Zero Freitas – Musical Emporium

L’obsession de José Roberto ″Zero″ Alves Freitas remonte à la petite enfance. Il a tout juste cinq ans quand son père arrive à la maison avec une chaine hi-fi et quelques vinyles qui vont susciter un vif intérêt chez le bambin qui de plus, en grandissant, va se familiariser avec une collection d’environ 400 disques chez sa mère. À 10 ans il achète son premier disque: Canta para a Juventude du chanteur brésilien Roberto Carlos. La fièvre acheteuse n’allait plus le quitter. Quand il quitte le lycée, Zero possède déjà 3000 albums. Après ses études, il reprend l’entreprise de transport familiale qui exploite des lignes de bus de São Paulo mais sans pour autant abandonner sa quête. À 30 ans le compteur de sa collection affichait 30 000 pièces. Contrairement à d’autres collectionneurs qui se focalisent sur un genre, une époque ou un groupe, Freitas n’a aucune limite; 78, 33, 45 tours, quelque soit le style musical, il collectionne tout. Il passe des annonces, rachète les invendus, les faillites et les saisies de disquaires en liquidation. En 2013, il se porte acquéreur de la collection de Murray Gershenz (2 000 000 galettes), un ancien propriétaire du magasin de disques de Los Angeles et de celle de Paul Mawhinney de Record Rama (3 000 000 de copies), considérée à l’époque comme la plus grande du monde. Aujourd’hui, l’homme d’affaire brésilien a amassé quelques 6 millions d’exemplaires dont 100 000 sont conservés à domicile. Un trésor à la valeur incalculable qui déborde largement du syndrome de la collectionnite aigüe. Même s’il avoue 40 années de thérapie pour comprendre ce qu’il se passe dans sa tête, Zero Freitas reste animé par une noble intention: Préserver et entretenir le support d’une mémoire auditive mise à mal par la dématérialisation. À ce titre, il s’est récemment porté acquéreur d’un hangar de 25 000 mètres carrés destiné à héberger son capital sonore et il a embauché une douzaine de personnes travaillant à temps plein sur le nettoyage, le référencement et le classement des albums dans une banque de données numériques, son Musical Emporium.  

Patrick BETAILLE, mars 2021

L’éloquence et le Désaveu du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!

 

 

 

4 commentaires sur « Zero Freitas – Musical Emporium »

  1. Sacrée histoire…Il n’a plus qu’à acheter une mine de diamants pour écouter tout ça…Faudrait que ça devienne un musée.

  2. Dire que j’ai du mal à ranger mes quelques vinyles. Là il faut carrément une maison et des hangars pour entreposer cette collection ! 🙂 Toute la mémoire sonore gravée du monde soigneusement conservée, ça force le respect. Car le jour où nous subirons une attaque massive russo-chinoise de nos réseaux de communication, ou mieux encore, une monstrueuse tempête solaire qui anéantira tous les matériels électriques, les possesseurs de disques vinyles seront les rois du monde. Un bon vélo d’appartement relié à une platine, ça devrait le faire. 🙂

Les commentaires sont fermés.