The Casanovas – Backseat Rhythms

 

Les australiens sont de retour! Non, pas eux, les zôtres: The Casanovas. En 2007 et après deux albums, le guitariste-chanteur Tommy Boyce avait imposé un break à son groupe afin qu’il puisse mener à bien ses études en architecture et obtenir son diplôme. Comme quoi!

Après deux autres LP’s – Terra Casanova et Reptilian Overlord parus respectivement en 2015 et 2020, voici donc Backseat Rhythms qui vient confirmer l’excellente réputation dont bénéficie le power trio qui de près ou de loin, mais surtout sur scène, peut se vanter de pouvoir rivaliser avec Airbourne, The Darkness ou The Black Crowes. À part l’arrivée d’un nouveau batteur en la personne de Brett ″ Wolfie ″ Wolfenden pas grand changement sous les cieux de la lointaine Aussie. Serait-ce un clin d’œil? La pochette ressemble étrangement à celle qui, en 1989, illustrait le  Sonic Temple de The Cult. Avec dix titres 100% rock les séducteurs restent fidèles à un hard rock très seventies qui ne manquera pas de rassurer les fans et de séduire les adeptes d’une high energy aux petits oignons produite par celui qui, en son temps, a fait ses preuves avec les Who, Thin Lizzy, Bad Company, UFO, Kiss et led Zeppelin (Physical Graffiti): Ron Nevison.

Dixit le New Musical Express à propos de The Casanovas: ″ c’est comme Jet [autre groupe australien qui casse la baraque – NDLR] sous Viagra mais en mieux! ″. Quant à ceux qui oseraient prétendre que l’on a affaire à du sous AC/DC, ils seront démembrés à l’aide d’un coupe-ongles. Pas vrai Jojo?!

 

Coco Montoya – Writing on the Wall

 

Un parcours pour le moins atypique que celui de ce musicien californien d’abord recruté comme batteur par Albert Collins qui, dans les années 70, l’initie également à la guitare. Bonne idée car très vite la six cordes n’a plus de secrets pour Coco Montoya. Au point qu’au début de années 80 il est repéré et embauché par John Mayall au sein des Bluesbreakers, formation qui au fil des époques a servi de tremplin à des pointures guitaristiques comme Eric Clapton, Peter Green, Mick taylor, Harvey Mandel, Walter Trout et j’en passe. Venu remplacer Mick Taylor sur le point de rejoindre les Stones, Montoya jouera aux côtés du parrain du blues jusqu’en 1994. L’année suivante il se lance dans une carrière solo et sort un premier album prometteur: Gotta Mind to Travel. Dix albums plus tard et après quatre ans d’absence discographique, inutile de vous dire que le virtuose de la strat était attendu au tournant, lui et son nouvel opus, le sixième sur le légendaire label Alligator Records. Writing On The Wall tient ses promesses et le guitariste-chanteur nous offre un de ces moments de grâce qui allient émotion et sensibilité. Le Coco pourrait en faire des caisses, genre écoutez comme je joue vite, bien et fort – il en a les moyens – mais il préfère user de ses capacités pour nous captiver avec un toucher de manche éblouissant et une interprétation exceptionnelle. Enregistré live avec les musiciens qui l’accompagnent sur scène, ce nouvel album de blues mais pas que est un grand moment classieux, poignant et mid-tempo au cours duquel le bluesman est éblouissant tout au long des 13 plages. Un vrai bonheur!

 

The Velvet Underground – 1969 Live With Lou Reed

 

[Extrait]: C’est le deuxième opus live du Velvet Underground. C’est aussi le premier disque du groupe à être sorti après sa dissolution en 1973. L’album a été enregistré en 1969, lors d’une tournée de 70 dates à travers l’Amérique du Nord et le Canada… Ce témoignage a bien failli ne pas voir le jour, le guitariste Sterling Morrison s’opposant à la sortie d’un enregistrement qu’il juge nuisible à la notoriété du Velvet. Détenteur des droits et seul maître à bord depuis ses succès en solo, Lou Reed passe outre et confie les bandes à Mercury Records qui, après mixage, publie les enregistrements des 17 titres sous la forme d’un double LP en septembre 1974. Le cover art imaginé par le designer Ernest Thormahlen se retrouve bloqué à la frontière espagnole, contraignant la maison de disque à masquer la culotte en dentelles que laisse entrevoir une jupette trop mini… La mention ″ Con las versiones originales ROCK AND ROLL – SWEET JANE – LISA SAYS – FEMME FATALE ″ est imprimée au recto de la pochette. En procédant à une fouille minutieuse, les autorités franquistes découvrent une dose de chnouf et procèdent à sa confiscation immédiate. De fait, Heroin – l’un des titres majeurs de l’album – est désespéramment absent de l’édition hispanique….0


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, septembre 2023

Alice Cooper – Road

 

La route Vincent Damon Furnier connaît. Depuis plus de 50 ans il bouffe du kilomètre aux commande de son grand rock’n’roll barnum. Pas étonnant donc qu’ Alice Cooper veuille évoquer un mode de vie consacré pour une grande part à ses errances internationales. Pour ce, le 29 ème album studio du roi des constrictors a été enregistré dans des conditions live et sans overdubs; c’est lui qui le dit et la production du fidèle Bob Ezrin semble le confirmer. Histoire de pimenter la sauce, Cooper a fait appel aux guitaristes Nita Strauss, Ryan Roxie, Tommy Henriksen et Tom Morello, au bassiste Chuck Garric et au batteur Glen Sobel. Une belle façon de rendre hommage, en les impliquant, aux compagnons de route qui partagent la scène avec lui. ″ Pour Road, je voulais que le groupe soit impliqué dans l’élaboration de toutes les chansons. Je ne vois ces gars que lorsque nous sommes sur scène. Donc, je voulais qu’ils soient aussi impliqués qu’ils le sont en concert. Quand vous avez un groupe aussi bon, je crois qu’il faut le montrer ″. Le résultat est là. Road envoie du lourd, de la virtuosité et témoigne d’une passion et d’un enthousiasme débridé qui tendent à prouver que l’éminence du classic rock n’a pas encore l’intention de prendre sa retraite. L’album tient admirablement la route et s’achève sur une reprise réussie du Magic Bus des Who au cours duquel, le temps d’un solo, Glen Sobel essaie de se faire passer pour Keith Moon. Seule ombre au tableau, Baby Please Don’t Go, une ballade sirupeuse qui vient casser le rythme et l’ambiance de ces 48 minutes d’énergie brute au cours desquelles les guitares virevoltent. Mais bon, on pardonne, c’est pas la première fois que l’on nous fait le coup. Pour oublier cet écart il suffit de s’attarder sur un White Line Frankenstein dans lequel Tom Morello se montre sous son meilleur jour.

Tracklist: 1. I’m Alice – 2. Welcome To The Show – 3. All Over The World – 4. Dead Don’t Dance – 5. Go Away – 6. White Line Frankenstein – 7. Big Boots – 8. Rules Of The Road – 9. The Big Goodbye – 10. Road Rats Forever. 11. Baby Please Don’t Go – 12. 100 More Miles – 13. Magic Bus.

Patrick BETAILLE, août 2023

Tony Wright – Traffic

 

[Extrait]: Idée originale qu’à eu Tony Wright pour illustrer The Low Spark Of High Heeled Boys pour les britanniques de Traffic. En 1971, il parvient à s’affranchir du format carré traditionnel en concevant un artwork en trois dimensions donnant l’impression de se trouver face à un cube. Coup de génie, il prend la décision de couper deux des coins de la pochette afin d’accentuer l’illusion d’optique. L’œuvre originale du septième album studio du groupe de Steve Winwood fait aujourd’hui partie de la collection permanente du Musée d’Art Moderne de New-York. En 1973, Tony Wright fera appel au même procédé pour illustrer l’album suivant de Traffic : Shoot Out At The Fantasy Factory. Très prolixe jusque dans les années 2000, l’artiste s’est impliqué dans plus d’une centaine de jaquettes. Parmi elles, Natty Dread pour Bob Marley, Sweet Deceiver de Kevin Ayers, et Arc Of A Diver de Steve Winwood.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, août 2023

The Hives – The Death of Randy Fitzsimmons

 

Une petite explication nécessaire quant au titre du dernier albums de The Hives. Depuis bien longtemps tous les membres du groupe suédois prétendent auprès de qui veut l’entendre que toutes leurs compositions sont le fait d’un seul et même individu, un certain Randy Fitzsimmons. Le visuel et le titre du sixième opus du gang aquavité semble donc annoncer la mise en bière de ce mystérieux personnage. Énième coup de com? Je vous laisse mener l’enquête, moi j’ai pas le temps, je suis encore très occupé par l’hypothétique mort de McCartney.

Ceci étant, ce nouvel opus dont les 12 titres sont signés The Hives, est une excellente surprise. Après10 ans d’absence discographique, quel bonheur de constater que le quintet est lui bien vivant et que la magie opère toujours. Mode On/Off, pied au plancher, pas de temps à perdre et, pour le prouver, une grande claque avec guère plus de 30 minutes de délires soniques. Seuls Bogus Operandi et What Did I Ever Do to You? dépassent les 3 minutes, les autres salves oscillant autour des 120 secondes, sauf pour Trapdoor Solution et Step Out of the Way qui plafonnent à peine au dessus de la minute.

Musicalement, The Death of Randy Fitzsimmons sonne remarquablement pour un groupe qui a (déjà?) 30 ans de carrière derrière lui et qui nous offre un mélange frénétique de savoir-faire, de spontanéité, d’expérience, d’énergie et surtout d’excitation qui tend à prouver que ″ rock’ n’ roll is still alive and well ″ et que ″ punk is not dead ″. Punks ou rockers The Hives? Je vous laisse réfléchir. moi j’ai pas le temps, je suis très occupé par la maîtrise d’une soudaine turgescence.

Patrick BETAILLE, août 2023

Phil Travers – The Moody Blues

 

[Extrait]: Phil Travers a travaillé deux années pour le label Decca avant d’être contacté par les Moody Blues pour réaliser l’illustration de leur album In Search Of the Lost Chord (1968). L’artiste restera le designer attitré du groupe jusqu’à Seventh Sojourn en 1972. La pochette de l’album A Question Of Balance paru en 1970 reste sans conteste l’une de ses plus belles réussites…
Une fois n’est pas coutume, le gatefold s’ouvre et se regarde de haut en bas. Des vacanciers se prélassent sur la plage qui borde une mer bleue et paisible alors qu’à l’horizon, un cyclone habité de scènes allégoriques se fait très menaçant. Sur le montage de la composition un homme brandit un revolver. Cette image provient du National Geographic. Suite à une plainte déposée par le magazine, Decca se voit contraint de rappeler les premiers exemplaires déjà en circulation. Pour les éditions suivantes, la tête du personnage sera légèrement modifiée et coiffée d’un casque colonial.


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

Ana Popovic – Power

 

On ne présente plus Ana Popovic, musicienne qui compose, chante et fait parler la poudre avec sa stratocaster qu’elle manie avec maestria. La plus américaine des serbes, absente des studios depuis 2018 et considérée comme l’un des génies du blues conjugué au féminin, vient de sortir un treizième album. Power est une renaissance pour celle qui, à 47 ans, vient de vaincre un cancer et n’a envie que d’une chose: jouer, encore et encore. Le changement est néanmoins palpable y compris au niveau de la pochette du disque. Finis les visuels qui mettent en valeur la plastique de la guitariste. En lieu et place, deux mains entrelacées, comme un symbole d’union et d’amitié, probablement celle qu’elle entretient avec son bassiste, collaborateur et ami Burthel Burns. Le répertoire en configuration big band est sobre, varié et bien que toujours présent en terme de feeling, le blues rock pur et dur laisse la place à des explorations enchanteresses dans le domaine du rock ( Flicker ‘N Flame, Strong Taste), du funk (Doin’ This, Queen Of The pack, Deep Down, Turn My Luck), de la soul ( Power over Me, Luv In Touch), y compris des ambiances jazzy avec Recipe Is Romance. Une variété de styles qu’Ana parvient à amalgamer avec brio, faisant des 11 titres de Power un témoignage de détermination et de virtuosité, peut être l’un de ses meilleurs albums. Immanquable !

Patrick BETAILLE, juin 2023

The Jimi Hendrix Experience – Axis : Bold as Love

 

[Extrait]: Pour Axis : Bold as Love, le deuxième album du Jimi Hendrix Experience paru en 1967, c’est une peinture de Roger Law qui illustre la pochette. Les musiciens y sont représentés parmis diverses formes du dieu Vishnou. Hendrix a exprimé sa consternation face au choix du cover art en déclarant que l’image aurait été plus appropriée si elle avait mis en évidence son héritage amérindien… Les hindous ont également exprimé leur colère face à l’appropriation de la divinité Vishnu pour la pochette et l’affiche de l’album. En Malaisie les autorités religieuses ont porté plainte pour outrage envers leur divinité. Finalement, en 2014, le gouvernement malaisien décide d’une interdiction totale de l’œuvre sur son territoire. Pas touche à Vishnou!


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Patrick BETAILLE, février 2023

Foo Fighters – But Here We Are

 

Mais nous sommes (encore) ! Ainsi pourrait-on traduire le titre du dernier album des américains. Une réponse à l’interrogation légitime suite à la tragique et soudaine disparition de Taylor Hawkins: que vont-ils devenir? Déjà en 1994, Dave Grohl – batteur de Nirvana – avait géré la douleur provoquée par la mort de Kurt Cobain en quittant ses futs pour mettre sur orbite le satellite Foo Fighters. Aujourd’hui et à nouveau, Dave et sa bande repartent à l’aventure avec un onzième opus de rock efficace et sincère. Si But Here We Are est le signe du retour, il est aussi annonciateur d’un changement provoqué par le chagrin et le deuil. Musicalement l’on retrouve avec un plaisir non dissimulé la marque de fabrique du combo quant il est au meilleur de sa forme: puissance, exaltation et intensité. Reste que pendant l’écoute des dix titres c’est le côté à la fois arty et sombre qui offre aux compos une orientation à laquelle on ne se serait pas forcément attendu. The Glass, Show me How, Beyond Me, Rest en témoignent en mode mid tempo. Avec The Teacher qui flirte avec le psychédélisme, le groupe signe également le titre le plus long de sa carrière discographique; 10 minutes qui après plusieurs changements de rythme s’achèvent en déluge sonique. Visiblement ce disque semble ouvrir un nouveau chapitre dans l’histoire des Foo Fighters mais à l’évidence l’identité musicale et le talent sont préservés. N’est-ce pas l’essentiel?

Patrick BETAILLE, juin 2023