Val Shively – The Emperor of Oldies

Depuis son enfance, Val Shively n’a qu’une obsession: les disques en général, les 45 tours en particulier et plus précisément ceux des groupes de Doo Wop des années 50 et 60. ″Je n’avais pas de copines, je n’ai pas assisté au bal de promo de mon lycée ni à toutes ces conneries″, déclarait t’il dans une interview. À la fin de sa scolarité son seul but était de se trouver des petits boulots afin de pouvoir assouvir sa passion. Ce doux dingue a ainsi passé sa vie à accumuler, à répertorier et à vendre des vinyles; au point que Rolling Stone l’a couronné ″The Emperor of Oldies″. Après plusieurs déménagements, Val détient aujourd’hui probablement la plus incroyable boutique de disques du monde. C’est dans la banlieue de Philadelphie et ça s’appelle R&B Records. Sur trois étages, dans un foutoir sans nom se côtoient 5 millions de références dont 4 de vieux singles de R&B, de soul et de funk, pour la plupart provenant d’anciens fournisseurs de juke-boxes, de stations de radio et de reliquats de distributeurs. Hors de question de pénétrer en ses lieux sans avoir une idée précise de la pièce recherchée et d’annoncer la couleur. Simple curieux, vous vous voilà prévenus! Idem pour les chouraveurs: un squelette suspendu au plafond menace: ″Voici ce qu’il reste du gars que j’ai chopé en train de chourer″. Ou encore: « Les intrus seront flingués, les survivants poursuivis!« . À 77 ans, Val Shively est finalement tout aussi célèbre pour ses frasques et sa personnalité que pour son immense collection.

Patrick BETAILLE, juin 2021

 

Robert Lacire – 21 Tonnes de Vinyles

Je parle en poids car c’est plus faciledit Robert Lacire, 78 ans, lui qui a accumulé tout au long de sa vie le nombre faramineux de 21 tonnes de vinyles. Rien de comparable avec les 6 000 000 d’exemplaires de Zero Freitas mais quand même! Près de 130 000 galettes ont leur place dans chaque recoin de son domicile rennais et dans plusieurs garages. Aujourd’hui, il souhaiterait que sa collection fasse partie d’un conservatoire ou d’un musée du disque. Malgré de nombreux courriers adressés à des institutions locales, et même en son temps à Jacques Chirac, la démarche de ce passionné n’a pour l’instant pas abouti. Tout le monde trouve le projet très bien mais personne ne bouge. Je vieillis, ça va partir chez Emmaüs plutôt que de rester dans la mémoire dans une région, regrette-t-il et on le comprend! Source et intégralité de l’article: La Dépêche.

L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!

Patrick BETAILLE, juin 2021

Zero Freitas – Musical Emporium

L’obsession de José Roberto ″Zero″ Alves Freitas remonte à la petite enfance. Il a tout juste cinq ans quand son père arrive à la maison avec une chaine hi-fi et quelques vinyles qui vont susciter un vif intérêt chez le bambin qui de plus, en grandissant, va se familiariser avec une collection d’environ 400 disques chez sa mère. À 10 ans il achète son premier disque: Canta para a Juventude du chanteur brésilien Roberto Carlos. La fièvre acheteuse n’allait plus le quitter. Quand il quitte le lycée, Zero possède déjà 3000 albums. Après ses études, il reprend l’entreprise de transport familiale qui exploite des lignes de bus de São Paulo mais sans pour autant abandonner sa quête. À 30 ans le compteur de sa collection affichait 30 000 pièces. Contrairement à d’autres collectionneurs qui se focalisent sur un genre, une époque ou un groupe, Freitas n’a aucune limite; 78, 33, 45 tours, quelque soit le style musical, il collectionne tout. Il passe des annonces, rachète les invendus, les faillites et les saisies de disquaires en liquidation. En 2013, il se porte acquéreur de la collection de Murray Gershenz (2 000 000 galettes), un ancien propriétaire du magasin de disques de Los Angeles et de celle de Paul Mawhinney de Record Rama (3 000 000 de copies), considérée à l’époque comme la plus grande du monde. Aujourd’hui, l’homme d’affaire brésilien a amassé quelques 6 millions d’exemplaires dont 100 000 sont conservés à domicile. Un trésor à la valeur incalculable qui déborde largement du syndrome de la collectionnite aigüe. Même s’il avoue 40 années de thérapie pour comprendre ce qu’il se passe dans sa tête, Zero Freitas reste animé par une noble intention: Préserver et entretenir le support d’une mémoire auditive mise à mal par la dématérialisation. À ce titre, il s’est récemment porté acquéreur d’un hangar de 25 000 mètres carrés destiné à héberger son capital sonore et il a embauché une douzaine de personnes travaillant à temps plein sur le nettoyage, le référencement et le classement des albums dans une banque de données numériques, son Musical Emporium.  

Patrick BETAILLE, mars 2021

L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!