Bill Steber – Voyage au Pays du Blues

Photos Bill Steber Blues

 

Diplômé en photographie par la Tennessee State University, ce photographe américain travaille pour un journal de Nashville. Il obtient plus de trente prix de photojournalisme régional et national. En 1993, il entame un projet de documentation sur le Blues dans le Mississipi. La démarche prendra plusieurs années durant lesquelles Bill Steber parcourt villes, villages et campagnes à la recherche de tout ce qui touche à ce genre musical en tant que culture mais aussi mode de vie. Ramassage du coton, événements religieux, musiciens, maisons, ambiances de clubs, tout est là pour témoigner sur ce qui a donné naissance ou influencé le Blues. Les photos parlent avec magie de peines, de douleurs et de misère mais aussi, d’espérances, de ferveurs et de joies. Elles sont porteuses de beaux mystères ou de joyeux désespoirs que vient renforcer le noir & blanc tout au  service d’une fantasmagorie que l’on a envie d’explorer. Explorer pour enfin savoir si le Blues est une musique sacrée ou une musique du diable alors que c’ est peut être tout simplement la musique des hommes qui se retrouve ici visuellement replacée dans une démarche à perspective historique, similaire à celle du label discographique Music Maker.

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014