Le lundi c’est permis – 25 Centimètres

Publicité SPA ItalieEn 2011, la star du X Rocco Siffredi prête son image à la SPA italienne au profit d’une campagne contre l’abandon des animaux en été. Le slogan? ″HO SEDOTTO E ABBANDONATO MA NON IL MIO CANE″ (J’ai séduit, j’ai abandonné, mais jamais mon chien). A peine placardée sur les murs des villes transalpines, l’affiche fait l’objet de parodies plus en rapport avec le fond de commerce de Monsieur 25 centimètres. Le slogan devient beaucoup plus percutant: ″SI LO ABBANDONI TI INCULO!″. Capito? Le message dissuasif est raide et la menace parvient à s’immiscer au plus profond des réseaux sociaux en jouissant d’une popularité qui finit par inonder la toile. Rhââ Lovely!

Patrick BETAILLE, janvier 2020

 

Manuel Litran – La Route des Vacances

Photo Manuel LitranLa photo date de juillet 1980. C’est Manuel Litran, photographe pour Paris-Match, qui, à sa manière, témoigne contre l’une des conséquences des exactions à mettre au crédit de la connerie humaine. Le mignon petit chiot pelucheux a grandi, grossi, il prend de la place, il n’amuse ni n’attendrit plus personne et demande à ceux qui ont désormais ″autre chose à faire″ de lui accorder un peu d’attention. Vient le temps des vacances. Que faire de cet encombrant qui n’a plus de ″compagnon″ que le nom? Rocky va de fait rejoindre ses 139 congénères qui gisent sur l’asphalte. Ils ont été abandonnés par leurs propriétaires et la SPA ne peut répondre à l’ampleur du désastre que par l’euthanasie. Voilà pour la triste histoire de ce cliché douloureusement révélateur. Depuis cette époque, la SPA ne procède plus à ces éliminations massives. ″Nous n’euthanasions pas par facilité ou pour des raisons de quotas… Nous faisons euthanasier par des vétérinaires uniquement pour raisons de santé, de souffrance extrême ou de dangerosité…Mais aujourd’hui encore et chaque année 100.000 animaux de compagnie sont lâchement abandonnés. Parmi eux 60.000 le sont en été, période durant laquelle monsieur, madame et leur progéniture éprouvent un irrépressible besoin de liberté en nus-pieds à scratch et lumières clignotantes. Reste que le désastre en question est globalement passé sous silence par des médias qui préfèrent nous abreuver jusqu’à plus soif – l’expression est de circonstance – d’allégations étriquées et de reportages lénifiants à propos de la canicule du moment. ″Raymonde branche le ventilo et passe moi une aut’ bière! Faut boir’ frais, l’ont dit à la télé″!

Patrick BETAILLE, juillet 2019