Mick McGinty – Pin Up & Rock’n’Roll!

 

Artiste du Midwest, Mick McGinty est né et a grandi dans le Nebraska. Il a commencé sa carrière en tant que portraitiste pastel, mais s’est rapidement orienté vers le design et l’illustration. Diplômé en 1979 du Art Center College of Design de Pasadena, il fréquente le milieu hollywoodien et travaille notamment sur des campagnes publicitaires pour MTV, Nike, Reebok, Budweiser, Disney et Universal. C’est à ce tire qu’en 1975 il compose l’affiche de Jaws (les Dents de la Mer) et qu’en 1988 il devient l’auteur de celle de Who Frame Roger Rabbit (Qui veut la Peau de Roger Rabbit). Dans l’intervalle, McGinty fréquente également le milieu musical et réalise quelques illustrations, dont certaines bien dans l’esprit de ce blog: Bécanes, Pin Up & Rock’n’ Roll. Parmi ces groupes figurent 38 Special (Wild-Eyed Southern Boys 1981), Doc Holliday (Doc Holliday Rides Again 1982) et Tora Tora, un groupe de glam rock de Memphis pour lequel en 1989 il dessine la pochette du premier album: Surprise Attack.

Patrick BETAILLE, mars 2021


Le Cover Art en Livre: In Vinyle Veritas!


 

William Stout – Trademark of Quality

© William Stout

 

Il y a une poignée d’années, pratiquant fébrile de l’immersion en milieu vinylique, je rencontrais par hasard les Who en cage dans un zoo. Ni une ni deux, je me portais acquéreur pour un temps hélas trop bref de ce que l’on appelait à l’époque un DISQUE PIRATE. Reste l’occasion (merci Lolo!) de parler de celui qui dessina la pochette de cette compilation: William Stout. 1968, diplômé du California Institute of the Arts, l’artiste débute sa carrière en tant qu’illustrateur de bandes dessinées et de fanzines underground. Avec un style assez proche de celui de Robert Crumb, il commence à se faire un nom et, en 1973, travaille comme illustrateur pour Trademark of Quality, une maison de disques spécialisée dans la diffusion d’enregistrements non-officiels. En 1974, il créé le logo du label Rhino Records et, de 1975 à 1977, se retrouve directeur artistique des magazines rock Bomp! et Heavy MetalStout continue à travailler occasionnellement à la conception d’affiches et de pochettes d’albums. Parmi ses travaux, la comédie musicale Rock’n’Roll High School et, en 81, la pochette de Beatlesongs, une compilation de titres parodiant la musique des Beatles dont l’illustration suscita un tollé. En cause, le personnage de gauche, qui tient la banderole; c’est David Chapman, l’assassin de John Lennon. Dans une interview, William Stout déclarait: ″ mes groupes favoris étaient les Yardbirds, les Who, Led Zeppelin, les Rolling Stones, Humble Pie, Jeff Beck, Fleetwood Mac et les Kinks. Musicalement j’étais un anglophile convaincu ″! L’interview dans son intégralité, la biographie de l’artiste, les pochettes, ses travaux, sa filmographie, etc. sont à retrouver ici: The Worlds of William Stout.

Patrick BETAILLE, février 2021

 

Richard Corben – Bat out of Hell

 

Richard Corben est né en 1940 dans une ferme du Missouri. Il passe sa jeunesse à Kansas City où, en 1965, il obtient un diplôme des beaux-arts du Kansas City Art Institute. Il travaille d’abord dans l’animation puis se tourne vers la création de comics underground et se lance dans l’illustration d’histoires d’horreur et de science-fiction pour l’éditeur Warren Publishing. En 1975, l’artiste rejoint Mœbius, Philippe Druillet et Jean-Pierre Dionnet dans l’aventure Métal Hurlant. Edité par Les Humanoïdes associés, le magazine français publie Den, la saga érotico-fantastique du dessinateur. Prolixe, Richard Corben représente à lui seul quelques 5000 planches et plusieurs centaines d’illustrations. Son œuvre a été récompensée par le prix du dessinateur étranger au festival d’Angoulême en 1976 et par le Grand prix de la ville d’Angoulême en 2018. L’artiste, décédé le 2 décembre 2020, restera également reconnu pour son illustration du premier album de Meat Loaf paru en 1979: Bat Out Of Hell. ″ C’était un zombie de l’image, un dingue aux images puissantes, folles et d’une justesse non contestable. Il a inventé la bande dessinée en 3D ″ (Philippe Druillet).

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Syd Barrett – The Madcap Laughs

© Photo: Mick Rock

 

Après avoir été débarqué de Pink Floyd en avril 68, Syd Barrett enregistre quelques chansons en vue d’un album solo. Dans un premier temps le projet tombe à l’eau. Le musicien est en train de payer la facture d’une consommation excessive de drogues et, suite à une rupture amoureuse, son état dépressif nécessite un internement dans un hôpital psychiatrique de Cambridge. Au printemps 1969, Barrett repart d’un bon pied et parvient à boucler 13 morceaux parmi lesquels certains bénéficient de la collaboration de ses anciens comparses David Gilmour et Roger Waters. The Madcap Laughs sort le 3 janvier 1970. Musicalement minimaliste, les mélodies sont parfois naïves mais elles prennent souvent une tournure plus sombre. L’album est à bien des égards une représentation de l’état d’esprit d’un individu tourmenté et décadent qui n’a plus la lumière à tous les étages. Même la pochette bénéficie d’une ambiance déconcertante au cœur de laquelle se côtoient dénuement, délire et surréalisme. Syd, pieds nus et hirsute, est accroupi au milieu de la pièce principale d’un appartement londonien qu’il occupe depuis décembre 1968 et où il se consacre à sa passion première, la peinture. Dans un décor dépouillé, posé à même le sol, un vase de jonquilles. La veille de la prise de vue, l’artiste avait badigeonné les lattes du parquet en orange et violet avec l’aide d’une amie rencontrée en mars 1969: Evelyn Rose. Née au Pakistan et surnommée ″Iggy the Eskimo″ à cause d’origines lointaines, elle pose nue au dos du disque. Mick Rock, l’auteur des clichés raconte: ″Quand je suis arrivé pour la séance photo de The Madcap Laughs, Syd était encore au lit, en caleçon, et Iggy était entièrement nue dans la cuisine″. À cause d’un grain exagéré dû à la faible luminosité, le photographe reconnaitra plus tard que les deux images n’étaient techniquement pas parfaites mais que néanmoins elles capturaient parfaitement l’atmosphère du moment et le glamour multicolore du Swinging London psychédélique de la fin des années 60. Comme dit le Chat du Cheshire d’Alice au pays des merveilles: ″We are all mad here″ (Chacun à sa manière, nous sommes tous fous).

Patrick BETAILLE, décembre 2020

Le Cover Art Emblématique en Livre: In Vinyle Veritas!

Mick Rock – Shot!

© Albums Covers – Mick Rock

 

Photographe anglais né en 1948, Michael David Rock est surtout connu et reconnu pour avoir braqué ses objectifs sur certaines figures emblématiques de la scène rock. Queen, T.Rex, Syd Barrett, Lou Reed, Iggy Pop, The Sex Pistols, The Ramones, Joan Jett, Talking Heads, Roxy Music, Thin Lizzy, Mötley Crüe, Johnny Winter, Rory Gallagher ou  Blondie figurent au catalogue de Mick Rock. Certains d’entre eux ont même fait appel à lui pour illustrer leurs disques. L’artiste est à l’origine de clichés mémorables de David Bowie – époque Ziggy Stardust – en sa qualité de photographe officiel de la star. Il a également dirigé les séances photo du film The Rocky Horror Picture Show. Au contact d’un monde connu pour ses excès, alcool et cocaïne se sont immiscés de façon incontrôlable dans la vie de Mick qui, pour échapper à la mort, a dû subir un quadruple pontage cardiaque. Conscient d’être très chanceux, celui que l’on surnomme ″ The Man Who Shot the Seventies ″ est désormais sobre, vit à New-York, pratique le yoga et travaille énormément en se consacrant à de nombreux ouvrages et expositions à travers le monde. En 2006 il reçut  le Music Legends Award pour sa contribution à la musique et en 2015 il animait sa propre série télévisuelle: On the Record with Mick Rock. En 2017 parait un documentaire retraçant la vie et la carrière du photographe: SHOT! The Psycho-Spiritual Mantra of Rock. Biographie, portfolios, etc. disponibles Ici!

 

© Albums Covers -Mick Rock

Patrick BETAILLE, décembre 2020

George Hardie – De Led Zeppelin à Pink Floyd

[Extrait]: George Hardie est un designer britannique né en 1944. Il fait ses études à Londres à la central Saint Martins et au Royal College of Art. C’est à ce moment là qu’il commence à créer illustrer des pochettes de disques, comme celle du premier album de Led Zeppelin en 1969. Il rejoint ensuite les studios NTA où il travaille sur de nombreuses galettes emblématiques avec le groupe de design Hipgnosis. de 1973 à 1976, il participe ainsi à celles de The Dark Side of the Moon et Wish you Where Here de Pink Floyd, How Dare You de 10cc, Technical Ecstasy de Black Sabbath et Presence de led Zeppelin. Parallèlement à cette activité l’illustrateur oeuvre en tant qu’indépendant. À partir de 1982 il enseigne à l’université de Brighton et en 1989 il ouvre le master Sequential Design/Illustration… Depuis 1994 George Hardie est membre et secrétaire de l’Alliance Graphique Internationale et en 2005 il est élu Royal Designer for Industry… D’autres ont également bénéficié de la contribution de l’artiste. Parmi eux et entre autres, Peter Frampton, Genesis, Be+Bop Deluxe, Wings, Hollies, Paul McCartney, Golden Earring ou Yes.

Patrick BETAILLE, septembre 2020


L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Guy Peellaert – Rock Dreams

Livre Rock Dreams. G. Peelaert

Connu pour avoir réalisé les jaquettes de It’s only Rock’n’roll des Stones,  Diamond Dogs de Bowie, Horse of a Different Color de Wily DeVille ou Pour nos Vies Martiennes d’Etienne Daho, Guy Peellaert a aussi conçu des affiches de films et pas des moindres: Short Cuts de David Altman, Taxi Driver de Martin Scorcese ou encore Les Ailes du Désir de Wim Wenders. Au milieu des années 70 les dessins de Guy Peellaert et la plume de Nick Cohn s’unissaient pour donner naissance à ce qui allait devenir un livre culte dans l’histoire du rock: Rock Dreams. Pas moins de 125 tableaux, principalement constitués de portraits des personnalités marquantes de l’histoire de la musique rock. Techniquement parlant l’œuvre relève d’un délicat mélange de photomontages et de peintures hyperréalistes réalisées à l’aérographe. Comme dans un album de famille, toutes les icônes américaines sont saisies dans leur intimité ou mises en situation dans des scénettes issues de l’imaginaire collectif ou des fantasmes de l’artiste. Bill Haley, Rolling Stones, Tina Turner, Elvis Presley, Sinatra, Bob Dylan et tant d’autres géants qui ont écrit les plus belles pages du rock sont là. Aujourd’hui encore considéré comme une oeuvre majeure, Rock Dreams est une invite pour un voyage dans le temps dans une magnifique machine à rêver qui part à la rencontre des mythes de l’Amérique et de la Pop Culture.

Guy Peellaert: Stones, Bowie, Willy DeVille


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Patrick BETAILLE, octobre 2019

Cal Schenkel – Frank Zappa: We’re Only in It for the Money

Cal Schenkel: Zappa We're In It for the Money

[Extrait]: En 1968, le mouvement hippie et ses élucubrations fleuries laissent Frank Zappa de marbre et les appels du pied des tendances Rock Psyché du moment lui en touche une sans faire bouger l’autre. Même l’unanimement plébiscité Sgt. Pepper’s des Beatles paru un an plus tôt ne trouve pas grâce auprès de ce Dali des sixties qui trouve l’album ″ pas mal mais sans plus ″ allant même jusqu’à déclarer: ″ Ils ne m’ont jamais fait fantasmer. J’avais le sentiment qu’ils n’étaient motivés que par l’argent ″. Fidèle à sa réputation de génie cynique et rebelle, le guitariste californien accompagné de ses Mothers of Invention sort en octobre 68 We’re only in it for the money, En plus du titre provocateur (″On est là que pour le fric!″) ce quatrième album du Zap est bourré de propos acerbes sur les policiers, les réactionnaires, les racistes ou les hippies. Musicalement parlant les 19 morceaux, dont certains d’à peine une minute et même 26 secondes pour Hot Poop (Caca Chaud!) font souvent l’objet de divagations déjantées à base d’assemblages sonores, d’effets spéciaux, de distorsions et de bruitages. Mais le plus saisissant réside dans le visuel qui parodie clairement le Sgt pepper’s lonely hearts club band des 4 de Liverpool. Cal Schenkel réalise pour le recto un collage de personnages (dont Jimi hendrix) avec au premier plan les Mothers au complet et une grosse caisse sur laquelle figure le titre de l’album. Au verso, paroles imprimées sur fond rouge et en guise d’encart la photo des 7 membres du groupe alignés sur un fond jaune. Ce cliché est signé Jerry Schatzberg, le photographe qui a fait poser les Stones déguisés en femmes pour la pochette de leur 45 tours Have You Seen Your Mother, Baby, Standing in the Shadow? Ici pas de grimage pour l’hirsute combo, juste des accoutrements féminins improbablement kitsch. Zappa demande la permission de publier l’artwork en l’état à Paul McCartney mais ce dernier lui suggère de s’adresser à sa maison de disques. Refus catégorique de Capitol Records; on ne touche pas aux Beatles! Verve Records, la maison de disque de Zappa, prend donc la décision de faire figurer  l’image  controversée à l’intérieur et de la remplacer par la photo du groupe. La censure ne s’arrête pas là. Le label fait passer certaines phrases jugées malsaines à l’envers pour les rendre inintelligibles et d’autres sont carrément coupées sans que le Maître en soit informé. En 1984, We’re only in it sera réédité  avec les paroles d’origine et quand il est élu parmi les meilleurs albums de tous les temps, Zappa se contente de maugréer: ″Je préfère que la récompense aille à ceux qui ont censuré cet album, ils la méritent plus que moi″.


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Patrick BETAILLE, septembre 2019

Boxer – Below the Belt

Nigel Thomas Censure Boxer, Below the Belt

[Extrait]: La première tentative du groupe Boxer, Below the Belt, sort en janvier 1976 chez Virgin. Malgré la présence de Mike Patto (ex Spooky Tooth) au chant et aux claviers, ce premier opus se distingue plus par son Cover Art que par des compostions somme toute assez poussives.  A partir d’une photo d’ Alex Henderson, Nigel Thomas élabore le packaging de l’album. Au recto, Stephanie Marrian, une habituée de la page 3 du tabloïd The Sun,  pose nue, jambes écartées, avec pour seul accessoire un paire de talons aiguille… rouges… Dans le prolongement d’un bras, un gant de boxe vient opportunément cacher l’entrejambe du top model. Au verso par contre le bras tendu du boxer disparaît, dévoilant sur la même photo la pilosité généreuse de la belle brune qui à l’occasion se voit affublée d’une paire de gants… rouges. Pas moyen de se concentrer sur le tracklisting qui pourtant figure en bonne place! Pour le marché américain, la toison pubienne sera recouverte dans un premier temps par une ceinture de boxeur à l’effigie du groupe, puis, pour les éditions suivantes par une réduction de la photo illustrant l’intérieur du LP. Malgré tout, ne suscitant que peu d’intérêt et de succès, Boxer splittera deux albums plus tard en 1979….

Patrick BETAILLE, septembre 2019


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Henry Diltz – Doors: Morrison Hotel

Henry Diltz Morrison Hotel

[Extrait]: Alors qu’il se promène avec sa femme dans les rues de Los Angeles, Ray Manzarek, clavier et bassiste de son état, tombe au 1246 South Hope Street sur un hôtel du nom de Morrison Hotel. Belle occasion!  Le musicien en parle aux autres et dans la foulée le groupe se rend sur place avec le photographe Henry Diltz, un de leurs amis. Le propriétaire de lieux refuse que son établissement soit photographié. Un peu plus tard, Diltz, remarquant qu’il n’y a plus personne à la réception, demande aux gars d’entrer et de se mettre derrière la devanture. La photo est faite et c’est celle qui figure au recto de l’album qui du coup s’intitule Morrison Hotel. Le même jour, quelques rues plus loin au 300 East 5th Street, The Lizard King remarque un bar dont le nom l’inspire et toute la troupe entre pour y écluser quelques bières. Nouvelle série de photos dont une avec le groupe accoudé au comptoir qui est retenue pour l’intérieur de la pochette de ce cinquième opus des Doors; quant à la façade du troquet, elle en illustre le verso. Un an plus tard, le patron du café reçoit un appel. Un certain Peter Morton lui demande l’autorisation d’utiliser le nom du lieu car il a en tête la création d’une nouvelle chaîne de restauration. Le Hard Rock Cafe était né!

Henry Diltz. Doors Morrison Hotel

Dès sa sortie en février 70 Morrison Hotel connait un gros succès, mettant ainsi fin à une période difficile pour The Doors. Période marquée par l’échec commercial du précédent The Soft Parade et les démêlés judiciaires de Jim Morrison. Quant à Henry Diltz il a à son actif quelques 200 pochettes d’albums pour des artistes tels que Buffalo Springfield, The Lovin’ Spoonful, James Taylor ou encore les Eagles. Certains clichés du photographe font les couvertures de BillboardNewsweekRolling Stone et The Los Angeles Times.


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Patrick BETAILLE, septembre 2019