Scorpions – Lovedrive

 

[Extrait]: 1979, année du changement pour Scorpions; le groupe de hard rock allemand quitte sa maison de disques RCA. Il signe chez Harvest pour l’Europe et chez Mecury Records pour les États-Unis. Nouveau line up également. Le guitariste Ulrich Roth, parti l’année précédente, est remplacé par Mathias Jabs. Lovedrive, le sixième album studio, sort cette année là, le 15 janvier. Sur la pochette originale, un couple pour le moins suffisant est assis à l’arrière d’une berline. L’homme, élégant et cravaté, est en costard trois pièces. À ses côtés, une femme dont la robe échancrée dévoile son sein droit relié, de façon incongrue, à la main de l’homme par ce qui ressemble à du chewing-gum. Visiblement, Storm Thorgerson – le patron de l’agence Hignosis – s’est lâché. Il a préféré pour le recto cette image plutôt que celle, bien meilleure, du verso où le même couple, hilare cette fois, tient une photo encadrée du groupe. Suite à controverses aux USA, Lovedrive est censuré et édité avec, en guise de motif, un scorpion mécanique sur fond noir.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, février 2023

Prince – The Black Album

 

[Extrait]: Le disque enregistré par le ″ Kid de Mineapolis ″ en 1987 devait initialement s’intituler The Funk Bible. Puis, souhaitant être jugé et apprécié uniquement pour la qualité de sa musique, Prince décide sortir l’album de façon totalement anonyme. Pas de nom, sans titre ni crédit et emballé dans une pochette noire. Son intention est éventée au moment de la sortie. Prince exige alors de sa maison de disques que les 500 000 exemplaires du Black Album déjà diffusés fassent l’objet d’un rappel pour être détruits. Quelques galettes échapperont au pilon et valent aujourd’hui une petite fortune. En 2018, l’une d’elles s’est vendue 27 500 dollars. Quant à la version officielle, elle a été publiée le 22 novembre 1994.


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Patrick BETAILLE, mars 2023

Golden Earring – Moontan

 

[Extrait]: Formé en 1961 à La Haye, Golden Earring connaît très vite le succès. Entre 1969 et 1984, le groupe effectue de nombreuses tournées en Amérique. Durant cette période ils jouent avec Santana, King Crimson, Led Zeppelin, Kiss, Rush, Aerosmith et Jimi Hendrix. Moontan est leur neuvième album studio. Diffusé par Polydor en 1973, il renferme entre autres titres celui qui deviendra le plus grand succès international des bataves : Radar Love. À partir d’une photo de Ronnie Hertz, c’est une danseuse de cabaret qui tient lieu d’illustration. La Bluebell girl emplumée et lascive pose nue. Aux États-Unis, l’image est rapidement censurée. À sa place c’est désormais un gros plan sur une oreille arborant sur son lobe une créole étiquetée  » Golden Earring « .


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Patrick BETAILLE, février 2023

New York Dolls – New York Dolls

 

[Extrait]: Fringues de drag queens, platform boots, maquillage outrancier, poses lascives et avachies. C’est ainsi qu’apparaissent les New York Dolls sur la pochette de leur premier album éponyme. 1973, au cœur d’une période dominée par la musique progressive, Mercury Records signe le groupe et dévoile un disque brut de fonderie et quelque peu dévastateur. Le contenu musical produit par Tod Rundgren est aussi provocateur que l’illustration réalisée à partir d’une photo de Toshi Matsuo. Trop novateur pour l’époque, l’album se solde par un échec commercial et l’imagerie glam décadente véhiculée par les poupées new-yorkaises de David Johansen et Johnny Thunders ne fait pas l’unanimité. Sous couvert de son idéologie franquiste, l’Espagne refuse le cover art du ″Lipstick album″. Mercury Records propose alors un autre visuel composé d’un fond uni sur lequel le nom du groupe est écrit à l’aide d’un bâton de rouge à lèvres. Rétrospectivement New York Dolls sera considéré comme un élément particulièrement déterminant dans l’émergence de la mouvance punk rock.


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Patrick BETAILLE, janvier 2023

Don Wilson – The London Howlin’ Wolf Sessions

 

[Extrait]: Fillmore Auditorium. Après un concert réunissant The Paul Butterfield Blues Band, Electric Flag et Cream, Norman Dayron – alors producteur chez Chess Records – propose à Mike Bloomfield et Eric Clapton d’organiser une session d’enregistrements avec Chester Burnett, alias Howlin’ Wolf. Clapton, séduit par une telle opportunité, se charge de coordonner l’événement en Angleterre et convainc Ian Stewart, Bill Wyman, et Charlie Watts d’adhérer au projet (Steve Winwood participera aux overdubs). Entre le 2 et le 7 mai 1970, tout ce beau monde se retrouve à l’Olympic Studio de Londres et y enregistre un régal incontestable pour tout amateur de blues : The London Howlin’ Wolf Sessions, publié en août 1971. Aussi brillant que le contenu, le contenant est dessiné par l’artiste Don Wilson, celui là même qui en 1961 illustra le Fathers and Sons de Muddy Waters en s’inspirant de La Création d’Adam de Michel-Ange…

 


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Led Zeppelin – De Sam Shere à George Hardie

© Photo: Sam Shere

 

Le LZ 129 Hindenburg est le plus grand dirigeable commercial jamais construit. En établissant une liaison transatlantique Europe/Etats-Unis, la société Luftschiffbau Zeppelin a pour mission de promouvoir les prouesses technologiques de l’Allemagne nazie et du IIIème Reich d’Adolf Hitler. Le vol inaugural a lieu le 4 Mars 1936, suivi d’une activité de 14 mois consacrée à des vols promotionnels et surtout à des ajustements techniques. Le 6 Mai 1937, alors que l’aéronef s’apprêtait à boucler sa première traversée de l’année, l’irréparable se produit au dessus de Lakehurst dans le New Jersey. Après un vol sans encombre, l’atterrissage est retardé par un orage, puis un incendie se déclare à l’arrière du dirigeable. Le feu atteint alors les réserves de carburant et, au bout de quelques minutes, l’engin s’embrase et s’écrase au sol. 35 morts sur les 97 passagers au cours de ce moment médiatiquement couvert par plusieurs compagnies cinématographiques et de nombreux photographes, dont un certain Sam Shere, l’auteur d’une image immédiatement publiée dans la presse du monde entier, y compris à la Une du New York Times.

En 1969, le cliché refait parler de lui. C’est cette année là que voit le jour un nouveau groupe bâti sur les cendres des New Yarbirds: Led Zeppelin. Signée par le label Atlantic, la formation britannique entre en studio pour enregistrer son premier album. S’agissant du cover art, il est fait appel au collectif de designers Hipgnosis au sein duquel officie George Hardie qui commence par proposer plusieurs projets, non retenus par le staff. Finalement c’est Jimmy Page qui suggère l’utilisation de la photo du crash de l’ Hindenburg.

Très inspiré par le travail d’artistes tels qu’ Andy Warhol, George Hardie commence par saturer le tirage pour ensuite le retoucher selon la technique du stippling (pointillisme). l’illustrateur recrée à la main les ombres et les lumières grâce à une infinité de petits points. Ce faisant, l’approche permet également de contourner en toute légalité d’éventuels problèmes liés aux droits d’auteur. Adopté à l’unanimité, le cover art n’échappe pourtant pas à la controverse. En 1970, Frau Eva Von Zeppelin – descendante du comte Ferdinand du même nom – s’oppose à l’utilisation de l’image de l’aérostat et du patronyme de sa famille. L’héritière entame une procédure pour empêcher ceux qu’elle qualifie de ″singes hurlants″ d’effectuer une tournée au Danemark. Au final, les autorités coupent court à la polémique en jugeant qu’il n’y a légalement rien de répréhensible dans la démarche des musiciens.

Pour une pochette désormais considérée comme une œuvre d’art à part entière, son auteur a touché à l’époque la modique somme de 60 £. Prudent ou visionnaire, Hardie avait quand même pris soin de mettre l’original à l’abri en l’accompagnant d’une note pour le moins humoristique: ″George’s Pension Fund″ (caisse de retraite de George). Et il a bien fait! Ressortie du placard, la pochette a été mise aux enchères chez Christie’s le 18 juin 2020. Estimé entre 20 000£ et 30 000£, l’objet a très rapidement atteint la barre des 100 000$ pour être adjugé sous le marteau à 325 000$!

 

 

L’histoire et la censure du Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!

 

Patrick BETAILLE, novembre 2022

Pennie Smith – Le Clash du 14 Décembre 79

© Photo: Pennie Smith

 

Passionnée par le monde du rock, cette photographe britannique a réalisé de nombreux portraits de légendes et couvert bon nombre de concerts pendant lesquels elle a shooté les musiciens témoins actifs des moments forts de la scène musicale. Son premier cachet significatif elle l’obtient en couvrant une tournée de Led Zeppelin dans les années 1970, époque à partir de laquelle elle commence à travailler pour le New Musical Express. Au cours de sa collaboration avec le magazine, Pennie Smith a l’occasion de photographier beaucoup d’icônes et de légendes du Rock. Pink Fairies, Led Zeppelin, The Rolling Stones, The Who, Iggy Pop, The Jam, Debbie Harrie, et beaucoup d’autres se sont ainsi retrouvés au cœur de sa mémoire argentique. L’un de ses plus célèbres clichés est celui de Paul Simonon fracassant son instrument sur la scène du palladium de New York lors d’une tournée en 1979.

Bien avant cet événement mémorable, certains s’étaient déjà prêtés au jeu du ça casse et ça passe. Jerry Lee Lewis incendiant son piano en première partie de Chuck Berry, Pete Townsend éventrant son ampli à grands coups de manche de guitare ou encore Jimi Hendrix immolant sa Stratocaster sur la scène de Monterey. Mais là!.. Dans quelques millièmes de secondes et en gros plan, la Fender Précision Bass va s’écraser on stage et voler en éclats pour exprimer tout ce qui symbolise l’excitation, la puissance et l’urgence énergique du rock. 

Quand il voit le tirage, Joe Strummer envisage de le garder pour le cover art de l’album en devenir. Pennie, elle, trouve la photo de mauvaise qualité et tente de convaincre le chanteur-guitariste de The Clash de changer d’avis. En vain. Il la veut et il l’aura, soutenu en ce sens par le staff du NME qui trouve que le flou incriminé donne encore plus de force au témoignage visuel. 


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Martin Sharp – Cream

 

Dans les années 60, Martin Sharp (1942 – 2013) devient directeur artistique du magazine satirique australien OZ.  Les représentations psychédéliques de Bob Dylan, Jimi Hendrix, Donovan ou encore lMona Lisa entourées de bananes font de lui un artiste immédiatement reconnaissable. Sharp est alors le maitre incontesté des entrelacs tourmentés, des couleurs criardes et des lettrages surréalistes qui deviendront l’apanage de l’un des plus beaux courants artistiques des sixties. À Londres, il se lie d’amitié avec Eric Clapton avec qui, pendant un temps, il partage le même appartement. Au cours de cette période il offre au guitariste un poème qui aboutira à la chanson Tales of Brave Ulysse figurant en 1967 sur Disraeli Gears de Cream, album pour lequel le groupe bénéficiera du travail du designer quant à la réalisation du cover art. L’année suivante, Martin Sharp sera de nouveau de la partie pour l’illustration – en noir et blanc cette fois – du troisième opus du power trio Eric Clapton/Ginger Baker/Jack Bruce: Wheels of Fire.


D’autres anecdotes sur les pochettes de disques dans le livre: IN VINYLE VERITAS


 

Patrick BETAILLE, septembre 2022

Vaughan Oliver – Design en 33 Tours

Breeders: Last Splash-1993. Cocteau Twins: Treasure -1984. Pixies: Bossanova – 1990

Décédé en 2019 à l’âge de 62 ans, Vaughan Oliver a laissé derrière lui un énorme héritage visuel pour la musique en général et pour la musique alternative des années 80 et 90 en particulier. De 1982 à 1993, ce graphiste britannique a assuré la direction artistique du label indépendant 4AD et a conçu certaines pochettes des albums les plus emblématiques de cette époque: Pixies, Breeders, Cocteau Twins, pour ne citer que les principaux. Une grande partie du travail d’Oliver est reconnaissable à travers la manipulation surréaliste de la photographie. Chaque cover art avait sa propre logique interne et les pochettes n’affichaient que très rarement une photo du groupe. ″ Une pochette de disque doit fonctionner comme une porte d’entrée qui vous invite à la traverser ″ aimait à dire ce véritable Dali du design.


D’autres anecdotes sur la censure et l’histoire des pochettes de disques à retrouver dans le livre:

IN VINYLE VERITAS – ÉLOQUENCE ET DÉSAVEU DU COVER ART

 

Pink Floyd – Ummagumma

 

[Extrait]: Sorti en octobre 1969, Ummagumma consiste en un album double, composé d’une galette enregistrée en studio et d’une autre issue de deux concerts de Pink Floyd. Comme les deux précédentes (Piper at the Gates of Dawn et A Saucerful of Secrets), la pochette de l’album est conçue par Hipgnosis. Elle consiste cette fois en un montage de photos prises au sud de Cambridge dans la maison de Libby January, la petite amie de Storm Thorgerson. Sous la forme d’une mise en abyme, les musiciens posent sur quatre tableaux placés en perspective. David Gilmour est au premier plan, installé sur un tabouret. Au second plan, Roger Waters est assis par terre. Debout derrière lui, Nick Mason contemple le ciel. L’effet vache-qui-rit s’achève sur un arrière plan campagnard occupé par Rick Wright qui fait la chandelle. En bas à gauche, posée par terre contre le mur, la bande originale de Gigi, une comédie musicale de Vincente Minnelli parue en 1958. Pour des raisons de copyright, la pochette de Gigi sera remplacée par un carré blanc sur les éditions américaines de l’album.

Sur le back cover de l’album, tout l’équipement de Pink Floyd est aligné sur l’aérodrome Biggin Hill Airport de Londres. Deux roadies prennent la pose. Il s’agit de Alan Stiles et Peter Watts. Quatre plus tard ce dernier apportera sa contribution à Dark Side of the Moon. Les rires sur Brain Damage (Dark Side of the Moon 1973)  c’est lui!…

Patrick BETAILLE, juin 2022


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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