[Caitlin Moran – Journaliste anglaise]: When a woman says: ″I have nothing to wear″ what she really means is: ″There’s nothing here for who I’m supposed to be today″ – Lorsqu’une femme dit: ″Je n’ai rien à me mettre″, ce qu’elle veut dire en réalité, c’est: ″ Il n’y a rien ici qui corresponde à ce que j’ai envie d’être aujourd’hui ″.
C’est écrit sur la couv! Tana Douglas est tout simplement la première femme roadie au monde. Elle a à peine 16 ans lorsqu’elle quitte la maison, abandonne ses études et part sur la route. Elle découvre Janis Joplin et l’album Cheap Thrills. ″ Joe Cocker, Marvin Gaye, les Beatles, Les Stones et Cat Stevens étaient géniaux, mais Summertime c’était de l’émotion à l’état brut. Enfin quelqu’un qui parlait à mon cœur. Wow! Quelle nana! ″.
Rencontres, festivals, acides, la jeune rebelle finit par rejoindre l’équipe technique de l’équilibriste sur fil français Philippe Petit, de passage en Nouvelle-Galles. Retour au bercail après un bref séjour en prison pour possession de drogues et nouvelle escapade pour Melbourne où elle décroche un job chez AC/DC. Elle devient membre à temps plein de l’équipe juste après l’arrivée de Bon Scott fin 1974. Pendant deux ans, Tana participe à de nombreuses premières du groupe: première apparition télévisée, premiers disques et premières tournées au cours desquelles elle s’occupe du montage des scènes, du son, des lumières et de l’intendance. It’s a Long Way to the Top!
Loud est un témoignage fascinant sur le fonctionnement du combo des Frères Young à ses débuts mais pas que. Tout au long des 350 pages du livre, Tana évoque l’exaltation des tournées laborieuses et parfois surréalistes dans un monde exclusivement masculin et pas encore secoué par le mouvement #Metoo [Tana: ″ Peu importe qu’elle soit la meilleure à son poste, une femme devra toujours faire ses preuves ″]. Qu’il s’agisse d’accompagner Iggy Pop à travers l’Europe, de grimper dans les cintres alors qu’elle est enceinte de sept mois, de boire des shots de Jack Daniel’s avec Bon Scott dans les coulisses de Wembley, ou d’enfiler un costume sur mesure pour s’occuper des lumières d’Elton au château de Windsor, l’auteure a tout fait. Elle a aussi bossé pour Joan jett, Deep Purple, Iron Maiden, Lenny Kravitz, Ozzy Osbourne, Pearl Jam, Red Hot Chili Peppers, Status Quo, The Offspring, Police, les Who et bien plus encore ! Let There be Rock!
L’ouvrage (en anglais) est bien plus qu’un hommage à la vie de roadie. Il offre un aperçu captivant des coulisses de la scène rock des années 70 à 90. Mais au-delà de la frénésie des tournées, des extravagances des artistes et des excès en tous genres, Tana Douglas dévoile aussi les hauts et les bas d’un parcours personnel qui débute par une enfance difficile. Vulnérabilité, isolement, problèmes de couple ponctuent trente années de passion passées sur les routes et brillamment illustrées d’anecdotes savoureuses sur le rock en version live. Indispensable!
Un sujet de Philippe Lageat – interview en français réalisée le 4 mars 2021 pour Rock Hard: She is the Road Crew.
[Jean-Luc Godard – Cinéaste]: ″ Tout ce dont vous avez besoin pour un film, c’est d’un pistolet et d’une fille – All you need for a movie is a gun and a girl ″
John C. Kacere (1920-1999) était un peintre américain qui, à ses début, œuvrait dans l’expressionisme abstrait. En 1963, il s’oriente vers un hyperréalisme axé sur la plastique féminine. Même si en 1969 il peint sa première toile photoréaliste représentant le corps entier d’une femme, presque toutes ses peintures se focalisent sur la partie inférieure de ses modèles vêtus de lingerie. En 1978, l’une de ses peintures a été utilisée comme illustration du premier album éponyme du musicien Jorge Santana, le frère cadet du célèbre Carlos Santana. Le travail de l’artiste fait désormais partie des collections publiques de plusieurs institutions, dont le Stedelijk Museum d’Amsterdam, le Portland Museum of Art et le Speed Art Museum de Louisville dans le Kentucky. Certains des tableaux de John Kacere sont visibles ici: WikiArt.
[Lilian Day – Romancière]: ″ A lady is the one who never shows her underwear unintentionally – Une vraie dame est celle qui ne montre jamais ses dessous de façon non délibérée ″
Le chat Church (diminutif de Winston Churchill), est campé par deux félins abandonnés, Tonic et Leo. Tous deux font partie de la distribution du dispensable remake de Simetierre, le film tiré du roman d’épouvante de Stephen King. Ces deux Maine Coon n’étaient pas des professionnels mais ils étaient toutefois capables de feuler à la demande, de regarder fixement et d’attendre. À l’instar de leurs partenaires humains, les félins devaient également passer par la case maquillage afin de donner l’illusion qu’ils revenaient d’entre les morts. Il a fallu deux mois pour les habituer à ce processus. L’actrice Amy Seimetz a dû prendre des antiallergiques durant le tournage en raison de son allergie aux chats, qu’elle décrit comme ″ de vrais enfoirés, qu’ils reviennent d’entre les morts ou pas ″ ! Le film d’horreur de Kevin Kölsch est sorti le 10 avril 2019. Leo – aka Church – est décédé 2 mois après.
Bruce Springsteen est un peu à Chevrolet ce qu’Elvis fut à Cadillac: un concessionnaire en puissance! Grace au succès de l’album Born to Run paru en 1975, The Boss s’offre quelques années plus tard une Chevrolet Corvette édition 1960 qu’il achète à un vendeur de glaces de son quartier pour la somme – à l’époque exorbitante – de 6.000 dollars. La voiture en question est devenue la pièce maitresse d’une collection enrichie par la suite d’une Corvette Stingray de deuxième génération. Dans les années 80, place à une Chevrolet Z28 Camaro. Même si les Muscle Cars occupent une place de choix dans son garage, Bruce doit céder plus tard aux sirènes de la praticité. En 1991 il épouse la choriste du groupe E Street Band, Patti Scialfa, et trompe Chevy avec un Range Rover L322. Depuis, le couple ne jure que par quelque chose d’au moins aussi américain que la Corvette: une Jeep Cherokee.
Mais c’est bien Chevrolet qui occupe une place particulière dans le cœur de Springsteen. Une photo en noir et blanc prise par son ami Frank Stefanko lors d’une journée d’hiver dans le New Jersey en témoigne. Le Boss est assis sur le capot de sa Corvette C1. Le cliché illustre Born to Run, l’autobiographie de l’artiste parue en 2016, ainsi que le cover art de Chapter and Verse, la compilation qui accompagne le livre.
″ J’ai une Chevy de 69 avec un V8 de 6 litres et un levier de vitesses Hurst ″ chantait-il en 1978 dans Racing in the Street sur l’album: Darkness on the Edge of Town.
Status Quo, l’un des groupes de boogie rock britannique les plus significatifs des seventies, a définitivement marqué son époque grâce à un son reconnaissable entre tous et surtout à ses prestations scéniques des plus énergiques. Parmi la discographie du quatuor, On the Level paru en 1975 assure avec ses prédécesseurs Hello! et Quo une mise en valeur d’un groupe au sommet de ses pouvoirs créatifs, capturant l’essence de leurs performances live dans un environnement studio. Des chansons à l’énergie brute comme Down Down, Little Lady ou la reprise de Johnny B. Goode (Bye Bye Johnny) illustrent la capacité du Quo à créer des hymnes rock sur des rythmes entraînants accompagnés de riffs irrésistibles.
Au même titre que le contenu, le contenant est lui aussi captivant. Sur la pochette de ce huitième album, Francis Rossi, Richard Parfitt, Alan Lancaster et John Coghlan apparaissent dans un concept visuel créant une illusion d’optique qui capte immédiatement l’attention. C’est le designer Jack Wood qui a eu l’idée de ce cover art pour lequel les musiciens sont photographiés dans une Ames Room, du nom de son inventeur, l’ophtalmologue américain Adelbert Ames. Ce type de décor, inventé en 1946, génère une perception déformée de la taille et de la forme des objets ou des personnes qui s’y trouvent. La pièce est construite selon une forme trapézoïdale dans laquelle le mur du fond est beaucoup plus court d’un côté que de l’autre. Le sol et le plafond sont également inclinés pour épouser la forme de la pièce, créant ainsi l’illusion d’un espace rectangulaire. En plaçant les individus dans la pièce, ils peuvent sembler changer de taille de manière saisissante. La personne qui se trouve du côté le plus court de la pièce semble nettement plus grande que celle qui se trouve du côté le plus long, même si en réalité elles sont de taille similaire.
Publié sur le label Vertigo, le disque a atteint la première place du UK Albums Chart, devenant ainsi le deuxième album (après Hello en 1973) de Status Quo à se classer au sommet des charts.
[Source – Tana Douglas]: Né en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie, Philip Morris a débuté sa carrière de photographe à Sydney dès l’âge de 15 ans. À la fin des années 1960, il devient photographe pour Go-Set, la première publication nationale australienne consacrée la musique populaire. Philip s’est rapidement retrouvé à shooter les musiciens qu’il admirait en tant que fan. Il a ainsi immortalisé la toute première prestation professionnelle d’AC/DC et a continué à photographier le groupe pendant plusieurs années. Morris a également photographié pratiquement toutes les superstars internationales de passage en Oz-tralia, notamment Led Zeppelin, Pink Floyd, Paul McCartney, les Rolling Stones, Frank Zappa, Yes, les Jackson 5 et bien d’autres.
Sur 220 pages, It’s A Long Way, le livre paru en 2015, rassemble le travail du photographe capturant l’âge d’or de la musique australienne sur la période 1969-1979. Malheureusement il va vous falloir vous équiper de bottes et de frontale pour explorer le marché de l’occase et, avec un peu de chance, trouver From ACCA-DACCA to Zappa. L’ouvrage est épuisé!
Deux enfants quittent leurs écrans des yeux pour regarder au loin. Cette superbe fresque murale de l’artiste balinais WD (Wild Drawing) met en valeur son talent exceptionnel en matière d’anamorphose et de trompe-l’œil. Réputé pour intégrer de manière transparente des éléments architecturaux tels que fenêtres, gouttières et angles de murs dans ses œuvres, le street artiste transforme les façades des bâtiments en toiles narratives immersives. Pour cette œuvre peinte sur un immeuble de Aurec-sur-Loire (43110), l’effet tridimensionnel est remarquable.
Intitulée Melting Point la fresque murale a été réalisée lors de la 11e édition du Golden Street Art. En compétition avec 14 autres peintures, celle de Wild Drawing a obtenu pour 2024 le titre de la plus belle fresque murale réalisée en France.