edward Van Halen achète pour un peu plus de cent dollars un corps et un manche de Stratocaster, des pièces déclassées qu’il trouve chez Boogie Bodies, le magasin de Wayne Charvel. De retour chez lui, il assemble le tout en ajoutant un vibrato Fender et un micro récupéré sur une vieille Gibson ES-335. Il repeint la caisse en noir, puis en blanc après avoir posé des caches pour créer un effet de rayures. La Frankenstrat (mot-valise issu de Frankenstein et de Stratocaster) était née et c’est sous cette forme qu’elle a servi à enregistrer le premier album de Van Halen en 1978, une bombe dévoilant le jeu unique et novateur du guitariste qui, comme en témoignent l’instrumental Eruption et la reprise de You Really Got Me des Kinks, viennent de faire exploser les limites du solo rock.
En 1979 Eddie apporte plusieurs modifications, à commencer par un vibrato Floyd Rose plus efficace que l’original. Un vieux micro et un sélecteur rouillé sont ajoutés. Tous deux hors d’usage ne sont là que pour renforcer l’effet rafistolage. Quant au pickguard customisé à l’arrache, il n’en reste plus grand chose. La différence la plus visible reste l’ajout d’une couche de peinture rouge par-dessus la couche originelle. ″ Ce qui me surprend avec cette guitare, c’est que lorsque je l’ai peinte en rouge, elle est devenue encore plus célèbre. Beaucoup de gens ignorent encore qu’il s’agit de la même guitare que celle en noir et blanc qui figure sur la pochette du premier album ″.
À la fin des années 80 la Frankenstrat sera mise au placard et remplacée par une Kramer 5150 Baretta issue d’un partenariat entre le fabriquant et le guitariste qui a largement contribué à la conception de ce modèle exclusif au look similaire mais techniquement différent pour pouvoir répondre à ses exigences.

 

Chris Rea – Lotus Seven

© Photo Chris Rea: DNA – Guy Greder

 

En 1991, Chris Rea sortait son onzième disque intitulé Auberge. Peinte par Alan Fearnley, la Lotus Seven bleue qui figure sur le cover art appartenait au musicien, un authentique passionné de cette voiture minimaliste conçue à la fin des années cinquante par Colin Chapman et connue pour ses apparitions dans la série télévisée Le Prisonnier avec Patrick McGoohan.
Le guitariste qui a particulièrement marqué les années 80 vouait également une passion particulière à la course. C’est ainsi qu’au volant d’une Ferrari 308 GT4 il a participé à plusieurs reprises au championnat Ferrari Formula Classic. On lui doit par ailleurs le long-métrage La Passione, dans lequel un adolescent des sixties découvre l’univers de la compétition automobile. 
La ″ Blue Seven ″ a été mise en vente lors du Lotus Festival de Donington Park en 1995. Cette vente s’accompagnait de celle d’un tirage limité de la peinture d’Alan Fearnley reproduite sur la pochette de l’album.

Noël en Toc et Rock en Stock

 

Difficile de s’y soustraire! À l’approche des fêtes et avec l’arrivée éminente du Père Noël, le mercantilisme hivernal ciblé gère sa masse critique en vomissant son trop plein de consommables divers et déjà avariés. Le monde du rock, hélas, ne déroge ni à la règle, ni à ce déluge de trucs compilés, réédités, incontournables, indispensables, méga-top et déjà dans les bacs, à côté des invendus d’une saison déjà trop pauvre. Les artistes les plus intègres, les interprètes les plus déjantés, les musiciens les plus destroy, les groupes les plus cloutés s’y sont essayés. Tous ou presque – Doors, Beatles, Elvis, Ramones, Pearl Jam, etc. – de près ou de loin et tôt ou tard, se sont commis avec plus ou moins de bonheur dans la célébration du White Christmas et ce sans forcément se déshonorer sur les lauriers de Petit Papa Noël ou Jingle Bells
Admettons ! Tout le monde peut trouver son bonheur dans ces hommages de circonstance mais il est temps de reprendre le pouvoir et de lutter contre les ringardises auto-tunées des uns, la soupe samplée des autres et le racket insidieux de l’industrie musicale. Pour la préservation de vos cages à miel et de la culture musicale, il ne vous reste plus qu’à vous rabattre sur les quelques valeurs sûres qui échappent aux saisons et n’obéissent ni au forcing des majors, ni à la bouillie assénée par les médias. Or donc, et pour la lettre au Père Noël, il n’est pas encore trop tard et c’est par ici: Rock’N’Roll Bordel!


Et pour la Musique qui s’écoute aussi avec les Yeux ou autour d’un Jukebox!
👉  IN VINYLE VERITAS!  👈

 

 

Le lundi c’est permis – Jukebox

Source Photo: Tattooedmafia

 


[Michael Chabon, auteur américain]  ″ Request: I need to hear something that’s going to save my life! Remedy: Selecting songs from a jukebox – Demande: J’ai besoin d’entendre quelque chose qui va me sauver la vie ! Réponse : Choisir des chansons dans un jukebox ″ .


👉  IN VINYLE VERITAS – REMEMBER THE SIXTIES  👈

 

 Sam Shaw – Marilyn

© Photo: Sam Shaw

 

Iconique! Marilyn Monroe en robe blanche au-dessus d’une grille de métro new-yorkais. Le photographe américain Sam Shaw a rencontré celle qui allait devenir sa muse au début des années 1950 et l’a suivie durant toute sa carrière. Ce cliché de la star hollywoodienne a été pris en 1954 lors du tournage du film de Billy Wilder Sept ans de réflexion. Dans une des scènes, Marilyn porte une robe blanche plissée qui se soulève au-dessus de sa taille grâce à une soufflerie placée en sous-sol. Une fois le tournage terminé, une reconstitution a été organisée pour une séance photo promotionnelle avec la presse. Shaw, qui avait orchestré l’événement, s’était assuré la meilleure place pour immortaliser le moment qui a définitivement marqué les esprits de l’époque et est resté gravé à jamais dans les mémoires. Pou-pou-pi-dou!

B.B. King – Gibson ES 335: Lucille

Source Image: Screenshot – BB King live at Montreux 1993

 

Au début de sa carrière, B.B. King a joué sur des guitares de différentes marques  mais il est surtout connu pour avoir joué sur Gibson ES-335 dont une version baptisée Lucille. L’anecdote liée à ce baptême est racontée par le bluesman lui-même dans une interview qu’il avait accordé à JazzWeekly alors qu’il en était à sa 16ème guitare affublée du même nom.

Le concert avait lieu dans la salle d’un petit patelin au nord-ouest de Memphis. Il faisait donc assez froid en hiver. Pour chauffer la pièce, ils se servaient d’un bidon posé au milieu de la piste, dans lequel ils brûlaient du bois et du kérosène. Les gens dansaient autour, il n’y avait habituellement pas de problème. Mais ce soir là, deux gars ont commencé à se battre. Et l’un d’eux à fait tomber le poêle qui a déversé du carburant sur le sol. Ça a fait comme un fleuve de feu et tout le monde s’est précipité vers la sortie, moi compris ″ expliquait-il.
Une fois dehors, j’ai réalisé que j’avais laissé ma guitare à l’intérieur. J’y suis donc retourné pour la récupérer ″ précisant que le local était en bois, et qu’il avait littéralement craint d’y laisser sa vie. ″ Le lendemain, nous avons appris que les deux individus s’étaient battus pour une fille qui travaillait là et qui s’appelait Lucille. Donc, j’ai nommé ma guitare Lucille pour me rappeler de ne jamais faire une chose comme ça! ″ 

Pour rendre hommage au Roi du Blues, Gibson Brands a commercialisé au début des années 80 la B.B. King Lucille. Basée globalement sur le modèle ES-355, cette version est dépourvue d’ouïes de façon à réduire les problèmes de larsen [B.B. King avait pris l’habitude de bourrer l’intérieur de sa demi-caisse de coton pour limiter le phénomène en concert].