Décès de Lee Scratch Perry, le sorcier du Reggae

Le vieux lion jamaïcain a tiré sa révérence! Il avait vu le jour au fond dans un village pauvre au fin fond de la Jamaïque et plus tard, alors que l’île s’affranchissait de la tutelle britannique, l’homme devenait l’une des figures les plus respectées de la scène musicale de son pays. Tour à tour producteur, chanteur, danseur, compositeur, et porte-parole virulent, Rainford Hugh Perry fut à l’origine d’un reggae sound numérisé et expérimental qui, sous l’appellation de Dub, lui valut les faveurs du gotha de la musique jamaïcaine et le surnom de ″Scratch″. Après avoir créé son propre studio, The Black Art, Bob Marley fait appel à lui pour plusieurs singles et pour le premier album avec les Wailers, Soul Rebels, sorti en 1970 puis pour Soul Revolution l’année suivante. C’est à cette époque que la musique jamaïcaine et que The Upsetters – le collectif à géométrie variable qui accompagne Perry sur scène comme en studio et qui compte en son sein Robbie Shakespeare (basse) et Sly Dunbar (drums) – commencent à se faire une réputation mondiale. Logiquement, l’aura du studio commence à attirer des artistes séduits par l’originalité des techniques et du son Black Ark. Ce fut le cas de The Clash, Robert Palmer, Paul McCartney ou les Beasty Boys. Après un court exil au Royaume-Uni, où il était particulièrement reconnu, le sorcier du reggae s’installe en Suisse avec sa famille et, en 2019, sort son propre album, Heavy Rain. Lee Scratch Perry s’est éteint hier dimanche 29 août à l’âge de 85 ans. 

Patrick BETAILLE, septembre 2021

Bunny Wailer – Le Blackheart Man n’est plus!

Auteur-compositeur-interprète jamaïcain, Neville O’Riley Livingston – dit Bunny Wailer – est l’un des membres fondateurs d’une formation avec Bob Marley et Peter Tosh. Il chante, compose et joue des percussions. Au départ le groupe qui pratique le ska et le rocksteady s’appelle The Juveniles. Après plusieurs changements de nom, c’est finalement The Wailers qui obtient la reconnaissance du public jamaïcain en 1964 avec un premier hit, le single Simmer Down. Suivra un premier long play, Catch a Fire puis Burnin’, annonciateur d’une reconnaissance mondiale. Ce début de notoriété pose problème à l’artiste qui s’efforce de suivre les préceptes du mouvement rastafari et qui, moralement, a du mal à se plier aux contraintes et exigences des tournées à l’étranger. Finalement Bunny Wailer quitte les Wailers en 1974 pour entamer une carrière une carrière solo. Blackheart Man, son premier album,  paraît en 1976. Le chanteur, qui quitte rarement la Jamaïque, attend 1986 pour entreprendre sa première tournée internationale. Disques et prestations ne connaitront jamais le succès dont jouit Bob Marley qui, entretemps et suite au départ de Peter Tosh, a procédé à une refonte complète des Wailers. Aujourd’hui le monde de la musique pleure l’une de ses légendes, le plus pur et le plus intègre des génies du reggae. Neville Livingston est mort à l’âge de 73 ans au Andrew’s Memorial Hospital de Kingston en Jamaïque. Il est temps de se replonger dans la discographie de cet immense artiste car, comme le dit justement un fidèle lecteur de Sète: ″on a pas fini d’attendre la relève!

Patrick BETAILLE, mars 2021

Hibbert Toots – Le Soulman Jamaïcain n’est plus!

Le musicien jamaïcain Frederick Nathaniel Hibbert, dit ”Toots”, est mort vendredi 11 septembre à Kingston à l’âge de 77 ans. Il avait été plongé dans un coma artificiel depuis le début du mois, après avoir été admis à l’hôpital en raison de problèmes respiratoires conséquents à une infection au Coronavirus.

En 1968, le ska est la musique la plus populaire en Jamaïque, The Maytals s’orientent vers le rocksteady, une musique au rythme plus lent et donnant plus de place au chant et aux claviers, et sort Do the Reggay. La chanson restera celle qui donna son nom à un nouveau genre musical car, avec son groupe, Hibbert Toots fut le premier à avoir utilisé le mot « reggae », bien avant avant que Bob Marley ne devienne une icône. Ses tubes – Pressure Drop repris par The Clash et Monkey Man par The Specials – ont été à l’honneur dans les années 1970. Avec sa fougue et sa voix chaude, Hibbert Toots fut l’un des plus vibrants et éloquents chanteurs jamaïcains. « Son esprit est avec nous, sa musique nous remplit d’énergie et je ne l’oublierai jamais » [Ziggy Marley].

Patrick BETAILLE, septembre 2020

Toots and the Maytals – Live!

Toots and the Maytals Live

Ni scandale ni censure, ni controverse à propos de cet album. Juste une performance originale. En 1980 le groupe envisage de rentrer dans le Guinness Book of World Records. De fait, un concert au London’s Hammersmith Palais est enregistré, mixé, packagé et distribué en moins de 24 heures. Malheureusement le record ne sera pas homologué car une telle démarche nécessite une information officielle et préalable à l’événement. Personne au sein de la maison de disque n’avait fait le nécessaire en ce sens. C’est ballot! L’ idée de départ et sa mise en œuvre restent néanmoins louables. Quant à l’énergie légendaire de la bande à Frederick Nathaniel Hibbert – dit ″Toots″ – elle est bel et bien là, comme en témoigne ce disque évidemment historique.

Patrick BETAILLE, juin 2014

Le Cover Art Emblématique en Livre: In Vinyle Veritas!