C.W. Stoneking – Jungle Blues.

Un jour, un mien ami disait en substance ceci :  ″Y’a des types qui sont coincés dans une faille du temps. Habillés de costards en lin blanc, ils déambulent le long des rues en fredonnant un blues intemporel et on ne sait même pas qu’ils existent…″ C’est hélas vrai mais c’est sans compter sur ce hasard* sans lequel l’existence serait bien terne. Jouissons et réjouissons nous! Sur les territoires dévastés des catastrophes – naturelles ou pas – comme sur ceux du quotidien aliéné par la musique clipo aseptisée et les talents (sic !) rasants jetables, certains arrivent encore à prouver que tout n’est pas perdu. Avec Jungle Blues, C.W. Stoneking nous livre ainsi une des plus belles et des plus pures expressions de la musique intemporelle par excellence, le Blues.

C.W. Stoneking - Jungle Blues37 ans, de parents américains, né et vivant en Australie, C.W. Stoneking tire son influence du Prewar blues, voir même du Jazz des années 20, carrément. Auteur, compositeur, virtuose de la six cordes et du banjo, Christopher pose une voix chaude et rauque sur un univers de compositions originales et inspirées qu’il laisse évoluer dans une atmosphère délicieusement particulière. Jungle Blues est son deuxième album et tout au long des dix titres c’est un réel plaisir que de se balader au cœur des mystères singuliers de l’Afrique ou de la moiteur nonchalante de la Nouvelle Orléans ; on se prend à rêver à cet Authentique qui transparaît au travers des textes et on s’attend à être la victime consentante de quelque rite Voodoo tout droit sorti d’une ambiance musicale cuivrée digne du Dirty Dozen Brass Band sauf que là il s’agit du Horn Primitive Orchestra. On pense bien sûr à Robert Johnson mais aussi à Doctor John première époque et surtout, surtout, à Tom Waits tant la voix est singulièrement envoûtante notamment dans le plaintif Jailhouse Blues ou l’hypnotique Early in the morning. Le calypso de ″Brave Son Of America″, rend hommage au Général Mac Arthur alors que dans ″Housebound blues″ Kirsty Fraser, l’épouse, chante la complainte de la femme au foyer. Cette galette est à écouter ce qu’une pépite est à regarder : brillante, fascinante et hors du temps ! C’est pas tous les matins qu’on a la chance de se trouver confronté à un déballage aussi classieux. John lee Hooker disait you will never get out of this blues alive !″ Non seulement je veux bien le croire mais j’ajoute que si vous vous en sortez vous finirez de toute façons à l’infirmery, à St James il en est une et ça tombe bien.

PB, mars 2011

 

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