
[Marcel Ohayon. Auteur: Pensées dans un Mouchoir]: ″ Les jours passent, le chat s’étire – The days go by, the cat stretches.″
Novembre 2025

Cinq décennies que ce guitariste, compositeur, chanteur et harmoniciste originaire du New Jersey prêche la bonne parole du blues incandescent. Cet ancien de Canned Heat et des Bluebreakers de John Mayall n’a visiblement pas l’intention de se reposer sur ses lauriers. À 74 ans, Walter Trout est plus motivé que jamais et il nous offre une restitution brute et sans concession de ce blues rock qui lui colle à la peau. Plus rock que blues et sans pour autant céder à la nostalgie, les dix titres du nouvel album cohabitent entre fureur et volupté. D’emblée Artificial déboule avec un tempo lourd et un riff monstrueux qui mènent tout droit à la langueur bluesy de Blues on My Pilow. Brutal, lancinant et éruptif, Sign of the Times et son orgie sonore exploite une ambiance des plus sombres. Autres temps, autres mœurs. Place à l’ode à l’amour qu’est Mona Lisa Smile, une superbe ballade acoustique. Plus classiques au sens noble du terme, Hightech Woman, I Remember et Hurt no More. Autour d’envolées évoquant l’univers tourmenté de Jimi Hendrix, No strings attached mijote avec une classe éblouissante. Contraste de son et de style, clin d’œil à Sonny Terry et Brownie McGhee avec Too Bad, un blues acoustique intime qui fait la part belle à l’harmonica. L’album s’achève en beauté sur ce Struggle to Believe tout en puissance qui montre pourquoi Walter Trout fait partie des grands du blues rock.
Sign of the Times est une déclaration qui va bien au-delà d’une expression musicale basique. Captivant dès la première écoute, il perpétue l’histoire et le style d’un vétéran du blues qui, avec plus de 40 albums à son actif, est reconnu pour ses performances électrisantes et ses compositions émouvantes.
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Patrick BETAILLE, novembre 2025

[Charles Bukowski – Contes de la folie ordinaire] ″ La fille a croisé les jambes, en remontant sa robe, et je me suis dit qu’il fallait mourir pour connaitre le paradis – The girl crossed her legs, pulling up her dress, and I thought to myself that one had to die to know paradise ″
Patrick BETAILLE, novembre 2025
[Extrait]: Le quatrième album du groupe de hip-hop californien The Coup devait sortir au début du mois de septembre 2001. Prémonition? Le visuel initialement prévu mettait en scène Boots Riley et Pam the Funkstress déclenchant à distance la destruction du World Trade Center. En raison de l’allusion fortuite à ce qui s’est réellement passé lors des attentats du 11 septembre, le lancement du disque a été repoussé. Party Music paraitra donc le 6 novembre, illustré par la photo d’une main tenant un verre à cocktail.
In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art
Patrick BETAILLE, novembre 2025

Pour Anesthetic, son premier album solo paru en 2019, Mark Morton – connu pour mitrailler les riffs comme un GI sous amphètes – s’était livré à une approche plus conventionnelle du hard rock en se démarquant du heavy/trash metal de Lamb of God.
Avec le récent Without the Pain, le guitariste américain confirme le virage au frein à main et dévoile une autre facette de ses talents. Sur le beau cover art de ce deuxième opus on le voit de profil et on imagine son regard posé sur l’horizon de ces influences country rock et blues rock. Pour la circonstance Morton a fait appel à quelques potes triés sur le volet. Au fil des dix titres l’on découvre de fait les participations de membres de Clutch, Blacktop Mojo, Blackberry Smoke ou Tyler Bryant & The Shakedown. Entre autres.
Musicalement l’ensemble tient la route et s’avère très efficace grâce à un cruise control qui permet de rouler en toute décontraction entre rock marécageux (without The Pain), shuffle (Hell & Back), blues rock torride (Forever In The Light), ballade mélancolique (Come December), doom tonitruant (Noctural Sun) et americana (Kite String). Dernière station avant l’autoroute; faire le plein; direction le Sud, la Virginie. Dust, rageur et percutant, Brother à la fois classique et magistral et The Needle & The Spoon une réinterprétation sincère du classique de Lynyrd Skynyrd. L’album s’achève sur le rire d’un enfant avec Home, un titre au lyrisme mélancolique qui baigne dans une ambiance musicale envoutante.
Avec une tracklist haut de gamme Without the Pain est un album convaincant qui trouvera très facilement sa place aux côtés du Whomp Whack Thunder de Whiskey Myers.
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Patrick BETAILLE, novembre 2025
[Source: Romain Bély – Journal Sud Ouest]. Au cœur du Sud-Ouest montagneux, le photographe amateur béarnais, Éric Carrère sublime le massif pyrénéen avec des images magiques. Ce père de famille est commercial dans les assurances, ce qui l’invite à sillonner les routes du département des Pyrénées-Atlantiques, propices à quelques repérages. Le photographe s’est pris de passion pour l’image à la fin des années 1990; depuis L’appareil s’est perfectionné, les optiques se sont multipliées et l’œil s’est aiguisé. Cette photo de la lune sur le pic du Midi de Bigorre résume surtout la quête technique qui consiste à se trouver au bon endroit au bon moment, retient Éric Carrère.
Patrick BETAILLE, novembre 2025

Dixit Cody Cannon, chanteur et compositeur, le nom de son groupe aurait été inspiré par un certain Myers, un sans-abri et ivrogne notoire qui vivait au bord de la rivière du patelin. À l’époque, Cannon et ses potes l’avaient surnommé ″ Whiskey ″. C’est en utilisant ce sobriquet qu’en 2008 la formation sort son premier album: Road of Life.
Avec leur septième album, les six musiciens originaire de l’est du Texas qui composent Whiskey Myers, se révèlent au sommet de leur art pour perpétuer l’esprit du Southern Rock dans sa version la plus viscérale, loin des envolées de Lynyrd Skynyrd, Outlaws, Molly Hatchet et consort. ″ One, two, one, one, one, one! ″. Quand la country se joint au blues dans une exaltation propulsée par le rock, Whomp Whack Thunder incarne a lui seul le concept roots du rock sudiste. Rythmes percutants et guitares hargneuses sur Time Bomb et Tailspin alors que Midnight Woman s’ouvre sur un riff lent ambiance vaudou avant de se libérer sur un tempo classic rock. Ramblin’ Jones, titre à la fois séduisant et menaçant brille d’un groove tourbillonnant dont bénéficie également un Break These Chains plus bluesy. Born To Do, petit joyau de folk dans lequel narration, dobro et slide cohabitent à merveille. Vient enfin le moment de Monsters, une composition mélancolique dont les paroles qui explorent les thèmes de la peur, de la solitude et de l’espoir vous prennent aux tripes tant la musicalité et surtout l’interprétation sont émouvantes.
Portées par le chant habité de Cody, les mélodies sont imparables. Onze pépites taillées dans la masse pour conduire Whiskey Myers vers des horizons où sincérité, énergie, et sensibilité font la loi. Whomp Whack Thunder est non seulement un coup de tonnerre, c’est un grand album. Très grand!
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Patrick BETAILLE, octobre 2025