David McWilliams – The Days of Pearly Spencer

[Extrait]: Sans être proche de l’IRA, cet auteur-compositeur nord-irlandais né à Belfast était toutefois fervent partisan d’une réunification de l’Irlande et il aimait être reconnu en tant qu’irlandais plutôt qu’en tant que citoyen britannique. Mais ce ne sont pourtant pas ses convictions politiques qui vont révéler David McWilliams qui passera de l’ombre à la lumière en interprétant un succès sans lendemain.

À l’origine Days of Pearly Spencer est une ballade folk dont les paroles inspirées par la pauvreté et le désespoir racontent l’histoire de Pearly, un indigent vivant dans le dénuement le plus complet…

Lors de l’enregistrement, le producteur-arrangeur Mike Leander. connu pour être à l’origine de la partie cordes de As Tears Go By des Rolling Stones, accélère le tempo en ajoutant un accompagnement orchestral de violons spécialement composé pour la circonstance. Par ailleurs, la voix de McWilliams est enregistrée via un mégaphone destiné à renforcer la dramaturgie du texte. Cette combinaison aussi étrange qu’originale est une réussite sur laquelle Solomon compte bien thésauriser… Relayé sur toutes les ondes d’Europe continentale, le morceau du troubadour de l’Ulster y rencontre un énorme succès, surtout en France où il est N°1…


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

The Byrds – Mr. Tambourine Man

 

[Extrait]: Le 20 janvier 1965, The Byrds entrent aux studios Columbia de Los Angeles. Trois voix s’accordent à merveille, celles de Roger McGuinn, Gene Clark et David Crosby. Fasciné par les Beatles, le trio met au point sa propre version d’un titre de Bob Dylan apparue sur son album Bringing It All Back Home et sorti la même année : Mr. Tambourine Man. Électrisée par les guitares de McGuinn et Crosby, cette version n’intègre que le deuxième couplet de l’originale qui en comporte cinq. Columbia est emballée par la démo – véritable synthèse entre le folk du ″ Zimm ″ et la pop des ″ Fab Four ″ – et signe le groupe immédiatement. La maison de disques fait appel au Wrecking Crew, une équipe de requins de studio (entre autres, Leon Russel au piano), pour assurer le coup. Seul McGuinn a le droit de faire sonner sa Rickenbacker 12 cordes…

Beaucoup interprètent les lyrics comme un hymne à la drogue évoquant les premières prises de LSD de Dylan. Le ″ Tambourine Man ″ serait un trafiquant de drogue et ″ play a song for me ″ signifierait donne-moi un joint. Théorie basée sur le fait que les paroles de chansons étaient à l’époque sous surveillance étroite et souvent censurées. Les musiciens s’ingéniaient donc à délivrer des massages sur des sujets sensibles en utilisant des codes souvent alambiqués…
Enregistré en janvier 1965, le single atteint la première place du Billboard Hot 100 peu de temps après sa sortie en single le 12 avril. Mr. Tambourine Man a chamboulé le monde de la musique, convaincu Dylan de passer à l’électrique, et surtout, installé le groupe californien au pinacle d’un genre nouveau : le folk-rock…


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Patrick BETAILLE, juillet 2023

The Spencer Davis Group – Keep on Running

 

[Extrait]: … L’histoire du Spencer Davis Group débute à l’Université de Birmingham où Spencer Davis, alors étudiant en langues, a dans l’idée de fonder un groupe de rock. Guitariste, chanteur et harmoniciste, le gallois ne jure que pour le rhythm & blues américain qui inonde la scène britannique du moment. En 1963, il fait la rencontre de Merwyn Winwood dit ″ Muff ″, alors à la tête d’une formation locale de dixieland qui compte dans ses rangs un jeune et déjà très talentueux pianiste de 15 ans : son frère cadet Steve Winwood… Le travail du quatuor Installé dans la capitale anglaise finit par venir titiller les oreilles de Chris Blackwell qui propose au groupe de reprendre un titre de ska composé par son protégé Wilfried Edwards : Keep On Running

… Jackpot ! Celui qui permet au groupe de mettre fin au leadership que les Beatles détiennent alors avec Day Tripper. Mieux, alors qu’il tourne régulièrement avec les Beatles et les Who, le Spencer Davis Group est élu meilleur nouveau groupe britannique du moment. D’autres succès suivront confirmant la vision gagnante de Blackwell…


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Patrick BETAILLE, juin 2023

Sam the Sham and the Pharaohs – Wooly Bully

 

[Extrait]: Domingo Samudio fait ses débuts en tant que chanteur en représentant son école au cours d’un radio crochet. Plus tard, il apprend la guitare et forme un groupe de lycée avec quelques amis, dont un certain Trini Lopez. Il s’engage ensuite dans la Navy et vit au Panama pendant six ans. De retour aux États-Unis, il suit des études d’histoire de la musique pendant deux ans…
Musique classique le jour et rock’n’roll la nuit avec une multitude de petites formations d’amateurs. Au cours d’une tournée en Louisiane, Samudio rejoint un groupe local et prend le nom de Sam the Sham (NDLR – Sam l’arnaque). Les musiciens pratiquent avec énergie et fantaisie un mélange de rock et de tex-mex grâce auquel ils deviennent très vite populaires. Après trois 45 tours autoproduits et infructueux, XL – un petit label de Memphis – convoque le quintet pour une audition et finalement, en 1964, est mis en boite l’immortel Wooly Bully dont les droits sont immédiatement achetés par MGM. Avec 3 millions de disques vendus le single remporte un succès mondial, atteignant à l’été 1965 la deuxième place dans les hit-parades américains alors squattés par les groupe de la ″ british invasion ″…
Le rythme hypnotique, l’orgue et le saxophone font fureur sur les pistes de dance. Afin d’attirer l’attention et de consolider leur notoriété Sam the Sham and the Pharaohs décident d’adopter des tenues de scène excentriques. Smokings à paillettes, gandouras, keffiehs et autres turbans deviennent un signe de reconnaissance, au même titre que leurs apparitions dans un corbillard. Mais la formule s’épuise et malgré quelques autres hits mineurs, le groupe se sépare en 1968…


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Patrick BETAILLE, juin 2023

Giorgio – Looky Looky

 

[Extrait]: Giorgio Moroder commence à jouer du piano à l’âge de 6 ans. Adolescent, il parcourt l’Europe en tant que guitariste dans un groupe de reprises. En 1960 il s’installe à Berlin pour entamer une carrière musicale vouée à l’écriture. C’est en 1969 qu’il sort son premier single sous le nom de scène de Giorgio: Looky Looky.

Chanson ″ Do It Yourself ″ par excellence, c’est grâce à ce titre que le chanteur va commencer par se faire remarquer. Moroder ne se contente pas de composer et d’interpréter les paroles ; il joue de tous les instruments. Seul le refrain [NDLR inspiré de la chanson Papa-Oom-Mow-Mow des Rivingtons] est chanté par Michael Holm, chanteur et ami de longue date qui aurait offert ses services moyennant un bon gros steak…
Paroles bubblegum, musique simpliste, sonorités à la Beach Boys, dès sa sortie Looky Looky rencontre un énorme succès et se vend à plus d’un million d’exemplaires. Numéro 1 des ventes en France pendant une semaine, il est couronné disque d’or en octobre 1970…


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Patrick BETAILLE, juin 2023

Patrick Hernandez – Born to be Alive

[Extrait]: Qu’on le veuille ou non, Born to Be Alive possède quelque chose d’universel. Né en France d’un père espagnol et d’une mère austro-italienne, Patrick Hernandez compose la chanson alors qu’il fait encore partie de PPH (Paris Palace Hotel), un trio qui œuvre sans succès dans le glam du milieu des années 70. À cause de ce manque de reconnaissance et d’une débâcle amoureuse, il songe un temps à abandonner la musique.
C’est alors que le producteur belge Jean Vanloo lui propose de venir travailler avec lui et d’enregistrer son titre – initialement une ballade – en mode disco… Enregistré et mixé en Belgique, le single sort en novembre 1978 sur le label français Aquarius et rencontre un énorme succès, d’abord en Italie où il est certifié disque d’or. La chanson se répand ensuite comme une traînée de poudre dans toutes les discothèques européennes et finit par atteindre les côtes américaines. C’est d’ailleurs dans le contexte d’une tournée promotionnelle aux USA que Jean Vanloo auditionne à New York les danseurs qui devront accompagner la star pendant les shows. Parmi ceux qui prétendent à intégrer la chorégraphie, une certaine Louise Veronica Ciccone – pas encore Madonna mais déjà capricieuse – qui ne sera pas retenue.
Porté par un engouement planétaire pour son tube, Patrick Hernandez devient multimillionnaire en quelques mois et n’effectue ses déplacements qu’en jet et limousine. À chaque apparition en public il parade devant des foules immenses en version dandy, costume trois pièces et canne à la main pour délivrer son message…
″ Je préfère avoir vendu 27 millions de disques d’un coup plutôt que d’en avoir vendu 1 million par an pendant 27 ans ″ déclarait-il dans une interview ; tu m’étonnes ! Souvent invité sur les plateaux de télévision du monde entier, il ressort régulièrement sa panoplie pour participer à des tournées nostalgiques (Stars 80) en hommage à un temps que les moins de 30 ans n’ont pas pu connaître.


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Gary Glitter – Rock and Roll

 

[Extrait]: Au début des années 60, Paul Gadd enregistre plusieurs titres sous le pseudonyme de Paul Raven. Sans aucun hit, lâché par plusieurs maisons de disques, le chanteur change de cap et se produit un temps en tant que chanteur dans l’orchestre d’un producteur, Mike Leander, avec lequel il se lie d’amitié. Après un séjour en Allemagne, Raven revient à Londres en 1968 pour retenter sa chance, en vain…
Profitant d’une session studio vacante suite au désistement de David Essex, les deux compères travaillent ensemble sur un morceau basé sur un rythme hypnotique ponctué de claps de mains et de chœurs incantatoires scandant : ″ rock and roll ! ″ dans une première mouture et ″ hey ! ″ dans une deuxième…
Finalement le single Rock and Roll Pt. 1 & 2 sort en double face A en 1972, attribué en l’état à Gary Glitter. Brillant n’est-il pas ?! Aussi brillant que le glitter rock auquel il rend hommage à grand renfort de maquillages, de paillettes, de tenues extravagantes et de platform boots qui, lors des promos, illuminent des émissions telles que Top of the Pops. L’une des plus grandes attractions du moment devient dès lors la source d’un énorme succès auprès de la jeunesse…
Mais la mode s’essouffle. Glitter aussi. En 1975 il part à l’étranger. En deux ans il claque tout ce qu’il a gagné. Déclaré en faillite, il pète les plombs et se retrouve impliqué dans plusieurs histoires de mœurs. Il tente un retour dans les années 80 mais la justice commence sérieusement à s’intéresser à son cas. Plusieurs enquêtes déboucheront en 1997 sur une condamnation à 4 mois de prison pour détention de données à caractère pédopornographiques… En 2012, alors que des scandales de pédophilie impliquant des vieilles gloires du show-biz secouent le Royaume-Uni, il est arrêté pour avoir sexuellement agressé  un certain nombre de jeunes filles au cours de années 70 et 80. Au bout du compte, le pervers est condamné à 16 ans de prison ferme en 2015…


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Donovan – Mellow Yellow

 

[Extrait]: Dans une interview au New musical Express, ce chanteur écossais déclarait : ″ Être Mellow, c’est être cool, relax, décontracté, un peu comme lorsque l’on pratique la méditation ″. Compte tenu du contexte flower power, le jaune pâle dont il est question peut paraître crédible. D’autant plus crédible qu’en 1968 c’est lui, Donovan,  qui incite les Fab Four à aller voir chez chez le Maharashi Mahesh Yogi s’il fait beau.
Quand Mellow Yellow sort en Angleterre en février 1967 (octobre 1966 aux USA), Donovan Phillips Leitch a 20 ans, joue du folk acoustique, baigne dans le psychédélisme et fréquente John Lennon. Il n’est donc pas étonnant qu’à l’époque les paroles de ce single cool et groovy soient perçues comme ayant été écrites sous l’emprise de substances hallucinogènes et fassent l’objet d’interprétations plus ou moins fumeuses. C’est ainsi que la ″ eletrical banana ″ évoquée dans le texte devient pour certains une allusion à la pratique consistant à extraire les fibres de la peau de banane et à les fumer après séchage, histoire de pouvoir planer à 5000 mètres, moteur arrêté…

Il n’en faut pas plus pour déduire que le musicien se défonce en fumant du safran et qu’il est obsédé par les adolescentes. À y regarder de plus près, Saffron et Fourteen sont en réalité des prénoms féminins ; rares certes, mais des prénoms quand même. Même perchées et sujettes à divagations, les paroles n’ont donc rien à voir avec des trips épicés et d’hypothétiques relations avec de jeunes filles prépubères…
Enregistrée avec des pointures de jazz, produite par Mickie Most (Animals, Herman’s Hermits, Jeff beck) et arrangée par le futur led Zep John Paul Jones, la chanson distille une instrumentation originale et raffinée qui met en valeur la voix et le jeu de guitare de l’artiste qui deviendra le porte-parole de toute une génération hippie, ″ Quite rightly ″ [NDLR à juste titre ].


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Blondie – Heart of Glass

 

[Extrait]: Quand ils se rencontrent en 1973, Deborah Harry et Chris Stein font partie d’un groupe new-yorkais, The Silettos. Il est guitariste, elle est chanteuse et, à la scène comme à la ville, ils sont en couple. En 1974, ils fondent un nouveau groupe qui doit son nom à la crinière peroxydée de Debbie : Blondie; surnom donné par les livreurs et taxi drivers qui lorsqu’ils croisent sa route l’interpellent : ″ Hey Blondie !
Avec un répertoire pop rock parfois teinté de ska ou de rhythm & blues et des interprétations simples, ironiques et agressives, le groupe parvient à trouver sa place sur la scène post punk alors en gestation… En 1977 arrive Plastic Letters, le deuxième LP accompagné du single Denis qui atteint la seconde place des classements britanniques et assure au quintet une réputation internationale grandissante, confirmée l’année suivante par Parallel Lines. Ce troisième opus représente un virage significatif pour Chris Stein et Debbie Harry qui s’intéressent alors de plus en plus à la musique électronique et à l’Eurodisco naissant… C’est ainsi qu’avec les sonorités disco de Heart of Glass ils vont pourtant connaître la gloire.
Problème ! Les paroles sont à l’origine d’une polémique. Debbie souhaite se démarquer de ces chanteuses pop qui pleurnichent sur leur sort en évoquant déceptions amoureuses et autres niaiseries sentimentales…
Avec l’album Parallel Lines ou avec les autres singles (Picture This et Hanging on the Telephone) qui en sont extraits, Blondie marque une rupture définitive avec le public punk des débuts qui reproche au groupe d’avoir vendu son âme et qui gueule : ″ Disco Sucks ! ″ [NDLR Le Disco c’est Nul!]. Sorti en janvier 1979, le single Heart of Glass devient numéro un aux États-Unis, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Australie et en Autriche. John Lennon aurait, paraît il, envoyé une carte postale de New York à Ringo Starr; il lui conseillait d’écrire plus de chansons comme Heart of Glass.


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Patrick BETAILLE, mai 2023

 

Mungo Jerry – In the Summertime

 

[Extrait]: Coiffure afro, rouflaquettes impressionnantes, dents du bonheur, c’est le look Ray Dorset, chanteur et guitariste d’un groupe connu sous le nom de The Good Earth. En 1968, Ray se consacre à la musique en dilettante et travaille chez TIMEX à Londres où il vit. C’est probablement à cause de perspectives professionnelles peu réjouissantes et pour des raisons de morosité climatique qu’il se met à composer. L’un des ses amis, Barry Murray, alors producteur chez Pye Records, lui offre la possibilité de signer avec la maison de disques. La formation change de nom pour adopter celui de Mungo Jerry…

Un premier single est enregistré. In the Summertime sort en mai 1970, juste après une apparition du groupe au Newcastle Hollywood Festival dans le Staffordshire, sur la même affiche (certes tout en bas) que Grateful Dead, Black Sabbath, Free et Traffic. Excusez du peu! Succès immédiat principalement dû au fait que la jeunesse reçoit les paroles en tant qu’hymne au soleil, à l’insouciance et à la liberté…
Retentissement étonnant pour ce titre qui, de l’Afrique du Sud à la Suisse, figure immédiatement en première place de tous les hit parades et deviendra – avec 30 millions d’exemplaires écoulés – le troisième single le plus vendu au monde, derrière White Christmas de Bing Crosby et Candle in the Wind de Sir Elton John. In the Summertime est à mille lieues des standards musicaux du début des seventies. Le temps d’un été, Mungo Jerry parvient pourtant à remettre à la mode le skiffle avec banjo, washboard, jug et piano ragtime…


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Patrick BETAILLE, avril 2023