Tony Wright – Traffic

 

[Extrait]: Idée originale qu’à eu Tony Wright pour illustrer The Low Spark Of High Heeled Boys pour les britanniques de Traffic. En 1971, il parvient à s’affranchir du format carré traditionnel en concevant un artwork en trois dimensions donnant l’impression de se trouver face à un cube. Coup de génie, il prend la décision de couper deux des coins de la pochette afin d’accentuer l’illusion d’optique. L’œuvre originale du septième album studio du groupe de Steve Winwood fait aujourd’hui partie de la collection permanente du Musée d’Art Moderne de New-York. En 1973, Tony Wright fera appel au même procédé pour illustrer l’album suivant de Traffic : Shoot Out At The Fantasy Factory. Très prolixe jusque dans les années 2000, l’artiste s’est impliqué dans plus d’une centaine de jaquettes. Parmi elles, Natty Dread pour Bob Marley, Sweet Deceiver de Kevin Ayers, et Arc Of A Diver de Steve Winwood.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, août 2023

The Hives – The Death of Randy Fitzsimmons

 

Une petite explication nécessaire quant au titre du dernier albums de The Hives. Depuis bien longtemps tous les membres du groupe suédois prétendent auprès de qui veut l’entendre que toutes leurs compositions sont le fait d’un seul et même individu, un certain Randy Fitzsimmons. Le visuel et le titre du sixième opus du gang aquavité semble donc annoncer la mise en bière de ce mystérieux personnage. Énième coup de com? Je vous laisse mener l’enquête, moi j’ai pas le temps, je suis encore très occupé par l’hypothétique mort de McCartney.

Ceci étant, ce nouvel opus dont les 12 titres sont signés The Hives, est une excellente surprise. Après10 ans d’absence discographique, quel bonheur de constater que le quintet est lui bien vivant et que la magie opère toujours. Mode On/Off, pied au plancher, pas de temps à perdre et, pour le prouver, une grande claque avec guère plus de 30 minutes de délires soniques. Seuls Bogus Operandi et What Did I Ever Do to You? dépassent les 3 minutes, les autres salves oscillant autour des 120 secondes, sauf pour Trapdoor Solution et Step Out of the Way qui plafonnent à peine au dessus de la minute.

Musicalement, The Death of Randy Fitzsimmons sonne remarquablement pour un groupe qui a (déjà?) 30 ans de carrière derrière lui et qui nous offre un mélange frénétique de savoir-faire, de spontanéité, d’expérience, d’énergie et surtout d’excitation qui tend à prouver que ″ rock’ n’ roll is still alive and well ″ et que ″ punk is not dead ″. Punks ou rockers The Hives? Je vous laisse réfléchir. moi j’ai pas le temps, je suis très occupé par la maîtrise d’une soudaine turgescence.

Patrick BETAILLE, août 2023

Phil Travers – The Moody Blues

 

[Extrait]: Phil Travers a travaillé deux années pour le label Decca avant d’être contacté par les Moody Blues pour réaliser l’illustration de leur album In Search Of the Lost Chord (1968). L’artiste restera le designer attitré du groupe jusqu’à Seventh Sojourn en 1972. La pochette de l’album A Question Of Balance paru en 1970 reste sans conteste l’une de ses plus belles réussites…
Une fois n’est pas coutume, le gatefold s’ouvre et se regarde de haut en bas. Des vacanciers se prélassent sur la plage qui borde une mer bleue et paisible alors qu’à l’horizon, un cyclone habité de scènes allégoriques se fait très menaçant. Sur le montage de la composition un homme brandit un revolver. Cette image provient du National Geographic. Suite à une plainte déposée par le magazine, Decca se voit contraint de rappeler les premiers exemplaires déjà en circulation. Pour les éditions suivantes, la tête du personnage sera légèrement modifiée et coiffée d’un casque colonial.


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Ana Popovic – Power

 

On ne présente plus Ana Popovic, musicienne qui compose, chante et fait parler la poudre avec sa stratocaster qu’elle manie avec maestria. La plus américaine des serbes, absente des studios depuis 2018 et considérée comme l’un des génies du blues conjugué au féminin, vient de sortir un treizième album. Power est une renaissance pour celle qui, à 47 ans, vient de vaincre un cancer et n’a envie que d’une chose: jouer, encore et encore. Le changement est néanmoins palpable y compris au niveau de la pochette du disque. Finis les visuels qui mettent en valeur la plastique de la guitariste. En lieu et place, deux mains entrelacées, comme un symbole d’union et d’amitié, probablement celle qu’elle entretient avec son bassiste, collaborateur et ami Burthel Burns. Le répertoire en configuration big band est sobre, varié et bien que toujours présent en terme de feeling, le blues rock pur et dur laisse la place à des explorations enchanteresses dans le domaine du rock ( Flicker ‘N Flame, Strong Taste), du funk (Doin’ This, Queen Of The pack, Deep Down, Turn My Luck), de la soul ( Power over Me, Luv In Touch), y compris des ambiances jazzy avec Recipe Is Romance. Une variété de styles qu’Ana parvient à amalgamer avec brio, faisant des 11 titres de Power un témoignage de détermination et de virtuosité, peut être l’un de ses meilleurs albums. Immanquable !

Patrick BETAILLE, juin 2023

The Jimi Hendrix Experience – Axis : Bold as Love

 

[Extrait]: Pour Axis : Bold as Love, le deuxième album du Jimi Hendrix Experience paru en 1967, c’est une peinture de Roger Law qui illustre la pochette. Les musiciens y sont représentés parmis diverses formes du dieu Vishnou. Hendrix a exprimé sa consternation face au choix du cover art en déclarant que l’image aurait été plus appropriée si elle avait mis en évidence son héritage amérindien… Les hindous ont également exprimé leur colère face à l’appropriation de la divinité Vishnu pour la pochette et l’affiche de l’album. En Malaisie les autorités religieuses ont porté plainte pour outrage envers leur divinité. Finalement, en 2014, le gouvernement malaisien décide d’une interdiction totale de l’œuvre sur son territoire. Pas touche à Vishnou!


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Patrick BETAILLE, février 2023

Foo Fighters – But Here We Are

 

Mais nous sommes (encore) ! Ainsi pourrait-on traduire le titre du dernier album des américains. Une réponse à l’interrogation légitime suite à la tragique et soudaine disparition de Taylor Hawkins: que vont-ils devenir? Déjà en 1994, Dave Grohl – batteur de Nirvana – avait géré la douleur provoquée par la mort de Kurt Cobain en quittant ses futs pour mettre sur orbite le satellite Foo Fighters. Aujourd’hui et à nouveau, Dave et sa bande repartent à l’aventure avec un onzième opus de rock efficace et sincère. Si But Here We Are est le signe du retour, il est aussi annonciateur d’un changement provoqué par le chagrin et le deuil. Musicalement l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé la marque de fabrique du combo quant il est au meilleur de sa forme: puissance, exaltation et intensité. Reste que pendant l’écoute des dix titres c’est le côté à la fois arty et sombre qui offre aux compos une orientation à laquelle on ne se serait pas forcément attendu. The Glass, Show me How, Beyond Me, Rest en témoignent en mode mid tempo. Avec The Teacher qui flirte avec le psychédélisme, le groupe signe également le titre le plus long de sa carrière discographique; 10 minutes qui après plusieurs changements de rythme s’achèvent en déluge sonique. Visiblement ce disque semble ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des Foo Fighters mais à l’évidence l’identité musicale et le talent sont préservés. N’est-ce pas l’essentiel?

Patrick BETAILLE, juin 2023

Rival Sons – Darkfighter

 

Avec des mélodies imparables, des déluges soniques et une authenticité à toute épreuve, il y a comme une fulgurance chez Rival Sons. Darkfighter, le dernier album des californiens a des allures de classique qui, à une époque, aurait pu concurrencer In Rock de Deep Purple ou Toys In The Attic d’Aerosmith. Pas d‘autotune, pas de métronome, pas de bidouillages post prod. C’est du pur jus heavy rock estampillé high energy mais pas que. Huit titres, 40 minutes jouissives sans esbroufe, des riffs lourds, du fuzz et quelques incursions acoustiques qui prouvent que les gars de Long Beach en ont encore sous le coude et qu’ils sont capables de renvoyer la concurrence jouer dans le bac à sable. Jay Buchanan offre des performance vocales de possédé en poussant sa tessiture au delà de ce à quoi il nous avait habitué. Les guitares de Scott Holiday malmènent le papier peint pendant que la basse de Dave Beste louvoie adroitement au milieu des tirs croisés cadencés par le jeu d’un Mike Miley qui pourrait prétendre à la digne succession de John Bonham. Bref, ça pulse velu, sans jamais tomber dans la caricature. Tout sonne vrai, même quand le répertoire flirte de façon éhontée avec la soul ou le shuffle bluesy. Je l’affirme haut et fort: ces frères rivaux méritent beaucoup plus d’attention que celle dont ils disposent actuellement et ils sont dignes d’intégrer les troupes d’élite du rock actuel. Quant à Darkfighter, il devrait devenir l’apanage des grands groupes qui enchantent les rockers depuis l’envol d’un certain dirigeable.

 

Gitanes – Les Volutes du Rock

Live From Paris du groupe Go de Stomu Yamashta, témoigne d’un concert donné au Palais des sports de Paris en juin 1976. Sur l’illustration, une mouche, un paquet de Gitanes et un Corneille froissé de 100 francs. La symbolique a de quoi laisser perplexe. Certes, le billet de banque et le paquet de clopes peuvent évoquer Paris et la France. Mais la mouche? Une façon de faire comprendre aux habitants de l’Hexagone que, aux yeux des obsédés de l’hygiène que sont les japonais, la propreté laisse à désirer ?

Ce n’est pas la première fois que la marque de cibiches produites par la Seita se retrouve à l’honneur sur des pochettes de disques. Déjà en 1975, pour la galette flamenco-rock de Dancing on a Cold Wind de Carmen, couleurs, motif et lettrage sont trop évidents pour n’être qu’une coïncidence ; le design Gitanes est plagié sans filtre. Shades, le sixième album de J.J. Cale paru en 1980, se contente de remplacer le dessin de l’affichiste Max Ponty par la silhouette d’un guitariste hispanique. Dans tous les cas, aucune réclamation de la part de la régie française des tabacs quant à l’utilisation de son visuel, certes bien moins célèbre dans le monde que ceux de Marlboro ou Lucky Strike. Il n’en reste pas moins que, gros fumeur, Gainsbourg apparaissait toujours en public avec son paquet de brunes à la main et que le ″ Thin White Duke ″ de David Bowie fumait également des Gitanes. Tout comme Slash, le guitariste de Guns N’ Roses, qui est allé jusqu’à se faire tatouer la danseuse au tambourin dans le dos. T’as du feu steuplé?


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Koritni – Long Overdue

 

Long Overdue [NDLR: Traduire par Long Retard ou En retard depuis Longtemps], c’est le moins que l’on puisse dire. Depuis Rolling en 2018, les hard rockers australiens brillaient leur silence. Discographiquement parlant du moins, car sur scène Koritni étaient à l’affiche du Hellfest 2019. Depuis, de profonds changements ont eu lieu au sein de la formation (ceci expliquant cela?). Le batteur Chris Brown, le bassiste Matt Hunter, les guitaristes Eddy Santacreu et Luke Cuerden ne sont plus là mais pour l’heure, la formation est toujours dirigée de main de maître par un Lex Koritni au mieux de sa forme au chant, entouré de Tom Frémont – désormais seul guitariste – et de Daniel Fasano aux drums. Fondamentalement, rien ne change au cœur de la lointaine OZ; les couchers de soleil embrasent toujours Ayers Rock et les ingrédients avec lesquels Koritni s’est bâti une réputation méritée sont toujours d’actualité. Rythmiques efficientes, riffs incisifs, solos inspirés, et performances vocales de haute tenue – y compris en mode mid tempo – nous rassurent quant à la qualité de ce sixième album studio. Rien à jeter parmi les 12 titres de Long Overdue mixé par Kevin Shirley (Aerosmith, Led Zeppelin) avec Ryan Smith (AC/DC) en postproduction. Gros son donc. Voilà un opus simple, efficace, sentant la sueur et le Sullivans Cove qui ramone velu. Un bon remède à la morosité ambiante. Amateurs de pop nostalgique passez votre chemin!

 

Man – Slow Motion

 

[Extrait]: Pour illustrer son neuvième album de 1974, le groupe de rock progressif gallois Man fait appel au dessinateur Rick Griffin. Le graphiste californien choisit de mettre en scène Alfred E. Neuman, le personnage récurent des couvertures du magazine satirique Mad. L’anti-héro de la pop culture américaine y est éclaboussé par un thon qu’il tient à bras-le-corps, sa main gauche semblant faire un accord sur un manche de guitare. Entre MAD et MAN seule une lettre diffère et, quitte à pasticher, le graphiste utilise pour le nom du groupe la même typographie que celle du magazine. Dans son ensemble, la démarche n’est pas du tout du goût des juristes de la maison de disques United Artists et des responsables du journal qui refusent catégoriquement que la parodie de Rick Griffin soit en couverture de l’album Slow Motion. Le cover art est alors retravaillé avec un recentrage sur le thonidé frétillant. De fait, on ne voit plus qu’une partie du visage de la mascotte de Mad qui reste néanmoins facilement reconnaissable à cause de son incisive manquante et de son sourire béat quand il dit avec insouciance et nonchalance: ″ What, me worry? ″ (De quoi, moi inquiet ?).


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Patrick BETAILLE, avril 2023