John Holmes – De Spooky Tooth à Uriah Heep

 

Autodidacte anglais, l’artiste John Holmes (1935-2011) s’est rendu célèbre en 1970 en illustrant le livre de Germaine Greer: The Female Eunuch (La femme Eunuque). Fortement influencé par Magritte, le surréalisme de Holmes a rapidement conquis tous ceux qui, au Royaume-Uni, lisaient les ouvrages de science-fiction ou d’horreur. Le peintre a également laissé son empreinte dans le monde du rock. Ainsi et toujours en 1970, il réalise l’impressionnant cover art de Ceremony: An Electronic mass, l’étrange troisième album que Spooky Tooth élabore avec Pierre Henry, le compositeur français de musique expérimentale. En 1974 c’est le Axe Victim de Be-Bop Deluxe qui bénéficie du travail du peintre qui trois ans plus tard sera sollicité par la maison de disques Bronze pour illustrer le onzième album studio de Uriah Heep: Innocent Victim.   


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Patrick BETAILLE, mai 2022

The Wacky Jugs – Wired, Wild and Wicked

 

La Bretagne se souviendra sans doute longtemps de cette nuit du lundi 9 au mardi 10 mai 2022, quand le jury de l’International Blues Challenge a annoncé le nom du vainqueur : The Wacky Jugs ! Historique! Pour la première fois, un groupe français remporte le premier prix de la catégorie reine de ce prestigieux concours. Les Pontivyens (NDLR: ceux de Pontivy 56300) sont montés sur la première marche du podium, devant 250 participants venus du monde entier. Source et infos: Pontivy Journal.

Il est donc temps de découvrir Wired, wild and wicked. Sorti fin 2020 voici un album intéressant à plus d’un titre. C’est d’abord un hommage au blues des origines pratiqué par des amateurs qui s’exprimaient avec ce qu’ils avaient sous la main, à savoir des instruments classiques (banjo, guitare, violon, accordéon, harmonica…) pour les plus fortunés, ou bricolés (pichet, planche à laver, bassine, cuillères…) pour les autres. C’est aussi un voyage rythmé par le shuffle de Chicago, le Jive made in New Orleans ou le Zydeco de Louisiane. C’est enfin un ensemble de 10 titres jouissifs qui soufflent un véritable vent de fraicheur, au risque risque de surprendre les amateurs du genre et convertir les plus sceptiques. The Wacky Jugs (NDLR: Les pichets farfelus) sont effectivement Wired, wild and wicked (NDLR: câblés, sauvages et méchants) mais ils sont surtout étonnants, détonants et brillants. Vous savez ce qu’il vous reste à faire! Moi c’est fait et fuck l’Eurovision! Allez, je file, y’a un pitbull qui me mate bizarrement.  Kenavo!

 

Jax Hollow – Underdog Anthems

 

Classic ou Revival, il arrive que le rock arrive à produire des choses intéressantes. Originaire de Nashville, Jax Hollow fait partie de ces artistes qui mettent toutes les chances de leur côté pour se placer sur le dessus de la vague. Entourée de la bassiste Leilani Kilgore et de la batteuse Angela Lese, la musicienne a donc mis sur les rails un power trio exclusivement féminin. Jusque là rien de très exceptionnel, je vous l’accorde. Là où le projet ne manque pas d’intérêt c’est que l’ensemble affiche quelques très bonnes dispositions pour faire parler la poudre avec détermination et à-propos. Pour preuve, ce premier album autoproduit paru fin 2021: Underdog Anthems. Globalement, Jax et ses deux copines lorgnent incontestablement vers un blues rock qui fait taper du pied et un heavy rock testéronisé qui envoie de quoi se chauffer l’hiver prochain. En plus d’un charme certain – ou d’un certain charme – la chanteuse/guitariste, ne manque pas d’atouts. La voix est claire et puissante, en parfaite adéquation avec son jeu souvent déchainé d’où sortent riffs qui tuent et solos ébouriffants, le tout mis en valeur par une rythmique pétaradante. Quant aux compos, elles sont largement à la hauteur, même lorsqu’il s’agit d’explorer des terres plus aériennes (Rebound) ou plus émotionnelles (Drift Together). Underdog Anthems est court, très court: 7 titres seulement pour 25 minutes d’écoute. On se  surprend à en vouloir un peu plus. Gageons que Jax Hollow a su éviter le piège de la redite en montrant ce dont elle est capable et en nous laissant espérer qu’elle en a encore sous les cordes. L’avenir le dira. D’ici là il serait dommage de ne pas prêter une oreille attentive à ce premier essai.

 

ZZ Top – Raw

 

ZZ Top annonce un nouvel album conçu à partir du documentaire réalisé par Sam Dunn en 2019 et désormais disponible en Dvd et Bue Ray. Dans ce long métrage, le trio texan revient sur sa carrière dans un show intimiste et réinterprète quelques-uns de ses titres emblématiques. Voici donc la bande originale de That Little Ol’ Band From Texas. 11 titres qui ont été enregistrés live en une seule journée dans l’une des plus anciennes ballrooms du Texas: Gruene Hall. Plus qu’un best of, Raw est un très intéressant retour aux sources et surtout le dernier enregistrement du groupe avec le bassiste Dusty Hill, décédé en 2021. L’album est annoncé pour le 22 juillet 2022.

Tracklist: Brown Sugar – 02. Just Got Paid – 03. Heard It On The X – 04. La Grange – 05. Tush – 06. Thunderbird – 07. I’m Bad, I’m Nationwide – 08. Gimme All Your Lovin’ – 09. Blue Jean Blues – 10. Certified Blues – 11. Tube Snake Boogie.

 

Evolution Music – Le Futur du Vinyl?

 

Il y a peu, à la médiathèque de Pau, au cours d’une animation consacrée au renouveau du vinyle. Pour conclure une prestation ayant pour fil conducteur le livre In Vinyle Veritas (Mâtin quel bouquin!) un mien ami interpellait un public aussi attentif que clairsemé par ces mots: ″Et si le futur du vinyle c’était ÇA?!″ tout en brandissant une gourde de 500 ml élaborée à base de fibre de canne à sucre et fabriquée en France: la  Veganbottle Go.  Rrogntudjû! Pierre avait raison!

Avec comme objectif de fédérer l’industrie musicale autour de pratiques plus durables et responsables sur le plan écologique et social, Evolution Music Ltd annonce avoir terminé de développer le premier disque vinyle bioplastique au monde. À l’instar du projet Green Vinyl Records, l’association britannique apporte sa pierre à l’édifice de ce qui pourrait ressembler à l’industrie de demain, soucieuse de s’affranchir des contraintes polluantes et toxiques du PVC.

Patrick BETAILLE, avril 2022

Dessine moi un Vinyl – Part 2

 

[Extrait]: Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Certains chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques, y compris au cœur de la variété francophone. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

Eddy Mitchell : L’épopée du Rock – Barclay, 1974. ©Illustration Al Voss.
Dick Rivers : Mississippi River’s – Mouche Records 1975. ©Illustration Morris.
Nino Ferrer : Rock’n’Roll Cowboy – Vogue, 1983. ©Illustration Frank Margerin.
Bijou: Lola (Single) – Polydor 1988. ©Illustration Tanino Liberatore.
Richard Gotainer : Vive la Gaule – Virgin Records, 1987. ©Illustration Marcel Uderzo.
Pigalle : Regards Affligés… – Boucherie Production 1990. ©Illustration Jacques Tardi.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, avril 2022

Mississippi Heat – Madeleine

 

Allez, disons le comme ça: Mississippi Heat est avant tout un groupe mais c’est aussi et surtout  un collectif de musiciens dont les racines puisent très profond dans les terres du Blues. Formé en 1991 et actuellement dirigé par l’harmoniciste et compositeur Pierre Lacocque, l’ensemble vit par et pour un genre traditionnel qu’il s’attache à promouvoir lors de concerts un peu partout dans le monde et, bien sûr, en studio. Avec à son actif une douzaine d’enregistrements le combo à géométrie variable perpétue la mémoire des Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Jimmy Reed, Little Walter et autre Sonny Boy Williamson. Madeleine, treizième album en date enregistré à Chicago et mixé à Memphis vient de sortir, pour le plus grand bonheur des amateurs de bonnes vibrations. Guitares accrocheuses, cuivres percutants, support rythmique – claviers compris – impeccable, chœurs et chants brillants, aucun doute, c’est bien de blues dont il s’agit, et pas n’importe lequel, celui de Chicago. Et puis il y cet harmonica, viscéral, imparable, celui de Pierre Lacocque dont le talent mondialement apprécié et reconnu saura convaincre les plus sceptiques. Madeleine n’est pas un disque passéiste. Il est actuel, inventif même, et méchamment efficace pour perpétuer la mémoire de la musique qui s’écoute avec le cœur. Indispensable!

 

Dessine moi un Vinyl – Part 1

 

[Extrait]: Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Bel exemple que celui de Janis Joplin qui fit appel à Robert Crumb pour le packaging de l’inoubliable Cheap Thrills. Certains autres chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

The Grateful Dead : Shakedown Street- Arista Records, 1978. ©Illustration Gilbert Shelton.
Ramones : Road to Ruin – Sire Records 1978. ©Illustration John Holmstorm.
Zappa : The Man from Utopia – Barking Pumping Records, 1983. ©Illustration Liberatore.
Iggy Pop : Brick by Brick – Virgin Records, 1990. ©Illustration Charles Burns.
George Thorogood & The Destroyers : Haircut – EMI, 1993. © Illustration Peter Bagge.
Airbourne : No Guts, No Glory – Road Runner Records, 2009. ©Illustration Rob Sharp .


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, avril 2022

Tanino Liberatore – The Man from Utopia

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Extrait]: Né à  Quadri en Italie, Gaetano Liberatore, fête ce mois-ci ses 68 ans. L’occasion de se pencher sur le travail de l’auteur de bande dessinée devenu célèbre en 1981 avec la publication du premier RanXerox. L’artiste y met en images les aventures d’un androïde aux allures de colosse créé à partir de pièces d’un photocopieur et qui évolue dans un univers futuriste et violent. Liberatore s’est installé en France en 1982 et, en marge du tome 2 de RanXerox, il illustra en 1983 la pochette de The Man From Utopia de Frank Zappa. L’hyperréalisme tourmenté est reconnaissable et on le retrouvera en 2009 sur le Romborama de The Bloody Beetroots, puis en 2011 sur Night Raiders de Volume Sick . Dans l’intervalle et dans un autre genre l’illustrateur a œuvré sur une douzaine d’autres pochettes de disques. Entre autres: Gold (Laissez-Nous Chanter en 1986), Bijou (Lola en 1988), Dick Rivers (Linda Lu Baker en 1989), et Shaka Ponk (Geeks on stage en 2013). Dernière en date celle de Mystère pour La Femme en 2016. Amen, le troisième volume des aventures de RanXeros scénarisées par Alain Chabat est quant à lui paru en 1996. Bon anniversaire Tanino!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, avril 2022

The Hellacopters – Eyes of Oblivion

 

Formé en  1994, The Hellacopters n’avait pas donné signe de vie depuis Head Off, le précédent  album paru en 2008, dans la foulée de l’annonce officielle de leur séparation. 14 ans après,  les suédois sont de retour avec un huitième album studio: Eyes of Oblivion. C’est reparti mon kiki! Les grosses guitares et le heavy rock venus du froid sonnent à nouveau la charge comme au bon vieux temps. Du rock accrocheur, des riffs tranchants, voilà le carburant de ces 10 titres, et ce, même lorsqu’il s’agit d’aller flirter avec des ambiances plus blues (So Sorry I Could Die) qu’à l’accoutumée. Nick Anderson et sa bande ne sont pas frileux quand il s’agit de nous réchauffer et Eyes of Oblivion envoie pas mal de bois. Ça tombe bien, les vagues de froid n’ont peut être pas pas dit leur dernier mot.

Patrick BETAILLE, avril 2022