Boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris. À la veille des législatives de 1978, Claude François meurt le 11 mars, électrocuté dans sa salle de bains. Le quotidien Libération publie en Une et avec une belle coquille: » Claude François : à volté « . Un titre acerbe qui fait état du crédit que la rédaction et ses lecteurs accordent au chanteur populaire alors considéré comme un pilleur de trésors anglo-saxons et une idole à midinettes. Il faut le savoir, Libé aime les auteurs engagés, pas les vedettes à paillettes adeptes du play-back.
[Extrait]: Charles Edouard Anderson Berry grandit à Saint louis, Mississippi. Sa jeunesse, il la passe pour partie en maison de correction pour vol à main armée, comme ouvrier dans l’industrie automobile et à suivre des cours du soir pour devenir coiffeur. Il est passionné de blues et de jazz et trouve le temps de se consacrer à l’apprentissage de la guitare…
Lors d’un passage à Chicago en 1955, il fait la rencontre de Muddy Waters qui lui obtient une audition chez Chess Records. Il y enregistre sous le nom de Chuck Berry un premier succès – Maybellene – qui lui attire la reconnaissance du public noir et les faveurs des auditeurs blancs. Le jeu du guitariste est déjà très affûté et il n’a pas son pareil pour mettre en chanson des histoires de filles, de bagnoles et de fêtes, thèmes prisés par la jeunesse qui, en 1958, se passionne pour Sweet Little Sixteen, Carol ou Rock’n’Roll Music. Cette année là, paraît également Johnny B. Goode une autobiographie qui raconte l’histoire d’un garçon de milieu modeste qui devient célèbre grâce à ses talents de guitariste…
Pour que le single soit diffusé en radio le » coloured boy » devient » country boy « . Ainsi, s‘agissant de réussir dans la vie, les fans blancs peuvent mieux s’identifier à un péquenot qu’à un black. Dans le mille ! Classée par Rolling Stone septième des 500 plus grandes chansons de tous les temps et en première place des 100morceaux de guitare. Johnny B. Goode restera à jamais l’une des chansons les plus reconnaissables de l’histoire du Rock…
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Luck and Strange n’est pas un disque. C’est un joyau! Un joyau qui brille de neuf feux éclatants de sensibilité et d’élégance. Confinement, tournées, querelles avec Roger Waters, vente de ses 120 guitares, voilà 9 ans que David Gilmour n’avait pas donné suite à Rattle That Lock son précédent disque. Tout le monde pensait que l’ex-guitariste du Floyd était en train de jouir d’une retraite bien méritée. C’est peut-être le cas mais une chose est sûre c’est bien dans la sérénité que baigne ce nouvel album solo. D’emblée, Black Cat, un instrumental concis au style aérien, prend aux tripes de la nostalgie. Avec Luck and Strange et son ambiance bluesy, le guitariste qui n’a pas perdu la main semble en apesanteur. Démarrage tout en douceur de The Piper’s Call qui progresse lentement pour finir noyé dans un jeu de 6 cordes élégantes et lyriques. La voix de David atteint des sommets de sensualité dans un Single Spark où violons et guitare s’unissent harmonieusement. Vita Brevis, bref instrumental annonciateur de l’étonnant et viscéral Between Two Points porté par la voix magnifiquement éthérée de Romany Gilmour, la fifille à son papa. Transe assurée pour un funky et déconcertant Dark and Velvet Nights dans lequel claviers et guitares en disent tant. Arrangements et production irréprochables pour un Sings qui n’invente rien et c’est tant mieux. L’album dans sa version non augmentée, se referme sur Scattered. 7:30 extatiques qui débutent avec un clin d’œil aux battements de cœur qui ouvre Dark Side of The Moon (Speak to Me) mais aussi à l’intro de Meddle (Echoes). En quelques secondes, on sait. C’est franchement floydien mais on s’en fout. Mélodie imparable, guitare hispanisante, cordes, piano, timbre de voix et ce solo du maître qui vous transperce comme au bon vieux temps de Comfortably Numb. Oui c’est beau à ce point. Luck and Strange est, dans son intention, sa conception et son exécution, le meilleur album solo d’un artiste de 78 balais qui nous offre une approche presque expérimentale, mélangeant émotion et pics musicaux prégnants dont on se repait à l’envie.
En France, c’est la rentrée pour 12 millions d’élèves. Un moment important pour les collégiens et lycéens qui reprennent les cours. Bon courage et rock’n’roll bordel!
School Days – Chuck Berry – 1957: ″ Debout de bonne heure, direction l’école. La règle d’or, l’histoire américaine et les mathématiques y sont enseignées. Tu étudies et tu espères bien réussir. Tu bosses dur mais le gars derrière toi te harcèle. La cloche sonne enfin et le cuistot est prêt à fournir. Tu auras de la chance si tu trouves une place et si tu as le temps de manger. Retour en classe. Ouvrez vos livres! La prof ne sait pas à quel point elle a l’air sévère. Trois heures, c’est enfin l’heure de la délivrance. Fermez vos livres et levez-vous! Les couloirs, la rue et tu entres dans le troquet. Tu mets une pièce dans la fente. Tu as besoin d’entendre quelque chose d’exaltant. Toute la journée tu as eu envie de danser et de ressentir la musique de la tête aux pieds. Sur un rythme endiablé tu gigotes. Le feeling est omniprésent. Salut rock’n’roll, libère moi du temps passé!″ [Traduction: Marcel Destroy].
[Extrait]: Quand Jim Morrison fait appel à Robby Krieger pour l’une des compositions d’un premier LP des Doors, les consignes sont pour le moins vagues. Il souhaite juste un truc universel et pérenne que les gens peuvent s’approprier facilement. Le guitariste de Jim apprécie particulièrement le Play with Fire des Rolling Stones. Il a en tête une évocation des quatre éléments. Il décide donc d’aborder le thème du feu sur une mélodie et des paroles de son cru qui évoquent le fait de laisser les inhibitions se faire dévorer par les flammes de la passion. ″ Tu sais que ce serait faux, que je serais un menteur si j’affirmais que l’on ne peut aller plus haut. Allez, viens, inspire-moi, essayons d’embraser la nuit. Il ne faut plus hésiter et se contenter de médiocrité. Essayer maintenant, ça n’est que risquer de perdre et de voir notre amour se transformer en bûcher funéraire ″.
L’ambiance folk d’origine prend une toute autre dimension lorsque Jim Morrison écrit le deuxième couplet consacré au bûcher funéraire et que Ray Manzarek propose une touche de classicisme à l’orgue. L’album The Doors sort en janvier 1967. long de plus de 7 minutes, Light my Fire sort en avril en version courte. Au constat que les solos d’orgue et de guitare ont été amputés pour que le morceau entre dans les 3 minutes, les auditeurs crient au scandale mais le single reste n°1 pendant trois semaines et se vend à plus d’un million d’exemplaires. L’Amérique ébahie découvre l’attrait quasi chamanique du ″ Lizard King ″…
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
The Georgia Thunderbolts avaient débarqué sur la scène rock en 2021 avec un premier album: Can We Get A Witness paru en octobre. Saluée à l’époque par la critique et une bonne partie du public en manque de Lynyrd Skynnyrd et autres Outlaws, la formation originaire de Géorgie est de retour avec Rise Above It All. Ce deuxième album continue d’entretenir l’héritage sudiste et ses codes immuables tout en explorant de nouveaux horizons. Les compositions sont abouties, les guitares tenaces et harmonieuses, la rythmique robuste et les vocalises de TJ Lyle occupent l’espace avec une passion révélatrice qui n’est avare, ni de testostérone, ni de feeling et surtout pas de puissance. Avec ses treize titres, Rise Above It All prouve que le southern rock – même en mode country et mid tempo – a encore de beaux jours devant lui, a fortiori quand il devient l’apanage d’un groupe épanoui qui revendique ses racines via une énergie créative et efficace. Une chose est sûre, il ne faut surtout pas se focaliser sur un cover art hideux-qui-pique-les-yeux pour savourer une musique de qualité à ranger pas loin de Black Stone Cherry et Blackberry Smoke. Rock’n’roll motherfuckers!
Tournées incessantes, cela faisait 4 ans que la formation suédoise ne nous avait pas gratifié d’une production studio. Flashback. Blues Pills est né de la rencontre. Celle de Zack Anderson (basse) et Cory Berry (batterie) du groupe Radio Moscou avec la chanteuse Elin Larsson. Un premier album éponyme gorgé de hard/psyché sort en 2014. Deux ans plus tard, plus sophistiqué, plus pop rock et teinté soul, Lady in Gold obtient l’adhésion du public. Retour aux sources en 2020 avec un Holy Moly au blues rock fougueux, flamboyant et surtout très convaincant. Bien avisé celui qui aurait pu parier sur ce qu’allait offrir la quatuor avec ce quatrième album. Birthday est une fois de plus différent de ce qui a nourri la notoriété du groupe. Musicalement, ce qui est frappant à la première écoute c’est que sont privilégiées les lignes mélodiques, harmoniques et rythmiques du rock, le tout dans une ambiance pop. À n’en pas douter, les fans de rock énervé risquent de passer leur chemin en accordant toutefois un accessit aux trois premiers titres. Birthday, D’ont you Love it et Bad Choices, tous trois bien campés dans un classic rock énergique. Peut-être s’attarderont ils un moment sur le mid tempo de Piggyback Ride et Holding Me Back ou le bluesy Shadows et son ambiance garage, mais, en prétendant que ces compos n’apportent pas grand chose de neuf. Une chose est sûre, la complainte heavy I Don’t Wanna Get Back on that Horse Again ne va pas leur friser les poils de la guitare. Pas plus que Top of the Sky, Like a Drug, Somebody Better et What has this Life Done to You, des ballades douceâtres qu’ils s’empresseront de qualifier de ″ housewife music ″. Fadaises et billevesées que tout ceci comme aurait dit Maître Capello en remettant 100 francs dans le nourrain. Bien qu’assez éloigné des disques précédents, Birthday est admirablement bien ficelé et pas un seul des 11 titres n’est réellement dissonant. Les compositions, chacune dans leur genre, sont d’une rare efficacité et le chant magnifique est en tous points d’une perfection rare [Elin Larsson est enceinte, ceci expliquant cela? – NDLR]. Montez le son, go wild, et faites-le écouter à ceux qui vous sont chers.
Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le patron de Columbia Records, convoque ses ingénieurs. D’après lui, le moment est venu de créer un nouveau format en remplacement du disque 78 tours. C’est ainsi qu’en 1948, le vinyle qui tourne à 33 tours par minute fait son apparition. Mais la concurrence est rude! RCA Records – une autre maison de disques américaine – consciente des enjeux, se lance à son tour dans l’innovation et, en 1949, commercialise le 45 tours. Avec un format réduit à 17,5 cm et un seul enregistrement par face, la firme compte bien relancer le marché du juke-box déjà présent dans les bars et séduire rapidement la jeunesse. Aisément transportable, d’un coup moins élevé, le single deviendra un formidable tremplin pour les artistes et accompagnera le développement de la musique populaire qui connaitra son apothéose au cours des seventies. C’est ainsi qu’en 1955 le Rock Around the Clock de Bill Haley and the Comets se vendra à 3 millions d’exemplaires et qu’en 1974 deux cents millions de 45 tours seront vendus. Malheureusement, la fin de la production du petit format est actée en 1993, entrainant de fait la fin irrémédiable des machines sonores publiques alors moribondes.
Mais qu’en est-il de la petite histoire, celle qui se cache derrière ces succès emblématiques qui ont jalonné la route du Rock? En 240 pages, le livre Remember the Sixties passe en revue une sélection de cent 45 tours parmi les plus marquants. Le sujet est traité par le petit bout de la lorgnette. Avec de savoureuses anecdotes s’ouvre le rideau de la scène anglo-saxonne où se joue une fantastique épopée au cours de laquelle le bouillonnement des sixties fut propice au phénomène musical le plus important de ces soixante-dix dernières années. Même en France, une véritable révolution – tant par les thèmes abordés (amour, sexe, drogue, politique, guerre, etc.) dans les chansons, que par l’exploration de nouveaux sons, rythmes et harmonies – portée par le génie, l’astuce, l’intelligence, la folie et le brio de leurs inoubliables interprètes : les jukebox heroes.
[Steven Tyler – Dream On]: ″ The past is gone… Everybody’s got the dues in life to pay – Le passé est révolu… Dans la vie, tout le monde a des comptes à rendre ″.
Hélas, trois fois hélas, il va falloir se faire à cette idée. Aerosmith c’est terminé. Une fin brutale pour le groupe qui était sorti de sa retraite il y a un an pour entamer en 2023 une tournée d’adieu, histoire de fêter ses 50 ans de carrière. Et quelle carrière! 150 millions de disques vendus, des hits planétaires, bon nombre de Grammy Awards et autres récompenses dignes d’une notoriété phénoménale. C’est en septembre 2023, lors du Peace Out : The Farewell Tour que Steven Tyler s’est fracturé le larynx au cours d’un concert à New York. Le tour de chant avait alors été reporté pour laisser au chanteur à la voix de chat écorché le temps nécessaire de récupérer ses cordes vocales. Las, le diagnostic est sans appel: un rétablissement complet de sa blessure n’est pas envisageable. Constat déchirant et c’est contrainte et forcée que la formation de Boston a annoncé la fin prématurée de sa carrière. Fini l’Amour dans l’Ascenseur*, stop à la Vie sur le Fil du Rasoir*. Déménagement*: les Jouets restent dans le Grenier* et les Rats à la Cave*. Pas Plus*! Pour l’Émotion* et les Pleurs*, C’est par Ici*. Steven, Joe, Tom, et Brad vont pouvoir profiter d’un peu de repos bien mérité. AEROSMITH, qui n’a pas pour autant annoncé sa séparation, enregistrera t-il à nouveau ? On peut rêver*.
*Love in an Elevator – Livin’ on the Edge – Movin’ Out – Toys in the Attic – Rats in the Cellar – No More, No More – Sweet Emotion – Cryin’ – Walk this Way – Dream on.
Dans ce meeting, pas d’orateurs soporifiques, de powerpoint insipides, de tableaux excel ou de stats imbitables, ni de plateaux repas prémâchés. Rock, Hard Rock, Heavy Metal, Pop Rock, etc, n’ont aucun secret pour cette équipe de chroniqueurs. Bougrement motivés, assidus et efficaces ils surfent sur l’actualité musicale pour nous offrir ce qui se fait de mieux en terme de chroniques, de comptes-rendus, d’interviews et de news indispensables à tout amateur de bonnes vibrations. Pas besoin d’invitations, entrée libre pour un raout des plus jouissifs. Allez-y!