Ken Kelly – Rainbow Rising

Rainbow Rising

 

[Extrait]: Au printemps 1975, Ritchie Blackmore, ténébreux pourvoyeur de riffs plombés devant l’éternel, quitte Deep Purple pour former son propre groupe. Depuis quelques mois déjà, il s’est acoquiné avec les musiciens du groupe Elf qui assure les premières parties des concerts du Pourpre. A l’exception de Ronnie James Dio, lutin hirsute aux cordes vocales surdimensionnées, les musiciens quittent la formation peu après la parution d’un premier essai quelque peu pompeux: Ritchie Blackmore’s Rainbow. Arrivent alors Tony Carey aux claviers, Jimmy Bain à la basse et Cozy Powell à la batterie. Tout ce beau monde entre en studio et, sous la houlette de Martin Birch, enregistre en 1976 et avec la contribution de l’Orchestre Philharmonique de Munich ce qui deviendra LA référence du Hard Rock mélodique: Rising. Tarot Woman, une longue intro aux synthés, suivie par une guitare galopante vite rejointe par une section rythmique dominée par la frappe lourde de Powell. Le décor est planté. Avec son timbre à la fois puissant et lyrique, et surtout cette aisance pour atteindre les notes hautes, la voix prend alors une ampleur inégalable. D’emblée on pénètre dans un monde féerique, celui qu’affectionne le regretté Ronnie James Dio, auteur de tous les textes et cosignataire de toutes les musiques. L’album culmine avec en face B deux titres très énervés de plus de 8 minutes chacun, modèles du genre. Stargazer tout d’abordun véritable joyau dans lequel Dio donne toute la mesure de son talent et Blackmore assure une prestation immense avec un solo mémorable. A Light In The Black enfin, morceau d’anthologie, encore un, le summum étant atteint avec un duel guitare/synthé éblouissant au cours duquel Powell martyrise sa double batterie comme il a rarement eu l’occasion de le faire, avant ou après. Imparable! Mais le premier contact avec ce monument a lieu via la pochette signée Ken Kelly, connu pour ses illustrations de Conan le Barbare, Tarzan, Vampirella mais aussi au travers de son travail pour Manowar, Kiss et Ace Frehley. Dans le plus pur style de l’Heroïc Fantasy, l’artiste marque les esprits avec cette main gigantesque émergeant des profondeurs d’un océan tempétueux pour saisir un arc-en-ciel (Rainbow). ″J’ai rencontré Ritchie et, à l’issue du rendez-vous, je savais très exactement comment traduire ce qu’il voulait. C’est ce que j’ai fait ″ (Ken Kelly). En 1981 Rising a été élu par le magazine Kerrang meilleur album de Heavy Metal de tous les temps.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Gennadiy Koufay – Canicule

Gennadiy Koufay Pin-Up
© Gennadiy Koufay

 

Né en 1961, d’origine russe, Gennadiy Koufay est très tôt encouragé par son père, ingénieur, à réaliser des dessins à connotation technique. Très vite le jeune homme va laisser de côté le dessin industriel pour s’orienter par goût vers une toute autre expression, beaucoup plus artistique. En 1973, il entre à l’Ecole des Arts de Sébastopol où il va développer de réels talents dans le domaine de la décoration. Après un début réussi dans la production théâtrale, Gennadiy est nommé décorateur en chef du théâtre de Sébastopol et parallèlement il parvient à acquérir une solide réputation dans l’univers de la mode et de la publicité. En décembre 1995, il s’installe à New York, puis un peu plus tarden Floride. Là, il travaille en tant qu’artiste indépendant et réalise plusieurs projets remarquables, notamment des œuvres décoratives pour le festival Fantasy Fest de Key West où glamour, Fantasy Art et Pin-Up sont à l’honneur. Dès lors, le peintre se consacre à ce qu’il a toujours voulu faire: célébrer la féminité. Bien que son travail, souvent assez suggestif, s’adresse à un public averti, Kouflay ne tombe jamais dans la vulgarité. Élégance et sensualité sont l’apanage de bon nombre d’acryliques, de dessins ou d’aquarelles qui traduisent un amour immodéré pour les courbes féminines. De Marylin, son idole, à Vampirella, l’ambiance torride générée par chaque toile est palpable; ce qui explique certainement pourquoi le premier volume consacré son travail est sous-titré Heatwave . C’est moi ou il fait chaud là tout d’un coup?…

Patrick BETAILLE, mai 2019

Philippe Moine – Têtes de l’Art

Caricatures de Philippe Mone
© Philippe Moine

 

Philippe Moine le dit lui même en introduction: ″ C’est dans le journal Pilote, dans les années 70, que je découvre les caricatures des Grandes Gueule de Ricord, Mulatier, Morchoisme puis de Jean Michel Renault…″ Aujourd’hui, cet autodidacte palois qui au fil du temps est passé du crayon à l’acrylique, nous livre ce qui se fait de mieux dans le domaine de la portraiture hyperréaliste et exagérée. Les Têtes de l’Art sont là! Deux magnifiques ouvrages en format 24 x 32. Plats et dos cartonnés, 72 pages pour le volume 1 consacré à la musique, la peinture et aux humanistes; 80 pages pour le volume 2 dédié au cinéma, au théâtre et à la littérature. De Miles Davis à Didier Wampas, de Tim Burton à Bruce Willis les rencontres sont éblouissantes et l’on a la chance de pouvoir croiser Keith Richard, Freddie Mercury, Gainbourg, Zappa, Quentin Tarentino, Maïwenn et bien d’autres, tous sublimés par la justesse du détail et la précision du trait. La déformation des visages et le particularisme des attitudes tirent parti d’un beau travail sur les lumières. Les couleurs sont parfaitement maîtrisées et la brillance du papier sans grain vient transcender l’illustration flanquée d’annotations de la main de  l’artiste. Pas de verbiage, juste l’essentiel, avec çà et là quelques clichés et anecdotes venant étayer, souvent avec humour, des relations parfois privilégiées entre croqueur et croqué. Un vrai régal! Philippe Moine est vraiment une Tête de l’Art. Indispensables à tout adepte du genre ou amateur de beaux livres, ces classieux Têtes de l’Art préfacés par Sebastian Krüger et édités à compte d’auteur sont disponibles au prix de 20€ par volume ou 35€ pour les deux (frais de port 7€ pour 1 ou 2 livres). À la demande, dédicace personnalisée de la part de l’auteur.

Patrick BETAILLE, mars 2019

Robert Johnson & Tom Wilson – King of the Delta Blues Singers

 

[Extrait]: Mort dans des circonstances non élucidées, Robert Johnson a rejoint le Club 27 en 1938. La musique jouée par ce natif du Mississippi est bien loin des standards habituels. C’est un Blues sans fioritures aucune, juste quelques notes de guitare acoustique qui accompagnent une mélopée à la fois aiguë et éraillée. Surprenant à la première écoute, le style de l’interprète plonge l’auditeur dans l’ univers d’un Blues des origines qui clame les peines, les joies et les espoirs des esclaves noirs n’ayant pour horizon que les champs de coton du Delta. Pendant sa courte carrière Robert Johnson n’enregistre que 29 titres dont plusieurs furent repris plus tard et aujourd’hui encore par de nombreux interprètes. Parmi les plus célèbres, Cream, Led Zeppelin, The Blues Brothers, Eric Clapton, The Rolling Stones, etc… Keith Richards raconte d’ailleurs qu’en 1962, lorsqu’il entend pour la première fois un disque de Robert Johnson chez Brian Jones, il lui demande: ″ Qui est-ce? ″ Jones répond que c’est Robert Johnson, un obscur chanteur/guitariste de blues. Keith insiste : ″ Ok! mais qui est cet autre type qui joue de la guitare avec lui ? ″ Jones lui explique qu’il n’y a pas de second guitariste et que Johnson joue seul. Et Keith de s’exclamer: ″ Wow! Ce type doit avoir deux cerveaux ! ″ Le travail du bluesman ayant été gravé à l’époque en 78 tours, il va sans dire que sa discographie se limite à des compilations techniquement remises au goût du jour et régulièrement rééditées. La totalité des témoignages musicaux récupérés depuis son décès sont disponibles sur double CD et coffret parus en 1990 et 1996: Robert Johnson – The Complete Recordings. Avant cela Columbia publie deux albums contenant 16 titres chacun: King of the Delta Blues Singers en 1961 et King of the Delta Blues Singers, Vol. IIen 1970. Cette dernière édition est tout à fait remarquable notamment par son covert art expressif. Figure au bas de l’image la mention: Robert Johnson first records in a makeshift studio in a San Antonio hotel room – November, 1936 (Premiers enregistrements de Robert Johnson en studio improvisé dans une chambre d’hotel à San Antonio en novembre 1936. NDLR). Le trait, les couleurs, le décor et les personnages traduisent à merveille l’ambiance des conditions spartiates des séances et la solitude de l’artiste qui joue face au mur. En un seul tableau l’auteur de cette oeuvre arrive à exprimer toute la profondeur et la désespérance de la Musique du Diable. Sur les annotations, ce travail exceptionnel est attribué à Tom Wilson. Malgré des recherches assidues, il semble impossible d’en savoir plus sur cet artiste et le seul moyen d’apprécier la splendeur de cette oeuvre dans son intégralité reste la juxtaposition du recto avec l’autre partie du dessin figurant à l’intérieur de la pochette. Dont acte!

Patrick BETAILLE, novembre 2018


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Dante Orpilla – She only loves you when she’s drunk!

© Dante Orpila

 

 

Ses amis l’appelaient ″ Youngluck ″ (chanceux). Fils de père philippin et de mère métisse, Orpilla a grandi dans les mauvais quartiers d’Oakland. A l’âge de 17 ans, lors d’une fusillade il est blessé à la nuque et à 21 ans il prend une balle dans le bras au cours d’une bagarre. En 2006, sa petite amie rompt et disparaît avec son fils de 3 ans, Orion. Déprimé, ″Lucky″ sombre dans la paranoïa et la drogue.Plus tard, se fait piéger et arrêter en possession de 110.000 dollars destinés à l’achat de 7 Kg de cocaïne. Incarcéré dans un pénitencier fédéral, il purge une peine de trois ans assortie d’une détention à domicile sous contrôle judiciaire. De tout temps Dante été doué pour le dessin mais c’est lors de son séjour en prison qu’ il développe son art, un peu par hasardUn jour en effet, il renverse du café sur une feuille de papier et réalise que la teinte brunâtre donne naissance à des taches qu’il trouve éloquentes. Sa boisson du matin se transforme bientôt en aquarelles. De fil en aiguille, d’échanges de courriers en publications de blog, il acquiert une notoriété et son statut d’artiste reconnu se confirme. Aujourd’hui l’artiste, toujours en liberté conditionnelle, gère son Project Stane pour venir en aide aux enfants en difficulté et persiste dans l’expression de son talent. Comme en témoigne cette peinture intitulée ″She only loves you when she’s drunk″Dante Orpilla  produit des œuvres à l’image de son parcours: sombres, tourmentées, d’une fulgurance et d’une expressivité étonnantes. A voir sur OneUglyBastard

Patrick BETAILLE, novembre 2018

Jean Paul Pagnon – Blues Entoilé

J.P Pagnon Muddy Waters
© Jean Paul Pagnon

 

Du Delta du Mississippi à Chicago,  des ruelles de la Nouvelle-Orléans aux quartiers de New-York, l’univers de ce peintre français héberge chanteuses et musiciens, micros, guitares et cuivres dans des univers qui ont la chaleur d’une tasse de café qui fume, la rondeur d’une volute de cigare de La Havane et la moiteur d’un été en Louisiane. Jean-Paul Pagnon donne des couleurs à ce rêve américain, et met en images l’éternelle bande-son du Jazz et du Blues. 

Jean Claude Legros – Blues Attic

Jean Claude Legros Blues Attic
© Jean-Claude Legros

 

J’avais 16 ans. Un copain de lycée m’avait revendu deux 45 tours: Democrat Man de J.L Hookeret Louise Blues de B.B Broonzy sur lesquels la majorité des titres était jouée sans autre accompagnement que la guitare du chanteur. La même année, les Kingsmen sortaient un ″ Louie Louie ″ autrement plus bruyant et là j’ai craqué sur les guitares électriques. Puis les Beatles et les Stones ont scellé l’affaire et le Rock l’a emporté haut la main… Puis vinrent mes années jazz. Miles Davis, Thelonious Monk, Count Basie, Coltrane … J’ai tout dévoré. Avec une attirance pour les notes bleues….C’est à la fin des années 80 que le Blues est revenu. D’abord par la musique elle-même, puis par son histoire. Et là j’ai compris d’où venait quoi et comment tout s’était passé. Depuis j’essaie de payer ma dette à cette musique en l’exprimant à ma manière avec des pinceaux ou avec une plume.

C’est en ses termes que Jean Claude Legros raconte son parcours  et nous ouvre la porte de son grenier que la musique du diable occupe depuis 1995.  Les peintures, pastels et fusains sont entièrement consacrés à l’univers des musiques afro américaines et donc au Blues pour l’essentiel. Outre ses toiles éblouissantes, l’artiste offre ça et là des biographies documentées, de très pertinentes chroniques de disques et de beaux montages vidéo illustrant quelques incontournables quant à la compréhension d’un genre musical majeur. Bienvenue dans le Blues Attic!

Patrick BETAILLE, septembre 2018

Kathrin Longhurst – Women of the Revolution

Kathrin Longhurst: Women of the Revolution
© Kathrin Longhurst

 

Kathrin Longhurst est née et a grandi en Allemagne de l’Est, à l’ombre du Mur de Berlin. Elle a 15 ans quand sa famille réussit à franchir le Rideau de Fer et part se réfugier en Suède. L’imprégnation de la transition brutale d’un régime totalitaire vers une démocratie a suscité plus tard chez l’artiste le besoin d’explorer le concept de la liberté de parole et d’expression. Fortement influencées par le réalisme pictural socialiste, les œuvres de l’artiste jouent avec les contrastes en mettant en scène des femmes casquées dans des ambiances de propagande communiste. Aujourd’hui Kathrin vit à Sydney avec son mari australien et son travail  le plus récent fait aussi référence à la puissance de la publicité au sein du monde capitaliste et à la place prépondérante des femmes et de leurs charmes dans les médias. Pour en savoir plus: Kathrin Longhurst.

Philippe Moine – Caricatures au Sommet

Philippe Moine: Caricatures!
© Philippe Moine

 

Donald Trump et Kim Jong-Un qui adorent s’insulter à distance et se menacer, en affirmant qu’ils ont la plus grosse, envisagent aujourd’hui de se faire face. En attendant ce jour, voici côte à côte les deux chefs d’état, magnifiquement croqués par Philippe Moine. L’artiste excelle dans l’art de grossir le trait d’amis, de musiciens ou de célébrités et il maitrise à la perfection le sens du détail. Le sang et les impacts sur le drapeau US, les pin’s au revers des protagonistes et les boutons en forme de rockets du coréen, de quoi sourire sans pour autant oublier que les deux plus grands maboules égocentriques du moment sont bien capables de foutre le feu à la planète.

Patrick BETAILLE, avril 2018

 

Dominique Valla – Noir Mat hyperréaliste

Noir Mat, peintre surréaliste
© Dominique Valla

 

Un père artiste peintre, une Harley Davidson acquise dans les années 90, une passion dévorante pour la Kustom Kulture, voilà ce qui anime cet artiste autodidacte quand il plonge dans l’univers de la mécanique et des chromes. Armé d’un pinceau ou d’un aérographe, Dominique Valla a fait sienne une culture américaine imprégnée de motos, de voitures, de trucks et de pin-up. L’artiste signe ses œuvres ″ Noir Mat ″ et pourtant rien n’est noir et rien n’est mat. Ses acryliques irradient de couleurs, s’animent d’ambiances chaudes et pétillent de détails précis qui s’inscrivent dans un mouvance hyperréaliste très convaincante. Talentueux peintre multi-facettes, Dominique excelle également dans l’art urbain ou animalier et à l’occasion il s’adonne aussi avec bonheur au Pop Art. Si vous appréciez ce mode d’expression, n’hésitez pas à faire appel à lui pour une mise en peinture, sur toile originale, de la photo de votre bolide préféré, avec ou sans vous. 

Patrick BETAILLE, février 2018