Dominique Tarlé – Like a Rolling Stone

Dominique Tarlé Exile

 

L’ impôt a parfois des effets inattendus, surtout lorsqu’il s’agit de l’exil fiscal qu’il génère. 1971, après la sortie de Sticky Fingers, les Rolling Stones, escroqués par leur manager et menacés par le fisc anglais se barrent dans le sud de la France. Dans une villa louée à Villefranche sur Mer ils installent musiciens, studio mobile, femmes, enfants et tout ce dont ils ont besoin pour enregistrer leur prochain album. Le résultat de cet isolement forcé c’est un double album,  Exile on Main St, considéré aujourd’hui comme un classique du rock et l’un des meilleurs albums des Stones. Pendant son séjour doré la bande à Jagger  invite également quelques potes ou proches. Dominique Tarlé, photographe engagé volontaire du Rock, en fait partie. Il connaît bien le groupe qu’il suit déjà depuis quelques temps et accepte donc de consacrer une journée à shooter les gitans du Rock dans ce nouvel environnement. Il reste finalement 6 mois dans la Villa Nellcôte où, armé de ses objectifs, il immortalise le quotidien des mauvais garçons en plein trip sex, drugs and rock’n’roll. Exile, le livre des Editions Genesis, sort en 2001. Les 1740 exemplaires sont épuisés en quelques jours. Quant à la somptueuse version Luxe signée par Dominique Tarlé et Mick Taylor,  tirée seulement à 260 copies je vous laisse deviner.  Que faire pour contempler les quelques 280 tirages historiques – presque tous en noir et blanc – sinon attendre une hypothétique réédition? Ben rien! Sauf partir en quête du Graal sur le net après avoir cassé la tirelire ou se contenter de ce que quelques sites sérieux et documentés mettent à disposition. Ici par exemple!

Bill Steber – Voyage au Pays du Blues

© Photos: Bill Steber

 

Diplômé en photographie par la Tennessee State University, ce photographe américain travaille pour un journal de Nashville. Il obtient plus de trente prix de photojournalisme régional et national. En 1993, il entame un projet de documentation sur le Blues dans le Mississipi. La démarche prendra plusieurs années durant lesquelles Bill Steber parcourt villes, villages et campagnes à la recherche de tout ce qui touche à ce genre musical en tant que culture mais aussi mode de vie. Ramassage du coton, événements religieux, musiciens, maisons, ambiances de clubs, tout est là pour témoigner sur ce qui a donné naissance ou influencé le Blues. Les photos parlent avec magie de peines, de douleurs et de misère mais aussi, d’espérances, de ferveurs et de joies. Elles sont porteuses de beaux mystères ou de joyeux désespoirs que vient renforcer le noir & blanc tout au service d’une fantasmagorie que l’on a envie d’explorer. Explorer pour enfin savoir si le Blues est une musique sacrée ou une musique du diable. C’est peut être tout simplement la musique des hommes qui se retrouve ici, visuellement replacée dans une démarche à perspective historique, similaire à celle du label discographique Music Maker.

 

Roger Kasparian – Photographe des Sixties

Roger Kasparian Archives inédites d'un photographe des sixties

Roger Kasparian passionné par la musique de son époque traquait sans relâche les stars du Rock et de la Pop. Faisant des aéroports de Paris son studio, notre homme a mitraillé tous les groupes passant par la France des sixties: Beatles, Rolling Stones, Who, Beach Boys, Yardbirds, ou Kinks, Roger Kasparian les a tous immortalisés, les suivant dans leurs loges ou les rues de Paris, parfois même chez eux ou en studio. « Ces images ont été à deux doigts de rester enfouies dans un studio photo de Montreuil si une rencontre entre le photographe et Alexandre Stanisavljevic, qui fait commerce de vieux vinyles, n’était pas venue donner un petit coup de pouce au destin. « J’ai dû faire quelques milliers de photos. Vous voulez les voir ? » Non seulement les photos sont excellentes, mais elles datent d’une époque où les Who, débutants, débarquaient en minibus à Paris, où les Beatles n’étaient pas encore des monstres de foire, où les yéyés n’étaient pas étroitement cornaqués par les maisons de disques. »J’étais jeune, j’avais leur âge, les choses étaient simples. Il n’y avait pas de barrière entre nous« , se rappelle Kasparian, 75 ans aujourd’hui. Il n’était pas une star de la photo, de la tribu des Jean-Marie Périer et consorts. Il se fondait dans le décor, shootait dans son coin, généralement opposé à celui des professionnels, et suivait ses « sujets » dès leur arrivée à l’aéroport jusque dans leur hôtel en passant par les salles de l’époque » (Édouard Launet pour Libération). Des expositions, notamment à Londres et Paris, ont récemment mis en lumière ces magnifiques clichés. Aujourd’hui ce sont les Editions Gründ  qui sont sur le point de rendre hommage à Roger Kasparian en publiant en Octobre prochain un ouvrage relié regroupant des centaines de photos rares, inédites ou intimes, témoins de l’effervescence innocente des Sixties.

Patrick BETAILLE, septembre 2014