Spiders – Sharp Objects

 

Depuis leurs débuts en 2012, ces suédois se sont forgés une réputation d’ambassadeurs d’un rock qui réchauffe en s’inspirant d’un passé agrémenté d’une touche de modernité. Spiders revendiquent haut et fort leurs influences. Blues, boogie, heavy rock et même new wave) suintent de Flash Point (2012), Shake Electric (2014) et Killer Machine (2018), les précédents albums. Avec Sharp Objects,  le groupe explore un nouveau territoire imprégné d’un garage rock qui sur fond de riffs ravageurs battrait au rythme de la new wave du début des années 80. Étant donné qu’aucun des 11 morceaux ne dépasse les quatre minutes, le groupe livre un album à la fois familier et imprévisible qui semble avoir été enregistré dans un seul but : divertir. Imaginez que, dans les années 70, Status Quo aurait eu Debbie Harry comme chanteuse et vous comprendrez. Ou pas. Blondie est manifestement une référence assez évidente avec au chant Ann-Sofie Hoyles qui livre ici une excellente interprétation. Les guitares old school sont une véritable force tout au long de cet album soigneusement produit et très accrocheur qui ne se contente pas de rendre hommage à l’histoire du rock; il l’entraîne dans le présent avec un joli petit coup de pied au cul. Sharp Objects ne changera pas votre vie mais il offrira du piquant à vos soirées avec des titres énergiques qui donnent l’impression d’avoir été faits pour être joué fort. Très fort!

 

Leonard Cohen – New Skin for the Old Ceremony

 

[Extrait]: C’est une habitude chez le canadien, ses disques sont immédiatement identifiables sans même les écouter. Pochettes sobres sur lesquelles ne figure que le titre de l’album, le nom et une photo de l’artiste qui, généralement, affiche la même mine que celle d’un pitbull à qui on aurait imposé un régime végane…

L’une des rares et première fois où Leonard Cohen (1934 – 2016) déroge à la règle, c’est en août 1974 avec New Skin for the Old Ceremony, son cinquième disque. L’estampe utilisée pour l’album représente une gravure tirée du Rosarium Philosophorum, un traité alchimique du XVIème siècle publié en 1550. Sous forme d’allégorie sur l’union des contraires, deux anges couronnés et ailés semblent sur le point s’adonner aux joies de la-bête-à-deux-dos. Activité, on le sait, ô combien bassement terrestre. Puritanisme oblige la gravure sera censurée, notamment aux USA et en Espagne…

La maison de disques fera donc modifier l’artwork de Teresa Alfieri. La suggestion d’un probable accouplement sera couverte par l’ajout d’une aile sur l’un des séraphins…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, février 2025

The Hellacopters – Overdriver

 

Trois après Eyes of Oblivion qui mettait fin à une pause amorcée en 2008, les métalleux suédois reviennent avec un nouvel album studio: Overdriver. L’occasion rêvée pour The Hellacopters de célébrer dignement 30 ans de bons et loyaux services rendus au rock énergique sous influence seventies. Sans pour autant laisser de côté un genre grâce auquel il a pu acquérir les faveurs du public, le gang nordique semble cette fois s’orienter vers quelque chose d’un peu plus classique certes, mais imprégné de sophistication et d’efficacité. Token Apologies et son intro tonitruante semble tout à fait adapté à une ouverture de concert. I Don’t Wanna Be Just A Memory est clairement influencé par une power pop à la fois énergique et classieuse grâce à laquelle le quintet parvient à maitriser sa fougue de la plus belle des manières. Soldier On, un beau mid tempo ponctué par des parties piano qui collent à merveille à l’ensemble. Retour aux sources avec Wrong Face On, Doomsday Daydreams et Faraway Looks, archétypes d’un classic rock vitaminé dans lequel Nicke Andersson et sa bande excellent. 

Au premier abord, Overdriver et ses 11 titres est peut-être moins facile à aborder que son prédécesseur mais ça n’est qu’une apparence derrière laquelle il faut savourer une belle constance, du talent et un soupçon d’originalité, même si…

À condition d’y prêter une oreille attentive on se laisse vite emporter par un ensemble harmonieux, des refrains convaincants et des guitares explosives. Pour ceux chez qui le doute subsisterait encore je conseille Leave A Mark qui clôture le débat en remettant l’église au milieu du village. 

 

Thin Lizzy – The Acoustic Sessions

 

En mai 1984, Thin Lizzy se sépare après avoir laissé un beau marque-page dans le livre de l’histoire du rock. C’est deux ans plus tard que, victime de nombreux excès, Phil Lynott disparait à jamais en laissant derrière lui un vide que les fans de l’époque auront bien du mal à combler. Et voilà qu’en 2025, quarante ans après la sortie de Thunder and Lightning, arrivent the Acoustic Sessions, un album composé des versions dépouillées des morceaux qui ont nourri la notoriété du combo irlandais formé à Dublin en 1969. Pour en arriver là, la batterie d’époque de Brian Downeyes et les voix originales de Phil Lynott ont été associées à de nouvelles parties de guitare de Eric Bell, membre fondateur présent au sein de la formation jusqu’en 1973. Raison pour laquelle l’intégralité des titres viennent des sessions des trois premiers albums auxquels le guitariste a participé: Thin Lizzy en 1971, Shades of a Blue Orphanage en 72, et Vagabonds of the Western World paru en 1973.

Whiskey In The Jar, Eire, Mama Nature Said, Here I Go Again, l’essentiel y est, y-compris Slow Blues qui rend hommage à Gary Moore qui avait rejoint la formation suite au départ de Bell. Chaque morceau est une version revisitée des originaux. Soutenu par une production bien équilibrée, Eric Bell a fait un travail remarquable et il parvient à nous offrir une approche différente et jouissive, bien loin des resucées mercantiles. The Accoustic Sessions est bien un nouvel album qui est à Thin Lizzy ce que le MTV Unplugged est à Nirvana! 

Patrick BETAILLE, février 2025

Vinyls – Locked Groove

© Jean-Claude Menu: Lock Groove

 

Les disques microsillon possèdent en fin d’écoute un sillon sans fin, vide de toute information sonore. Cette particularité permet d’éviter que le bras ne vienne buter sur le centreur du vinyl, endommageant ainsi la pointe de lecture. Il est possible toutefois d’enregistrer du son sur ce sillon, permettant ainsi d’obtenir une boucle sonore d’un peu plus de 1 seconde se répétant sans fin. Cette technique a été utilisée par plusieurs artistes. La première piste utilisant cette technique se trouve à la fin du Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles paru en 1967. Sur les premiers pressages monophoniques de l’album destiné au marché britannique, la chanson A Day in the Life s’achève sur un collage de phrases prononcées par le groupe et enregistrées à l’envers. À la suite des Fab Four, la même année, les Who enregistrent sur le sillon sans fin de The Who Sell Out une fausse publicité pour leur label Track Records. Avec l’arrivée du numérique et du disque compact, le ″ Locked Groove ″ a laissé sa place au ″ Hidden Track ″, technique consistant à ne faire découvrir un titre qu’après plusieurs minutes de silence. En ce domaine, Placebo remporte la palme; leurs 3 premiers albums recèlent chacun une chanson cachée. Offspring s’est aussi amusé à insérer à la fin de Smash, le troisième album, une version revisitée de ce qui deviendra un tube planétaire : Come out and Play

En 2008, le dessinateur Jean-Christophe Menu fait référence aux sillons sans fin dans Lock Groove Comix,  une bande-dessinée savoureuse qui mentionne notamment beaucoup de curiosités liées aux vinyls.

Patrick BETAILLE, février 2025

Coup de Cœur

Inspiré par Kevin Paugam sur Facebook

Rap mou, prétentieux, insipide, grotesque et surproduit à grand renfort de vocoder et d’auto-tune. Somme toute, c’est comme les MacDo, il semble légitime de trouver ça indigeste.

Patrick BEATILLE, janvier 2025

Garland Jeffreys – Hail Hail Rock’N’Roll

 

[Hail Hail Rock’N’Roll – Album: D’ont Call Me Buckwheat – 1992]: Toi qui est né du rhythm & blues et de la soul, réveille-moi. Je pensais que je ne vieillirais jamais, ôte-moi d’un doute, ne me laisse pas planté là. Je vois la lumière, la pression monte: Little Richard, Chuck Berry, Bo Diddley, Fats Domino. Et voici Elvis, Gene Vincent, Buddy Holly et Jerry Lee… Salut Rock’n’Roll!

Patrick BETAILLE, janvier 2025

Rock Anthology – 1975

 

Putain 50 ans! En 1975 Pink Floyd pleurait Syd Barrett, Led Zep squattait à Greenwich Village, Queen passait la nuit à l’Opéra et Patti Smith épelait Gloria.

Petit voyage sur un chemin de mémoire musicale pavé de certains de ces albums intemporels, sortis il y a un demi-siècle, et qui ont joué un rôle essentiel dans l’histoire de la musique populaire sur laquelle ne régnait pas encore l’autotune.

Alors oui, je sais. Il en manque dans ce millésime. Beaucoup, et des bons en plus: Bob Dylan: Blood on the Tracks – David Bowie: Young Americans – Neal Young: Tonight’s the Night – Supertramp: Crisis? What Crisis? – Alice Cooper: Welcome to my Nightmare – Aerosmith: Toys in the Attic – Black Sabbath: Sabotage – Mike Oldfield, Fleetwood Mac, Tangerine Dream, Brian Eno, Parliament, Bruce Springsteen, AC/DC, Lou Reed, etc. Le bon temps quoi!

Patrick BETAILLE, janvier 2025

 

La Discothèque Idéale 2024

 

Les divas de l’auto-tune vous donnent des envies de suicide? La soupe radiophonique et télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre? Le Viens Poupoule d’André Verchuren vous hérisse? La Symphonie N°5 d’Arthur Honegger vous fait autant d’effet qu’un pet de lapin sur une toile cirée?

Le remède existe. Si, si! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de talentueuses volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Bien sûr, le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″ (Francis Zegut). La discothèque idéale est chroniquée ici: Rock’n’Roll Bordel!

 

Mama Lion – Preserve Wildlife

 

[Extrait]: Le cover art de Preserve Wildlife paru en 1972 met à l’honneur la pulpeuse co-fondatrice du groupe de blues rock californien Mama Lion… Même en cage, on devine que ce n’est pas par hasard si Lynn Carey s’est faite remarquer en tant qu’actrice et mannequin, notamment en squattant la une et les pages de Penthouse. Une fois extraite de derrière les barreaux, la chanteuse offre une partie de sa plastique avantageuse en donnant le sein à un lionceau. Loin d’être provocatrice, la pochette sera pourtant bannie dans plusieurs pays…


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, décembre 2024