Syd Barret – Have you got it Yet?

 

Roger Keith Barrett, musicien britannique attiré par les extravagances du psychédélisme, fut avec David Gilmour l’un des membres fondateurs de Pink Floyd. De tempérament torturé et totalement instable Syd Barret, s’adonnait régulièrement aux substances hallucinogènes; au point d’être exclu du groupe en 1968 à cause entre autres de sa surconsommation de LSD. Il se lança alors dans une brève carrière solo tout en continuant de pratiquer la peinture, son autre drogue,  pour finalement se retirer du monde et vivre en reclus dans la banlieue de Cambridge jusqu’en 2006, date de sa mort à l’âge de 60 ans. Ce rare génie de la musque Pop aura droit cette année à un documentaire qui revient sur sa courte, mais non moins essentielle, carrière musicale. Have you got It yet? n’est pas le premier reportage consacré à l’artiste, loin s’en faut. Le film, attendu pour cet été ou début 2016, a vu sa réalisation confiée à Roddy Bogawa qui déclarait à son sujet : ″ Il est vraiment unique, il a une dimension intime que les autres docus lui étant consacrés n’ont pas su capter ″. Source: New Musical Express.

Patrick Betaille, juillet 2015

Left Lane Cruiser – Dirty Spiff Blues

Left Lane Cruiser Dirty Spiff Blues

Les gars de Left Lane Cruiser aime le blues, le boogie, les gros amplis et les pédales de distorsion. Voilà pour la musique. Question mode de vie, l’alcool, les femmes, les potes et la marijuana occupent chez eux une place prépondérante. Depuis leur premier album en 2007 ils ont établi leur fond de commerce sur ces fondamentaux et la recette fonctionne plutôt bien pour  Frederick Joe Evans qui tient la Slide et le batteur Brenn Beck. À vrai dire ce qui à l’origine était un duo devient aujourd’hui un trio. Beck ayant quitté la formation il a été remplacé aux drums par Pete Dio et un certain Joe Bent s’est vu confier le rôle de bassiste. Et ce qui devait arriver, arrive. Le groupe de l’Indiana reste fidèle au bon gros Blues du Mississipi dans sa version Garage la plus brute mais il se met à explorer de nouveaux horizons. Comparé au remarquable ”Bring Yo’ ass to the table” sorti en 2008 ”Dirty Spiff Blues”, septième album de la formation, affiche plus de structure, des compositions plus fournies et surtout un son énorme. Plus grand, plus fort, et plus sale voici donc un très bon opus qui ferait penser à du R.L Burnside sous amphétamines. Un vrai régal que ce Voodoo hillbilly punk-blues qui l’instar d’un Tres Borrachos a de quoi tenir vos voisins éveillés une bonne partie de la nuit.

Patrick BETAILLE, juin 2015

 

The Pretty Reckless – Going to Hell

 

Attention! The Pretty Reckless: groupe rock US à chanteuse physiquement intelligente. Going to hell est leur deuxième album, réussi en tant que parfaite illustration de l’évolution musicale parfois radicale que peut connaître un groupe lorsqu’il arrive à maturité. On en arrive assez vite à oublier l’ex-actrice de la série Gossip Girl pour se concentrer sur la musique. Dans le genre gros rock alternatif, le groupe new-yorkais propose donc quelque chose d’ intéressant et bien léché. Miss Momsen et ses killers évoluent dans un univers à la fois musclé et sensuel, à la musicalité parfaitement millimétrée, comme en témoigne en ouverture le titre éponyme à la rythmique survitaminée. Provocateur et rugissant Going To Hell  lorgne allègrement du coté heavy metal et annonce la couleur de l’ensemble de l’album. The Pretty Reckless semble également avoir assimilé le fait que le vrai rock peut aussi s’illustrer par des titres plus soft. Waiting for a Friend, par exemple, apporte une teinte country alors que Blame me flirte avec le Folk Rock. House on a Hill par contre vient confirmer l’adage selon lequel tout disque qui envoie du lourd doit héberger sa ballade stillovingyounesque. C’est chose faite. Cela permet au passage d’apprécier des qualités vocales qui permettent à Taylor Momsen de se faire remarquer autrement que par la courbe de ses lombaires. Going to Hell ne restera probablement pas dans les annales mais dans l’immédiat il mérite une oreille quelque peu attentive.

Patrick BETAILLE, mai 2015

 

Manu Lanvin – Son(s) of the Blues

Manu Lanvin & Devil Blues1984, Denis boitille sous la pluie, à ses côtés François qui trimbale un sac à dos et une guitare. Cette acoustique accompagne les deux loosers sur les routes, dans les rue de Paris, dans le métro et dans un squat. Hormis le rôle non négligeable de l’instrument dans ”Marche à l’ombre”, le film, il faut noter que c’est sur le manche plusieurs fois refait de l’Ibanez en question que Manu Lanvin a plaqué ses premiers accords. Il avait une douzaine d’années et allait tomber tête la première dans le chaudron. Avec quatre opus à son actif  le guitariste chanteur  reste pourtant méconnu du grand public et ce malgré de remarquables collaborations avec Paul Personne, Neal Black ou son ami Calvin Russel. Les choses devraient changer car il est prévu qu’il fasse sous peu la première partie de notre Jojo national, mais là n’est pas le sujet. ”Son(s) of the Blues”, devrait en séduire plus d’un avec ses 12 titres qui viennent de là, qui viennent du Blues. En l’écoutant on se promène à Nashville, à la Nouvelle Orléans voir même au sud des Etats Unis, plus précisément dans le Mississippi. Les influences sont bien présentes et il arrive même que des touches jazzy ou rockabilly viennent épicer un ensemble sur lequel le Devil Blues, en tant que trio, assure plutôt bien. La voix rauque et grave de Manu colle parfaitement au genre et les compos, toutes originales, se voient parfois sublimées par des chorus plus qu’ habiles comme en témoigne le titre éponyme qui ouvre l’album à 100 à l’heure . Quant aux textes (dont trois en français), ils sont bien là pour attester de la sensibilité et des talents de compositeur de l’artiste. Ce cinquième essai est un très bon disque, essentiellement Blues Rock mais pas que, digne des grands noms de la discipline, et il prend toute sa dimension lorsqu’il est joué sur scène. C’est là que l’aisance et la sincérité prennent toute leur dimension; quand énergie et feeling sont dépensés sans compter pour communiquer avec le public.

Patrick BETAILLE, mai 2015

Silky Marie – Affaire de famille

Silky MarieMusicalement parlant, la recette n’a rien de très novateur. Prenez un bonne dose de Heavy Rock, ajoutez y un soupçon de Blues Rock et quelques miettes de ballades mid tempo. Laissez mijoter pendant une dizaine de titres et servez chaud avec un nappage Old School tendance Seventies. L’originalité de cet éponyme et premier album réside plutôt dans le groupe lui même. Silky Marie, c’est l’histoire d’un duo mais c’est aussi une histoire de famille; celle des Tweedy. Tim, le père, chante et s’occupe des parties guitares et de la basse pendant que Damon, le fils, assure la rythmique du haut de ses quatorze printemps prometteurs. Ce qui n’était au départ qu’un passe temps devient un galop d’ essai, au demeurant sympathique, auto-produit et enregistré à Minneapolis.  La suite? peut être la maturité avec un Power Trio puisque Les Tweedy cherchent actuellement un bassiste…

Patrick BETAILLE, février 2015

Lisa Mills – I’m changin’!

 CD Lisa Mills: I'm Changin'Originaire de l’ Alabama, Lisa Mills a passé trois ans en tournée en remplacement de Janis Joplin au sein d’une des dernières moutures  du Big Brother & the Holding Company. Le décor est planté quant à l’approche du chant, qui devrait vous en dire beaucoup sur ce qui relève donc d’une incarnation de la musique du Sud dans laquelle Rock et Soul se croisent ou cohabitent à des degrés divers. La voix est rauque, tantôt forte, parfois gémissante, mais toujours juste et émouvante. Lisa accompagne ses propres compositions et son jeu de guitare est des plus d’honorable sur ce quatrième album qui n’est ni un hommage à Janis, ni une de ces daubes qui encombrent les rayons de ”Housewives music”. ”I’m changin” est une bonne surprise bourrée de feeling, de tendresse et de frissons. Probablement pas de quoi rehausser le QI de Stevy Boulay mais l’interprétation a cappella de ”Tell Me” (exercice ô combien délicat) et une sublime version de ”Little Wing” devraient en séduire plus d’un question Musique qui vient du cœur et des tripes.

Patrick BETAILLE, janvier 2015

La Discothèque Idéale 2014

Mark Doyle and the Maniacs A Salute to the 60's Blues Boom   Johnny Winter Step Back   King Pug Grocery

 

Au regard du nombre de nouveautés, l ’année écoulée ne se distingue pas particulièrement dans le domaine du Blues ou du Blues Rock… Vous êtes peut être un peu déçu par ”Rock or Bust”, le dernier ACDC. Vous vous êtes un tantinet ennuyé à l’écoute de ”The Endless River” du Floyd… La production télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre… J’ai quelque chose pour vous! Faute de mieux, le cru 2014 (Clic sur les images!) doit pouvoir vous apporter quelques menues satisfactions en terme de musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds. Le choix est bien évidemment partial, partiel, subjectif et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″(Francis Zegut).

 

Brimstone Coven   Bonamassa   Blues Pills

Patrick BETAILLE, janvier 2015

Blues Pills – Blues Pills

Cd Blues Pills

On ne va pas s’en plaindre, même de façon relativement confidentielle, le ”Revival” du Rock, semble reconquérir un peu de terrain. En 2011, les américains Zack Anderson et Cory Berry (Ex Radio Moscow) s’ associent avec la chanteuse suédoise Elin Larsson. Le trio enregistre une démo, commence à tourner et établit le contact avec un très jeune et très talentueux guitariste français, Dorian Sorriaux. S’en suit tout récemment un album éponyme qui du contenant au contenu baigne dans une ambiance Seventies, à la croisée d’un vrai Rock et d’un très bon Blues teinté de Soul. Certes, et comme dirai quelqu’un que je connais,  peut être ”pas de quoi défriser Nelson Monfort” mais tout de même! Absolument rien à jeter dans ce premier LP du désormais quatuor. Même en mode mid tempo les titres sont efficaces, gorgés de feeling et de groove. Par les temps qui courent le plaisir d’entendre du gros son, de vraies guitares, une rythmique bien baston et une chanteuse qui a des tripes se fait rare. Blues Pills c’est Big Brother & the holding Cie qui fricote avec The Bell Rays. Ça envoie du bois, ça décrasse les cages à miel et ça sent bon la sueur. Vous attendez quoi pour vous faire prescrire ces pilules?

Patrick BETAILLE, décembre 2014

King Pug – Grocery

King Pug Grocery Dave WilkinsonUn bien beau cadeau de Noël que cette découverte au travers de laquelle je serai certainement passé sans les conseils avisés de Veetess Speereet. A n’en pas douter King Pug devrait vite se faire un nom dans le monde hélas trop confidentiel de l’Indie Rock. A l’origine du projet, un musicien anglais, auteur, compositeur et producteur: Dave Wilkinson. En 2013 histoire de mettre entre parenthèses son activité de musicien de studio, le guitariste/harmoniciste fait appel à un ami et partenaire de longue date, Caspar Saint-Charles, pour étayer l’expression d’un besoin de revenir aux fondamentaux du Blues Rock. Le duo met rapidement sur pied ”Borneo Mint Shave”, un premier EP de 7 titres enregistrés ”à la maison” et bourrés jusqu’à la gueule de guitares râpeuses et de rythmes syncopés. Satisfaits du résultat les deux compères reviennent cette année un nouvel album. Bien qu’un peu plus travaillé, Grocery et ses 12 titres reste dans la même veine que le précédent. C’est Roots à souhait, rafraîchissant, bien rythmé, et d’évidentes influences funky foutent des fourmis dans les pieds et donnent à l’ensemble un goût de revenez-y.  ″Noël en toc ou Rock en stock″, il faut se décider, mais quand on sait que King Pug est recommandé par Zegut en personne le choix n’est pas trop difficile. Pour s’en convaincre et savourer du Blues qui ne vous le donnera pas… le Blues… il suffit de se rendre à l’ épicerie: Grocery!

Patrick BETAILLE, décembre 2014

Joe Bonamassa – Different Shades of Blue

Joe Bonamassa. Differnet Shades of BlueOn ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre  sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!

Patrick BETAILLE, novembre 2014