Richard Corben – Bat out of Hell

 

Richard Corben est né en 1940 dans une ferme du Missouri. Il passe sa jeunesse à Kansas City où, en 1965, il obtient un diplôme des beaux-arts du Kansas City Art Institute. Il travaille d’abord dans l’animation puis se tourne vers la création de comics underground et se lance dans l’illustration d’histoires d’horreur et de science-fiction pour l’éditeur Warren Publishing. En 1975, l’artiste rejoint Mœbius, Philippe Druillet et Jean-Pierre Dionnet dans l’aventure Métal Hurlant. Edité par Les Humanoïdes associés, le magazine français publie Den, la saga érotico-fantastique du dessinateur. Prolixe, Richard Corben représente à lui seul quelques 5000 planches et plusieurs centaines d’illustrations. Son œuvre a été récompensée par le prix du dessinateur étranger au festival d’Angoulême en 1976 et par le Grand prix de la ville d’Angoulême en 2018. L’artiste, décédé le 2 décembre 2020, restera également reconnu pour son illustration du premier album de Meat Loaf paru en 1979: Bat Out Of Hell. ″ C’était un zombie de l’image, un dingue aux images puissantes, folles et d’une justesse non contestable. Il a inventé la bande dessinée en 3D ″ (Philippe Druillet).

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Phil Campbell – We’re the Bastards

 

Quelques mois après la disparition de Lemmy Killmister, le guitariste Phil Campbell reprenait du service. Quand on a passé sa vie sur les planches avec l’une des plus importantes formations de heavy metal du monde, difficile de faire autrement! Dans la foulée, retour donc du grand pourvoyeur de riffs au sein de Motörhead avec une nouvelle formation high energy. Sachant que les chats ne font pas des chiens, pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a chez soi? Poétiquement présenté sous le nom de Phil Campbell and the Bastards Sons, le combo mis à contribution devenait une histoire de famille. Les trois fils sont désormais de la partie. Todd à la guitare et à l’harmonica, Dane à la batterie et Tyla à la basse et c’est Neil Starr, un pote et ex-Attack Attack, qui assure le chant. En 2016, les débuts consistent essentiellement en premières parties de Hawkwind, Guns & Roses, Saxon ou Airbourne et l’année s’achève sur la parution d’un EP éponyme de cinq titres. Le premier long play  The Age Of Absurdity sort en janvier 2018 et connait d’emblée un beau succès, grâce notamment à la patte Motörhead que le gratteux gallois n’a bien sûr pas perdue. Nous sommes les bâtards! c’est ce que clame le groupe en septembre 2020 pour annoncer sur les réseaux sociaux qu’un nouvel album arrive. Et le voici! Produit par Todd Campbell et enregistré au Pays de galles, We’re the Bastards ne change en rien la formule éprouvée d’un hard old school. Gros son, rythmiques bétonnées, chant efficace, grattes en avant et solos inspirés. Bref, la grosse cavalerie qui vous en met plein la tronche. On en redemande, même quand le tempo descend d’un cran (Desert Song, Born to Roam et son intro bluesy ou un Waves sous forme de ballade heavy qui va cescendo). C’est une évidence, la tribu Campbell assure la continuité de l’héritage Motörhead qui squatte leur ADN tout en consolidant leur propre identité avec des compos fort bien tricotées. C’est du vrai rock’n’roll! Un truc hargneux et puissant qui prend à peine le temps de souffler entre deux titres mais avec juste ce qu’il faut d’originalité pour ne pas lasser. D’entrée, Son of a Gun vous en colle une et vous savez déjà qu’on va vous ramasser à la petite cuillère. 13 rafales généreuses qui à elles seules en disent plus que toute la discographie de certains groupes.

 

AC/DC – Power Up

On ne peut pas dire que ces dernières années se soient déroulées sous les meilleures auspices dans le milieu du power rock australien. Des problèmes d’auditions chez Brian Johnson, certains déboires judiciaires pour Phil Rudd et surtout le décès de Malcolm Young ont imposé un sérieux coup d’arrêt aux activités de la bande à Angus. Mais, contre vents et marées, AC/DC revient avec un dix-septième album: Power Up! Six ans se sont écoulés avant pouvoir écouter le successeur du dispensable Rock or Bust et c’est sans surprise que le verdict tombe. Les guitares aux rifs puissants, les rythmiques imparables, la voix éraillée de Brian Johnson, le gros son, les chœurs omniprésents (trop?), tout est là. Tous les titres sont bâtis selon la même formule, celle qui depuis trente ans nourri les fans des australiens. Produit par Brendan O’Brien et enregistré aux Warehouse Studios de Vancouver, Power Up est à inscrire au registre des accomplissements honorables d’AC/DC, sans pour autant flirter avec le niveau d’un Highway to Hell ou de Back in Black. Qu’espérer de plus? Pas grand chose de la part d’un groupe honnête qui – avec des hauts et des bas – n’a jamais changé de stratégie et apprécier à leur juste valeur – et même avec un arrière goût de déjà entendu – des titres tels que Realize ou Demon Fire. Se réjouir enfin d’un retour sur lequel peu de headbangers auraient misé 1 kopeck.

Tracklist: 1 – Realize: 3.37. 2 – Rejection: 4.06. 3 – Shot in the Dark: 3.06. 4 – Through the Mists of Time: 3.32. 5 – Kick You When You’re Down: 3.10.  6 – Witch’s Spell: 3.42. 7 – Demon Fire: 3.30. 8 – Wild Reputation: 2.54. 9 – No Man’s Land: 3.39. 10 – Systems Down 3.12. 11 – Money Shot: 3.05. 12 – Code Red: 3.31.

Patrick BETAILLE, novembre 2020

The Jaded Hearts Club – You’ve always been there

 

En ces temps difficiles, s’agissant de  trouver une échappatoire à la sinistrose ambiante, tout est bon à prendre. Alors pourquoi ne pas jeter une oreille – surtout pas distraite – sur The Jaded Hearts Club qui jusqu’alors n’existait que sur scène sous le nom de Dr. Pepper’s Jaded Hearts Club Band (Salut sergent, ça va?). Initialement, l’idée vient du guitariste Jamie Davis qui pour son anniversaire décide de monter un groupe pour rendre hommage aux 4 de Liverpool. Davis fait donc appel à quelques potes. Miles Kane (The Last Shadow Puppets), Nic Cester (Jet), Matthew Bellamy (Muse), Sean Payne (The Zutons) et Graham Coxon (Blur) se retrouvent réunis pour une série de gigs. C’est ainsi qu’en 2019 un premier album live issu d’un concert donné au 100 Club de Londres est publié en édition limitée (vinyle blanc 180 gr) au profit du Shooting Stars Children’s Hospice. Le plaisir est au rendez-vous, public et musiciens y trouvent leur compte et l’alchimie de ces instants se traduit par l’envie d’entrer en studio et de mettre sur bande leur appétence pour la Soul de chez Motown. ″ De la même manière que le jazz réinvente de vieux morceaux, nous entretenons la tradition de groupes comme les Beatles ou les Stones à leurs débuts : trouver de bons standards de blues et de soul pour ensuite les jouer dans une veine plus moderne ″ (Matthew Bellamy). Des Isley Brothers aux Sonics en passant, entre autres, par Marvin Gaye et Screamin’ Jay Hawkins, les 11 titres de You’ve always been there rendent hommage aux sixties de la plus belle des manières. Avec ce premier essai (transformé), on redécouvre en versions rock des titres mythiques dont certains maintes fois repris. Pour en apprécier la fraicheur et l’énergie brute il faut bien sûr laisser de côté tout ce que peut susciter le concept de supergroup et éviter de se poser la question du pourquoi et du comment ça va durer ou finir. Il faut juste se laisser embarquer par un brillant revival conduit de main de maitre par une poignée de musiciens talentueux. Ok! Cet album ne va ni réécrire l’histoire du rock, ni sauver le monde. Reste qu’en tant que remède à la mélancolie, entre 30 minutes de fun et 3 minutes de Gad Elmaleh qui massacre Nougaro, le choix est vite fait!

 

Blues Pills – Holy Moly

 

Initialement, le troisième album des Blues Pills était prévu pour juin 2020. Sortie finalement décalée pour cause de… Gagné! Holy Moly succède donc Lady In Gold paru il y a déjà 4 ans. Déjà? Depuis, le groupe a connu un changement significatif avec notamment le départ du guitariste Dorian Sorriaux parti voguer sur d’autres sillons en 2018. Le prodige français est désormais remplacé par Zack Anderson qui céde sa place de bassiste à un nouveau venu: Kristoffer Schander. Vous suivez? Par contre, question ambiance, son et énergie rien ne change. Les suédois persistent et signent avec un rock psychédélique, bluesy et vintage à souhait, remarquablement porté par la voix d’Elin Larsson. Que ce soit à cappella ou dans des registres plus pêchus, les accents jopliniens de la chanteuse ne manquent pas de venir flatter les tympans de ceux qui rêvent d’un jumelage entre Stockholm et le Frisco du Big Brother & the Holding Company de la fin des sixties. En pariant sur les talents de la blonde Elin le quatuor rafle le jackpot et confirme son talent à promouvoir une musique riche et structurée. On pourrait regretter la finesse du jeu de Dorian Sorriaux mais, honnêtement, Zack est lui aussi un sacré guitariste. Énervé et magistral, soutenu par une bonne rythmique, il occupe brillamment un espace qu’il ne se prive pas de ponctuer d’habiles solos de wah-wah. La température monte en Scandinavie et pour une fois le réchauffement climatique n’y est pour rien! Avec ce Holy Moly, Blues Pills ne devrait pas manquer pas de convaincre les adeptes du genre et les fans de la première heure. Suivez mon regard.

Tyler Bryant & The Shakedown – Pressure

 

C’est un fait! 2020 et son coronavirus est une année détestable pour la culture en général et le rock en particulier. Les velléités de tournées ont pris du plomb dans l’aile et, confinement oblige, beaucoup de cessions studios ont été avortées. Beaucoup de musiciens, d’artistes ont joué du renoncement fataliste, préférant s’enfouir sous de douillets plaids pour casser la gueule à quelques bols de popcorn. D’autres ont fait le choix de la tentative de suicide par overdose d’inepties médiatiques prodiguées par d’autoproclamés spécialistes de tout et n’importe quoi. Les plus motivés, eux, on sauté sur l’occasion pour exploiter de nouvelles manières de travailler at home. Un an après Truth & Lies, les texans de Tyler Bryant & The Shakedown parviennent à garder le contact et surtout à finaliser leur quatrième album. ″Il y avait d’innombrables limites à faire de cet album en confinement. Mais ces limites nous ont finalement alimenté de manière créative. Nous n’avions pas de règles et les barrages que nous avons rencontrés nous ont obligé à trouver d’autres moyens″ (Tyler Bryant). Pour partie déjà avancé avant la crise, Pressure a donc été finalisé en home studio mais sans pour autant tomber dans le minimalisme et la facilité. 40 minutes nappées de guitares saturées en parfaite osmose avec la voix éraillée de Tyler Bryant qui, comme d’habitude, excelle dans tous les domaines. 13 titres majoritairement heavy rock, parfois très blues (Misery, Coastin‘), pop rock classieux (Fuel, Wildside, Crazy Days) et même folk (Like the Old Me). À noter également: la présence efficace de Charlie Starr (Blackberry Smoke) sur Holdin’ my Breath. Même en trio (le bassiste Noah Denney n’est plus là), Pressure porte bien son nom et c’est un joli coup d’éclat – un de plus – pour Tyler Bryant & The Shakedown. Un bon moyen d’oublier le couvre-feu. Putain j’adore ce groupe!

 

The Dirty Knobs : Wreckless Abandon

En 1976, Mike Campbell rejoint Tom Petty pour former Tom Petty & the Heartbreakers. Au sein de la formation, le guitariste ne se contente pas d’occuper le poste de lead guitariste discret mais talentueux. Il compose également et apporte sa contribution à de nombreux succès des Heartbreakers. Ce rôle il le jouera jusqu’en 2017, date à laquelle la mort de Tom Petty entraine la dissolution des briseurs de cœurs. En 2018, Fleetwood Mac annonce que lors de sa tournée mondiale Campbell rejoint le groupe pour remplacer Lindsey Buckingham. Aujourd’hui, Campbell est à la tête d’un nouveau groupe: The Dirty Knobs et il nous offre avec Wreckless Abandon, un album pour le moins prometteur. Bien évidemment l’ombre de l’ami de 40 ans plane sur ce premier essai mais l’ex-second couteau des Heartbreakers parvient à dévoiler d’autres facettes de son art. Entre compositions bien léchées, solos ravageurs et gouaille révélatrice le musicien nous offre une performance qui, à n’en pas douter, devrait lui assurer une place sur la première marche du podium. Seule ombre au tableau concernant ces 13 titres de classic rock convaincant: la pochette signée Klaus Voormann. L’artiste en question nous avait habitué à beaucoup mieux, notamment en 1966 avec le cover art de Revolver pour les Beatles. Produit par George Drakoulias (Black Crowes, Jayhawks) le disque arrivera en novembre 2020. D’ci là…

George Hardie – De Led Zeppelin à Pink Floyd

[Extrait]: George Hardie est un designer britannique né en 1944. Il fait ses études à Londres à la central Saint Martins et au Royal College of Art. C’est à ce moment là qu’il commence à créer illustrer des pochettes de disques, comme celle du premier album de Led Zeppelin en 1969. Il rejoint ensuite les studios NTA où il travaille sur de nombreuses galettes emblématiques avec le groupe de design Hipgnosis. de 1973 à 1976, il participe ainsi à celles de The Dark Side of the Moon et Wish you Where Here de Pink Floyd, How Dare You de 10cc, Technical Ecstasy de Black Sabbath et Presence de led Zeppelin. Parallèlement à cette activité l’illustrateur oeuvre en tant qu’indépendant. À partir de 1982 il enseigne à l’université de Brighton et en 1989 il ouvre le master Sequential Design/Illustration… Depuis 1994 George Hardie est membre et secrétaire de l’Alliance Graphique Internationale et en 2005 il est élu Royal Designer for Industry… D’autres ont également bénéficié de la contribution de l’artiste. Parmi eux et entre autres, Peter Frampton, Genesis, Be+Bop Deluxe, Wings, Hollies, Paul McCartney, Golden Earring ou Yes.

Patrick BETAILLE, septembre 2020


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Popa Chubby – It’s a Mighty Hard Road

Popa Chubby Nouvel album

La couleur est annoncée et autant le dire tout de suite: aucune baisse de régime chez Popa Chubby. Le nouvel album, It’s a Mighty Hard Road, comporte pas moins de 15 titres pour un total d’une heure de blues, de rock et de soul avec, ça et là, des teintes jazzy et des influences latines. Toujours aussi inspiré, Ted Horowitz dévoile une fois de plus l’étendue de ses talents de chanteur, de compositeur, de mélodiste et surtout, de guitariste. ″La saveur est dans le gras″, c’est Popa qui le dit en ouvrant cette production. Pas de régime minceur pour une tambouille riche, variée et consistante qui invite à demander du rab. Sachant le géant du Bronx atteint d’un diabète invalidant (il marche avec une canne et assure ses prestations assis – NDLR),  on aurait pu craindre le pire. Nous voilà rassurés, 30 ans de carrière célébrés avec un nouvel album qui prouve que les meilleurs arômes se développent après maturation. C’est un sacré voyage!

Patrick BETAILLE, février 2020

La Discothèque Idéale 2019

Un clic sur chaque image donne accès à la chronique de l’album correspondant!

Airbourne Boneshaker: Rock'n'Roll for Life The Who: Nouvel album 2019Miles davis Rubberband

Gims vous donne des envies de suicide? Booba vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2019 n’ait pas fait preuve de générosité du côté de ce qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). La discothèque idéale est ici: Rock’n’Roll Bordel!

Rival Sons nouvel album Kenny Wayne Shepherd Band Manu Lanvin Grand Casino

Patrick BETAILLE, décembre 2019