Black Joe Lewis and the Honeybears – Scandalous

Black Joe Lewis: ScandalousC’est un pote – dont l’addiction au canapé n’a d’égale que l’obsession du Duke pour son tapis – qui me fit découvrir ce brûlot qu’est Scandalous, deuxième disque de Black Joe Lewis & the Honeybears. Voici donc un quatuor rock balançant tout de go 11 titres imprégnés de Soul, de funk et de Rhythm & Blues qui ne sont pas sans rappeler le J. Geils Band , James Brown , Wilson Pickett , ou encore Otis Redding. Les guitares de Joe Lewis et Zach Ernst sont grasses et méchamment incisives, comme en témoigne le duel avec les cuivres sur ″Mustang Ranch et ″Booty City″. Sur ″Black Snake″ et ″She’s So Scandalous″ c’est la rythmique qui se taille la part belle ; en bons ours mal léchés Bill Stevenson assure des lignes de basse magnifiques et Matthew Strimska sort de ses fûts des grooves palpitants ou hypnotiques. ″Livin’ in the Jungle″ est tendu, brut et dynamitesque ; Lewis y hurle son meilleur James Brown sur un savant mélange de funk primitive et de Soul débridée. Plus loin surgissent d’autres influences. ″You been lying″ flirte allègrement avec une espèce de Rhythm & Blues teinté de Gospel. Avec ″Ballad of Jimmy Tanks″ et ″Jesus took my Hand″ c’est du Delta Blues  électrique version R.L Burnside dont on se délecte.  L’ensemble est énorme, terriblement efficace avec en fil rouge l’omni présence d’une section de cuivres digne de la grande époque Stax. Ce disque est une tuerie ! Plus chaud qu’un cataplasme à la moutarde, aussi moite qu’un dessous de bras d’estivant, il pulse autant qu’un émoi d’adolescent et claque comme des volets un jour de grand vent.  Pour peu que vous l’écoutiez fort vous réaliserez avec Scandalous que jamais la fusion du rock et de la Soul n’avaient atteint un tel niveau.

Patrick BETAILLE, juin 2012

Jim Marshall – Trust

© Photos: Jim Marshall

 

Jimi Hendrix brûlant sa guitare à Monterey c’était lui. Le doigt d’honneur de Johnny Cash à Saint Quentin, encore lui. Le grand écart de Chuck Berry toujours lui ! A partir de 1959 Jim Marshall a shooté les plus grandes Stars et couvert les rassemblements majeurs qui ont marqué l’histoire du Rock ; le Monterey Pop Festival ou Woodstock il y était. Il a également été le seul à avoir réussi à couvrir les coulisses du dernier concert des Beatles à San Francisco en 1966 ou la tournée historique des Stones en 1972. Sa passion pour la musique et la photo l’ont amené à développer un lien particulier avec les artistes qu’il captait sur scène ou dont il tirait le portrait ; c’est d’ailleurs par ce biais qu’il a participé à quelques 500 pochettes d’albums (Alman Brothers, Jefferson Airplane…) Faire des photos n’a jamais été un job, c’était ma vie, tout simplement! ″. Jim a définitivement remisé son Leica le 24 Mars 2010 à l’âge de 74 ans. Reste son témoignage photo sous forme d’albums éblouissants; deux d’entre eux, regroupant clichés et anecdotes, sont indispensables : Trust et Not Fade Away.

Patrick BETAILLE, avril 2012

 

Musique Box – La Musique par les grands photographes!

 

480 pages, 450 photos de 300 artistes ; le tout mis en scène sur des textes du journaliste Gino Castaldo qui, de façon originale,structure l’ensemble  autour d’une dizaine de rubriques cohérentes et intimement liées. A tout seigneur tout honneur, c’est la guitare qui sur des accords magiques s’enflamme sous les doigts de Jimmy Hendrix ou se sacralise avec Django Reinhart. Vient ensuite une série de portraits consacrée au couvre chef, cet élément indissociable d’artistes tels que  Bob Marley, Lemmy ou encore Jake et Elwood. La magie de la nuit est évoquée aussi ; magie de la clandestinité, des énergies cachées, de l’obscurité indispensable aux artistes et à leur intimité. C’est quelques pages plus loin que cette intimité acquiert de la profondeur dans les yeux Jeff Buckley ou de Kurt Cobain dont les portraits en disent long sur les doutes, la folie et les angoisses qui les animent et les font avancer artistiquement. Dedans et dehors, tout est prétexte à la captation de ce qui s’exprime sur et devant la scène. Que ce soit à Woodstock ou à Venice, qu’il s’agisse de Joe Cocker  ou d’un fan anonyme, il est toujours un moment où il se passe quelque chose de « spécial ».  A mi lecture, arrêt sur le Backstage pour des « avant » ou « après » concert, toujours révélateurs de ce qui a eu lieu ou de ce qui va arriver au cours de l’instant privilégié qui consiste à fêter la musique, quelle qu’elle soit. Quand on voit Jimmy Page biberonner une bouteille de Jack Daniels on est en droit de s’imaginer pour la suite le pire… ou le meilleur. Au chapitre suivant,  Bowie se métamorphose, les membres de Kiss se travestissent à l’excès ou Vincent Furnier joue d’artifices pour devenir Alice Cooper. Tous expriment ou traduisent un ressenti ; même Angus Young lorsqu’il dévoile ses arrières, même Boy George… euh…non rien en fait ! Ressenti, disais-je, qui devient, bon gré mal gré, une projection, une marque de fabrique voir un identifiant, et ce au même titre que les tatouages d’ Axl Rose, les dreadlocks de Bob Marley ou le maquillage de Marilyn Manson. Mais quand tombent les masques ou que le rideau se ferme Gainbourg devient Serge dans un cave de Saint Germain, Billy Joel fait le plein de sa bécane, le Pink Floyd au complet se prépare à un match de foot, Robert Plant et Roger Daltrey s’affichent en gentlemen farmer  et Johnny Cash pouponne. Comme quoi… Qu’en est il de la vie ordinaire et de la normalité quand on devient un artiste célèbre ? Musique Box, aux Editions Du Chêne, ne répond pas à la question dans ce livre indispensable mais affiche  » le son des regards, les notes du corps, la symphonie des mouvements pour restituer l’intégrité visuelle de la musique « .  Pour ce qui concerne l’identité sonore, l’auteur suggère en annexe et pour chaque artiste présenté dans l’ouvrage un album choisi selon des critères entièrement personnels. C’est tout con mais il fallait y penser!

 

 

Flexx Bronco – Vol.2

Flexx Bronco Vol 2″Diantre, fichtre et sacrebleu″ – s’écria la comtesse – ″Charles-André qu’est ce donc que cette musique de sauvages ?″

Une belle surprise en cette fin d’année ; le genre de truc qui vous pète à la face sans que vous y attendiez le moins du monde et qui vous laisse sur votre séant tellement c’est efficace. M’est avis que les graisseux et autres headbangers affûtés avaient déjà dans leur playlist du Flexx Bronco cru 2006.  Aujourd’hui revoilà le quatuor de San Fransisco avec 14 titres plus Rock que Hard et plus Punk que Heavy. Une cinquantaine de minutes de plaisir instantané et d’efficacité redoutable. Flexx Bronco n’invente rien, les gus jouent ce qu’ils aiment, ils aiment ce qu’ils jouent et ils le font bien ; la rythmique efficace, les guitares tranchantes et la voix travaillée au mauvais alcool devraient plaire aux amateurs de American Dog, Supersuckers ou de tout autre groupe de bad boys chers à leurs oreilles. Vol.2 est intense certes mais il est aussi surprenant, notamment avec ″Lauren blues in A″, un bon gros blues bien noir et bien plombé qui ralentit le rythme tout en maintenant la pression. Surprenant également ce « Johnny’s saloon » aux accents de country/bluegrass déjantés que ne renieraient pas ces fous de Honky Stomp. Pour terminer, il faut noter que Bad Reputation a eu  une excellente idée: La première édition européenne de ce disque se voit adjoindre le Vol 1, le premier EP 6 titres du groupe.

″Charles-André ?! Cessez de vous agiter comme un damné, éteignez ce mange disque et faites moi penser à convoquer le Père Grégoire dès demain,  je trouve que cette pièce sent le soufre ! Charles-André ?!″

Patrick BETAILLE, décembre 2011

 

Scorpions – In Trance & Virgin Killer

Scorpions censure In Trance

[Extrait]: Sorti en 1975, In Trance, le troisième album des teutons s’inscrit comme déterminant quant au Hard Rock mélodique qui assurera au groupe un succès grandissant. La bande à Klaus Meine se fait donc remarquer et pas qu’au travers des compositions. La pochette de l’album, oeuvre du photographe Michael Von Gimbut  exhibe une femme au téton apparent,  tenant une guitare (la Stratocaster de Ulrich Roth) sous elle. Ce sera  la première de la série de pochettes du groupe à avoir été censurée. Quand je pense qu’à l’époque j’avais acheté le disque rien que pour la pochette, sans connaitre le goupe, ni même écouter. C’est grave docteur?

L’année suivante sortira Virgin Killer: La pochette originale fait à nouveau scandale. Une jeune fille pré-pubère pose entièrement nue et le sexe est caché par un impact sur une vitre. Excepté en France, la pochette est censurée et remplacée par une photo du groupe. La polémique dure, enfle et culmine en décembre 2008. Le IWF (Internet Watch Foundation)  juge la photo de l’album non seulement indécente mais potentiellement illégale de par son aspect pédopornographique. Plusieurs FAI britanniques interdisent alors l’accès à la consultation de la page de Wikipédia.

Sorpions censure Virgin Killer


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, novembre 2011

 

 

Driving Dead Girl – D’ont Give a Damn about Bad Reputation!

 

De la scène Belge émergent régulièrement des artistes ou des groupes tôt ou tard susceptibles de marquer les esprits. Attention, on oublie Anny Cordy ou Plastic Bertrand, on parle de Rock là hein! faut pas déconner quand même ! Non, en fait je fais plutôt allusion à K’s Choice, Scabs, Willy Willy, Ghinzu, Black box revelation, Tc Matic, Deus … j’en passe et des meilleurs… Plus anecdotique:  qui se souvient encore des Wallace Collection et de leur Daydream ? Personne ? tant pis, concentrons nous sur le missile du jour : Driving Dead Girl.

Leur deuxième album – Don’t give a damn about bad reputation – initialement sorti au pays de la frite en 2010 déboule chez nous grâce au label Bad Reputation. Une fois de plus louons la vista d’Eric Coubard qui n’a pas son pareil pour signer sur son label des valeurs sûres tout en faisant preuve d’initiatives plus qu’heureuses. Excusez du peu mais là en l’occurrence le patron se paye quand même le luxe de rajouter à l’album d’origine la bagatelle de l’intégralité du premier opus du groupe, soit sept titres ! Résultat nous voilà avec dans les mains un brûlot de 18 titres et pas loin d’une heure de rock des plus énergiques à la sauce John Spencer Blues Explosion. C’est bien foutu, couillu, velu, pointu, c’est tout ce que vous voulez qui puisse rimer avec coup de pied au cul. DDG balance du Punk  – Garage survitaminé qui fait mouche immédiatement tellement c’est bourré d’énergie primaire enrobée de guitares saturées, de rythmiques bastons et de voix travaillées à la clope et à la bibine. Bref, un pur concentré de Rock’n’Roll dont la fougue et la production vous laisse à penser que décidément ce doit être un truc qu’il faut absolument voir sur scène histoire de rajouter quelques relents de cuir, de sueur et de bière . Foi de Marcel Destroy, il y a longtemps que j’avais pas pris une baffe comme celle-ci et c’est foutrement bon; du coup je vais de ce pas graisser mes tiags. Quant à vous, je suppose que vous savez ce qu’il vous reste à faire!

Patrick BETAILLE, juin 2011

 

Keith Richards – Life

 

Comment dire… Une biographie qui débute bien avec l’enfance, la jeunesse, la découverte du blues et ses influences, les rencontres, les débuts du groupe et les galères. Un bouquin qui s’achève bien également avec notamment une peinture assez pointue de la dégradation relationnelle Jagger/Richards qui débouche sur le changement de cap musical de l’auteur avec les X-pensive Winos et son implication avec les jamaïcains de Wingless Angels. En gros c’est 200 pages sur les quelques 600 qui composent ce pavé. Non, le problème c’est les 400 autres pages. Dope mode d’emploi ! Tout ou quasiment tourne autour de çà, rien que çà. On savait qu’on y couperait (Mmouarf !) pas mais que c’est loooong… même si au détour d’un joint ou d’un fix on arrive à glaner quelques infos dignes de ce nom : les problèmes avec Anita, les compos, les embrouilles judiciaires, les rencontres, les gosses, l’open tunnig etc… Globalement rien de fondamental et somme toute une peinture assez People et frustrante. On aurait aimé en savoir plus sur les relations avec Mick Taylor ou Lennon, les rencontres avec  d’autres musiciens (le passage de Rory Gallagher au sein des Stones n’est même pas évoqué !). Et puis, faut quand même pas déconner, à en croire Keith tous les albums des Stones sont d’un très bon niveau ! Or tout le monde sait que depuis It’s only Rock’n’Roll en 1974 la production discographique des Glimmer Twins est assez moyenne, et ce, même si Some Girls et Tatto You sortent un peu du lot. Bref, en refermant le livre on aurait aimé avoir les Sticky Fingers ; ce n’est pas le cas et c’est dommage. Allez, disons que ça restera un assez  bon bouquin… dès qu’il sera disponible en format Poche.

Johnny Spence – Full Throttle, No Brakes.

 

Graissez vos bananes et astiquez vos pompes car the good old time of Rock’n’Roll est revenu. Avec ses 13 titres et pas loin de 45 minutes d’énergie pure Full throttle no brakes vous replonge dans l’univers des Cats et autres Jerry ou Chuck. Pas question de faire semblant ou de se la jouer Revival!  Johnny Spence n’est ni plus ni moins qu’ un ancien membre (Basse) du greatest R&R band in the world: The Pirates! Et  Doctor’s Order  me direz vous ? Hormis le fait qu’il s’agisse d’une référence à Lee Brilleaux et sa bande nous avons à faire là à un trio Finlandais qui assure comme si c’était la dernière fois en infligeant à vos guiboles des impatiences incontrôlables. Au cours d’une de leurs récentes tournées Doctor’s Orders avaient invité le Johnny en question  à chanter avec eux et visiblement le courant est passé puisque les voilà réunis pour cet album historique qui s’achève par une version de Bye bye Johnny qui vous donnera envie de consommer sans modération et de remettre les gaz. Je le sais c’est le ″ Kidd ″qui me l’a dit !

Patrick BETAILLE, avril 2010

The Carburetors – Rock’n’Roll Forever

Une découverte n’est pas forcément liée à un lancement médiatiquement tapageur. Elle peut être aussi le fruit du hasard et notamment le résultat accidentel d’une recherche orientée et partiale. Voilà ce qui arrive lorsque l’on s’aventure sur le Net dans la quête d’informations sur le réglage de carburateurs ! On tombe sur ça !

The Carburetors nous viennent du Nord et s’inscrivent parfaitement dans cette mouvance qui prouve une fois de plus et si besoin en était que Suédois et Norvégiens se sont bien approprié le Rock, voir même qu’ils en assurent la pérennité. Formé en 2001, ce groupe de Hard Rock d’Oslo livre depuis le début un savant mélange de Boogie, de Rock’n’Roll et de Métal qui fait immédiatement penser au fruit d’une union improbable entre Chuck Berry et Motorhead. Paru début 2009 Rock’n’roll Forever est leur quatrième Cd. Tempo rapide, grosse rythmique, solos affûtés, grattes saturées et voix graisseuse ; tout y est, y compris quelques riffs bien gras qui ne seraient pas pour déplaire à un certain Angus Jeune. Force est de constater que le quintet aquavité n’est pas là pour faire dans la dentelle et on s’en serait un peu douté en parcourant la Track List : Burnout, Burning Rubber, Feel Alive, Fire it Up, Rock’n’Roll Forever…Vous voilà prévenus bande de pt’its graisseux et autres amateurs de décrassage de cages à miel, ces 14 titres de Fast Forward Rock’n’Roll sont pour vous, y compris le dernier : la reprise anecdotique de… Daddy Cool (Boney M) que vous allez bien sûr leur pardonner.

Patrick BETAILLE, mars 2010

 

Ooh la la – Free at Last

 

Pour faire simple en cette période où il de bon ton de s’abreuver de cocktails divers et variés voici une petite recette qui vous garantira un pur moment de Rock explosif ! Prenez un tiers de rock efficace, un tiers de Soul déjantée et un tiers de Hard Seventies. Versez le tout dans un shaker blindé, ajoutez une bonne dose d’énergie, un soupçon de groove et liez le tout à l’aide de  la plus plombée des rythmiques. Après vous être assuré de l’étanchéité du contenant partez secouer  l’ensemble sous les cieux australiens et dès votre retour consommez le mélange sans modération. Avec ″Ooh la la″ nous avons à faire à un quatuor de Sidney qui a tout compris du Rock High Energy qu’il pratique avec une fougue et une authenticité sans égales. Leur premier album ″Free at last″ est sans conteste une des toutes meilleures surprises de 2009 dans la catégorie gros rock qui tache. Voilà un CD, pour peu que vous puissiez monter le son sans déclencher une avalanche de plaintes, qui va malmener vos cervicales et vous faire sortir les couilles par les oreilles. Une première écoute vous rappellera sans doute Led Zeppelin ou les black Crowes grand cru (Qui s’en plaindrait ?) mais très vite vous serez bluffés par le savoir faire de ce combo talentueux qui avec ses congénères Koritni, Airbourne,et autres Jet prouve si besoin en était que le Rock n’est pas mort et que c’est en Australie qu’il bande encore. Vivement un deuxième opus!

Patrick BETAILLE, décembre 2009