[Kate Pierson – Chanteuse de The B-52’s]: ″ There is a whole split personnality thing being a farm girl and a rock and roll girl– Il y un réel dédoublement de personnalité quand on est une fermière qui fait du rock’n’roll ″.
[Nashville Pussy: Hate & Whiskey]. ″ Je viens d’une ville de terre et d’eau où il n’y a pas grand chose à faire et rien de sympa dans les environs… Je n’ai jamais été nulle part et il n’existe pas d’endroit qui me tente… On dirait que tout le monde m’en veut. Alors fous-moi la paix car je suis ivre de haine et de whisky″.
″ Money, it’s a crime. Share it fairly, but don’t take a slice of my pie. Money, so they say, Is the root of all evil today – L’argent, c’est un sacrilège. Partagez équitablement, mais ne touchez pas à ma part du gâteau. L’argent, dit-on, est à l’origine de tous les maux aujourd’hui″. (Roger Waters: Money – 1973).
Depuis 2022 le catalogue de Pink Floyd était à vendre, appâtant les plus gros poissons de l’industrie musicale dont Sony Music, Warner Music, BMG et Hipgnosis, le collectif qui a conçu la plupart des illustrations emblématiques des albums du groupe anglais. Une première négociation à hauteur de $500 millions avait échoué pour cause de conflits d’intérêts entre David Gilmour et Roger Waters. Finalement un accord a été conclu et c’est Sony – déjà propriétaire de la musique de Bruce Springsteen ($550 millions), de celle de Queen ($1 milliard) et de Bob Dylan ($200 millions) – qui a remporté la mise. Alors, pour $400 millions, qu’y a‑t-il dans ce deal ? Pink Floyd a cédé ses droits sur les enregistrements et l’utilisation du nom et de l’image mais reste propriétaire des paroles de chansons. Subtilité qui devrait arranger les affaires de Waters puisqu’il est l’auteur de la plupart des textes. Cela signifie également que Sony Music détiendra les droits cruciaux pour tout ce qui concerne le Floyd, des produits dérivés jusqu’aux films, en plus d’avoir le contrôle total sur la musique du groupe.
L’on a pas fini de voir le marché inondé par les versions collector, les remix, les tirages limités, les alternate takes, les Best Of, les inédits et autres fonds de tiroirs. D’ailleurs, une édition 50ème anniversaire de Wish You Were Here est déjà annoncée pour 2025.
Après avoir tenu le micro au sein du groupe australien de 2015 à fin 2018, John Corabi revient en tant que frontman remplacer au chant Glen Hughes parti batifoler chez Black Country Communion. Le septième album studio des Dead Daisies marque donc une nouvelle étape dans la carrière de ce supergroupe qui, au fil des années, a connu bon nombre de changements de line-up. Aujourd’hui c’est un quintet affuté qui vient promouvoir un heavy rock haut de gamme. Doug Aldrich anciennement guitariste de Whitesnake, David Lowy le guitare rythmique membre fondateur du groupe, Michael Devin – lui aussi un ex-Whitesnake – à la basse et Tommy Clufetos, un des anciens batteur de Black Sabbath, accompagnent le retour de l’ex-chanteur de Mötley Crüe. La voix puissante de Corabi colle efficacement à un registre somme toute assez classique mais bougrement efficace puisque soutenu par la virtuosité de Aldrich, la maîtrise de Lowy et une rhythmique solide. C’est exactement ce que l’on ressent à l’écoute du premier skud, celui qui offre son titre à l’album: Light ‘Em Up [allumez-les ! – NDLR]. Il en va de même pour les morceaux suivants avec une mention particulière pour I Wanna be your Bitch ou I’m Gonna Ride qui semblent tout droit sortis du répertoire AC/DC et un Take a Long Line basique mais terriblement badass. En neuvième position un dispensable Love That’ll Never Be, une ballade aux sonorités très eighties bienvenue pour le repos des cages à miel après un décrassage zélé. Take my Soul parachève l’ensemble avec un mid tempo atmosphérique qui connait une accélération au cours de la quelle Doug Alrich renoue avec son passé Whitesnake. Mission accomplie pour les Dead Daisies. Light ‘Em Up est puissant sans être outrancier, traditionnel sans être rétro, mature, sans concession, tout simplement simple et réjouissant.
Boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris. À la veille des législatives de 1978, Claude François meurt le 11 mars, électrocuté dans sa salle de bains. Le quotidien Libération publie en Une et avec une belle coquille: » Claude François : à volté « . Un titre acerbe qui fait état du crédit que la rédaction et ses lecteurs accordent au chanteur populaire alors considéré comme un pilleur de trésors anglo-saxons et une idole à midinettes. Il faut le savoir, Libé aime les auteurs engagés, pas les vedettes à paillettes adeptes du play-back.
[Extrait]: Charles Edouard Anderson Berry grandit à Saint louis, Mississippi. Sa jeunesse, il la passe pour partie en maison de correction pour vol à main armée, comme ouvrier dans l’industrie automobile et à suivre des cours du soir pour devenir coiffeur. Il est passionné de blues et de jazz et trouve le temps de se consacrer à l’apprentissage de la guitare…
Lors d’un passage à Chicago en 1955, il fait la rencontre de Muddy Waters qui lui obtient une audition chez Chess Records. Il y enregistre sous le nom de Chuck Berry un premier succès – Maybellene – qui lui attire la reconnaissance du public noir et les faveurs des auditeurs blancs. Le jeu du guitariste est déjà très affûté et il n’a pas son pareil pour mettre en chanson des histoires de filles, de bagnoles et de fêtes, thèmes prisés par la jeunesse qui, en 1958, se passionne pour Sweet Little Sixteen, Carol ou Rock’n’Roll Music. Cette année là, paraît également Johnny B. Goode une autobiographie qui raconte l’histoire d’un garçon de milieu modeste qui devient célèbre grâce à ses talents de guitariste…
Pour que le single soit diffusé en radio le » coloured boy » devient » country boy « . Ainsi, s‘agissant de réussir dans la vie, les fans blancs peuvent mieux s’identifier à un péquenot qu’à un black. Dans le mille ! Classée par Rolling Stone septième des 500 plus grandes chansons de tous les temps et en première place des 100morceaux de guitare. Johnny B. Goode restera à jamais l’une des chansons les plus reconnaissables de l’histoire du Rock…
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
Luck and Strange n’est pas un disque. C’est un joyau! Un joyau qui brille de neuf feux éclatants de sensibilité et d’élégance. Confinement, tournées, querelles avec Roger Waters, vente de ses 120 guitares, voilà 9 ans que David Gilmour n’avait pas donné suite à Rattle That Lock son précédent disque. Tout le monde pensait que l’ex-guitariste du Floyd était en train de jouir d’une retraite bien méritée. C’est peut-être le cas mais une chose est sûre c’est bien dans la sérénité que baigne ce nouvel album solo. D’emblée, Black Cat, un instrumental concis au style aérien, prend aux tripes de la nostalgie. Avec Luck and Strange et son ambiance bluesy, le guitariste qui n’a pas perdu la main semble en apesanteur. Démarrage tout en douceur de The Piper’s Call qui progresse lentement pour finir noyé dans un jeu de 6 cordes élégantes et lyriques. La voix de David atteint des sommets de sensualité dans un Single Spark où violons et guitare s’unissent harmonieusement. Vita Brevis, bref instrumental annonciateur de l’étonnant et viscéral Between Two Points porté par la voix magnifiquement éthérée de Romany Gilmour, la fifille à son papa. Transe assurée pour un funky et déconcertant Dark and Velvet Nights dans lequel claviers et guitares en disent tant. Arrangements et production irréprochables pour un Sings qui n’invente rien et c’est tant mieux. L’album dans sa version non augmentée, se referme sur Scattered. 7:30 extatiques qui débutent avec un clin d’œil aux battements de cœur qui ouvre Dark Side of The Moon (Speak to Me) mais aussi à l’intro de Meddle (Echoes). En quelques secondes, on sait. C’est franchement floydien mais on s’en fout. Mélodie imparable, guitare hispanisante, cordes, piano, timbre de voix et ce solo du maître qui vous transperce comme au bon vieux temps de Comfortably Numb. Oui c’est beau à ce point. Luck and Strange est, dans son intention, sa conception et son exécution, le meilleur album solo d’un artiste de 78 balais qui nous offre une approche presque expérimentale, mélangeant émotion et pics musicaux prégnants dont on se repait à l’envie.
En France, c’est la rentrée pour 12 millions d’élèves. Un moment important pour les collégiens et lycéens qui reprennent les cours. Bon courage et rock’n’roll bordel!
School Days – Chuck Berry – 1957: ″ Debout de bonne heure, direction l’école. La règle d’or, l’histoire américaine et les mathématiques y sont enseignées. Tu étudies et tu espères bien réussir. Tu bosses dur mais le gars derrière toi te harcèle. La cloche sonne enfin et le cuistot est prêt à fournir. Tu auras de la chance si tu trouves une place et si tu as le temps de manger. Retour en classe. Ouvrez vos livres! La prof ne sait pas à quel point elle a l’air sévère. Trois heures, c’est enfin l’heure de la délivrance. Fermez vos livres et levez-vous! Les couloirs, la rue et tu entres dans le troquet. Tu mets une pièce dans la fente. Tu as besoin d’entendre quelque chose d’exaltant. Toute la journée tu as eu envie de danser et de ressentir la musique de la tête aux pieds. Sur un rythme endiablé tu gigotes. Le feeling est omniprésent. Salut rock’n’roll, libère moi du temps passé!″ [Traduction: Marcel Destroy].
[Extrait]: Quand Jim Morrison fait appel à Robby Krieger pour l’une des compositions d’un premier LP des Doors, les consignes sont pour le moins vagues. Il souhaite juste un truc universel et pérenne que les gens peuvent s’approprier facilement. Le guitariste de Jim apprécie particulièrement le Play with Fire des Rolling Stones. Il a en tête une évocation des quatre éléments. Il décide donc d’aborder le thème du feu sur une mélodie et des paroles de son cru qui évoquent le fait de laisser les inhibitions se faire dévorer par les flammes de la passion. ″ Tu sais que ce serait faux, que je serais un menteur si j’affirmais que l’on ne peut aller plus haut. Allez, viens, inspire-moi, essayons d’embraser la nuit. Il ne faut plus hésiter et se contenter de médiocrité. Essayer maintenant, ça n’est que risquer de perdre et de voir notre amour se transformer en bûcher funéraire ″.
L’ambiance folk d’origine prend une toute autre dimension lorsque Jim Morrison écrit le deuxième couplet consacré au bûcher funéraire et que Ray Manzarek propose une touche de classicisme à l’orgue. L’album The Doors sort en janvier 1967. long de plus de 7 minutes, Light my Fire sort en avril en version courte. Au constat que les solos d’orgue et de guitare ont été amputés pour que le morceau entre dans les 3 minutes, les auditeurs crient au scandale mais le single reste n°1 pendant trois semaines et se vend à plus d’un million d’exemplaires. L’Amérique ébahie découvre l’attrait quasi chamanique du ″ Lizard King ″…
L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:
The Georgia Thunderbolts avaient débarqué sur la scène rock en 2021 avec un premier album: Can We Get A Witness paru en octobre. Saluée à l’époque par la critique et une bonne partie du public en manque de Lynyrd Skynnyrd et autres Outlaws, la formation originaire de Géorgie est de retour avec Rise Above It All. Ce deuxième album continue d’entretenir l’héritage sudiste et ses codes immuables tout en explorant de nouveaux horizons. Les compositions sont abouties, les guitares tenaces et harmonieuses, la rythmique robuste et les vocalises de TJ Lyle occupent l’espace avec une passion révélatrice qui n’est avare, ni de testostérone, ni de feeling et surtout pas de puissance. Avec ses treize titres, Rise Above It All prouve que le southern rock – même en mode country et mid tempo – a encore de beaux jours devant lui, a fortiori quand il devient l’apanage d’un groupe épanoui qui revendique ses racines via une énergie créative et efficace. Une chose est sûre, il ne faut surtout pas se focaliser sur un cover art hideux-qui-pique-les-yeux pour savourer une musique de qualité à ranger pas loin de Black Stone Cherry et Blackberry Smoke. Rock’n’roll motherfuckers!