Music Maker – The last and Lost Blues Survivors

Discographie Music Maker!

What can an old man do but sing the blues… car c’est bien de Blues qu’il s’agit avec cette série d’albums mis en œuvre par une fondation qui enregistre et soutient les derniers survivants du Blues Originel.

Sorti en 2005, The last and lost blues survivors consiste en une  fantastique épopée à travers l’histoire et le territoire américain. Un voyage au cours duquel on s’attarde sur une musique oubliée et pourtant toujours présente. Ce que l’on y entend est émouvant, sincère, sans artifice aucun et tellement beau ! Rassurant de constater que le Blues, le vrai existe toujours. Plus qu’un disque, le résultat du travail de Music Maker est un énorme document historique et un hommage formidable à la musique traditionnelle. 26 Artistes, 38 titres, 2H30 de musique,  packaging luxueux en quatre volets incluant notes et biographies résumées des artistes. Voilà en résumé les informations disponibles sur le site de Dixiefrog, qui publie le catalogue Music Maker. Le label français vous offre ainsi l’opportunité d’entreprendre une bonne action et de vous faire un gros plaisir en jetant votre dévolu sur une ou plusieurs de ces magnifiques compilations. Slavery, prison, women, God and… whiskey, sorti en 2007, n’attend que vous. ″Un projet fabuleux, la preuve que la musique que j’ai toujours aimée est plus que jamais vivante (Eric Clapton). A écouter et à savourer en contemplant les photos de Bill Steber.

Patrick BETAILLE, décembre 2011

 

Imelda May – Love Tattoo.

Imelda May L’ Irlandaise Imelda May, est à mon humble avis l’une des plus intéressantes découvertes du moment; le problème reste qu’il parait difficile d’exprimer en quelques mots tout le bien que je pense de cette artiste accomplie. Love Tattoo, commercialisé en France depuis Octobre 2011, est une nouveauté sans l’être puisque il nous arrive en fait trois ans après sa parution initiale. Il y a au cœur de cette galette un savant mélange d’ influences rétro qui composent un univers où la voix est en parfaite harmonie avec ce qui ne cesse et ne cessera d’inspirer les artistes : le good old time of rock’n’roll. L’album vaut essentiellement par cette évocation impeccable, elle même mise en valeur par des musiciens pour qui le Jazz, le rockabilly ou le Blues n’ont aucun secret. Il suffit d’écouter attentivement pour comprendre que Darrel Highman (son mari) à la six corde et Al Gare à la contrebesse y sont pour beaucoup quant à la finesse et à l’homogénéité de l’ensemble. Cela dit, et bien qu’excellent, l’album est d’après moi légèrement en dessous de Mayhem sorti l’année dernière et sur lequel figurait déjà ″Johnny Got a Boom Boom″.  Au final la reconnaissance est au rendez vous. Imelda May a été élue Meilleure artiste féminine aux Ireland Music Awards en 2009 ; elle a aussi remporté le Breakthrough award aux Classic Rock Awards 2010. Rassurant ? Valorisant? Who cares! Par ces temps de morosité l’essentiel reste de pouvoir jouir d’un peu de fraîcheur. Ce fut le cas avec Jungle Blues  de C.W. Stoneking ; ça le reste aujourd’hui avec cette nouveauté bien agréable. Faut il s’en priver ? Vous je ne sais pas, mais moi c’est hors de question !

Patrick BETAILLE, novembre 2011

 

Scorpions – In Trance & Virgin Killer

Scorpions censure In Trance

[Extrait]: Sorti en 1975, In Trance, le troisième album des teutons s’inscrit comme déterminant quant au Hard Rock mélodique qui assurera au groupe un succès grandissant. La bande à Klaus Meine se fait donc remarquer et pas qu’au travers des compositions. La pochette de l’album, oeuvre du photographe Michael Von Gimbut  exhibe une femme au téton apparent,  tenant une guitare (la Stratocaster de Ulrich Roth) sous elle. Ce sera  la première de la série de pochettes du groupe à avoir été censurée. Quand je pense qu’à l’époque j’avais acheté le disque rien que pour la pochette, sans connaitre le goupe, ni même écouter. C’est grave docteur?

L’année suivante sortira Virgin Killer: La pochette originale fait à nouveau scandale. Une jeune fille pré-pubère pose entièrement nue et le sexe est caché par un impact sur une vitre. Excepté en France, la pochette est censurée et remplacée par une photo du groupe. La polémique dure, enfle et culmine en décembre 2008. Le IWF (Internet Watch Foundation)  juge la photo de l’album non seulement indécente mais potentiellement illégale de par son aspect pédopornographique. Plusieurs FAI britanniques interdisent alors l’accès à la consultation de la page de Wikipédia.

Sorpions censure Virgin Killer


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, novembre 2011

 

 

Driving Dead Girl – D’ont Give a Damn about Bad Reputation!

 

De la scène Belge émergent régulièrement des artistes ou des groupes tôt ou tard susceptibles de marquer les esprits. Attention, on oublie Anny Cordy ou Plastic Bertrand, on parle de Rock là hein! faut pas déconner quand même ! Non, en fait je fais plutôt allusion à K’s Choice, Scabs, Willy Willy, Ghinzu, Black box revelation, Tc Matic, Deus … j’en passe et des meilleurs… Plus anecdotique:  qui se souvient encore des Wallace Collection et de leur Daydream ? Personne ? tant pis, concentrons nous sur le missile du jour : Driving Dead Girl.

Leur deuxième album – Don’t give a damn about bad reputation – initialement sorti au pays de la frite en 2010 déboule chez nous grâce au label Bad Reputation. Une fois de plus louons la vista d’Eric Coubard qui n’a pas son pareil pour signer sur son label des valeurs sûres tout en faisant preuve d’initiatives plus qu’heureuses. Excusez du peu mais là en l’occurrence le patron se paye quand même le luxe de rajouter à l’album d’origine la bagatelle de l’intégralité du premier opus du groupe, soit sept titres ! Résultat nous voilà avec dans les mains un brûlot de 18 titres et pas loin d’une heure de rock des plus énergiques à la sauce John Spencer Blues Explosion. C’est bien foutu, couillu, velu, pointu, c’est tout ce que vous voulez qui puisse rimer avec coup de pied au cul. DDG balance du Punk  – Garage survitaminé qui fait mouche immédiatement tellement c’est bourré d’énergie primaire enrobée de guitares saturées, de rythmiques bastons et de voix travaillées à la clope et à la bibine. Bref, un pur concentré de Rock’n’Roll dont la fougue et la production vous laisse à penser que décidément ce doit être un truc qu’il faut absolument voir sur scène histoire de rajouter quelques relents de cuir, de sueur et de bière . Foi de Marcel Destroy, il y a longtemps que j’avais pas pris une baffe comme celle-ci et c’est foutrement bon; du coup je vais de ce pas graisser mes tiags. Quant à vous, je suppose que vous savez ce qu’il vous reste à faire!

Patrick BETAILLE, juin 2011

 

C.W. Stoneking – Jungle Blues.

Un jour, un mien ami disait en substance ceci :  ″Y’a des types qui sont coincés dans une faille du temps. Habillés de costards en lin blanc, ils déambulent le long des rues en fredonnant un blues intemporel et on ne sait même pas qu’ils existent…″ C’est hélas vrai mais c’est sans compter sur ce hasard* sans lequel l’existence serait bien terne. Jouissons et réjouissons nous! Sur les territoires dévastés des catastrophes – naturelles ou pas – comme sur ceux du quotidien aliéné par la musique clipo aseptisée et les talents (sic !) rasants jetables, certains arrivent encore à prouver que tout n’est pas perdu. Avec Jungle Blues, C.W. Stoneking nous livre ainsi une des plus belles et des plus pures expressions de la musique intemporelle par excellence, le Blues.

 

C.W. Stoneking - Jungle Blues

 

37 ans, de parents américains, né et vivant en Australie, C.W. Stoneking tire son influence du Prewar blues, voir même du Jazz des années 20, carrément. Auteur, compositeur, virtuose de la six cordes et du banjo, Christopher pose une voix chaude et rauque sur un univers de compositions originales et inspirées qu’il laisse évoluer dans une atmosphère délicieusement particulière. Jungle Blues est son deuxième album et tout au long des dix titres c’est un réel plaisir que de se balader au cœur des mystères singuliers de l’Afrique ou de la moiteur nonchalante de la Nouvelle Orléans ; on se prend à rêver à cet Authentique qui transparaît au travers des textes et on s’attend à être la victime consentante de quelque rite Voodoo tout droit sorti d’une ambiance musicale cuivrée digne du Dirty Dozen Brass Band sauf que là il s’agit du Horn Primitive Orchestra. On pense bien sûr à Robert Johnson mais aussi à Doctor John première époque et surtout, surtout, à Tom Waits tant la voix est singulièrement envoûtante notamment dans le plaintif Jailhouse Blues ou l’hypnotique Early in the morning. Le calypso de ″Brave Son Of America″, rend hommage au Général Mac Arthur alors que dans ″Housebound blues″ Kirsty Fraser, l’épouse, chante la complainte de la femme au foyer. Cette galette est à écouter ce qu’une pépite est à regarder : brillante, fascinante et hors du temps ! C’est pas tous les matins qu’on a la chance de se trouver confronté à un déballage aussi classieux. John lee Hooker disait you will never get out of this blues alive !″ Non seulement je veux bien le croire mais j’ajoute que si vous vous en sortez vous finirez de toute façons à l’infirmery, à St James il en est une et ça tombe bien. 

Ladies Blues – Joanne Shaw Taylor & Carolyn Wonderland.

 

Quand les filles s’y mettent elle ne font pas semblant et pour ce qui concerne le Blues ou le Blues Rock il arrive même qu’elles en remontrent à l’establishment masculin. Ana Popovic a intérêt à surveiller ses arrières car la concurrence est là et bien là !

Carolyn Wonderland Miss UnderstoodCarolyn Wonderland : Miss Understood (2008). Une fois admis le fait que la dame a démarré très jeune et qu’elle a tourné notamment avec BB King, Johnny Winter et autres Allman Brothers. Ceci fait il faudra noter qu’elle chante, compose, joue de la guitare et accessoirement, entre deux lessives, de la trompette ou du piano. Quoiqu’il en soit, voici de quoi convaincre les sceptiques – s’il en reste – ou à minima séduire les ignorants dont je faisais partie récemment encore. Ce septième album en est à intéressant à plus d’un titre. Tout d’abord la production sobre, très soignée, sans excès aucun, tout au service de l’ambiance et du feeling. La variété des genres ensuite. Au travers des douze titre on navigue du Blues Rock le plus torride (Misunderstood) à la ballade bien sentie (Feed Me to the Lions) et ce en passant par des climats Country, Rythm  and Blues et même Jazzy ou Zydeco à l’occasion. Enfin et surtout Carolyn possède une voix puissante et rythmée qui s’accorde à tous les genres et dont les intonations ne sont pas sans rappeler Janis Joplin par moments. Quant au jeu de guitare  de la dame rien à dire : parfait ! Surtout quand il donne toute sa puissance dans une reprise du tandem Johnny Winter/Rick Derringer : Still alive and Well.

Joanne Shaw Taylor White SugarJoanne Shaw Taylor: White Sugar (2009). Cette jeunette va faire mal moi je vous le dis! Y’a pas mal de temps Dave Stewart (Eurythmics) s’exprimait ainsi après l’avoir vue et entendue: ″J’ai joué avec tout un tas de musiciens de Blues, partout dans le monde. J’ai même enregistré avec des types comme R.L. Burnside…. Mais l’année dernière j’ai entendu un truc que jamais je n’aurai pensé entendre : Une blanche, anglaise de surcroît, jouer du Blues Rock de façon si intense et passionnée que j’en ai eu les poils de la nuque tout hérissés″. La Miss avait 16 ans à l’époque. Aujourd’hui elle en a 25 et elle en est a son deuxième album. Son premier disque White Sugar, sorti en 2009 est un petit bijou de blues rock bourré de feeling, d’énergie et de subtilité. Au niveau des genres Joanne n’y va pas par quatre chemins ! Fender Télécaster sur On et en avant pour un bonne heure de chorus ravageurs mais très techniques au service d’une voix bien placée, chaude, puissante et sensuelle. Quand je vous aurai dit que production et mixage sont assurés par Jim Gaines (Johnny Lang et Stevie Ray Vaughan) ben vos saurez tout. Cerise sur le gâteau, pour une fois l’éditeur fait preuve d’originalité. le CD est noir et son design reprend le look vynil. Seul bémol le dernier morceau Blackest day au demeurant époustouflant, s’achève sur un decrescendo frustrant car l’on a pas envie que cela s’arrête, pas comme ça du moins.

Patrick BETAILLE, janvier 2011

 

Johnny Spence – Full Throttle, No Brakes.

 

Graissez vos bananes et astiquez vos pompes car the good old time of Rock’n’Roll est revenu. Avec ses 13 titres et pas loin de 45 minutes d’énergie pure Full throttle no brakes vous replonge dans l’univers des Cats et autres Jerry ou Chuck. Pas question de faire semblant ou de se la jouer Revival!  Johnny Spence n’est ni plus ni moins qu’ un ancien membre (Basse) du greatest R&R band in the world: The Pirates! Et  Doctor’s Order  me direz vous ? Hormis le fait qu’il s’agisse d’une référence à Lee Brilleaux et sa bande nous avons à faire là à un trio Finlandais qui assure comme si c’était la dernière fois en infligeant à vos guiboles des impatiences incontrôlables. Au cours d’une de leurs récentes tournées Doctor’s Orders avaient invité le Johnny en question  à chanter avec eux et visiblement le courant est passé puisque les voilà réunis pour cet album historique qui s’achève par une version de Bye bye Johnny qui vous donnera envie de consommer sans modération et de remettre les gaz. Je le sais c’est le ″ Kidd ″qui me l’a dit !

Patrick BETAILLE, avril 2010

The Carburetors – Rock’n’Roll Forever

Une découverte n’est pas forcément liée à un lancement médiatiquement tapageur. Elle peut être aussi le fruit du hasard et notamment le résultat accidentel d’une recherche orientée et partiale. Voilà ce qui arrive lorsque l’on s’aventure sur le Net dans la quête d’informations sur le réglage de carburateurs ! On tombe sur ça !

The Carburetors nous viennent du Nord et s’inscrivent parfaitement dans cette mouvance qui prouve une fois de plus et si besoin en était que Suédois et Norvégiens se sont bien approprié le Rock, voir même qu’ils en assurent la pérennité. Formé en 2001, ce groupe de Hard Rock d’Oslo livre depuis le début un savant mélange de Boogie, de Rock’n’Roll et de Métal qui fait immédiatement penser au fruit d’une union improbable entre Chuck Berry et Motorhead. Paru début 2009 Rock’n’roll Forever est leur quatrième Cd. Tempo rapide, grosse rythmique, solos affûtés, grattes saturées et voix graisseuse ; tout y est, y compris quelques riffs bien gras qui ne seraient pas pour déplaire à un certain Angus Jeune. Force est de constater que le quintet aquavité n’est pas là pour faire dans la dentelle et on s’en serait un peu douté en parcourant la Track List : Burnout, Burning Rubber, Feel Alive, Fire it Up, Rock’n’Roll Forever…Vous voilà prévenus bande de pt’its graisseux et autres amateurs de décrassage de cages à miel, ces 14 titres de Fast Forward Rock’n’Roll sont pour vous, y compris le dernier : la reprise anecdotique de… Daddy Cool (Boney M) que vous allez bien sûr leur pardonner.

Patrick BETAILLE, mars 2010

 

Pat Mc Manus Band – 2PM

 

Ce 2PM, deuxième album du Pat McManus Band est un concentré de talent et de facilité. Bien sûr le Pat en question a déjà fait ses preuves il y a bien longtemps quand avec ses frangins il brûlait les planches au sein des Mama’s Boys. Compositeur, guitariste, violoniste et chanteur, l’irlandais retourne aux sources d’un blues rock qui sent bon l’Irlande. Il va à l’essentiel avec beaucoup de cœur et de talent qu’il démontre tout au long des 14 compostions de cet album indispensable à tout amateur de blues rock. L’homme a musclé son jeu et à greffé plus de rock à son blues mais le feeling est toujours là. L’ambiance générale prête sans conteste au plaisir d’une écoute prolongée au cours de laquelle on appréciera sans aucun doute les nombreux solos du Professeur qui navigue sans complexe entre fureur et feeling. 2 PM est un putain de bon disque. Respect !

Patrick BETAILLE, janvier 2010

 

The Muggs – On With the Show

 

Voici un disque qui normalement devrait réconcilier tout un chacun avec ce qui fait défaut aujourd’hui, je veux parler bien sûr du Heavy Rock  celui qui vous fait sortir les couilles par les oreilles. Après un premier album éponyme sorti en 2005 et totalement passé inaperçu the Muggs revient avec ce On with the show qui est impressionnant à plus d’un titre. Les onze compos sont originales, la maîtrise est incontestable et surtout les musiciens sont excellents et dotés d’ un sens inné de la construction musicale. On ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute des quelques 50 minutes de ce brûlot homogène et on se retrouve plongé dans l’ambiance que dégageaient à l’époque les premiers albums du Zep, du Sabbath ou encore de Cream.  Cerise sur le gâteau il règne cette espèce de folie, ou de démence c’est selon, qui a fait les riches heures de Frost ou encore du grand MC5 de Détroit. C’est peut être là la clef ! The Muggs – autoproclamé Ugliest band in the world est lui aussi de Détroit – a adopté la formule du power trio et sait parfaitement où il va. Batterie puissante et syncopée, ligne de basse efficacement mélodique et  guitares redoutables. Danny Methric est un guitariste extraordinaire et sans renier ses influences 70’s il le prouve dans tous les morceaux, que ce soit en rythmique ou en solo. Kick out the jam brothers and sisters ! On with the show est un disque de Rock implacable. Greasy, bluesy et heavy, c’est un gros pétard à mèche courte qui va vous péter à la gueule. Vous ne vous en remettrez pas de si tôt. Pour en savoir plus? C’est ici > The Muggs!

Patrick BETAILLE, janvier 2010