Wallace Collection – Daydream

 

Il est de ces formations que l’on ne connaît que grâce à un tube. C’est le cas de ce groupe de pop rock belge dont certains membres – Raymond Vincent et Jacques Namotte – sont issus de l’Orchestre National de Belgique. One-hit wonder par excellence, Daydream a été élaboré autour de thèmes classiques composés par Tchaïkovski, notamment celui du Lac des Cygnes. Installé à Londres, le groupe tire son nom du ″Wallace Collection″, un musée situé près des studios Abbey Road dans lesquels est enregistré un premier LP: Laughing Cavalier. En dernière position sur l’album, Daydream parait en tant que single promotionnel en 1969. La chanson bucolique à souhait évoque le souvenir d’une relation amoureuse passée. ″Rêverie, je me suis endormi parmi les fleurs. Pendant quelques heures de ce jour magnifique je t’ai rêvée parmi les fleurs. J’ai repensé à ces endroits où je suis allé avec toi. Comme ce ruisseau au bord duquel nous étions assis quand je t’ai embrassée et tenue dans mes bras. Dis moi pourquoi, dis moi pourquoi tu es si timide?″. Ça claque hein? La mélancolie du texte est accentuée par une ligne de basse obsédante et des ″La la la″ répétés ad libitum durant les deux dernières minutes du morceau qui en fait quatre [NDLR – on pourrait en rire si musicalement ce n’était pas aussi bien foutu!]. N°1 en Belgique, le titre est devenu un énorme hit dans 21 autres pays et, fort de sa soudaine notoriété, le groupe effectue des tournées en Europe, aux Etats-Unis, au Mexique et en Amérique du Sud. Les singles suivants (Love et Serenade), connaitront un certain engouement, sans pour autant atteindre le niveau de celui de Daydream, repris en français par Claude François. Après trois albums, Wallace Collection se sépare en 1971 et se reforme en 2005 avec un nouveau line up.

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Patrick BETAILLE, novembre 2022

 

ACDC – Highway to Hell

 

Je roule sur l’autoroute vers l’enfer. Pas de signaux STOP, pas de limitation de vitesse. Rien pour me ralentir. J’y vais. C’est l’heure de la fête, mes amis seront là aussi. Hé satan?! Je paye mes dettes en jouant dans un groupe de rock. Maman?! Regarde moi! Je suis en route pour la terre promise″.

L’on prétend souvent que ce texte évoque le ressenti d’Angus à l’égard des tournées de AC/DC: « C’est un enfer quand des heures durant t’es enfermé dans un car où règnent les odeurs de sueur et de chaussettes sales« . En 2009 Brian Johnson prétendait dans la presse que le texte avait été écrit dans le bus, celui avec lequel il fallait une éternité pour se rendre de Melbourne ou de Sydney à Perth. ″Quand vous roulez très longtemps et que le soleil couchant ressemble à une boule de feu, Il n’y a rien d’autre à faire que se palucher ou jouer aux cartes. C’est au cours de l’un de ces périples que Bon a pondu les paroles″. L’idée est là, certes, et ça se tient. Mais que nenni! La véritable origine de l’histoire de cet autoroute vers l’Enfer je vais vous la conter céans. Je la tiens d’un mien ami qui – quand il parvenait à rester à jeun plus de 24 heures et entre deux missions d’intérim en tant que chien policier – exerçait les professions enviées d’inséminateur de kangourous et d’organisateur de courses de koalas. C’est ainsi qu’au fin fond de la ″Down Under Land″ il eut l’occasion de rencontrer feu Ronald Belford Scott – chanteur de son état – qui lui dévoila la vérité. De source sûre donc, il s’agit en réalité d’une voie nationale australienne, la Canning Highway, celle qui relie la banlieue de Perth et le port de Fremantle. À mi-chemin, un hôtel et son pub – The Raffles – réputé à l’époque pour son ambiance rock aussi chaude que les nanas du coin. Un endroit que fréquentait assidument Bon Scott. Il logeait pas loin et s’y rendait régulièrement en pèlerinage pour se taper bon nombre de… tartines de houblon et rasades de jus de malt avec ses potes. Si vous voulez du sang, en voilà! À l’approche du lieu, au sommet d’une côte et avant un plongeon dans une descente abrupte, une intersection au niveau de laquelle, alcool et vitesse aidant, beaucoup de fêtards ont été envoyé ad patres. De triste réputation, la route fut donc surnommée la Highway to Hell.  

Paroles simplistes, chant en mode chat écorché, guitares assassines, rythmique métronomique et chœurs à l’unisson sur le refrain. La recette est imparable. Avec If You Want Blood (You Got it) en face B, le single est publié le 27 juillet 1979 en Australie, en même temps que l’album du même nom qui sortira le 3 août dans le reste du monde sur le label Atlantic, avec à la clef des ventes à hauteur de 7 millions d’exemplaires. En janvier 1980, un concert de la tournée Highway to Hell a lieu à Southampton en Angleterre. Ce sera la dernière apparition sur scène de Bon Scott qui mourra le 19 février.

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Patrick BETAILLE, octobre 2022

Les Irresistibles – My Year is a Day

 

1966. Ce n’est pas un américain qui débarque à Paris, mais quatre. Quatre garçons de 16 ans : les jumeaux Jim et Steve McMains, Tom Arena et Andy Cornélius. Ils sont arrivés avec leurs parents expatriés et fréquentent l’ ASP, l’American School of Paris. Déjà branchés musique, il commencent à se produire en animant des soirées au sein de leur communauté et, grâce à leurs interprétations proprettes de chansons du moment, finissent par se faire remarquer par CBS.  Sous le nom de Les Irresistibles, un premier single sort en mars 1968. Pour la musique, le label a fait appel à un certain William Sheller, alors jeune compositeur débutant de 21 ans qui, pour la circonstance, utilise une partition écrite à l’origine pour Dalida et qui ne sortira qu’au mois de juin sous le titre de Dans la Ville Endormie pour réapparaitre en 2021 dans la bande son du James Bond No Time to Die (Mourir peut Attendre). Juste avant les grèves du mois de mai 68, My Year Is a Day devient un tube en France, grâce notamment à une campagne promotionnelle rondement menée. Sur la pochette du disque, les quatre minets portent des fringues de couturier à la mode et courent devant la toute nouvelle Triumph que l’on retrouve en trois exemplaires dans le scopitone tourné sur le circuit automobile de Montlhéry. La TR5 apparaît même en double page des grands magazines avec l’accroche suivante ″Les Irresistibles Triumphent″. Si, si, j’vous jure, trop balèzes les publicistes! Quant aux paroles, elles sont signées par le guitariste du groupe Tom Arena qui, comme souvent à l’époque, exploite le thème de la déception amoureuse. ″J’aspire vraiment à autre chose, mais je sais que ça prend du temps. Mes pensées se bousculent. Il me semble que je l’ai perdue il y a des années. J’ai tellement besoin d’elle, comment puis-je aller de l’avant en étant aussi triste. Je me sens si mal″. Énorme succès en Europe. Le single se vend à 2 millions d’exemplaires dans le monde. Malgré d’autres tentatives comme Why Try to Hide paru à l’été 1969, le groupe ne connaîtra jamais un engouement équivalent. Les Irrésistibles repartent aux Etats-Unis puis se séparent en 1971 après avoir enregistré Christmas Bells Will Ring, la version anglo-saxonne de Petit Papa Noël, tout compte fait pas si irrésistible que ça.

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Patrick BETAILLE, octobre 2022

The Frost – Rock & Roll Music

 

2’45, applaudissements compris puisque le titre a été enregistré live au Grande Ballroom de Detroit dans le Michigan. Composé par le guitariste chanteur Dick Wagner que l’on retrouvera plus tars en studio aux côtés d’Alice Cooper (Billion Dollars Baby  et School’s Out) et sur scène avec Lou reed ( Rock ‘n’ Roll Animal et Lou Reed Live). Hymne brut, simpliste et efficace, Rock & Roll Music n’y va pas par quatre chemin. Pour ceux qui auraient la comprenette difficile, le gimmick ″rock and roll music″ est répété 30 fois. Simple et efficace vous dis-je! Même si à 1’35, histoire de clarifier les choses un fois pour toutes on a droit à: ″Le rock, c’est tout ce que tu as dans en tête. Le rock c’est exprimer ce qu’il reste à dire. Le rock c’est ce dont tu as besoin pour être libre″. Sorti en même temps que le LP en 1969, le single viendra renforcer le succès – hélas éphémère – de The Frost, pourtant déjà populaire sur la scène de Detroit aux côté de MC5 et des Stooges. 

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Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Peels – Juanita Banana

 

Dans une petite ville tranquille, au sud de la frontière mexicaine, vivait la jolie Juanita, fille d’un planteur de bananes. Elle rêvait de chanter à l’opéra, mais son père se moquait d’elle. Pourtant, tous les jours, dès son travail accompli, Juanita chantait. Un jour, Juanita déménagea et parti en quête de richesse et de célébrité. Il ne lui fallut pas plus de deux chansons pour être acclamée par le monde entier. Resté à la maison, son père était stupéfié. Sa Juanita Banana une star ? Il décida de bruler ses plants, se rendit à la ville et s’acheta une guitare″. Voilà une histoire Ô combien épique qui valait bien le témoignage musical qui germa dans la tête du producteur Tash Howard. Son idée? Faire interpréter par un groupe, créé pour la circonstance, une chanson qu’il avait écrite avec Murray Kenton et que sa société de production (Howard-Smith Productions) financerait. Composé de Gail Allan, Bill Spilka, Harvey Davis et Harold Swart, The Peels enregistrent donc le fameux Juanita Banana. Sur la pochette originale, aucune information liée aux sources musicales. Le refrain est pourtant bel et bien tiré d’un air de bel canto extrait du Rigoletto de Giuseppe Verdi écrit 115 ans plus tôt. dès sa parution en 1966 le single devient culte, au point d’atteindre la cinquante-neuvième place au Billboard Hot 100 et de trouver un écho international avec des interprétations plus ou moins loufoques. En France, c’est le comique de service cher à Maritie et Gilbert Carpentier qui y va de sa version scopitonée. Henri Salvador y apparaît grimé en Juanita aux longs cheveux nattés et en père pourvu de moustaches fournies qui plus tard inspireront Philippe Martinez. Certains se souviennent peut-être aussi du film Le Goût des Autres (2000) et de cette scène impayable au cours de laquelle Jean-Pierre Bacri, reconnaissant l’extrait de l’opéra diffusé en musique d’ambiance, se met à entonner Juanita Banana. Quant à Tash Howard, il fera d’autres tentatives avec deux nouveaux singles, Juanita Banana-Part 2 et Scrooey Mooey, suivis d’un EP également nommé Juanita Banana. Mais le succès ne sera pas au rendez-vous. C’en était fini de The Peels.

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Patrick BETAILLE, octobre 2022

 

Aphrodite’s Child – Rain and Tears

 

Demis Roussos, Loukas Sideras et Vangelis Papathanassiou jouissent déjà d’une solide réputation dans leur pays, la Grèce, quand ils décident pourtant de changer d’air suite au coup d’état et à la dictature instaurée par les militaires. Le trio veut tenter sa chance Grande-Bretagne et, en mai 1968, c’est le départ d’Athènes en direction de Londres. À ce moment là, ça balance pas mal à Paris où leur avion reste bloqué à cause des grèves. N’ayant toujours pas obtenu leurs permis de travail anglais, les musiciens décident de rester dans la capitale française et d’y enregistrer leur premier album sous le nom de Aphrodite’s Child. Mercury Records investit alors les studios parisiens de Philips et suggère de commencer par travailler sur un single musicalement basé sur Canon per tre Violini e Basso. Vangelis ne tarde pas à adapter les arrangements du fameux Canon de Pachelbel et c’est à Boris Bergman, jeune auteur français, débutant et glandeur de première, qu’incombe l’écriture des paroles en anglais. Non productif, il se retrouve enfermé par le staff dans son bureau: ″Tu ne sortiras de là qu’après avoir pondu un texte″! C’est de sa fenêtre qu’il aperçoit un cortège funéraire sortant d’une église voisine. Il pleut – rain – et certains sont en pleurs – Tears. La chanson Rain and Tears et son cortège de mélancolie sur fond d’amour déchu est enfin enregistrée. ″La pluie et les larmes c’est la même chose. Quand tu pleures en hiver, tu peux prétendre que ce n’est rien d’autre que de la pluie, mais au soleil tu dois assumer″. Sniff!

Se pose alors le problème du pressage. Les usines sont à l’arrêt. L’équipe finit par dénicher dans une arrière boutique de Saint-Ouen une ancienne unité de pressage qui est redémarrée pour la circonstance. Sorti en juin, le single devient très rapidement le tube de l’été 1968. il Disque d’or avec plus d’un million d’exemplaires vendus, il culmine pensant 5 mois à la première place du hit-parade en France où il sera également la meilleure vente de l’année. End of The World – le LP – sort en novembre. La tracklist comporte évidemment le dégoulinant et accrocheur Rain and Tears qui ne sera pas étranger au succès international de l’unique groupe pop/rock hellénique: Aphrodte’s Child.

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  Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

 

 

NAPOLEON XIV – They’re Gonna to Take me Away

 

Derrière le pseudo de NAPOLEON XIV se cache en fait le nom de l’ingénieur du son d’un studio new-yorkais, un certain Jerry Samuels. En 1966, en pleine période de psychédélisme il décide d’écrire et d’enregistrer une chanson simpliste, sorte de pied de nez ironique et humoristique à la tendance mystique, littéraire et surréaliste du moment. Il faudra pas moins de 9 mois à ce doux dingue pour atteindre son objectif, la principale difficulté consistant à travailler sans musiciens et surtout sans section rythmique. Il fait donc appel à quelques uns de ses amis pour enregistrer une piste de grosse caisse, un autre de tambourin et une troisième de claps de mains. Une fois finalisé, l’ensemble est ensuite mixé sous forme de boucle répétitive à laquelle est ajouté le son d’une sirène à manivelle louée 5$. Pour la voix, l’ingénieur fait appel à ses compétences de technicien en utilisant un séquenceur à vitesse variable qui lui permet de moduler son propos – aussi bien dans les aigus que dans les graves – tout en y ajoutant de l’écho et les hurlements de la sirène. Quant aux paroles, elles abordent le thème de la folie, celle dans laquelle le héro sombre quand sa copine le quitte. ″Rappelle-toi quand tu as voulu te barrer. Je me suis mis à genoux et je t’ai suppliée de ne pas faire ça car je savais que j’allais devenir fou. Tu es partie quand même, et maintenant tu vois, je suis complètement cinglé et ils veulent m’enfermer″. Craignant qu’on lui reproche de se moquer des maladies mentales, l’auteur décide de rajouter un dernier couplet: ″J’ai fait ta bouffe, j’ai entretenu ta maison et c’est comme ça que tu me remercies pour tout cet amour désintéressé? Hein? Eh bien tu vas voir, il te retrouveront et il te mettront à l’ASPCA  espèce de chien galeux″(NDLR. ASPCA: Société américaine pour la prévention de la cruauté envers les animaux). C’est donc à cause de la fuite de son clébard parti en goguette que notre héro pète les plombs! Pour preuve, l’illustration du LP montre NAPOLEON à proximité d’une bouche à incendie sur laquelle tout bon canidé qui se respecte est censé pisser. Sauf que là, au bout de la laisse et dans le collier rien! They’re Coming to Take Me Away, Ha-Haaa! sort en single en juillet 1966. Contre toute attente et bien que censuré sur certaines radios (BBC notamment), le titre fait un carton et se retrouve instantanément N°3 au top 100 du Billboard, N°1 au cash Box, N°2 au Canada et N° 4 au Royaume-Uni. C’est tout simplement la face A jouée à l’envers qui figure la face B titrée !aaaH-aH ,yawA eM ekaT oT gnimoC er’yehT. Même les infos présentes sur l’étiquette sont intégralement imprimées à l’envers. Sans conteste une aventure musicale dans laquelle on se serait pas étonné outre mesure de voir débarquer le Screwy Squirrel de Tex Avery! En dernière position sur le LP paru la même année, la réponse attribuée à Joséphine XV: I’m Happy They Took You Away, Ha-Haaa! (Je suis contente qu’ils aient fini par t’enfermer).

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Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Moody Blues – Nights in White Satin

 

Changement de label et de cap en 1967 pour les Moody Blues qui laissent de côté les reprises rythm and blues pour se consacrer au rock psychédélique. Pour leur deuxième opus, Polydor souhaite leur faire enregistrer une version rock de La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák. Préférant graver leurs propres compos avec un orchestre de musique classique, les Moody Blues deviennent alors les précurseurs d’un rock symphonique qui, de l’aveu de Ian Anderson (Jethro Tull), sera une source d’inspiration incontestable, y compris pour ce qui concerne l’approche conceptuelle de ses productions futures. Paru en novembre, Days of Future Passed est en effet basé sur un projet : aborder le quotidien d’un individu et, logiquement, la track list de 7 titres débute par The Day Begins pour s’achever sur un Nights in White Satin sorti simultanément en single. Nous y voilà! La chanson a été écrite par le chanteur-guitariste Justin Hayward, inspiré par le cadeau de sa petite amie: une paire de draps en satin blanc. L’épisode devient très rapidement l’un des hymnes du rock progressif et joue dans la même catégorie que A Whiter Shade of Pale de Procol Harum. ″ Des nuits de satin blanc sans fin… Je t’aime, oh oui je t’aime, oh comme je t’aime, je ne peux en dire plus…″ Paroles romantico-mélancoliques à souhait, habillage symphonique, utilisation de la  flûte et du tout nouveau Mellotron, harmonies vocales et son remarquable offrent pour un temps un beau succès international (numéro un en France et au Canada ) au single qui connaitra un fort regain de popularité à la fin des années 70. Nights In White Satin a fait l’objet de nombreuses reprises y compris de la part de Glen Hughes (Music for the Divine – 2016). En France, Léo Ferré fait directement référence au morceau dans sa chanson C’est extra, lorsqu’il fredonne : ″… C’est extra, un Moody Blues qui chante la nuit, comme un satin de blanc marié…″. Cos I Iooov Yuuuuu, yes I looov Yuuuuu!

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Patrick BETAILLE, septembre 2022

 

 

Sex Pistols – God Save the Queen

 

Flashback d’actualité. En juin 1977, Elisabeth II fête ses 25 ans passés à la tête d’un royaume balloté entre traditions pesantes et crise économique et sociale. The Queen parade dans les rue de Londres dans un somptueux carrosse de 5 tonnes tiré par 8 chevaux luxueusement harnachés. Ce jour là également, les Sex Pistols et quelques 200 invités se retrouvent pour une mini croisière sur la tamise à bord de la ″Queen Elisabeth″, une embarcation au nom prédestiné louée pour la circonstance. C’est Malcom McLaren, le manager du groupe, qui avait imaginé ce coup de pub au cours duquel le God save the Queen version punk énervé devait être joué sous les murs de Westminster et du parlement. Une façon comme une autre de protester contre la censure dont avait été victime le single sorti un mois auparavant. À l’époque, le titre était en effet interdit de radio, de vente dans certaines enseignes et Johnny Rotten et ses amateurs nihilistes n’avaient même plus le droit de se produire sur les terres de la perfide et flegmatique Albion. L’expédition n’arrivera pas à destination. La police fluviale aborde la péniche et contraint tout le monde à regagner les quais sur lesquels une escadre de bobbies sont prêts à intervenir. Devant le refus général de débarquer, les autorités décident de charger. Début d’émeute, bagarre générale et 11 arrestations. On ne plaisante pas avec la royauté surtout pas sous couvert de propos injurieux: ″Dieu sauve la reine. Le régime fasciste fait de toi un crétin. Ne te laisse pas imposer ce que tu ne veux pas. Ne te laisse pas guider dans tes choix. Il n’y a pas d’avenir, aucun avenir pour toi… Dieu sauve la reine, elle n’est pas humaine…″. Malcolm McLaren, après avoir été tabassé, menotté et emprisonné cette nuit là, sera jugé dès le lendemain puis libéré sans être condamné; probablement afin d’éviter que de l’huile ne soit jetée sur le feu. Finalement, 250 000 exemplaires de ce God save the Queen revendicatif et provocateur seront vendus dès la première semaine de sa publication, atteignant la première place dans les charts du New Musical Express et la deuxième au classement officiel des singles britanniques. ″Rien à Foutre de ces Conneries″ [traduction élégante de Nevermind the Bollocks] est le titre de l’unique LP studio sorti en octobre 1977 et sur lequel figure le single en question]. Here’s the Sex Pistols!

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Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Trashmen – Surfin’ Bird

 

En 1963, le premier album de The Trashmen à suffit pour renvoyer dans leurs 22 mètres les groupes de surf rock basés en Californie du Sud. Plus habitué à pratiquer un rockabilly de qualité,  très populaire chez les ados, qu’un garage rock approximatif, le groupe va connaître cette année là un succès aussi soudain qu’incroyable avec un titre complètement déjanté: Surfin’ Bird. C’est le batteur Steve Wahrer qui a eu l’idée de combiner The Bird’s the Word et Pa Pa Ooh Mow Mow, deux titres d’un groupe de Doo Wop de l’époque: The Revingtons. Une fois en studio, rythmique hypnotique et effets spéciaux sur les voix ont été combinés avec des onomatopées répétées à l’envie et des paroles sans queue ni tête. ″Tout le monde a entendu parler de l’oiseau. Eh bien, oiseau est le mot! Pa pa ooh mow mow, pa pa ooh mow mow! ″. Le tour est joué! Contre toute attente, début 1964, les Éboueurs sont dans le top 10 de leur pays avec ce truc décomplexé illustrant le rock & roll dans sa version la plus basique et la plus sauvage. Ce Surfin’ Bird d’anthologie a piaillé dans les bandes son de plusieurs films (notamment Full Metal Jacket de Stanley Kubrick en1987 et Le Vilain, d’Albert Dupontel en 2009) et mis en cage par plusieurs groupes dont les Ramones, The Cramps, Sha Na Na et Silverchair. En 1988, la chanson est adaptée en français sous le titre J’aime Le Beurre par Au Bonheur des dames sur leur album Jour de fête.

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Patrick BETAILLE, août 2022