Brian May – Red Special

© Source Image: Screenshot – Queen Live in Montréal 1981

 

Début des années 1960. L’adolescent anglais Brian May réclame à ses parents une guitare électrique. Le problème, c’est qu’à l’époque les instruments en vogue sont financièrement bien au-delà du budget d’une famille modeste. Harold, son père, est ingénieur en électronique et il propose alors à Brian de bâtir un projet commun autour d’une guitare électrique. C’est donc le début d’une odyssée vers la création de l’instrument unique qui deviendra l’un plus célèbres au monde.
Père et fils commencent à travailler en août 1963. Le corps de la guitare est en panneaux de particules avec des incrustations de chêne dans les couches supérieures et inférieures. L’ensemble est recouvert d’un placage marqueté en acajou sur la table, le fond, les éclisses et enjolivé de liserés blancs provenant d’éléments décoratifs d’étagères. La couleur brun rouge qui donne son nom à la ″ Red Special ″ est obtenue après l’application de nombreuses couches de vernis polyuréthane. Le manche pourvu de 24 frettes est façonné à partir du bois du linteau d’une cheminée centenaire dont les trous laissés par des parasites xylophages ont été comblés avec des allumettes. La guitare est équipée de trois micros simple bobinage Burns et d’un chevalet en aluminium fabriqué sur mesure. Quant au système de vibrato il est constitué d’une lame de couteau en acier trempé et de deux ressorts de soupape de moto. Les micros sont câblés en série et dotés d’interrupteurs marche/arrêt dédiés. Pour les réglages du volume et de la tonalité: des boutons de gazinière. Une barre de rétroviseur de mobylette sert de bras de commande du vibrato.
La ″ Red Special ″ voit le jour en octobre 1964 et fait ses premières armes avec le musicien au sein des groupes 1984 et Smile (avec Roger Taylor). Au début des années 70, Brian May, Freddie Mercury, Roger Taylor et John Deacon enregistrent le premier album de Queen. Le succès est au rendez-vous. Les tournées incitent Brian à faire fabriquer des copies pour palier à d’éventuels problèmes. La première réplique officielle est confiée au luthier britannique John Birch et utilisée comme guitare de secours lors des prestations scéniques. Entre 1996 et 1997, à la demande du guitariste, le luthier australien Greg Fryer produit trois autres versions techniquement légèrement modifiées. En 1998, après avoir constaté les dégâts subis au cours de près de 30 années d’utilisation, May confie la restauration de sa ″ Red Special ″ à Fryer avec pour consigne de conserver un maximum de pièces d’origine. En 2004, Andrew Guyton, un luthier du Royaume-Uni, en fabrique 50 exemplaires autorisés en édition limitée pour célébrer le quarantième anniversaire de la ″ Old Lady ″.

Cette guitare, utilisée de manière quasi exclusive tout au long de la carrière du groupe Queen, allait définir le style emblématique de Brian May. Ses talents de guitariste sont mis en évidence sur de nombreux titres tels que Killer Queen, We Will Rock You et, bien sûr, Bohemian Rhapsody.

Queen – Jazz, Bicycle Race.

 

L’excellentissime Jazz, publié en 1978 est le 7ème disque studio de Queen. Parmi les 13 titres figure Bicycle Race, choisi en tant que single destiné à promouvoir l’album. Le groupe a l’idée de tourner un clip au Wimbledon stadium en mettant en scène 65 femmes nues circulant sur des bicyclettes. Une image destinée à la jaquette du single fut extraite des séances photos : celle d’une des participantes, de dos, en tenue d’Eve, juchée sur un vélo Halfords. Ca ne passe absolument pas auprès de la communauté bien pensante, et, pour répondre aux exigences de la censure, la Fat  Bottomed Girl (face B du single en question) est affublée au montage et la hâte d’une petite culotte. Quant au clip, évidemment censuré lui aussi, il est finalement édité après ajouts d’effets kaléidoscopiques destinés à masquer les formes incriminées. Provocation ou vengeance ? L’album Jazz intègre dans son édition originale et, sous forme de poster, une autre des photos prises lors de la même session. Le plus comique dans l’histoire c’est que le loueur de bicyclette exigea et obtint de la part du groupe le remplacement des 65 selles.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, mars 2013

La Censure du Cover Art en Livre : In Vinyle Veritas!