BOW WOW WOW – See Jungle! See Jungle!

 

[Extrait]: See Jungle! See Jungle! Go Join Your Gang Yeah, City All Over! Go Ape Crazy! Interminable titre du premier LP de l’éphémère Bow Wow Wow paru en 1981. Managée par Malcolm McLaren, la formation britannique est plus connue pour ses scandales que pour sa musique qui peine à faire l’unanimité…

Passionné de peinture, le batteur David Barbarossa est béat d’admiration pour la toile d’Édouard Manet: Le Déjeuner sur l’Herbe. Il en parle à McLaren qui entrevoit immédiatement la possibilité de se livrer à une provocation via une interprétation parodique de l’œuvre. Il fait appel au photographe Andy Earl. La chanteuse Annabella Lwin pose nue, aux côtés de deux des autres musiciens habillés. La jaquette déclenche un énorme scandale au Royaume-Uni. La jeune fille n’a que 14 ans ! Dès la parution de l’album, sa mère indignée dépose plainte pour pornographie juvénile et demande l’intervention de Scotland Yard. L’enquête n’apporte aucun résultat probant mais l’image, déjà interdite aux USA, est remplacée par une photo de Annabella seule et habillée. Le cover art d’origine refera une apparition l’année suivante sur le EP intitulé The Last of the Mohicans


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, avril 2025

The Darkness – Dreams on Toast

 

Huitième album studio pour cette formation britannique qui distille depuis toujours un rock de qualité. Aujourd’hui, The Darkness persiste et signe en remettant au goût du jour les codes du heavy metal et du glam rock. Iconoclaste par essence, Dreams on Toast propose donc un patchwork étonnamment éclectique. Rock And Roll Party Cowboy ouvre l’album avec un véritable hommage au heavy rock à l’énergie brute et aux solos tranchants. Avec I Hate Myself  Justin Hawkins se prend pour Russell Mael des Sparks pour s’ancrer cette fois dans une veine glam réjouissante. Queen première époque ne renierait certainement pas ce Hot On My Tail aux accents folk de ’39 (A Night at the Opera) qui offre un bon moment de calme avant un entêtant Mortal Dread aux accents classic rock. Don’t Need Sunshine, une ballade rock des plus classiques riche en harmonies vocales et arrangements classieux. 

Le reste du disque ressasse la formule, chacun des morceaux répondant de près ou de loin aux influences évoquées précédemment. Il faut néanmoins retenir le mid tempo enjôleur de Don’t Need Sunshine et un The Longest Kiss aux faux airs de pop bubblegum nourrie de vocalises expressives et de guitares cristallines. Quant à The Battle For Gadget Land, voilà une autre pépite énergique aux accents métal qui prend au passage des tournures stoner. Cold Hearted Woman: guitare acoustique, tambourin, banjo et fiddle sont de sortie pour une ballade moderne dans l’Ouest américain. Dreams On Toast s’achève sur Weekend In Rome, un titre conçu comme une musique de film avec des voix parlées accompagnées d’une orchestration grandiloquente qui installe une atmosphère totalement décalée. Véritable épilogue émotionnel à contrepied, ce dernier morceau souligne la capacité du quatuor à sortir brillamment de son registre habituel pour séduire la plupart avec un album foisonnant et réussi.

 

Aerosmith – Dream On

 

[Dream On – Album: Aerosmith – 1973]: Quand je me regarde dans le miroir, les traits de mon visage sont de plus en plus marqués. Le temps passe, aussi vite que l’aube file vers le crépuscule. C’est ainsi, à un moment dans la vie, tout le monde a des comptes à rendre. Personne ne sait d’où l’on vient et où l’on va… Tout le monde fait des erreurs, il faut perdre pour apprendre à gagner. Alors chante avec moi, ris, pleure et chante avec moi. Ne serait-ce qu’aujourd’hui, car demain tu ne seras peut-être plus là. Rêve. Rêve et rêve encore, jusqu’à ce que tes rêves deviennent réalité.

 

Gyasi – Here Comes The Good Part

 

À l’origine du projet, le chanteur/guitariste Gyasi Heus qui, du fin fond de la Virginie Occidentale, s’est construit à travers diverses expériences. Ses parents lui ont transmis leur passion pour le blues, le Jazz et la world music. Par la suite l’artiste a découvert les Stones, Hendrix et a développé une passion pour le rock psychédélique et le glam rock de Bowie et de T.Rex.

Un premier album, Androgyne, parait en 2019 et offre un melting-pot de ces influences auxquelles viennent s’ajouter des touches de pop, de folk et d’un hard rock à la sauce Led Zep. 

Le deuxième album de Gyasi (prononcer Jah-See ou Jossi) paru récemment, s’épanouit lui aussi dans une fusion de glam vintage et de rock brut, où cohabitent riffs, rythmes soutenus et chant puissant. Toujours ancré dans l’approche rock flamboyant, la production du disque est bien étoffée et les arrangements sont suffisamment audacieux pour créer une alchimie immédiate et puissante qui insuffle de la nouveauté dans un genre qui a fait ses preuves depuis fort longtemps.

Here Comes The Good Part est un voyage intéressant dans le passé et le futur du rock. L’approche audacieuse et le style de Gyasi alliés à la technique d’un groupe efficace donne naissance à un album à la fois classique et avant-gardiste. Même les fans des New York Dolls devraient trouver leur bonheur dans cet équilibre – entre tape-à-l’œil et intensité brute – qui possède déjà sa propre identité.

 

John Kacere – Jorge Santana

© John Kacere – Jorge Santana 1st Album – 1978

John C. Kacere (1920-1999) était un peintre américain qui, à ses début, œuvrait dans l’expressionisme abstrait. En 1963, il s’oriente vers un hyperréalisme axé sur la plastique féminine. Même si en 1969 il peint sa première toile photoréaliste représentant le corps entier d’une femme, presque toutes ses peintures se focalisent sur la partie inférieure de ses modèles vêtus de lingerie. En 1978, l’une de ses peintures a été utilisée comme illustration du premier album éponyme du musicien Jorge Santana, le frère cadet du célèbre Carlos Santana. Le travail de l’artiste fait désormais partie des collections publiques de plusieurs institutions, dont le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Portland Museum of Art et le Speed ​​Art Museum de Louisville dans le Kentucky. Certains des tableaux de John Kacere sont visibles ici: WikiArt.

Patrick BETAILLE, mars 2025


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Jethro Tull – Ruminant

 

Au regard du nombre de musiciens qui sont passés dans ses rangs et compte tenu du nombre d’albums publiés, on peut affirmer sans hésiter que Jethro Tull fait partie de ces institutions garantes de la qualité de la musique populaire, la vraie! Quasiment 60 ans que Ian Anderson promène sa flute sur les scènes du monde entier pour promouvoir cette espèce rock conceptuel et inclassable imprégné de musique classique, de folklore celtique, de blues et de rock progressif aux touches parfois heavy.

Après un gros passage à vide au cours des années 80, le Tull est parvenu plus tard à redonner espoir aux fans de la première heure avec deux albums solides parus successivement en 2022 et 2023: The Zealot Gene et RökFlöte. En 1976, sur une jambe perchée, Anderson chantait qu’il était trop vieux pour faire du rock ‘n’ roll mais trop jeune pour mourir. Pour preuve, nous voici en 2025 avec ce Curious Ruminant entre les oreillesPuppet and the Puppet Master annonce la couleur du retour aux sources avec un rythme soutenu, des guitares acoustiques et des échanges entre l’orgue Hammond de John O’Hara et la guitare de Jack Clark qui s’exprime à merveille sur le titre qui suit en apportant son nom à l’album. Bien sûr, il y a la flûte, si caractéristique et omniprésente qui domine et illustre notamment Dunsinane Hill et The Tipu House. On retrouve également dans ce 23ème album de la mandoline, de l’accordéon, du piano et beaucoup de guitares acoustiques révélatrices d’un retour aux racines folk du groupe. La voix de Ian est toujours aussi rauque et l’écossais fait preuve d’un lyrisme à nul autre pareil. Toutes les compositions sont concises, carrées, efficaces; de belle manière, elles vont à l’essentiel. Seule exception, Drink From The Same Well qui dure près de 17 minutes et qui n’est pas sans rappeler les magnifiques envolées de Thick As a Brick. Quelques accords de guitare acoustique pour Interim Sleep le dernier morceau. Ambiance pesante, nappage de clavier, flute subtile. Ian Anderson ne chante pas, il parle, avec en fond des pulsations qui finissent par s’éteindre car il s’agit d’exprimer le décès d’un être cher. Émouvant! 

À 77 ans Ian Anderson n’a pas encore dit son dernier mot. Inspiration et créativité sont le lot de ses dernières productions discographiques. Plus encore sur ce Curious Ruminant passionnant et musicalement très abouti.

Patrick BETAILLE, mars 2025

Eric Clapton – E.C. Was Here

 

[Extrait]: Bref mais honnête témoignage d’une époque au cours de laquelle Eric Clapton revient, à peu près en forme, d’une descente aux enfers de la drogue. Avec E.C. Was Here, RSO souhaite attirer l’attention du public sur ce témoignage de concerts californiens enregistrés en juillet 1974. Graphiquement parlant, et bien qu’un tantinet tapageur, le cover art de l’album est en ce sens une quasi réussite…

Sur un fond rouge vif, une photo de Frank Moscati met en valeur les courbes d’une femme nue. Sur son dos, le titre de l’album sous la forme d’un tag incitant le regard à se poser sur la chute de ses reins. Pour le verso, même dynamique et mêmes couleurs. Les titres des six morceaux et les crédits sont en rouge sur le gros plan d’une partie de la poitrine du modèle…

Pas de censure pour le visuel d’un disque musicalement assez bien accueilli. Néanmoins, l’Espagne et le Venezuela opteront pour un zoom destiné à contrecarrer la connotation provocatrice ou sexiste de la jaquette originale.


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Patrick BETAILLE, mars 2025

Status Quo – Ames Room

 

Status Quo, l’un des groupes de boogie rock britannique les plus significatifs des seventies, a définitivement marqué son époque grâce à un son reconnaissable entre tous et surtout à ses prestations scéniques des plus énergiques. Parmi la discographie du quatuor, On the Level paru en 1975 assure avec ses prédécesseurs Hello! et Quo une mise en valeur d’un groupe au sommet de ses pouvoirs créatifs, capturant l’essence de leurs performances live dans un environnement studio. Des chansons à l’énergie brute comme Down Down, Little Lady ou la reprise de Johnny B. Goode (Bye Bye Johnny) illustrent la capacité du Quo à créer des hymnes rock sur des rythmes entraînants accompagnés de riffs irrésistibles.

Au même titre que le contenu, le contenant est lui aussi captivant. Sur la pochette de ce huitième album, Francis Rossi, Richard Parfitt, Alan Lancaster et John Coghlan apparaissent dans un concept visuel créant une illusion d’optique qui capte immédiatement l’attention. C’est le designer Jack Wood qui a eu l’idée de ce cover art pour lequel les musiciens sont photographiés dans une Ames Room, du nom de son inventeur, l’ophtalmologue américain Adelbert Ames. Ce type de décor, inventé en 1946, génère une perception déformée de la taille et de la forme des objets ou des personnes qui s’y trouvent. La pièce est construite selon une forme trapézoïdale dans laquelle le mur du fond est beaucoup plus court d’un côté que de l’autre. Le sol et le plafond sont également inclinés pour épouser la forme de la pièce, créant ainsi l’illusion d’un espace rectangulaire. En plaçant les individus dans la pièce, ils peuvent sembler changer de taille de manière saisissante. La personne qui se trouve du côté le plus court de la pièce semble nettement plus grande que celle qui se trouve du côté le plus long, même si en réalité elles sont de taille similaire. 

Publié sur le label Vertigo, le disque a atteint la première place du UK Albums Chart, devenant ainsi le deuxième album (après Hello en 1973) de Status Quo à se classer au sommet des charts.

Patrick  BETAILLE, mars 2025


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Van Halen – 1984

 

[Extrait]: Pour illustrer son sixième album, Van Halen souhaite la présence de quatre danseuses ayant l’apparence de droïdes chromés. Le groupe fait appel à Margo Zafer Nahas, une artiste réputée pour son aptitude à gérer ce type d’effets spéciaux. Devant l’ampleur de la tâche, l’illustratrice décline mais propose plusieurs idées et l’une d’elles sera retenue: un chérubin narquois et, au premier plan, deux paquets de cigarettes posés sur une table…

C’est Raul Vega qui a photographié Carter Helm, l’enfant de deux ans du meilleur ami de Margo. Le petit garçon tient une clope dans sa main droite. Dès sa sortie au Royaume-Uni, le disque est censuré et habillé d’un bandeau destiné à planquer les cibiches pourtant en… chocolat.

La pochette originale de MCMLXXXIV figure à la 73ème place des 100 plus belles pochettes citées par Rolling Stone. Jusqu’à son retour au sein de la formation en 2012, l’enregistrement sera le dernier à profiter de la présence de David Lee Roth au chant.


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Patrick BETAILLE, mars 2025

Thundermother – Dirty & Divine

 

Exclusivement féminin et mené par la guitariste suédoise et membre fondatrice Filippa Nässil, Thundermother est parvenu à s’imposer jusqu’à décrocher en 2020 le prix du meilleur groupe de hard rock aux Gaffa Awards. ″ Nous nous battons pour le rock’n’roll ″ c’est le leitmotiv des filles qui tiennent leur promesse avec ce Dirty & Divine. Le hard rock qui puise son inspiration chez AC/DC et Motörhead bénéficie ici d’une touche toute personnelle. Dès la première note, ce sixième opus livre exactement ce qu’annonce le titre : des riffs bruts et des chœurs plaisants, le tout sous couvert d’une énergie honnête qui ne faiblit pas. Les dix titres ont le punch électrisant et honnête que l’on aime dans ce genre de musique C’est fort, c’est impétueux et c’est vraiment jubilatoire. Peu importe le nombre de fois où le rock sera déclaré moribond; il y aura toujours un groupe qui cherchera à prouver le contraire. Thundermother y parvient!