Hipsters – Contre culture et marketting

Death to HipstersQue sait t’on du phénomène actuellement en vogue, y compris (surtout?) dans le milieu motard où, question look, chemise à carreaux, barbe de quatre jours minimum et boots en cuir sont de rigueur chez les ″Hipsters″. A l’origine, le terme de Hipster trouve son sens dans le milieu du Jazz des années 40. Il s’applique surtout à une jeunesse avant-gardiste  blanche qui s’oppose à la culture dominante et qui transgresse les frontières raciales en fréquentant les musiciens noirs auxquels elle emprunte la ″Cool Attitude″. Dans les années 2000, le terme reprend du service pour qualifier une frange de la population qui revendique une variante de cette contre-culture; celle qui a donné naissance au mouvement ″Beatnik des Sixties avec qui, soit disant, elle partage l’ esprit pionnier et l’aversion du ″Mainstream. Quête de l’alternatif, attitude intello, look rétro décalé, tendance bohème, sont les stigmates les plus visibles  d’un mode de vie qui, loin de l’ émanciper de la masse qu’il rejette, font malheureusement du Hipster un adepte du paraître et un consommateur frénétique de tout ce qui de près ou de loin porte le label auquel il voue une passion immodérée: le Vintage. Vous l’aurez compris, être hype c’est tout sauf une sinécure. Le Hipster dépense des fortunes en frusques désuètes, se casse la tête pour trouver de vrais faux accessoires rétros et s’épuise à dénicher du ″Underground qui très vite ne le sera plus. Finalement il devient un mouton résigné, parfait symbole du capitalisme occidental qui en a fait une cible de choix . Alors to be or not to be… Hipster? Zate ize ze kuechton! Gageons que sous peu, être Hipster consistera à revendiquer qu’on ne l’est pas.

Patrick BETAILLE, juin 2015