John Holmes – De Spooky Tooth à Uriah Heep

 

Autodidacte anglais, l’artiste John Holmes (1935-2011) s’est rendu célèbre en 1970 en illustrant le livre de Germaine Greer: The Female Eunuch (La femme Eunuque). Fortement influencé par Magritte, le surréalisme de Holmes a rapidement conquis tous ceux qui, au Royaume-Uni, lisaient les ouvrages de science-fiction ou d’horreur. Le peintre a également laissé son empreinte dans le monde du rock. Ainsi et toujours en 1970, il réalise l’impressionnant cover art de Ceremony: An Electronic mass, l’étrange troisième album que Spooky Tooth élabore avec Pierre Henry, le compositeur français de musique expérimentale. En 1974 c’est le Axe Victim de Be-Bop Deluxe qui bénéficie du travail du peintre qui trois ans plus tard sera sollicité par la maison de disques Bronze pour illustrer le onzième album studio de Uriah Heep: Innocent Victim.   


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, mai 2022

Andy Warhol – The Velvet Underground & Nico

 

[Extrait]: Voilà un album qui a la banane ! À la fin des sixties, le Velvet Underground joue souvent au sein de la Factory d’Andy Warhol. L’artiste, subjugué par les prestations du groupe, décide de produire le premier album de Lou Reed et John Cale, accompagnés au chant par une actrice mannequin allemande : Christa Päffgen, dite Nico. The Velvet Underground & Nico est commercialisé le 12 mars 1967 et c’est bien le nom du peintre et non celui du groupe qui est mis en avant. À l’époque Warhol ne se contente pas que de la production ; c’est aussi lui qui s’occupe de l’élaboration de la pochette. Pour ce, il fait appel au designer Craig Braun afin de développer les moyens techniques nécessaires à la mise en œuvre du concept dit de La Banane. L’idée consiste à coller un sticker qui, une fois ôté, laisse apparaître une banane rose à connotation phallique. ″Peel slowly and see″ (épluche lentement et mate). La rumeur prétend même qu’ il y aurait du LSD dans la colle du sticker. La distribution de l’album illustré par cette allégorie se prolonge jusqu’en 1971. Par la suite, c’est une simple impression du motif qui, de fait, entraîne la disparition de l’autocollant et donc, du fruit rose. Au dos de la pochette, un cliché du danseur Eric Emerson, une autre figure de la Factory. L’image, exploitée sans autorisation, déclenche une action en justice de la part de l’intéressé. Verve Records doit retirer le disque de la vente pour le ressortir en juin sous une autre forme. La photographie incriminée est alors masquée par un encart : ″ The Velvet Underground and Nico produced by Andy Warhol ″.

Patrick BETAILLE, mai 2022


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Dessine moi un Vinyl – Part 2

 

[Extrait]: Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Certains chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques, y compris au cœur de la variété francophone. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci-dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

Eddy Mitchell : L’épopée du Rock – Barclay, 1974. ©Illustration Al Voss.
Dick Rivers : Mississippi River’s – Mouche Records 1975. ©Illustration Morris.
Nino Ferrer : Rock’n’Roll Cowboy – Vogue, 1983. ©Illustration Frank Margerin.
Bijou: Lola (Single) – Polydor 1988. ©Illustration Tanino Liberatore.
Richard Gotainer : Vive la Gaule – Virgin Records, 1987. ©Illustration Marcel Uderzo.
Pigalle : Regards Affligés… – Boucherie Production 1990. ©Illustration Jacques Tardi.


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Patrick BETAILLE, avril 2022

Dessine moi un Vinyl – Part 1

 

[Extrait]: Artistes et maisons de disques ont souvent courtisé photographes, designers et dessinateurs pour imager leurs productions. Bel exemple que celui de Janis Joplin qui fit appel à Robert Crumb pour le packaging de l’inoubliable Cheap Thrills. Certains autres chefs de file du neuvième art sont à l’origine d’indéniables réussites graphiques. Parfois anecdotiques et souvent plus prisées que les contenus qu’elles accompagnent, ces prouesses illustrées témoignent d’une belle complicité entre bande dessinée et albums. Ci dessus, de gauche à droite et de haut en bas :

The Grateful Dead : Shakedown Street- Arista Records, 1978. ©Illustration Gilbert Shelton.
Ramones : Road to Ruin – Sire Records 1978. ©Illustration John Holmstorm.
Zappa : The Man from Utopia – Barking Pumping Records, 1983. ©Illustration Liberatore.
Iggy Pop : Brick by Brick – Virgin Records, 1990. ©Illustration Charles Burns.
George Thorogood & The Destroyers : Haircut – EMI, 1993. © Illustration Peter Bagge.
Airbourne : No Guts, No Glory – Road Runner Records, 2009. ©Illustration Rob Sharp .


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Patrick BETAILLE, avril 2022

Tanino Liberatore – The Man from Utopia

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Extrait]: Né à  Quadri en Italie, Gaetano Liberatore, fête ce mois-ci ses 68 ans. L’occasion de se pencher sur le travail de l’auteur de bande dessinée devenu célèbre en 1981 avec la publication du premier RanXerox. L’artiste y met en images les aventures d’un androïde aux allures de colosse créé à partir de pièces d’un photocopieur et qui évolue dans un univers futuriste et violent. Liberatore s’est installé en France en 1982 et, en marge du tome 2 de RanXerox, il illustra en 1983 la pochette de The Man From Utopia de Frank Zappa. L’hyperréalisme tourmenté est reconnaissable et on le retrouvera en 2009 sur le Romborama de The Bloody Beetroots, puis en 2011 sur Night Raiders de Volume Sick . Dans l’intervalle et dans un autre genre l’illustrateur a œuvré sur une douzaine d’autres pochettes de disques. Entre autres: Gold (Laissez-Nous Chanter en 1986), Bijou (Lola en 1988), Dick Rivers (Linda Lu Baker en 1989), et Shaka Ponk (Geeks on stage en 2013). Dernière en date celle de Mystère pour La Femme en 2016. Amen, le troisième volume des aventures de RanXeros scénarisées par Alain Chabat est quant à lui paru en 1996. Bon anniversaire Tanino!


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Patrick BETAILLE, avril 2022

The Beatles – The White Album

 

[Extrait]: Paru en novembre 1968, The Beatles est le neuvième album du groupe mais le premier sous leur propre label, Apple Records. Celui que l’on nomme souvent l’Album Blanc ou le Double Blanc n’est pas rare mais il est numéroté. Spécificité qui confère aux premiers exemplaires un attrait tout particulier, surtout quand on sait que les quatre premiers spécimens ont été donnés aux membres du groupe. En 2015, Ringo Starr s’est séparé du sien – le numéro 0000001 – pour la somme de 790 000 $. En 2008, un acheteur déboursa 22 000 £ sur eBay pour le numéro 0000005.


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Patrick BETAILLE, avril 2022

Hipgnosis – Black Sabbath & Rainbow

 

[Extrait]: Particulièrement célèbre pour ses contributions visuelles apportées au rock progressif, le collectif artistique Hipgnosis fut également sollicité par des groupes de hard rock pour réaliser le cover art de certains de leurs albums. Si ces pochettes sont bien moins célèbres que celles de Pink Floyd ou de Yes, elles n’en restent pas moins intéressantes. En voici deux, artistiquement réussies et surtout, étroitement liées par une anecdote…

Paru en septembre 1978, Never Say Die! est le huitième disque studio de Black Sabbath. Deux pilotes de chasse posent devant leur avion. L’histoire raconte que c’est Ozzy Osbourne qui se cache sous l’un des masques, prêt à décoller pour une nouvelle aventure. Et pour cause! C’est le dernier album enregistré avec la formation originelle du groupe avec Ozzy au chant. ″ Avec Never Say Die!, nous n’avions aucune chance. Nous étions en train de nous noyer. Nous ne nous entendions plus et nous étions tous défoncés par la drogue et l’alcool. Et j’ai été viré! ″. Pendant 35 ans, Osbourne ne participera à aucun autre enregistrement avec Black Sabbath. 

Difficult to Cure est le cinquième album studio de Rainbow. Produit par Roger Glover, il parait en février 1981. Le cliché qui illustre la pochette a d’abord été pris en noir et blanc puis colorisé afin de créer une ambiance inquiétante. L’on imagine bien le patient dans un sale état, allongé sur la table d’opération, son sort entre les mains d’une équipe de chirurgiens. C’est George Galatzon, un ami de Aubrey Powell, qui pose en tant que responsable des opérations. Les autres rôles ont été confiés à Peter Christopherson, Storm Thorgerson et à des assistants de Hipgnosis.

L’anecdote? C’est la jaquette de Rainbow qui à l’origine était prévue prévue pour Never Say Die! Refusée par Vertigo – à l’époque le label du Sabbath Noir – la photo a donc refait son apparition 3 ans plus tard pour habiller le Difficult to Cure de la bande à Ritchie Blackmore. Un point commun? Deux albums dont on peut se passer avec une allégresse sans égale!


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Patrick BETAILLE, mars 2021

Camel – Mirage

 

[Extrait]: Paru en 1974, le deuxième disque de Camel a été élu comme l’un plus grands albums de rock progressif de tous les temps. Mirage est sans doute l’album le plus connu du groupe britannique. Musicalement d’abord, grâce notamment aux ambiances folk, rock et jazz sophistiquées, parfois teintés de metal, mais aussi et surtout à cause de son cover art. Malgré les apparences, le choix du nom Camel n’a rien à voir avec un hommage quelconque au vaisseau du désert qu’est le Camelus dromedarius. En fait c’est bien de cigarettes dont il s’agit; celles de la Reynolds Tobacco Company que les musiciens apprécient et consomment sans modération. Ainsi, pour le visuel de Mirage, l’agence de design Modula détourne délibérément l’image de l’emballage du cigarettier américain. Soupçonné de promouvoir la marque, la formation du Surrey doit immédiatement faire face à une levée de boucliers. Pour l’industrie musicale, question marketing, il est très mal vu de faire l’apologie du tabac, et ce, même au cours des années 70. De son côté, Reynolds Tobacco n’apprécie pas du tout l’utilisation de son logo et le sort réservé à l’emblématique ″Old Joe″. Au final, sur la version américaine de Mirage, c’est un dragon ailé qui fait partir en fumée le paquet de clopes de l’édition originale.


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Patrick BETAILLE, février 2022

Tulaviok – Dèche à la Ch’touille

 

[Extrait]: Hiver 1984, à Uzès dans le Gard, une bande de potes gamberge à propos d’un nom évocateur et provoc pour leur groupe. À l’époque, les méfaits de Thierry Paulin – le ″tueur des vieilles dames – tournent en boucle sur les antennes. TUE LA VIOCQ surgit comme une évidence et est adopté à l’unanimité avant de devenir, après quelques concerts sur le circuit du rock alternatif, TULAVIOK. Partant du principe que le rock reste l’ultime manifestation païenne, le combo punk s’en donne à cœur joie. Enregistré à Montpellier, leur premier album sort en 1987 sur leur propre label: Bollock’s Produktion. Distribué par New Rose, Dèche à la Cht’ouille (labellisé Queue Pon Paillard et Queue Rock au dos de la pochette) est un concentré de paillardises dans lequel le vin, le sexe et la fête sont à l’honneur. Sur des rythmes aussi déjantés qu’une bacchanale, c’est la naissance de la Zob Musik! Paradoxalement, ce brûlot de punk grivois ne sera pas censuré. Par contre, son packaging va défrayer la chronique. En cause, le sexe turgescent de 38 cm qui jaillit à l’ouverture de la pochette double…

BANDE OF ROCK’ N’ ROLL ! L’organe en question fut fixé à la main par le groupe et quelques amis sur les 5000 exemplaires de la première édition de Dèche à la Ch’touille, référencée ZOB 001. Au recto, ambiance nocturne; un poivrot gît sur le pavé aux pieds d’une catin version gonflable. Au verso, la même prostituée entourée des six musiciens grimés en poupées sexuelles, bouches ouvertes. Les textes sont manuscrits sur l’enveloppe du vinyle labellisé ZOB 01-A : FESSE NANA en Face A et ZOB 01-B : FESSE MEC sur la Face B. Ami artiste, réalise toi même ton pochoir en découpant les parties hachurées avec ta lame″. Ainsi est présenté le Paf Gadget offert avec l’album. En 2009, sur la réédition vinyle en double LP de Dirty Punk Records, le pop-up érectile disparaît. Un sexe dessiné et enrichi des paroles occupe désormais l’intérieur de la pochette trifold. ″ On joue mal, vite, fort et faux, on est heureux ! ″. C’est Tulaviok qui le dit.

Patrick BETAILLE, janvier 2022


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Pink Floyd – Battersea Power Station

 

[Extrait]: 1977. La Grande-Bretagne est secouée par l’explosion du punk porté par une jeunesse rebelle et violente, qui, à l’instar d’un certain Johnny Rotten arborant un tee shirt I Hate Pink Floyd, veut mettre à mal l’industrie musicale squattée par les dinosaures du rock du moment. Stones, Who, Dylan et consorts voient leur public s’éloigner peu à peu, attiré par la rébellion de l’underground londonien. C’est dans ce contexte que le 23 janvier parait le dixième album de Pink Floyd: Animals. malgré des tensions naissantes au sein du groupe, les sessions en studio se déroulent sans accroc majeur… À  l’époque, Waters passe régulièrement devant la Battersea Power Station et c’est une vue de cette centrale électrique à charbon plus que vieillissante qui fera l’objet d’un projet pour le moins ambitieux. L’équipe fait appel une société allemande spécialisée dans la fabrique de ballons et à l’artiste australien Jeffrey Shaw pour la construction d’un ballon en forme de cochon de 12 mètres de long destiné à être photographié entre les cheminées de la centrale. Baptisé Algie, le goret gonflé à l’hélium est mis en place le 2 décembre 1976. Onze photographes et huit caméras (dont une embarquée dans un hélicoptère) sont sur place pour immortaliser le moment. Un tireur d’élite chargé de shooter le ballon en cas de problème est également présent. Le mauvais temps retarde l’envol et l’opération est reportée. Le lendemain, le largage a lieu mais malheureusement les amarres cèdent et le tireur d’élite est absent. Algie disparaît donc dans les nuages, monte à 12 000 mètres, survole l’aéroport de Londres-Heathrow et crée la pagaille en entrainant l’annulation de plusieurs vols.  Le ballon achève sa course sur les terres d’un fermier du Kent, pour être ensuite récupéré. Nouvelle tentative fructueuse le troisième jour. Mais c’est finalement l’un des clichés pris lors du repérage des lieux qui est retenu pour la beauté du ciel contrasté ce jour-là. Algie fera simplement l’objet d’un photomontage pour illustrer Animals

La Battersea Power Station a définitivement cessé de produire de l’électricité en 1987… En janvier 2013, c’est finalement un consortium malaisien qui investit sur l’avenir des 16 hectares. Le projet, qui prévoit un hôtel de luxe, des logements, des bureaux, un parc d’attraction et un complexe commercial est revendu en 2018 à deux fonds d’investissements malaisiens pour 1,8 milliard d’euros. Au printemps 2020, la Covid-19 met un coup d’arrêt aux travaux engagés. Le verrat volant lui reprendra du service au cours des tournées de Roger Waters. En 2013 il sera marqué d’une étoile de David pour contester l’occupation par Israël de territoires palestiniens et plus récemment encore il arborera le visage d’un Donald Trump estampillé: porc ignorant, menteur, raciste et sexiste. Pauvre Algie!


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Patrick BETAILLE, décembre 2021