The Jimi Hendrix Experience – Axis : Bold as Love

 

[Extrait]: Pour Axis : Bold as Love, le deuxième album du Jimi Hendrix Experience paru en 1967, c’est une peinture de Roger Law qui illustre la pochette. Les musiciens y sont représentés parmis diverses formes du dieu Vishnou. Hendrix a exprimé sa consternation face au choix du cover art en déclarant que l’image aurait été plus appropriée si elle avait mis en évidence son héritage amérindien… Les hindous ont également exprimé leur colère face à l’appropriation de la divinité Vishnu pour la pochette et l’affiche de l’album. En Malaisie les autorités religieuses ont porté plainte pour outrage envers leur divinité. Finalement, en 2014, le gouvernement malaisien décide d’une interdiction totale de l’œuvre sur son territoire. Pas touche à Vishnou!


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Patrick BETAILLE, février 2023

Foo Fighters – But Here We Are

 

Mais nous sommes (encore) ! Ainsi pourrait-on traduire le titre du dernier album des américains. Une réponse à l’interrogation légitime suite à la tragique et soudaine disparition de Taylor Hawkins: que vont-ils devenir? Déjà en 1994, Dave Grohl – batteur de Nirvana – avait géré la douleur provoquée par la mort de Kurt Cobain en quittant ses futs pour mettre sur orbite le satellite Foo Fighters. Aujourd’hui et à nouveau, Dave et sa bande repartent à l’aventure avec un onzième opus de rock efficace et sincère. Si But Here We Are est le signe du retour, il est aussi annonciateur d’un changement provoqué par le chagrin et le deuil. Musicalement l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé la marque de fabrique du combo quant il est au meilleur de sa forme: puissance, exaltation et intensité. Reste que pendant l’écoute des dix titres c’est le côté à la fois arty et sombre qui offre aux compos une orientation à laquelle on ne se serait pas forcément attendu. The Glass, Show me How, Beyond Me, Rest en témoignent en mode mid tempo. Avec The Teacher qui flirte avec le psychédélisme, le groupe signe également le titre le plus long de sa carrière discographique; 10 minutes qui après plusieurs changements de rythme s’achèvent en déluge sonique. Visiblement ce disque semble ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des Foo Fighters mais à l’évidence l’identité musicale et le talent sont préservés. N’est-ce pas l’essentiel?

Patrick BETAILLE, juin 2023

Rival Sons – Darkfighter

 

Avec des mélodies imparables, des déluges soniques et une authenticité à toute épreuve, il y a comme une fulgurance chez Rival Sons. Darkfighter, le dernier album des californiens a des allures de classique qui, à une époque, aurait pu concurrencer In Rock de Deep Purple ou Toys In The Attic d’Aerosmith. Pas d‘autotune, pas de métronome, pas de bidouillages post prod. C’est du pur jus heavy rock estampillé high energy mais pas que. Huit titres, 40 minutes jouissives sans esbroufe, des riffs lourds, du fuzz et quelques incursions acoustiques qui prouvent que les gars de Long Beach en ont encore sous le coude et qu’ils sont capables de renvoyer la concurrence jouer dans le bac à sable. Jay Buchanan offre des performance vocales de possédé en poussant sa tessiture au delà de ce à quoi il nous avait habitué. Les guitares de Scott Holiday malmènent le papier peint pendant que la basse de Dave Beste louvoie adroitement au milieu des tirs croisés cadencés par le jeu d’un Mike Miley qui pourrait prétendre à la digne succession de John Bonham. Bref, ça pulse velu, sans jamais tomber dans la caricature. Tout sonne vrai, même quand le répertoire flirte de façon éhontée avec la soul ou le shuffle bluesy. Je l’affirme haut et fort: ces frères rivaux méritent beaucoup plus d’attention que celle dont ils disposent actuellement et ils sont dignes d’intégrer les troupes d’élite du rock actuel. Quant à Darkfighter, il devrait devenir l’apanage des grands groupes qui enchantent les rockers depuis l’envol d’un certain dirigeable.

 

Gitanes – Les Volutes du Rock

Live From Paris du groupe Go de Stomu Yamashta, témoigne d’un concert donné au Palais des sports de Paris en juin 1976. Sur l’illustration, une mouche, un paquet de Gitanes et un Corneille froissé de 100 francs. La symbolique a de quoi laisser perplexe. Certes, le billet de banque et le paquet de clopes peuvent évoquer Paris et la France. Mais la mouche? Une façon de faire comprendre aux habitants de l’Hexagone que, aux yeux des obsédés de l’hygiène que sont les japonais, la propreté laisse à désirer ?

Ce n’est pas la première fois que la marque de cibiches produites par la Seita se retrouve à l’honneur sur des pochettes de disques. Déjà en 1975, pour la galette flamenco-rock de Dancing on a Cold Wind de Carmen, couleurs, motif et lettrage sont trop évidents pour n’être qu’une coïncidence ; le design Gitanes est plagié sans filtre. Shades, le sixième album de J.J. Cale paru en 1980, se contente de remplacer le dessin de l’affichiste Max Ponty par la silhouette d’un guitariste hispanique. Dans tous les cas, aucune réclamation de la part de la régie française des tabacs quant à l’utilisation de son visuel, certes bien moins célèbre dans le monde que ceux de Marlboro ou Lucky Strike. Il n’en reste pas moins que, gros fumeur, Gainsbourg apparaissait toujours en public avec son paquet de brunes à la main et que le ″ Thin White Duke ″ de David Bowie fumait également des Gitanes. Tout comme Slash, le guitariste de Guns N’ Roses, qui est allé jusqu’à se faire tatouer la danseuse au tambourin dans le dos. T’as du feu steuplé?


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Koritni – Long Overdue

 

Long Overdue [NDLR: Traduire par Long Retard ou En retard depuis Longtemps], c’est le moins que l’on puisse dire. Depuis Rolling en 2018, les hard rockers australiens brillaient leur silence. Discographiquement parlant du moins, car sur scène Koritni étaient à l’affiche du Hellfest 2019. Depuis, de profonds changements ont eu lieu au sein de la formation (ceci expliquant cela?). Le batteur Chris Brown, le bassiste Matt Hunter, les guitaristes Eddy Santacreu et Luke Cuerden ne sont plus là mais pour l’heure, la formation est toujours dirigée de main de maître par un Lex Koritni au mieux de sa forme au chant, entouré de Tom Frémont – désormais seul guitariste – et de Daniel Fasano aux drums. Fondamentalement, rien ne change au cœur de la lointaine OZ; les couchers de soleil embrasent toujours Ayers Rock et les ingrédients avec lesquels Koritni s’est bâti une réputation méritée sont toujours d’actualité. Rythmiques efficientes, riffs incisifs, solos inspirés, et performances vocales de haute tenue – y compris en mode mid tempo – nous rassurent quant à la qualité de ce sixième album studio. Rien à jeter parmi les 12 titres de Long Overdue mixé par Kevin Shirley (Aerosmith, Led Zeppelin) avec Ryan Smith (AC/DC) en postproduction. Gros son donc. Voilà un opus simple, efficace, sentant la sueur et le Sullivans Cove qui ramone velu. Un bon remède à la morosité ambiante. Amateurs de pop nostalgique passez votre chemin!

 

Man – Slow Motion

 

[Extrait]: Pour illustrer son neuvième album de 1974, le groupe de rock progressif gallois Man fait appel au dessinateur Rick Griffin. Le graphiste californien choisit de mettre en scène Alfred E. Neuman, le personnage récurent des couvertures du magazine satirique Mad. L’anti-héro de la pop culture américaine y est éclaboussé par un thon qu’il tient à bras-le-corps, sa main gauche semblant faire un accord sur un manche de guitare. Entre MAD et MAN seule une lettre diffère et, quitte à pasticher, le graphiste utilise pour le nom du groupe la même typographie que celle du magazine. Dans son ensemble, la démarche n’est pas du tout du goût des juristes de la maison de disques United Artists et des responsables du journal qui refusent catégoriquement que la parodie de Rick Griffin soit en couverture de l’album Slow Motion. Le cover art est alors retravaillé avec un recentrage sur le thonidé frétillant. De fait, on ne voit plus qu’une partie du visage de la mascotte de Mad qui reste néanmoins facilement reconnaissable à cause de son incisive manquante et de son sourire béat quand il dit avec insouciance et nonchalance: ″ What, me worry? ″ (De quoi, moi inquiet ?).


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Patrick BETAILLE, avril 2023

Daddy Long Legs – Street Sermons

 

Trois mecs de la Big Apple pratiquant une espèce de punk-blues déjanté. Originaire du Missouri, Brian Hurd prêche et exhorte ses deux enfants de chœur qui assurent rythmiquement l’essentiel avec efficacité. Le trio Daddy Long Legs s’approprie le rock, le blues, le stomp et la country, secoue le tout pour se livrer à joyeux un chahut old school à l’énergie jouissive. Avec ses 12 homélies ce Street Sermons est étonnant, c’est le moins que l’on puisse dire. Ça sent la bière tiède et la sueur, c’est tendu comme un string et les inflexions du prédicateur harmoniciste font la part belle à la puissance et au feeling. Pour des sermons comme Be a Fool Once, Harmonica Razor ou Rockin’ my Boogie, je suis prêt à aller à la messe tous les jours. De fortes chances d’ailleurs que j’y croise Dr. Feelgood, Nine Below Zero et même le Reverend Horton Heat… 

 

The Answer – Sundowners

 

Certains groupes font tellement d’efforts pour paraître authentiques en surfant sur la vague du revival, qu’à force, ils ne deviennent que des caricatures d’eux-mêmes – suivez mon regard! Au mieux, et pour un temps seulement, ils parviennent à donner l’illusion d’être les porte-paroles d’un courant que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître: le rock bien trempé des seventies. Ces efforts, d’autres par contre n’ont pas à les faire tant ils ont naturellement capté l’essentiel des influences qui coulent dans leurs veines et la façon de les exprimer sans faire semblant. Sans conteste, The Answer appartient à cette dernière catégorie. En 2006 le quatuor irlandais avaient annoncé la couleur avec Rise, un galop d’essai au cœur duquel bouillaient des audaces assumées que certains pisse-vinaigres se sont empressés de qualifier de plagiat. La belle affaire! S’agissant de led Zep, Aerosmith, AC/DC ou Black Crowes, qui s’en plaindrait dès l’instant qu’ un amour profond et sincère du genre opère et que la sincérité valide la démarche. Beaucoup d’auditeurs y ont trouvé leur compte et ont offert un succès mérité à ce premier opus. L’engouement se confirme en 2010 avec la parution de Everyday Demons qui permet à Cormac Neeson et sa bande d’assurer la première partie de la tournée Black Ice d’AC/DC. Sur les quatre albums suivants la même recette est appliquée, certes parfois avec une baisse d’inspiration créative qui globalement ne nuit pourtant pas à la cohérence de l’ensemble de la production. Depuis 2016 et un Solas honnête mais dispensable The Answer brillaient par leur silence discographique. Sept années d’éclipse partielle pour une prise de recul probablement nécessaire à un retour aux fondamentaux. Résultat, toujours le même line up et un septième album studio qui vient remettre les pendules à l’heure. Les onze titres de Sundowners devraient ravir les fans de blues rock rétro, de rythmes hypnotiques, de riffs tonitruants et de fuzz. Avec entre autres Get on Back, Blood Brother, Livin’ on the Line et bien sûr la composition qui offre son titre à l’album, nos irlandais du nord raniment la flamme et confirment, si besoin en était, un brillant savoir-faire.

 

Screamin’ Rebel Angels – Heel Grinder

 

Pas une nouveauté en tant que telle puisque le skud dont à propos duquel je vais causer ne date pas de la dernière neige mais plutôt de celle de janvier 2019.

Depuis 2011, les Screamin’ Rebel Angels se sont approprié l’énergie primitive des débuts du rockabilly, l’émotion du rhythm & blues et la sensualité de la Soul des années 1950, et ce, avec une fougue à nulle autre pareille. À la tête de ce ce quatuor new-yorkais originaire de Brooklin, une certaine Laura Palmer qui a bien compris que l’une des règles essentielles c’est d’essayer d’attirer immédiatement l’attention de l’auditeur. Cette meneuse chante, joue de la contrebasse, de la guitare rythmique, écrit les chansons, conçoit les illustrations et ne mout pas le café; ça c’est plutôt le boulot de Brian Hack, virtuose pourvoyeur de solos de son état. La première chose qui frappe à l’écoute de Heel Grinder (NDLR: Meuleuse de Talons Hauts), le deuxième long play, c’est la voix de Laura, parfois ponctuée de ″Wooo″ à la Little Richard, qui par moments donne l’impression qu’elle est prête pour la baston. Oooh my Sooooul! Elle grogne, vocifère, le ton est si puissant et rugueux qu’on en arriverait facilement à envisager ce qui aurait pu se passer si Bessie Smith avait eu l’occasion d’assurer les lead vocals au sein des Cramps. Voix unique de palmer, virtuosité de Hack, cogne précise de Sean O’Connell et slaps percutants de la miss à la contrebasse; la magie opère et à partir de là tout décolle à un rythme effréné en flirtant avec un psychobilly post punk jouissif que ne renierait pas le Révérend Horton Heat. Si la plupart des 13 titres carburent au nitrométhane, certains comme  Brassy Brown, Sweet  Petunia ou Something on Your Mind font preuve d’exception avec une baisse de tempo qui ne nuit en rien à la fougue et à la cohérence de l’ensemble. Cet album bourré de mélodies et de rythmes est une pépite de revival stupéfiant d’authenticité et de classe. Parfois, le rock, le vrai, bande encore et il n’a rien à devoir aux médias trop occupés à faire l’article de la soupe auto-tunée. Ne me remerciez pas, c’est avec plaisir et volupté que je vous offre de quoi vous décrasser les esgourdes!

 

David Bowie – Halloween Jack

 

[Extrait]: Conséquence de plusieurs projets avortés (dont une adaptation musicale du roman 1984 de George Orwel), le huitième album de David Bowie paru en 1974 reste basé sur l’étrange. Tout en s’écartant du glitter rock, Diamond Dogs devient une descente aux enfers post-apocalyptiques où se côtoient des personnages étranges. Parmi eux, Halloween Jack, une créature mi-homme, mi-chien, dessinée par l’artiste belge Guy Peellaert. L’illustration sera assombrie au bon endroit afin de masquer les parties génitales de la créature thérianthrope.


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Patrick BETAILLE, février 2023