Manu Lanvin – Son(s) of the Blues

Manu Lanvin & Devil Blues1984, Denis boitille sous la pluie, à ses côtés François qui trimbale un sac à dos et une guitare. Cette acoustique accompagne les deux loosers sur les routes, dans les rue de Paris, dans le métro et dans un squat. Hormis le rôle non négligeable de l’instrument dans ”Marche à l’ombre”, le film, il faut noter que c’est sur le manche plusieurs fois refait de l’Ibanez en question que Manu Lanvin a plaqué ses premiers accords. Il avait une douzaine d’années et allait tomber tête la première dans le chaudron. Avec quatre opus à son actif  le guitariste chanteur  reste pourtant méconnu du grand public et ce malgré de remarquables collaborations avec Paul Personne, Neal Black ou son ami Calvin Russel. Les choses devraient changer car il est prévu qu’il fasse sous peu la première partie de notre Jojo national, mais là n’est pas le sujet. ”Son(s) of the Blues”, devrait en séduire plus d’un avec ses 12 titres qui viennent de là, qui viennent du Blues. En l’écoutant on se promène à Nashville, à la Nouvelle Orléans voir même au sud des Etats Unis, plus précisément dans le Mississippi. Les influences sont bien présentes et il arrive même que des touches jazzy ou rockabilly viennent épicer un ensemble sur lequel le Devil Blues, en tant que trio, assure plutôt bien. La voix rauque et grave de Manu colle parfaitement au genre et les compos, toutes originales, se voient parfois sublimées par des chorus plus qu’ habiles comme en témoigne le titre éponyme qui ouvre l’album à 100 à l’heure . Quant aux textes (dont trois en français), ils sont bien là pour attester de la sensibilité et des talents de compositeur de l’artiste. Ce cinquième essai est un très bon disque, essentiellement Blues Rock mais pas que, digne des grands noms de la discipline, et il prend toute sa dimension lorsqu’il est joué sur scène. C’est là que l’aisance et la sincérité prennent toute leur dimension; quand énergie et feeling sont dépensés sans compter pour communiquer avec le public.

Patrick BETAILLE, mai 2015

Silky Marie – Affaire de famille

Silky MarieMusicalement parlant, la recette n’a rien de très novateur. Prenez un bonne dose de Heavy Rock, ajoutez y un soupçon de Blues Rock et quelques miettes de ballades mid tempo. Laissez mijoter pendant une dizaine de titres et servez chaud avec un nappage Old School tendance Seventies. L’originalité de cet éponyme et premier album réside plutôt dans le groupe lui même. Silky Marie, c’est l’histoire d’un duo mais c’est aussi une histoire de famille; celle des Tweedy. Tim, le père, chante et s’occupe des parties guitares et de la basse pendant que Damon, le fils, assure la rythmique du haut de ses quatorze printemps prometteurs. Ce qui n’était au départ qu’un passe temps devient un galop d’ essai, au demeurant sympathique, auto-produit et enregistré à Minneapolis.  La suite? peut être la maturité avec un Power Trio puisque Les Tweedy cherchent actuellement un bassiste…

Patrick BETAILLE, février 2015

Lisa Mills – I’m changin’!

 CD Lisa Mills: I'm Changin'Originaire de l’ Alabama, Lisa Mills a passé trois ans en tournée en remplacement de Janis Joplin au sein d’une des dernières moutures  du Big Brother & the Holding Company. Le décor est planté quant à l’approche du chant, qui devrait vous en dire beaucoup sur ce qui relève donc d’une incarnation de la musique du Sud dans laquelle Rock et Soul se croisent ou cohabitent à des degrés divers. La voix est rauque, tantôt forte, parfois gémissante, mais toujours juste et émouvante. Lisa accompagne ses propres compositions et son jeu de guitare est des plus d’honorable sur ce quatrième album qui n’est ni un hommage à Janis, ni une de ces daubes qui encombrent les rayons de ”Housewives music”. ”I’m changin” est une bonne surprise bourrée de feeling, de tendresse et de frissons. Probablement pas de quoi rehausser le QI de Stevy Boulay mais l’interprétation a cappella de ”Tell Me” (exercice ô combien délicat) et une sublime version de ”Little Wing” devraient en séduire plus d’un question Musique qui vient du cœur et des tripes.

Patrick BETAILLE, janvier 2015

La Discothèque Idéale 2014

Mark Doyle and the Maniacs A Salute to the 60's Blues Boom   Johnny Winter Step Back   King Pug Grocery

 

Au regard du nombre de nouveautés, l ’année écoulée ne se distingue pas particulièrement dans le domaine du Blues ou du Blues Rock… Vous êtes peut être un peu déçu par ”Rock or Bust”, le dernier ACDC. Vous vous êtes un tantinet ennuyé à l’écoute de ”The Endless River” du Floyd… La production télévisuelle vous en touche une sans faire bouger l’autre… J’ai quelque chose pour vous! Faute de mieux, le cru 2014 (Clic sur les images!) doit pouvoir vous apporter quelques menues satisfactions en terme de musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds. Le choix est bien évidemment partial, partiel, subjectif et assumé. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: ″ La musique c’est comme la vie, ça se respire ″(Francis Zegut).

 

Brimstone Coven   Bonamassa   Blues Pills

Patrick BETAILLE, janvier 2015

Blues Pills – Blues Pills

Cd Blues Pills

On ne va pas s’en plaindre, même de façon relativement confidentielle, le ”Revival” du Rock, semble reconquérir un peu de terrain. En 2011, les américains Zack Anderson et Cory Berry (Ex Radio Moscow) s’ associent avec la chanteuse suédoise Elin Larsson. Le trio enregistre une démo, commence à tourner et établit le contact avec un très jeune et très talentueux guitariste français, Dorian Sorriaux. S’en suit tout récemment un album éponyme qui du contenant au contenu baigne dans une ambiance Seventies, à la croisée d’un vrai Rock et d’un très bon Blues teinté de Soul. Certes, et comme dirai quelqu’un que je connais,  peut être ”pas de quoi défriser Nelson Monfort” mais tout de même! Absolument rien à jeter dans ce premier LP du désormais quatuor. Même en mode mid tempo les titres sont efficaces, gorgés de feeling et de groove. Par les temps qui courent le plaisir d’entendre du gros son, de vraies guitares, une rythmique bien baston et une chanteuse qui a des tripes se fait rare. Blues Pills c’est Big Brother & the holding Cie qui fricote avec The Bell Rays. Ça envoie du bois, ça décrasse les cages à miel et ça sent bon la sueur. Vous attendez quoi pour vous faire prescrire ces pilules?

Patrick BETAILLE, décembre 2014

King Pug – Grocery

King Pug Grocery Dave WilkinsonUn bien beau cadeau de Noël que cette découverte au travers de laquelle je serai certainement passé sans les conseils avisés de Veetess Speereet. A n’en pas douter King Pug devrait vite se faire un nom dans le monde hélas trop confidentiel de l’Indie Rock. A l’origine du projet, un musicien anglais, auteur, compositeur et producteur: Dave Wilkinson. En 2013 histoire de mettre entre parenthèses son activité de musicien de studio, le guitariste/harmoniciste fait appel à un ami et partenaire de longue date, Caspar Saint-Charles, pour étayer l’expression d’un besoin de revenir aux fondamentaux du Blues Rock. Le duo met rapidement sur pied ”Borneo Mint Shave”, un premier EP de 7 titres enregistrés ”à la maison” et bourrés jusqu’à la gueule de guitares râpeuses et de rythmes syncopés. Satisfaits du résultat les deux compères reviennent cette année un nouvel album. Bien qu’un peu plus travaillé, Grocery et ses 12 titres reste dans la même veine que le précédent. C’est Roots à souhait, rafraîchissant, bien rythmé, et d’évidentes influences funky foutent des fourmis dans les pieds et donnent à l’ensemble un goût de revenez-y.  ″Noël en toc ou Rock en stock″, il faut se décider, mais quand on sait que King Pug est recommandé par Zegut en personne le choix n’est pas trop difficile. Pour s’en convaincre et savourer du Blues qui ne vous le donnera pas… le Blues… il suffit de se rendre à l’ épicerie: Grocery!

Patrick BETAILLE, décembre 2014

Joe Bonamassa – Different Shades of Blue

Joe Bonamassa. Differnet Shades of BlueOn ne présente plus l’ américain, prodige du Blues qui est à lui seul le représentant émérite d’un renouveau qui l’a propulsé à un niveau de popularité rarement atteint dans un domaine sensé être en voie d’extinction. Revoilà donc Joe Bonamassa qui n’avait pas sorti d’album studio strictement personnel depuis l’excellent ”Dust Bowl” en 2011. Sans surprise majeure pour ce qui concerne la teneur et l’ambiance, ”Different Shade of Blue” vient étayer le talent et la boulimie multi directionnelle d’un artiste pour le moins généreux et surdoué. Dans l’ensemble très bon et très bien soutenu par des musiciens talentueux, l’album ouvre  sur un hommage à Hendrix et s’achève sur une ballade ennuyeuse dont on se serait facilement passé. Heureusement il contient aussi un ”oh beautiful” qui n’est pas sans rappeler ”Black Dog” de Zeppelin et livre de grands moments comme l’impétueux ”Living on the Moon” ou le torride ”Heartache Follows Wherever I Go” qui regorgent de cuivres que Joe a ramené de ses dernières collaborations avec Beth Hart. Reste un mystère. Celui de la pochette de l’album qui n’est pas sans rappeler l’image de Roland Free battant le record de vitesse à Bonneville Salt Flats en Septembre 1948. Une idée? Je suis preneur car, à part les nuances de bleu, je ne vois pas!

Patrick BETAILLE, novembre 2014

Johnny Winter – Step back!

 

Johnny Winter a publié pas moins d’une trentaine d’albums de Blues et de Blues Rock avant l’été 2014. Sa mort, à l’âge de 70 ans a laissé un vide difficile à combler pour la communauté du Blues. ″Step Back″ est son dernier album studio et il fait suite à ″Roots″ sorti en 2011 dans lequel un hommage était rendu aux artistes qui ont inspiré ou influencé l’albinos.  Comme ″Roots″ , ″Step Back″ consiste  essentiellement en une série de duos avec quelques grands noms du moment. Jugez plutôt! Eric Clapton , Ben Harper , Billy Gibbons , Joe Perry , Dr. John , Leslie West , Brian Setzer et Joe Bonnamassa sont de la partie pour un album bourré jusqu’à la gueule de guitares rugissantes au service d’un Blues Rock des plus efficaces. Au travers de ces collaborations motivées, il reste évident que Johnny Winter  affiche encore joie, excitation et plaisir; honnêtement il n’a peut être jamais aussi bien joué! Alors bien sûr Step Back ne propose rien de particulièrement innovant ou surprenant mais il est réconfortant de découvrir que le guitariste texan nous a quitté en  laissant derrière lui un témoignage sur lequel les amateurs du genre ne manqueront pas de se précipiter tant il est indispensable.

Patrick BETAILLE, octobre 2014

 

Robert Crumb – Chimpin’ the Blues!

Robert Crumb & Jerry Zolten: Chimpin' the Blues

Né à Philadelphie en 1943 Robert Crumb est dans les années  soixante l’une des figures de proue du Comix Underground. A cette époque il acquiert une renommée confortable en publiant les aventures d’un chat paillard et obsédé, Fritz The Cat et celles d’un gourou cynique, Mr Natural. Ces aventures feront d’ailleurs l’objet de publications en France dans Actuel, l’ Echo des Savanes et Fluide Glacial. Dans ces magazines il est également question de témoignages humoristiques et déjantés sur le psychédélisme, les drogues (il connaît bien le sujet…), la libération sexuelle et les femmes. Les Femmes! Il les aime et les dépeint résolument avec des formes généreuses, maternelles et dotées d’ un caractère bien trempé. Crumb, qui  se décrit lui même comme ″un obsédé pervers et névrosé″, met en scène la gent féminine sur fond de relation ambivalente tantôt animée par la haine et la crainte, tantôt empreinte de fascination et de fantasmes sexuels. Le dessinateur a une autre passion: La musique. Même si a une époque il refuse de travailler pour les Rolling Stones (il n’aime pas leur musique!) il commet quelques pochettes de disques dont la plus célèbre reste incontestablement celle de Cheap Thrills pour le Big Brother and the Holding Company de Janis Joplin. Malgré tout et musicalement, c’est en tant que collectionneur de disques 78 tours que Robert Crumb se distingue. Il se passionne particulièrement pour la Country Music, le Jazz et le Blues Vintage, sachant que tout ce qui est postérieur à 1935 ne représente pour lui que très peu d’intérêt. Sorti fin 2013, Chimpin’ the Blues est le fruit d’une collaboration avec un ami, lui aussi collectionneur, Jerry Zolten. Ce dernier, historien en musique et professeur d’université invite Crumb en 2003 dans son émission de radio au cours de laquelle tous deux passent en revue quelques uns de leurs favoris parmi les 78 tours des années 20 & 30. Sur les 21 titres de ce disque 10 sont la transcription de commentaires éclairés de la part des deux spécialistes mais c’est la musique qui reste à l’honneur avec 11 titres rares qui à eux seul représentent un véritable trésor. Les amateurs de Blues Old Style et les fans de Crumb devraient être séduits par le contenu et le contenant de Chimpin’ the Blues.

Patrick BETAILLE, octobre 2014 


d’autres anecdotes à retrouver dans le livre:

👉  In Vinyle Veritas – Éloquence et Désaveu du Cover Art  👈


Brimstone Coven, l’album

Brimstone CovenIl n’est pas dit que l’année 2014 s’achève sans un bon petit brûlot de Heavy Rock.  La jaquette de l’album éponyme de Brimstone Coven annonce une couleur que Richard Clayderman n’oserait entrevoir, même dans ses rêves les plus avinés. Crânes, grimoire, bougies, sorcières aux yeux vides… tout y est et pour sûr on imagine aisément les membres hirsutes de ce groupe de Virginie se balader avec le premier opus de Black Sabbath sous le bras. Dès la première écoute ça se confirme; les gus ne sont pas là pour enfiler des perles. Les riffs sont rugueux à souhait, la rythmique plombée et à n’en pas douter le chanteur « Big John William » à fignolé ses cordes vocales à la râpe à bois. Plus surprenant par contre,  c’est que ça et là viennent s’immiscer des ambiances plus bluesy, et parfois même des harmonies plus psychédéliques. De toute évidence Brimstone Coven a passé du temps à écouter les Maîtres du genre mais sans tomber dans le piège de l’imitation mercantile. Nous sommes bien au sein de ce que l’on pourrait appeler du Neo-Metal Retro (Sic!) et on ne s’ennuie jamais à l’écoute de ces 17 titres qui ne sont ni plus ni moins que la compilation remastérisée des deux premiers albums que ce combo prometteur a auto-produit entre 2012 et 2013.

Patrick BETAILLE, septembre 2014