Eduardo Kobra – Las Etnias

© Eduardo Kobra – Las Etnias (Détail)

Vous êtes en train de flâner dans les rues de New York, São Paulo, Paris ou d’ailleurs, quand soudain, vous vous cassez le nez sur un mur couvert de couleurs psychédéliques et de visages réalistes. Bienvenue dans le monde fascinant d’Eduardo Kobra. Street artiste autodidacte brésilien, il est aujourd’hui l’un des muralistes les plus reconnus dans le monde, grâce à des œuvres plaidant les causes humanitaires, sociétales les et environnementales.
En 2016, à l’occasion des jeux olympiques de Rio, le street artiste a réalisé une fresque regroupant cinq visages provenant de cinq continents différents. 190 mètres de long sur un peu plus de 15 mètres de haut, Las Etnias a nécessité quarante jours de travail, 1000 litres de peinture et 3500 bombes aérosols. Monumental, ce chef d’œuvre d’engagement culturel de 3000 mètres carrés a offert à Kobra le record Guinness de la plus grande fresque murale réalisée par un seul artiste.


Il y a une intolérance croissante dans le monde. J’espère que cette fresque, dans l’esprit olympique des Jeux, aidera à rappeler que nous sommes tous différents mais qu’au fond nous sommes tous UN: l’espèce humaine ″.


Pour parcourir les œuvres de l’artiste et les messages qu’elles transmettent, dirigez-vous vers son site: Eduardo Kobra.

 

Alain Gouvrion – Rolling Stones

 

Pas le genre d’ouvrage qui une fois lu se retrouvera relégué au rang de calage d’armoire normande bancale ou d’arme pouvant représenter une dangerosité pour la sécurité publique. Ce livre, une fois ouvert, l’on sait que l’on y reviendra. Plusieurs fois. Pour la richesse du contenu, celle du plaisir de l’œil et celle de l’approche historique. L’auteur? Alain Gouvrion, éminent journaliste et critique musical. Personnellement j’ai pu apprécier la plume de ce grand témoin du rock’n’roll circus dans les pages de Rolling Stone magazine puis, dans la lecture assidue de son ouvrage consacré à Eric Clapton: Clapton Cover. Au point d’oser affirmer tout de go que si à 50 ans t’as pas lu Gouvrion, t’as raté ta vie! Bref. Avec Rolling Stones, l’auteur et son éditeur mettent les petits plats dans les grands. Actualité oblige, tout commence et tout s’achève par un hommage émouvant – et pour une fois original – au regretté Charlie Watts: ″Ce modeste ouvrage est dédié à la mémoire de l’immense Charlie Watts, le plus jazz des batteurs de rock et réciproquement″. Les 285 pages qui affichent plus de 2 kg sur la balance font bien sûr la part belle aux pochettes des albums du bien nommé plus grand groupe de rock’n’roll du monde puisque c’est autour de ces cover art que gravite une biographie à nulle autre pareille. Outre les images, toutes les références indispensables (label, année de parution, titres, lieu d’enregistrement, production, musiciens additionnels, etc) figurent en bonne place. Y compris pour ce qui concerne la discographie solo des membres du groupe. Mais le plus intéressant, ce qui rend la lecture de ce pavé au format 33 tours jouissive, reste bien sûr l’histoire elle même. La grande, brillamment soulignée par de nombreuses anecdotes replacées dans leur contexte, et, la petite, très souvent étayée d’extraits d’interviews aux à-propos pertinents. Nous voici donc à mille lieues de la bio hyper pointue destinée aux fans ultimes ou du catalogue d’images séduisant mais sans grand intérêt. Rolling Stones est plus qu’intéressant. Il est accessible, riche, passionnant et donc essentiel. Joli coup de maitre de la part d’une maison d’édition qui outre cette nouveauté propose, entre autres publications, des ouvrages consacrés aux Beatles, à Higelin, Pink Flyod, Springsteen, Led Zeppelin ou encore Deep Purple : Éditions du Layeur!

Patrick BETAILLE, novembre 2021