Stéphane Deschamps – Blues Power

Avis aux amateurs! Pour moins de 30 euros il serait dommage de louper cet ouvrage passionné, érudit et vivant publié chez GM Editions. Quatrième de couverture: ″ Le Blues, c’est comme une couverture pour ton âme″. Raconter l’histoire du Blues peut sembler aussi facile que d’en jouer : il suffirait d’en répéter les accords, les thèmes et les lieux communs, comme chaque génération peut le faire depuis au moins 80 ans. Mais dans chaque génération, il y a aussi des musiciens qui cherchent à innover, à dévier, à creuser, à croiser et plus généralement à exprimer leur personnalité et leur propre voie plutôt qu’à imiter. Ils sont les forces vives du Blues Power! C’est en suivant leur contre-exemple que Stéphane Deschamps s’attache à raconter le blues autrement, avec humour et gourmandise. Des ancêtres africains du blues à leurs héritiers délurés, de Charley Patton à Jack White, l’auteur creuse et élargit l’histoire de cette musique, mère de toutes les musiques modernes. A travers des histoire, des anecdotes, des légendes, des analyses, des digressions, une discographie/filmographie commentée, de nombreuses interviews inédites et des souvenirs de reportages qu’il la réalisés, il donne corps à cette histoire toujours vivante, celle du Blues ″.

Livre Stéphane Deschamps Blues Power

John Lee Hooker en couverture, 256 pages brochées et enrichies de nombreuses photos pour cette Histoire Parallèle du Blues. En supplément et pas des moindres, l’édition est accompagnée du Dvd The Soul of a Man, véritable sublimation de la musique en version cinématographique dans laquelle Wim Wenders redonne vie à ces légendes oubliées que sont Blind Willie Johnson, Skip James, JB Lenoir et bien d’autres. Plus d’infos: Maudits, poissards ou taulards, ils sont les légendes du blues!

Patrick BETAILLE, avril 2019

Le lundi c’est permis – Enfin Libre!

Sans roues stabilisatrices

 


Ça n’est pas un poisson d’avril! Hier dimanche mon papa a démonté les roues stabilisatrices de mon vélo! Enfin libre!


Patrick BETAILLE, avril 2019

Alice Cooper – Love it to Death

Censure Love it to Death

[Extrait]: Sorti en 1971, Love it to Death est sans conteste l’album grâce auquel tout a commencé pour Alice Cooper. Alors qu’avec les prédécesseurs Pretties for You et Easy Action le groupe de Vincent Damon Furnier flirtait sans réussite avec un rock Psychédélique expérimental, ce troisième album est l’annonce d’une métamorphose radicale due essentiellement à la présence aux manettes d’un nouveau producteur. Bob Erzin oriente le quintet américain vers une écriture et un son high energy, plus adapté à ce qui se faisait à l’époque du côté de Detroit avec les Stooges et MC5. Il s’occupe aussi de leur image en mettant en place un show théâtral et trash grâce auquel les prestations scéniques d’Alice et sa bande font l’objet de tous les excès. Dans une ambiance grand-guignolesque et une profusion de décibels, poupées décapitées à la hache, chaise électrique, guillotine, simulacre de pendaison, camisole de force et boa constrictor se succèdent durant les concerts qui révèlent néanmoins de réels talents chez les musiciens. Narrateur cynique et provocateur d’une Amérique sombre et déprimée, Alice Cooper devient une attraction et se voit désormais classé dans la catégorie Shock Rock… D’abord sorti sur le label de Frank Zappa, Love it to Death bénéficie d’un tel succès que Warner Bros Records rachète les droits, offre un nouveau contrat au groupe et ressort l’album en exigeant toutefois une modification du cover art. En effet, l’illustration originale de la pochette montre une photo en noir et blanc du combo au milieu duquel le leader déjanté donne avec son pouce l’impression d’exhiber son pénis. L’image sera donc retravaillée afin que l’outrance soit cachée par la cape du chanteur. Au final, ce nouvel opus sera pour Alice Cooper celui d’une reconnaissance internationale méritée et confirmée dans la foulée par Killer la même année, School’s Out en 1972 et Billion Dollars Babies en 1973. C’est aussi et surtout l’album qui contient le premier gros hit du groupe: I’m Eighteen!

Patrick BETAILLE, avril 2019


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Philippe Moine – Têtes de l’Art

Caricatures de Philippe Mone
© Philippe Moine

 

Philippe Moine le dit lui même en introduction: ″ C’est dans le journal Pilote, dans les années 70, que je découvre les caricatures des Grandes Gueule de Ricord, Mulatier, Morchoisme puis de Jean Michel Renault…″ Aujourd’hui, cet autodidacte palois qui au fil du temps est passé du crayon à l’acrylique, nous livre ce qui se fait de mieux dans le domaine de la portraiture hyperréaliste et exagérée. Les Têtes de l’Art sont là! Deux magnifiques ouvrages en format 24 x 32. Plats et dos cartonnés, 72 pages pour le volume 1 consacré à la musique, la peinture et aux humanistes; 80 pages pour le volume 2 dédié au cinéma, au théâtre et à la littérature. De Miles Davis à Didier Wampas, de Tim Burton à Bruce Willis les rencontres sont éblouissantes et l’on a la chance de pouvoir croiser Keith Richard, Freddie Mercury, Gainbourg, Zappa, Quentin Tarentino, Maïwenn et bien d’autres, tous sublimés par la justesse du détail et la précision du trait. La déformation des visages et le particularisme des attitudes tirent parti d’un beau travail sur les lumières. Les couleurs sont parfaitement maîtrisées et la brillance du papier sans grain vient transcender l’illustration flanquée d’annotations de la main de  l’artiste. Pas de verbiage, juste l’essentiel, avec çà et là quelques clichés et anecdotes venant étayer, souvent avec humour, des relations parfois privilégiées entre croqueur et croqué. Un vrai régal! Philippe Moine est vraiment une Tête de l’Art. Indispensables à tout adepte du genre ou amateur de beaux livres, ces classieux Têtes de l’Art préfacés par Sebastian Krüger et édités à compte d’auteur sont disponibles au prix de 20€ par volume ou 35€ pour les deux (frais de port 7€ pour 1 ou 2 livres). À la demande, dédicace personnalisée de la part de l’auteur.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Manu Lanvin – Grand Casino

Manu Lanvin & Devil Blues

Pendant sa tournée 2017, Manu Lanvin et ses Devil Blues font un break en studio pour y enregistrer quelques reprises. Les trois jours prévus au départ se prolongent au point de donner naissance à un album complet.  Enregistré en mode live du côté de Forges les Eaux, Grand Casino prouve, si besoin en était, que Manu maîtrise son sujet à la perfection. Entre compos originales et reprises, l’album est un véritable kaléidoscope Blues & Roll. Highway to hell d’AC/DC, Satisfaction des Stones et Rock me baby de BB King revisités pour la circonstance débordent d’originalité pêchue. La version de Spoonful écrite par Willie Dixon, enregistrée en 1960 par Howlin’ Wolf et immortalisée par Cream, bénéficie ici de la présence poids lourd de Popa Chubby qui fait partie des invités. Accueillis également sur ce septième album, Beverly Jo Scott, Taj Mahal, et Paul Personne qui contribue au seul titre en français: Je suis le Diable. Si Blues Booze & Rock’n’Roll sorti en 2016 était l’album de la maturité, Grand Casino le confirme en ajoutant éloquence, énergie et plaisir, le tout diablement bien asséné par le power trio de choc: Devil Blues.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Sacrilège – Clapton is God!

Eric Clapton GodProbablement l’une des photos les plus célèbres de l’histoire du Rock. Nous sommes en 1965. Alors au sein des Yardbirds, Eric Clapton était en concert au Crawdaddy Club de Richmond à la périphérie de Londres. Le graffiti, soit disant l’oeuvre d’un fan inconditionnel, apparaît pour la première fois sur le mur d’une station de métro et élève le guitariste au rang de divinité: Clapton is God! Dans une interview en 1971 pour Classic Rock Magazine, l’artiste déclare que d’après lui il ne s’agit ni plus ni moins que d’un coup de pub. Quand les Yardbirds ont joué au Crawdaddy il y avait dans l’équipe un gars qui avait pour mission de jouer le rôle de chauffeur de salle en faisant la claque pour motiver le public. J’ai toujours été persuadé que c’est lui qui était à l’origine de cette inscription. Qu’importe! La légende était née et avec elle la répétition à l’envie sur les murs de Londres et d’ailleurs de l’emblématique sloganL’un de ces graffitis a été immortalisé alors qu’un cabot qui passait par là a trouvé opportun de se soulager précisément à cet endroit, même pas conscient qu’il serait à jamais figé pour la postérité. En avril 1965 God allait quitter les Yardbirds pour remplacer Peter Green au sein de John Mayall and The Bluesbreakers, puis, plus tard, pour fonder Cream.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Le lundi c’est permis – Homophonie

Homophone: Nom commun, masculin. En linguistique, se dit des termes qui se prononcent de la même manière mais qui ont un sens différent. 


Humour Jacques Brel


Ne me Kite pas ″! Cylindre Malossi, admission Polini, carburateur Dellorto ou échappement Dopler… La brêle du Grand Jacques n’en veut pas, elle veut rester dans son jus!


Patrick BETAILLE, mars 2019

Stray Cats 40 – Cat Fight

Stray Cats le Retour

Bonne nouvelle! Brian Setzer (guitare, chant)Lee Rocker (contrebasse) et Slim Jim Phantom (batterie) sont de retour. La formation originale du légendaire trio qui, en traversant le désert musical des années 80, avait redonné au Rockabilly ses lettres de noblesse, revient après 26 ans d’absence discographique. 12 nouveaux titres viendront célébrer le 40ème anniversaire de la formation. Cerise sur la banane, une tournée mondiale qui passera par la France est d’ores et déjà planifiée. Avis aux amateurs de Creepers, de Gomina et surtout de zique qui fait sortir les bijoux de famille par les oreilles, les Stray Cats ressortiront leurs griffes lors des concerts prévus entre autres à l’American Tours Festival de Tours le 6 juillet, aux Eurockéennes de Belfort le 7 juillet et au Musilac Festival d’Aix-Les-Bains le 13 juillet! En attendant et pour se mettre dans l’ambiance, un extrait de l’album intitulé ″40″ à paraître en mai: Cat fight!

Patrick BETAILLE, mars 2019

Janis Joplin – Cheap Thrills

 

[Extrait]: En août 1968, arrive dans les bacs l’un des disques les plus emblématiques de l’histoire du Rock : Cheap Thrills de Big Brother and the Holding Company avec, depuis juin 1966, Janis Joplin au chant. Le triomphe est aussi inattendu que total. Personne ne sait alors ce qui se cache derrière cette œuvre magistrale. À sa sortie, le disque est annoncé comme étant le premier de la formation. Dans les faits, un précédent opus a déjà été produit sur un petit label local mais son succès n’est pas allé au delà de la baie de San Francisco. Fans des comics underground, Janis et son groupe décident de faire appel à Robert Crumb pour le cover art. Le dessinateur se met au travail et finalise un projet jugé trop classique par la maison de disques. En pleine période Flower Power, Columbia souhaite plutôt une photo du groupe dans le plus pur style hippie californien du moment…

Durant la séance photos, Pearl et les musiciens picolent énormément, consomment diverses drogues, font la fête et l’ambiance kitsch du studio dégénère rapidement en un bordel sans nom où tout ce beau monde délire dans le plus simple appareil. Il fallait s’y attendre, aucune photo n’est vraiment exploitable. Le temps presse. Au final, Janis parvient à imposer le dessin de Robert Crumb, prévu au départ pour le verso, en tant que recto de l’album. Il s’agit d’une bande dessinée criarde composée d’un patchwork de visuels annonçant titres et crédits sous forme de bulles. Sur la jaquette, un fac-similé de sticker mentionne en blanc sur fond noir un  » Approved by Hell’s Angels Frisco « . Ennemis jurés, Hell’s Angels et Hippies ne s’apprécient guère. Ils se rejoignent néanmoins autour des mêmes valeurs que sont la marginalité, la route, le sexe et le LSD… Pour son travail, Robert Crumb a touché quelques 600 dollars. Il se raconte toutefois que, pour tout dédommagement, l’artiste n’eut que le droit de toucher les seins de Janis. L’album, qui à l’origine devait s’intituler Dope, Sex and Cheap Thrills (Drogues, Sexe et frissons bon marché), se retrouve classé en tête du Billboard pendant huit semaines et y restera presque deux ans. Aujourd’hui encore, Cheap Thrills reste l’un des témoignages les plus fulgurants du blues psychédélique californien, notamment grâce à une interprétation viscérale et inoubliable du titre composé en son temps par George Gershwin pour l’opéra Porgy and Bess : Summertime !

Patrick BETAILLE, mars 2019


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


 

Joanna Connor – Six String Stories

Joanna Connor Six Strings Blues

 

[Source Blues Web]: Joanna Connor voit le jour en 1962 du côté de Brooklin. Elle passe son enfance dans le Massachusetts et se retrouve très tôt baigné dans le Blues des albums de Taj Mahal et Jimi Hendrix que sa mère écoute à longueur de journée. Elle reçoit sa première guitare à 7 ans et adolescente elle forme plusieurs groupes à la High School qu’elle fréquente. Elle devient professionnelle en 1981, elle a 19 ans. En octobre 84 elle s’installe à Chicago et se retrouve au sein de The 43rd Street Blues Band, le groupe du guitariste Dion Payton. Joanna ravage littéralement les bars blues de la région avec ses solos de slide incendiaires et sa voix écorchée. Très vite sa réputation grandit allant jusqu’à la faire remarquer lors d’une prestation éblouissante quand elle assure derrière Payton pendant le concert au Chicago Blues Festival de 1987. Le signal est donné. La guitariste est prête et se sent capable de sillonner les Etats-Unis avec son propre groupe. Son premier album Believe It sort sur Blind Pig en 89 et un critique musical du Chicago Magazine décrit l’artiste comme ″ le nouveau talent le plus excitant de la scène blues ″. La même année, les lecteurs du magazine américain Guitar, la classent parmi les trois ″ leading female guitar players ″ de l’année reconnaissant en elle ″ the spirit of Freddy King ″. Elle reçoit également les félicitations de Buddy Guy, d’Otis Rush et de Jimmy Page. La dame enregistre ensuite plusieurs albums, notamment Living On The Road, Rock’n Roll Gipsy et Big Girl Blues. Sur Six String Stories paru en 2016, son style continue de s’affirmer sur des titres essentiellement Blues et Blues Rock, parfois teintés de Jazz mais toujours imprégnés de son jeu de slide guitar fulgurant. Alors bien sûr question physique et look vestimentaire nous sommes bien loin des canons guitaristiques à la Joanne Shaw Taylor ou Ana Popovic. Qu’importe! La Big Girl Blues n’a pas besoin de ça. Son talent a largement de quoi faire pâlir d’envie le haut du panier de la guitare au féminin. C’est sur scène, quand explosent une spontanéité, une énergie, une décontraction et une efficacité sans pareilles que Joanna Connor est inégalable, y compris lorsqu’elle s’exprime en petit comité lors d’une BBQ party. Hallucinant!

 

Patrick BETAILLE, janvier 2019