Vinyls – Locked Groove

© Jean-Claude Menu: Lock Groove

 

Les disques microsillon possèdent en fin d’écoute un sillon sans fin, vide de toute information sonore. Cette particularité permet d’éviter que le bras ne vienne buter sur le centreur du vinyl, endommageant ainsi la pointe de lecture. Il est possible toutefois d’enregistrer du son sur ce sillon, permettant ainsi d’obtenir une boucle sonore d’un peu plus de 1 seconde se répétant sans fin. Cette technique a été utilisée par plusieurs artistes. La première piste utilisant cette technique se trouve à la fin du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles paru en 1967. Sur les premiers pressages monophoniques de l’album destiné au marché britannique, la chanson A Day in the Life s’achève sur un collage de phrases prononcées par le groupe et enregistrées à l’envers. À la suite des Fab Four, la même année, les Who enregistrent sur le sillon sans fin de The Who Sell Out une fausse publicité pour leur label Track Records. Avec l’arrivée du numérique et du disque compact, le ″ Locked Groove ″ a laissé sa place au ″ Hidden Track ″, technique consistant à ne faire découvrir un titre qu’après plusieurs minutes de silence. En ce domaine, Placebo remporte la palme; leurs 3 premiers albums recèlent chacun une chanson cachée. Offspring s’est aussi amusé à insérer à la fin de Smash, le troisième album, une version revisitée de ce qui deviendra un tube planétaire : Come out and Play

En 2008, le dessinateur Jean-Christophe Menu fait référence aux sillons sans fin dans Lock Groove Comix,  une bande-dessinée savoureuse qui mentionne notamment beaucoup de curiosités liées aux vinyls.

Patrick BETAILLE, février 2025

Coup de Cœur

Inspiré par Kevin Paugam sur Facebook

Rap mou, prétentieux, insipide, grotesque et surproduit à grand renfort de vocoder et d’auto-tune. Somme toute, c’est comme les MacDo, il semble légitime de trouver ça indigeste.

Patrick BEATILLE, janvier 2025

Garland Jeffreys – Hail Hail Rock’N’Roll

 

[Hail Hail Rock’N’Roll – Album: D’ont Call Me Buckwheat – 1992]: Toi qui est né du rhythm & blues et de la soul, réveille-moi. Je pensais que je ne vieillirais jamais, ôte-moi d’un doute, ne me laisse pas planté là. Je vois la lumière, la pression monte: Little Richard, Chuck Berry, Bo Diddley, Fats Domino. Et voici Elvis, Gene Vincent, Buddy Holly et Jerry Lee… Salut Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, janvier 2025

Rock Anthology – 1975

 

Putain 50 ans! En 1975 Pink Floyd pleurait Syd Barrett, Led Zep squattait à Greenwich Village, Queen passait la nuit à l’Opéra et Patti Smith épelait Gloria.

Petit voyage sur un chemin de mémoire musicale pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore l’autotune.

Alors oui, je sais. Il en manque dans ce millésime. Beaucoup, et des bons en plus: Bob Dylan: Blood on the Tracks – David Bowie: Young Americans – Neal Young: Tonight’s the Night – Supertramp: Crisis? What Crisis? – Alice Cooper: Welcome to my Nightmare – Aerosmith: Toys in the Attic – Black Sabbath: Sabotage – Mike Oldfield, Fleetwood Mac, Tangerine Dream, Brian Eno, Parliament, Bruce Springsteen, AC/DC, Lou Reed, etc. Le bon temps quoi!

Patrick BETAILLE, janvier 2025

 

La Discothèque Idéale 2024

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

 

Mama Lion – Preserve Wildlife

 

[Extrait]: Le cover art de Preserve Wildlife paru en 1972 met à l’honneur la pulpeuse co-fondatrice du groupe de blues rock californien Mama Lion… Même en cage, on devine que ce n’est pas par hasard si Lynn Carey s’est faite remarquer en tant qu’actrice et mannequin, notamment en squattant la une et les pages de Penthouse. Une fois extraite de derrière les barreaux, la chanteuse offre une partie de sa plastique avantageuse en donnant le sein à un lionceau. Loin d’être provocatrice, la pochette sera pourtant bannie dans plusieurs pays…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, décembre 2024

Steve Hill – Hanging on a String

Steve Hill a passé des décennies à définir ce que signifie d’être un groupe de blues rock à lui tout seul. Hanging On A String est probablement un aboutissement. Faute de mieux, le canadien est considéré comme l’un des guitaristes les plus prolifiques au pays de Couillu le Caribou. Également chanteur, auteur, compositeur et homme orchestre, celui qui a commencé à jouer dans les bars à 16 ans et qui est devenu pro à 18 ans, est aujourd’hui une force musicale à ne surtout pas sous-estimer. Enregistré au Studio 606 de Dave Grohl et produit par Darrell Thorp (Foo Fighters, Radiohead), ce treizième album est aussi raffiné que brut. Il est de ce bois dont on fait les cabanes qui doivent résister aux assauts du temps. 8 rondins impeccables, bruts, taillés à la hache par le bucheron de service qui joue de tous les instruments. Du titre éponyme à la reprise du When the Music is Over des Doors, ce disque est un véritable assaut musical. Amateurs de sirop d’érable passez votre chemin. 

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Andy Warhol – Sérigraphies

Andy Warhol

 

En 1967, Andy Warhol se fait remarquer en apposant son nom sur la pochette de The velvet Underground & Nico illustré par la désormais célébrissime Banane. Deux ans plus tard, nouveau coup d’éclat:  l’artiste est à l’origine du concept illustrant la pochette du Sticky Fingers des Rolling Stones. L’inoubliable fermeture éclair.

Figure de proue du mouvement Pop Art, c’est à partir de cette époque que Warhol atteint l’apogée de sa notoriété. Ses œuvres explorent la relation entre l’expression artistique et le culte de la célébrité. Il est désormais associé à un style immédiatement reconnaissable, dérivé de ses portraits sur lesquels il applique une technique qu’il utilisera pour ses œuvres les plus célèbres. Les artistes sont photographiés de près et en noir et blanc. Warhol redessine ou repeint sur des aplats en couleur certaines de leurs caractéristiques physiques et leurs traits sont réduits à l’essentiel. Le transfert sérigraphié sur toile met en valeur les yeux, les cheveux ou la bouche. Il suffit de s’arrêter un instant sur les pochettes des albums Love You Live des Stones (1977), Silk Electric de Diana Ross (1982), Aretha d’Aretha Franklin (1986) ou Menlove Ave de John Lennon (1986), pour comprendre le procédé qui consiste à offrir aux stars le statut d’icones. 

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Warren Haynes – Million Voices Whisper

 

Warren Haynes est de retour et après neuf ans d’absence en studio, le guitariste de Gov’t Mule et de l’Allman Brothers Band affiche clairement sa volonté d’explorer de nouveaux horizons. Joués avec un groupe exceptionnel, les onze (14 en version Deluxe) titres de Million Voices Whisper établissent un équilibre subtil entre blues, funk et soul. Le disque débute par These Changes, co-écrit avec Derek Trucks. Tout en légèreté, le morceau brille d’un magnifique dialogue de guitares qui n’est pas sans rappeler l’époque où le duo dialoguait au sein des Allman Brothers. Day Of Reckoning offre des accents country à ce qui ressemble à un blues rock mené à plusieurs voix.  L’ambiance Muscle Shoals prend vraiment vie sur un Go Down Swinging tout de cuivres nourri. You Ain’t Above Me débute en blues lent et va crescendo vers un final au cours duquel Haynes livre un beau solo et se laisse aller en donnant une belle puissance à sa voix. This Life As We Know It impressionne par son côté enjoué et accrocheur. Retour de Derek Trucks sur une ballade chargée d’émotion avec Real, Real Love dans lequel Warren rend hommage à son ami défunt, Gregg Allman. Funky time now! Dans le genre, Lies, Lies, Lies se présente comme une jam époustouflante au cours de laquelle le travail à l’orgue de John Medeski est aussi lumineux que la partition du guitariste à la wah-wah. Quant à Kevin Scott, le bassiste et compère au sein de Gov’t Mule depuis 2023, il est monstrueux avec un groove et une finesse dignes d’un Jaco Pastorius! Incontestablement le grand moment de Million Voices Whisper qui s’achève sur Terrified et Hall Of Future Saints tout aussi funky et classieux, offrant quelque chose d’unique de la part de Warren Haynes qui maîtrise son sujet mieux que jamais. Son solo sur From Here On Out devrait convaincre les plus sceptiques.

Patrick BETAILLE, novembre 2024

Beth Hart – You Still Got Me

 

Depuis 2019 et son Tribute to Led Zeppelin en 2022, Beth Hart n’avait rien produit d’original.  2024 annonce donc le retour de la diva avec de nouvelles compostions sur l’album You Still Got Me. Si besoin en était, Madame prouve qu’elle est une excellente chanteuse mais aussi une musicienne/compositrice de haut vol. Elle nous offre 11 chansons, différentes dans leur style, mais qui mettent toujours en valeur une authenticité classieuse. Wanna Be Big Bad Johnny Cash tape dans le classic rock, et le Never Underestimate A Gal offre des teintes jazzy et Pimp Like That oscille entre calme et tempête. Plus intimes, Little Heartbreak girl, Wonderful World ou la superbe balade soft-jazz Drunk On Valentine et le titre éponyme You Still Got Me sont interprétés avec douceur, sensibilité et brio; piano, voix et production aux petits oignons occupent admirablement l’espace. Avec son ambiance bluesy ponctuée de pulsations et d’un solo de guitare remarquable, Don’t Call The Police semble tout droit sorti d’un thriller qui s’achèverait sur le Machine Gun Vibrato au rythme hypnotique sur lequel les vocalises évoluent dans plusieurs registres.

Les fans de la screameuse Beth Hart en mode blues rock viscéral (avec Joe Bonamassa notamment) risquent d’être un peu désorientés par cet assemblage. Qu’ils se rassurent. Suga N My Bowl remet les pendules à l’heure avec Eric Gale et surtout, You Still Got Me ouvre sur ce Savior With A Razor qui vous ferait sortir les c******* par les oreilles en associant la puissance vocale aux riffs lourdement ciselés de maitre Slash.

Patrick BETAILLE, octobre 2024