Cynthia Albritton – L’ empreinte du Rock!

En 1967, Cynthia Albritton a 20 ans et poursuit ses études à Chicago. Au collège, son professeur d’art demande à la classe de réaliser des moulages en plâtre à partir d’un objet quelconque. La jeune fille a une idée: appliquer la consigne sur des sexes masculins en érection. Avec l’une de ses amies, elle se rend à un concert de Paul Revere and the Raiders et parvient à se faufiler en coulisses. Elle y rencontre Mark Lindsay, le chanteur du groupe, et lui propose d’effectuer un plâtre de son pénis. Celui-ci refuse mais qu’à cela ne tienne! Le projet fait son chemin, Cynthia peaufine sa technique et opte pour une matière utilisée par les dentistes pour réaliser des empreintes dentaires: l’ Alginate. En 1968, elle fait la rencontre de Frank Zappa qui, séduit par l’originalité du concept, parvient à la convaincre de le suivre à Los Angeles, alors paradis de la libération sexuelle, du rock et des groupies qu’elle se met à fréquenter assidument. Jusqu’en 1971, celle que l’on surnomme ″Plaster Caster″ et qui ne se déplace jamais sans son kit logé dans un valise, parvient à convaincre de nombreuses figures du milieu musical de se faire mouler le pivot de la joie en bonne et due forme. Parmi ses premiers clients, Jimi Hendrix et Noël Redding. Viendront ensuite Clapton, Eric Burdon, Richard Cole, Wayne Kramer, le manager de MC5, Richard Cole, le tour manager de Led Zeppelin, etc. Au total, une bonne cinquantaine de braquemards congestionnés passeront entre ses mains expertes; du moins jusqu’à ce que le cambriolage de son appartement mette temporairement fin à son activité. Suite à l’incident, Zappa et Albritton décident de mettre les empreintes péniennes en lieu sûr en prévision d’une exposition future. Ils confient donc les œuvres à la garde de Herb Cohen, l’associé de Frank, qui plus tard refusera de restituer les chibres emplâtrés. Plus aucune reproduction ne verra le jour jusqu’en 1981, année au cours de laquelle, après une longue bataille juridique, l’artiste parvient à récupérer la quasi totalité de son capital érectile. Finalement l’exposition a lieu en 2000 et, par la même occasion, sont proposés au public des moulages de poitrines de femmes destinés à soutenir et promouvoir le mouvement en faveur de l’égalité des sexes. En 2005 l’artiste apparait dans un documentaire de la BBC, My Penis and I puis, en 2010, Cynthia ″Plaster Caster″ Albritton brigue la mairie de Chicago sous l’étiquette The Hard Party mais perd les érections élections. Dur, dur!

Patrick BETAILLE, février 2021