Rainbow & Fin Costello – Long Live Rock’N’Roll

© Fin Costello

 

[Extrait]: Sorti en avril 1978, le troisième album studio de Rainbow sera le dernier avec Ronnie James Dio au chant. En effet, ce dernier quittera peu après le groupe de Ritchie Blackmore pour aller remplacer Ozzy Osbourne au sein de Black Sabbath. Long Live Rock’N’Roll! L’intention est là et clairement exprimée sur l’intérieur de la pochette. Plan large sur un public dont les premiers rangs brandissent une banderole au slogan pour le moins évocateur. Sauf que!.. Et c’est Fin Costello, photographe & designer de son état, qui raconte l’histoire de ce cliché.

J’étais chez Oyster Records à New York, et je travaillais sur le cover art pour la pochette de Long Live Rock’n’roll dont le titre prévu au départ était: Kill The King. À partir de cette idée j’ai donc élaboré un concept autour d’un squelette engoncé dans une armure de roi et gisant dans les hautes herbes, avec la pochette de Rising redessinée sur un bouclier posé à ses côtés. J’ai présenté la maquette à Polydor. J’avais également proposé une photo prise lors d’un concert de Rush afin d’appuyer le slogan publicitaire que nous pourrions exploiter. Après la sortie du disque en question je me suis rendu à une prestation de Rush avec l’intention de savoir ce qu’ils pensaient de mon idée d’avoir utilisé cette prise de vue. La leur en somme. Accueil glacial et fin de non recevoir. Et pour cause! la maison de disques n’avait pas retenu mon projet pour le recto de la pochette. Je le savais, j’en avais été informé. Ce que j’ignorais c’est ce qu’ils avaient fait avec la photo de la manchette intérieure. Le cliché original a été retourné, recadré et retouché. Un roadie du premier plan a été gommé, dans le public, les tee shirts arborant le logo de Rush ont été effacés et, sur la banderole, un message de bienvenue au groupe canadien a été remplacé par le fameux ″ Long Live Rock’n’Roll ″. Mis devant le fait accompli j’étais sur le cul, anéanti par le comportement de Polydor et bien évidemment incapable de faire quoi que ce soit. C’était trop tard! Il m’a fallu des années pour regagner la confiance de Rush.


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, décembre 2021

Raymond Pettibon – Black Flag

Black Flag: Slip it In, 1984. Sonic Youth: Goo, 1990. Foo Fighters: One by One, 2002

 

Raymond Pettibon est un artiste américain contemporain connu pour ses œuvres à l’encre combinant image et textes. Ses dessins inventifs mêlent de multiples références et viennent alimenter des critiques incisives de la culture contemporaine via des compositions empreintes d’humour noir. Son style renvoie, avec un mélange d’ironie et de maladresse assumée, à la bande dessinée classique américaine des années 40-50. Né Raymond Ginn le 16 juin 1957 à Tucson dans l’Arizona, l’artiste acquiert sa notoriété à la fin des années 70 en créant le logo, des flyers et des pochettes d’albums pour Black Flag, un groupe punk hardcore dirigé par son frère aîné, Greg Ginn. Il travaille également sur des affiches de concerts des Dead Kennedys, des Ramones et autres Minutemen. Plus tard, Raymond Pettibon a continué à se faire un nom dans le monde de l’art tout en s’intéressant encore à la musique, notamment en réalisant des cover art pour Off!, Sonic Youth et les Foo Fighters, entre autres.


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

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Patrick BETAILLE, novembre 2021

Deep Purple – In Rock

 

[Extrait]: En juin 1969, Jon Lord, Ian Paice et Ritchie Blackmore louent un petit local de répétition à Londres. Ils sont rejoints par Ian Gillan (chant) et Roger Glover (basse), désignés à remplacer Rod Evans et Nick Simper. C’est l’avènement de Deep Purple Mark II et un nouvel album est en préparation…

In Rock sortira en juin 70 et posera les bases d’un nouveau genre musical: le hard rock. Mais préalablement et une fois le titre choisi il convient décider du cover art du quatrième album du Pourpre. Tony Edwards, le manager du moment, propose l’idée qui sera retenue:  reproduire le mont Rushmore en remplaçant les têtes présidentielles américaines par celles des musiciens. C’est à l’agence londonienne Nesbit, Phipps & Froome qu’est confiée la mise en œuvre du projet. Une fois sélectionnés, les clichés sont découpés et collés sur un agrandissement de la photo de la sculpture en granite. À l’époque les outils de retouche numérique n’existent pas, le montage est donc entièrement réalisé à la main. Idem pour le lettrage. Incapables de trouver une police de caractères originale et représentative, les designers créent de toutes pièces une typographie qu’ils mettent en valeur sur un fond uni bleu. Plus simple, l’intérieur se contente d’héberger paroles et photos des musiciens, le tout en noir et blanc. Nesbit, Phipps & Froome fera deux autres illustrations pour le groupe : Burn en 1974 et la compilation 24 Carat Purple en 75…


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Keith Stuart MacMillan – Black Sabbath

 

[Extrait]: Bien moins connu que certains illustrateurs œuvrant dans le domaine du fantastique (Frank Frazetta, Ken Kelly), Keith Stuart MacMillan est néanmoins à l’origine quelques pochettes emblématiques, notamment dans les années 60-70 pour le label Vertigo. Pour mettre en scène ses personnages dans des décors plus suggestifs que surréalistes, le designer fait appel à l’infrarouge, aux filtres ou a diverses techniques de saturation des couleurs au moment du tirage. Quand Vertigo lui passe commande d’une illustration pour le premier album de Black Sabbath. Markus Keef s’imprègne de l’ambiance musicale pour concevoir un visuel aussi étrange et inquiétant que les compostions du Prince  of Darkness. En toile de fond du gatefold, un moulin à eau moyenâgeux situé à Mapledurham en Angleterre. La lumière du jour décline sur une bâtisse devenue sinistre, La végétation est rare et automnale. Au premier plan une silhouette énigmatique, celle d’une femme toute de noir vêtue, observée sur sa droite par un corbeau en sentinelle sur un arbre mort. Lugubre et presque surnaturel, le décor est planté et prépare l’auditeur à ce qu’il va subir dès les premières notes. Le tonnerre gronde. La pluie tombe. Au loin résonnent des cloches annonciatrices de funestes événements. C’est l’heure du Black Sabbath!

Patrick BETAILLE, septembre 2021


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Jean-Baptiste Mondino – Guitar Eros

© Photos: Jean-Baptiste Mondino

 

Jean-Baptiste Mondino débute dans les années 1970 en tant que directeur artistique chez Publicis. Devenu photographe au début des années 1980, il réalise la pochette de l’album Dernières balises d’Hubert-Félix Thiéfaine et d’autres pour le label Mankin Records (Taxi Girl) et Total Records (Prince: Lovesexy – Bjork: Debut). Il évolue vers la mode et, en parallèle, commence une carrière de réalisateur de video-clips dont celui de Cargo de Nuit d’Axel Bauer, Un Autre Monde, pour Téléphone, Russians, par Sting, Slave to Love de Brian Ferry, C’est comme Ça des Rita Mitsouko, etc. Également au palmarès du réalisateurs de pubs, Les campagnes J’Adore de Dior, avec Charlize Theron et Dior HOmmes avec Johnny Depp.

Grand passionné de musique et surtout de guitare, il a publié en 2006 un recueil de photos intitulé Guitar Eros. En couverture une photo d’un mannequin en rock’n’roll attitude, topless, clope au bec, regard hautain et Stratocaster en bandoulière: Mariacarla Boscono. 160 pages d’images de musiciens français ou internationaux, stars montantes ou reconnues. On y retrouve de nombreux guitaristes, anonymes ou célèbres, et des portraits rock stars. Mick Jagger, Madonna, Tom Waits, Keith Richards, Cat Power, Madonna, Lenny Kravitz, Ben Harper, ou encore Damien Saez. C’est pour ce dernier qu’en 2010 Mondino avait réalisé le cliché pour l’album et l’affiche de la tournée J’accuse: une femme nue dans un chariot de supermarché qui à l’époque avait été censuré. 


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Patrick BETAILLE, septembre 2021

Scorpions – Pure Instinct

 

[Extrait]: Kolossal! In Trance en 75, Virgin Killer en 76, Taken by Force en 78, Lovedrive en 79, Animal Magnetism en 80 et Love at First Sting en 84. Scorpions reste sans conteste le groupe pop rock dont les pochettes d’albums ont été les plus controversées et censurées.

Dixit Klaus Meine, le treizième album des hardos teutons était sensé être un paquet de dynamite à mèche courte. En réalité, paru en 1996 et destiné à séduire le plus grand nombre, Pure Instinct n’est qu’un album conçu, formaté et produit en mode MTV à des fins de diffusion radiophonique. Ach! Mauvaise pioche! Globalement l’album est mal reçu par le public qui n’apprécie guère, ni l’orientation musicale, ni la production clinquante des onze titres. Pour ne rien arranger, la censure jette une fois de plus son dévolu sur l’allégorie imaginée par Jo Mirowski. Sur le cliché de Gered Mankowitz, des animaux sauvages contemplent une famille en cage. C’est un rejet catégorique au pays de l’Uncle Sam. À plus forte raison si, derrière les barreaux, les homo sapiens sont exhibés dans leur plus simple appareil. Pour palier à l’incongruité et au cynisme de la situation, le cover art de Pure Instinct sera banni aux USA, remplacé par un montage photo de 4 des 5 membres du groupe (NDLR: il manque le batteur) affichant une fougue hélas absente des compositions.


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Patrick BETAILLE, septembre 2021

David Willardson – American Graffiti

 

[Extrait]: Après avoir fréquenté l’Art Center College of Design de Pasadena en Californie, cet américain débute en réalisant quantité d’illustrations à l’aérographe pour le magazine The Los Angeles Times. Grâce à une notoriété grandissante, David Willardson est amené à accompagner de nombreuses campagnes publicitaires en mettant en scène les pin-up rétros qu’il affectionne particulièrement. C’est ainsi qu’en 1973, il livre l’affiche du film réalisé par George Lucas: American Graffiti. Il commence également à travailler pour Disney en concevant un nouveau look pour les personnages présents sur de nombreuses affiches de films (sa collaboration avec la firme cinématographique s’étendra sur un bonne vingtaine d’années). Véritable maître de l’aérographe primé à maintes reprises, Willardson a joué un rôle déterminant dans l’essor de la culture pop. À ce titre il travaille occasionnellement sur des couvertures de Rolling Stone Magazine, des illustrations pour la promotion des guitares Fender et sur de nombreuses pochettes d’albums. Au crédit du graphiste l’on trouve des albums des Carpenters, Ike & Tina Turner, Beach Boys, Count Daisy, Fats Domino, Little Richard, Mötley Crüe, Pacific Gas & Electric, The Meters et d’autres. Parmi ces cover art, certains sont particulièrement représentatifs du style et des talents de l’artiste. C’est le cas ici avec le There Must be More to Love than This de Jerry Lee lewis en 1970, ′Ot N Sweaty, le live de cactus en 72 et Rainbow, le premier album post Deep Purple de Ritchie Blackmore en 1975.

Patrick BETAILLE, juin 2021


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Richard Amsel – Bette Midler

 

[Extrait]: Dans les années 70 et alors qu’il à peine plus de 20 ans, Richard Amsel avait déjà marqué les esprits des amateurs d’art de New York.  Le travail de ce graphiste a également attiré l’attention de Barry Manilow, un jeune auteur-compositeur-interprète qui travaille avec Bette Midler, chanteuse émergente dans les clubs, cabarets et  piano-bars de la Big Apple. Manilow organise une rencontre entre les deux artistes et très rapidement il est décidé qu’Amsel ferait la pochette d’un premier album pour Atlantic Records. The Divine Miss M est publié en novembre 1972. Succès immédiat pour l’album, grâce notamment à son cover art considéré comme l’un des plus beaux de la période. D’autres projets suivent, toujours pour Bette Midler, mais aussi pour Kenny Rodgers et les Who pour qui il conçoit le packaging de Tommy dans sa version symphonique. Très sollicité par le cinéma, l’illustrateur signe les affiches des films parmi les plus marquants des seventies (Chinatown, Le Crime de l’ Orient Express, Nashville, Papillon, etc) et, au cours des années 80, celles de Flash Gordon, Dark Crystal et Les Aventuriers de l’arche Perdue qui deviendra son œuvre la plus célèbre. Avant de mourir du Sida en novembre 1985, Richard Amsel élabore son dernier poster. Celui qui accompagne la sortie, la diffusion et la bande originale de Mad max – Au-delà du dôme du tonnerre, le troisième des films d’action apocalyptique de George Miller. 


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Patrick BETAILLE, mai 2021

Frank Frazetta – Molly Hatchet

 

[Extrait]: Frank Frazetta, était l’un des artistes américains les plus influents de la science-fiction et de l’heroic fantasy. C’est du moins dans cette catégorie que ce peintre a marqué de son empreinte l’univers de la bande dessinée, des couvertures de magazine comme Creepy, des receuils de nouvelles consacrées à Conan le Barbare et du comic strip avec, entre autres, Flash Gordon et Vampirella. Plusieurs groupes de rock et de hard rock ont fait appel à l’artiste newyorkais pour illustrer les pochettes de leurs albums. C’est le cas notamment de Herman’s Hermits, Nazareth, Yngwie Malmsteen et Wolfmother. Mais question artwork, le travail le plus remarquable de Frazetta est celui qu’il a effectué pour un groupe de rock sudiste dont le nom est tiré de celui d’une prostituée qui avait pour habitude de mutiler et décapiter certains de ses clients: Molly Hatchet. Son personnage du Death Dealer à la hache surdimensionnée illustre le premier album éponyme du combo de Jacksonville en 1978 puis celui de Flirtin’ with Disaster l’année suivante. Même ambiance pour Beatin’ the Odds en 1980 mais cette fois le Pourvoyeur de Mort troquera sa hache contre un glaive. C’est sûr, y’a quand même de quoi perdre la tête!


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Patrick BETAILLE, avril 2021

Vinyls – Le Rock en 1000 morceaux

 

En ces temps difficiles, voici peut être un moyen de se recentrer sur soi ou de s’occuper en tuant quelques heures: Le Puzzle! Mais pas n’importe lequel. Là il s’agit de casse-tête fragmenté aux formes bizarroïdes ayant pour thème le rock en général et les pochettes de disques en particulier. Parmi les nombreux thèmes vous pourrez choisir les albums les plus célèbres, le Classic Rock, les 60’s, les logos des groupes ou encore des thèmes spécifiques comme celui consacré à Deep Purple. En fonction des thèmes, plusieurs formats sont disponibles : 252 pièces, 500 pièces et 1000 pièces pour les plus motivés. Les éléments sont en carton de qualité supérieure imprimés par sublimation pour des couleurs plus vives. N’étant maqué avec aucun site marchand je vous laisse vous débrouiller pour trouver votre bonheur. Il vous suffit de taper ″Rock Albums Puzzle″ sur votre moteur de recherche préféré et le tour est loué. En gros, comptez en entre 27 et 35 euros, selon l’option choisie. Par contre si l’épopée du vinyle au travers du Cover Art vous interpelle, c’est ici que ça se passe: In Vinyle Veritas, le Livre!

Patrick BETAILLE, mars 2021