The Moody Blues – Nights in White Satin

 

Changement de label et de cap en 1967 pour les Moody Blues qui laissent de côté les reprises rythm and blues pour se consacrer au rock psychédélique. Pour leur deuxième opus, Polydor souhaite leur faire enregistrer une version rock de La Symphonie du Nouveau Monde d’Antonín Dvořák. Préférant graver leurs propres compos avec un orchestre de musique classique, les Moody Blues deviennent alors les précurseurs d’un rock symphonique qui, de l’aveu de Ian Anderson (Jethro Tull), sera pour lui une source d’inspiration incontestable, y compris pour ce qui concerne l’approche conceptuelle de ses productions futures. Paru en novembre, Days of Future Passed est en effet basé sur un projet : aborder le quotidien d’un individu et, logiquement, la track list de 7 titres débute par The Day Begins pour s’achever sur un Nights in White Satin sorti simultanément en single. Nous y voilà! La chanson a été écrite par le chanteur-guitariste Justin Hayward, inspiré par le cadeau de sa petite amie: une paire de draps en satin blanc. L’épisode devient très rapidement l’un des hymnes du rock progressif et joue dans la même catégorie que A Whiter Shade of Pale de Procol Harum…

Paroles romantico-mélancoliques à souhait, habillage symphonique, utilisation de la  flûte et du tout nouveau Mellotron, harmonies vocales et son remarquable offrent pour un temps un beau succès international (numéro un en France et au Canada ) au single qui connaitra un fort regain de popularité à la fin des années 70. Nights In White Satin a fait l’objet de nombreuses reprises.


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Patrick BETAILLE, septembre 2022

Nine Eleven – Les Interdits du Rock

 

Le 11 septembre 2001. Les attentats ayant entrainé la destruction du World Trade Center, ont été l’un des jours les plus tragiques de l’histoire de l’humanité.
Même si images, débats, polémiques diverses et variées sur fond de théories parfois complotistes ont peu à peu cédé la place à une routine quotidienne salvatrice, personne n’a oublié ce qui s’est passé ce jour-là.

Trois jours après la catastrophe, la société Clear Channel Communications fait parvenir à plus de 1100 radios nationales une liste de chansons dont la diffusion est jugée inappropriée compte tenu du contexte. Ainsi, ce listing comprenait des titres qui, de près ou de loin, faisaient référence à la violence, la guerre, les armes, la mort mais aussi aux avions, aux collisions et au… ciel.
Plus de 160 chansons se retrouvent bannies du jour au lendemain, souvent de manière absurde et sous couvert de prétextes aberrants, farfelus ou illogiques. Ainsi, d’après Clear Channel, What a Wonderful World de Louis Armstrong se retrouve censurée car trop joyeuse par rapport au désastre (Si, si!). Walk like an Egyptian des Bangles, interdite car son titre fait référence à un pays du  Moyen-Orient.
Bien évidemment, certains groupes à la réputation déjà sulfureuse n’échappent pas à la vindicte moraliste. AC/DC et ses  Shot Down in Flames, Shoot to Thrill, Highway to Hell, TNT et Hell’s Bells. Knockin’ on Heaven’s Door par Bob Dylan et Guns’ N’ Roses, Rock the Casbah des Clash, Stairway to Heaven de Led Zeppelin ou encore Jump de Van Halen. Quant à Rage Against the Machine, c’est tout le répertoire du groupe qui est condamné car globalement trop critique vis à vis de la société américaine. 

Prémonition? Live Scenes from New-York,  le triple album live de Dream Theater, sort le jour même des attentats. Sur la pochette, une pomme en feu ceinte de barbelés. En arrière plan, Manhattan,  ses Twin Towers et sa statue de la Liberté. Le disque est aussitôt retiré de la vente pour être réédité. Le logo du groupe viendra remplacer la Big Apple embrasée.


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Sex Pistols – God Save the Queen

 

Flashback d’actualité. En juin 1977, Elisabeth II fête ses 25 ans passés à la tête d’un royaume balloté entre traditions pesantes et crise économique et sociale. The Queen parade dans les rue de Londres dans un somptueux carrosse de 5 tonnes tiré par 8 chevaux luxueusement harnachés. Ce jour là également, les Sex Pistols et quelques 200 invités se retrouvent pour une mini croisière sur la tamise à bord de la ″Queen Elisabeth″, une embarcation au nom prédestiné louée pour la circonstance. C’est Malcom McLaren, le manager du groupe, qui avait imaginé ce coup de pub au cours duquel le God save the Queen version punk énervé devait être joué sous les murs de Westminster et du parlement. Une façon comme une autre de protester contre la censure dont avait été victime le single sorti un mois auparavant. À l’époque, le titre était en effet interdit de radio, de vente dans certaines enseignes et Johnny Rotten et ses amateurs nihilistes n’avaient même plus le droit de se produire sur les terres de la perfide et flegmatique Albion. L’expédition n’arrivera pas à destination. La police fluviale aborde la péniche et contraint tout le monde à regagner les quais sur lesquels une escadre de bobbies sont prêts à intervenir. Devant le refus général de débarquer, les autorités décident de charger. Début d’émeute, bagarre générale et 11 arrestations. On ne plaisante pas avec la royauté surtout pas sous couvert de propos injurieux: ″ Dieu sauve la reine. Le régime fasciste fait de toi un crétin. Ne te laisse pas imposer ce que tu ne veux pas. Ne te laisse pas guider dans tes choix. Il n’y a pas d’avenir, aucun avenir pour toi… Dieu sauve la reine, elle n’est pas humaine ″. Malcolm McLaren, après avoir été tabassé, menotté et emprisonné cette nuit là, sera jugé dès le lendemain puis libéré sans être condamné; probablement afin d’éviter que de l’huile ne soit jetée sur le feu. Finalement, 250 000 exemplaires de ce God save the Queen revendicatif et provocateur seront vendus dès la première semaine de sa publication, atteignant la première place dans les charts du New Musical Express et la deuxième au classement officiel des singles britanniques. ″ Rien à Foutre de ces Conneries ″ [traduction élégante de Nevermind the Bollocks] est le titre de l’unique LP studio sorti en octobre 1977 et sur lequel figure le single en question]. Here’s the Sex Pistols!

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Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Pretty Reckless – Death by Rock and Roll

 

Dans le monde du rock énervé il y a trois catégories de femmes qui parviennent à occuper le devant d’une scène généralement squattée par la gent masculine. Celles que j’appelle les plasticiennes d’abord. Elles sont physiquement intelligentes et savent se servir de leurs atouts pour se mettre en valeur, souvent pour faire oublier que leurs voix, même honnêtes, n’ont que peu de chance de vous faire grimper aux rideaux. Les tonitruantes ensuite. Celles qui sont ou qui veulent se (nous) persuader qu’il n’y a pas que les mecs qui en ont et qu’elle peuvent gueuler aussi fort et parfois mieux que les testostéronés de service. Et puis il y a les autres – pas si nombreuses  que ça – qui parviennent à sortir du lot en se payant le luxe d’établir un pont entre deux genres. Taylor Monsen en fait partie. Grâce à cette frontwoman aux allures de poupée Barbie, tôt tombée dans la marmite du rock high energy  et dotée d’une voix grave, sensuelle et légèrement rauque, The Pretty Reckless a su s’imposer. Après trois albums honorables, les new-yorkais sont de retour avec un Death by Rock and Roll qui pourrait bien devenir l’album de la consécration. Pour ce quatrième opus, le groupe a travaillé avec Pearl Jam et le batteur de Soundgarden (Matt Cameron) sur quelques titres et a également fait appel à Tom Morello (Rage Against the Machine). Sorti en février 2021, ce manifeste de 12 titres a beaucoup gagné en maturité. Riffs acérés, tempos lourds et vocalises efficaces (Death By Rock And Roll – Only Love Can Save Me Now –  And So It Went – My Bones) sont toujours d’actualité mais c’est surtout par leur créativité que la belle insouciante et ses fines lames parviennent à passer à la vitesse supérieure en sortant des sentiers battus. Compositions mid tempo (25 – Witches Burn – Turning Gold) ou semi acoustiques (Go so High), registre parfois country rock (Rock and Roll HeavenHarley Darling), ballade orchestrée (Standing at the Wall), de quoi prouver que The Pretty Reckless porte désormais haut les couleurs d’un rock persuasif, mélodieux et donc intéressant.

Patrick BETAILLE, septembre 2022

The Trashmen – Surfin’ Bird

 

En 1963, le premier album de The Trashmen à suffit pour renvoyer dans leurs 22 mètres les groupes de surf rock basés en Californie du Sud. Plus habitué à pratiquer un rockabilly de qualité,  très populaire chez les ados, qu’un garage rock approximatif, le groupe va connaître cette année là un succès aussi soudain qu’incroyable avec un titre complètement déjanté: Surfin’ Bird. C’est le batteur Steve Wahrer qui a eu l’idée de combiner The Bird’s the Word et Pa Pa Ooh Mow Mow, deux titres d’un groupe de Doo Wop de l’époque: The Revingtons. Une fois en studio, rythmique hypnotique et effets spéciaux sur les voix ont été combinés avec des onomatopées répétées à l’envie et des paroles sans queue ni tête. ″Tout le monde a entendu parler de l’oiseau. Eh bien, oiseau est le mot! Pa pa ooh mow mow, pa pa ooh mow mow! ″. Le tour est joué! Contre toute attente, début 1964, les Éboueurs sont dans le top 10 de leur pays avec ce truc décomplexé illustrant le rock & roll dans sa version la plus basique et la plus sauvage. Ce Surfin’ Bird d’anthologie a piaillé dans les bandes son de plusieurs films (notamment Full Metal Jacket de Stanley Kubrick en1987 et Le Vilain, d’Albert Dupontel en 2009) et mis en cage par plusieurs groupes dont les Ramones, The Cramps, Sha Na Na et Silverchair. En 1988, la chanson est adaptée en français sous le titre J’aime Le Beurre par Au Bonheur des dames sur leur album Jour de fête.


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Patrick BETAILLE, août 2022

Procol Harum – A Whiter Shade of Pale

 

Quand la lumière baisse et que résonnent les premiers accords à l’orgue du slow le plus célèbre de tous les temps, tout devient possible. Nous sommes en 1967, et tandis qu’à San Francisco les hippies rêvent rêvent d’un nouveau monde en écoutant The Mamas and the Papas, un groupe anglais alors totalement inconnu envahit les ondes avec A Whiter Shade of Pale. Ce titre, on le doit à Gary Brooker, celui qui fit ses premières armes au sein d’un groupe éphémère: The Paramounts. En regardant la télé alors qu’il vivait chez sa mère, le pianiste-auteur-compositeur-chanteur tombe par hasard sur une publicité pour Hamlet Cigars dont la bande son fait clairement appel à une suite pour orchestre composée en son temps par Jean Sébastien Bach. Sur son piano, il retrouve la mélodie et a l’idée de la faire coïncider avec un texte de l’un de ses ami, le poète surréaliste Keith Reid…

Le single que John Lennon passait en boucle sur la sono de sa Rolls, ne figure pas sur le pressage anglais du premier LP de Procol Harum alors qu’il occupe la première place sur la version US. Mais qu’importe, c’est cette nuance de blanc plus pâle qui squattera le sommet des charts britanniques pendant 6 semaines et installera la formation londonienne au panthéon d’un rock artistique aux mélodies complexes, aux textes alambiqués et aux orchestrations à grande échelle, parfois même symphoniques. 


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Patrick BETAILLE, août 2022

Vinyl en Procès – Pretenders

 

En tant  que collectionneur – compulsif ou occasionnel – de disques vinyles, un jour ou l’autre, vous vous êtes probablement interrogé sur la restitution sonore sensée ravir vos esgourdes. Depuis le retour en grâce de la galette noire, et à moins d’être sourd, il n’est pas rare de constater que, qualitativement, il y a peu de différences entre la réédition LP d’un enregistrement prétendument 100% analogique et celle d’un Compact Disc né du miracle de la conversion numérique grâce à laquelle, dans les années 80, l’industrie musicale s’est empressé de jeter le bébé avec l’eau du bain du vinyle pour promouvoir le juteux marché de la prometteuse technologie digitale.

Sauf que. Dans la précipitation, par méconnaissance et surtout à cause d’un irrépressible besoin d’engranger un maximum de bénéfices en un minimum de temps, la transition de l’analogique vers le numérique a souvent donné un résultat décevant, parfois même catastrophique. Notamment quand il s’agissait d’adhérer aux standards audio de l’époque: gonflement des basses et brillance des aigus au détriment du spectre médium dans lequel – excusez du peu – règnent entre autres les voix. Alors oui! Hosanna, Dieu du ciel béni, gloria, alléluia! Louée soit la belle initiative sensée redonner vie aux enregistrements d’antan produits par nos artistes et groupes préférés.

Sauf que. À cette même époque. Dans  la  précipitation, par euphorie et surtout pour de basses raisons de facilité, les bandes archives ont été – dans les meilleurs des cas – déplacées pour être  stockées dans des conditions désastreusement dégradées, perdues et parfois même détruites. Alors savez-vous ce qui se cache au fond des sillons de votre coûteuse collection de vinyles flambant neuve? Tout simplement du son issu d’un archivage numérique lui même créé à partir de maters analogiques. Faut-il pour autant crier haro sur le baudet? Pas forcément! Le procédé utilisé pour exploiter ce nouveau filon s’appelle le Direct Stream Digital et il a été développé en tant que format d’archivage pour l’audio avec un taux d’échantillonnage 256 fois plus élevé qu’un CD ordinaire. Un processus de bien meilleure qualité que la moyenne.

Sauf que. L’industrie musicale, encore elle, se garde bien d’informer son panel de consommateurs que pour pouvoir pleinement jouir des bienfaits de ces alléchantes gravures, il faudra se débarrasser de son Teppaz et investir dans des équipements dignes de ce nom: ce que communément l’on appelle du matériel Audiophile (du latin audire: entendre et du grec philein: aimer), source de satisfaction auditive parfois masturbatoire.

Audiophiles, le terme est lâché. Une association de ces individus qui, contre vents et marées, n’ont jamais été en voie de disparition, vient de déposer un recours collectif contre une société de réédition de disques en affirmant que le terme de ″Original Master Recording″ vanté et promu par le label est frauduleux. À l’origine de la requête, une resucée en tirage limité du premier album des Pretenders paru en 1979. Après avoir acheté ce qu’il considère comme le Saint Graal, un résident de Caroline du Nord s’est rendu compte en comparant assidument son édition originale analogique avec sa nouvelle acquisition, qu’il y avait anguille sous roche ou plutôt crapaud dans le diamant. Plainte a donc été déposée sous couvert du fait que le DSD évoqué plus haut n’est en aucun cas un processus analogique de bout en bout, contrairement à ce que prétend MOFI (Mobile Fidelity Sound Lab) pour appâter les collectionneurs inconditionnels prêts à payer généreusement les vinyles qui leur sont… Chers!

Moralité. À quelques exceptions près et à condition de faire l’impasse sur des bruits de surface, de passer du temps à éliminer la poussière, de fermer les yeux sur des pochettes écornées et de privilégier les souvenirs, peut être vaut t’il mieux se contenter de dénicher des enregistrements datant de l’ère de l’audio pré-numérique à un prix raisonnable plutôt que de succomber aux sirènes du vintage à tout prix et aux argumentaires mensongers. Même remastérisée, même en 180 grammes, 50 euros la réédition du Deep Purple in Rock, ça fait quant même mal au fondement. Mais comme dirait l’autre: c’est vous qui voyez!

Patrick BETAILLE, août 2022

Jimi Hendrix – Hey Joe

 

Hey Joe?! Où vas-tu avec ce flingue à la main? Je vais descendre ma nana, je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec… Hey Joe?! J’ai entendu dire que tu l’avais flinguée! C’est vrai?… Ouais, je l’ai descendue car je l’ai surprise en train de fricoter avec un autre mec. Où vas-tu maintenant? Je ma casse vers le sud, direction le Mexique . Sous forme de dialogue, une tranche de vie écrite et mise en musique dans les années 60 par un folqueux de New-York répondant au nom de Billy Roberts. Plusieurs artistes ont par la suite repris la chanson, dont The Leaves, un groupe de Los Angeles, Love – la formation d’Arthur Lee – The Byrds avec David Crosby et Tim Rose qui en a fait une version plus lente sur un single paru en 1966. 

C’est cette version qui est venue titiller les esgourdes d’un certain James Marshall Hendrix qui à l’époque joue avec Jimmy James and the Blue Flames et propose d’ajouter Hey Joe à la setlist du groupe. Lors d’un concert au Greenwich Village, Chass Chandler est dans la salle. Subjugué par la prestation du guitariste, l’ex bassiste des Animals propose à Jimi de le rejoindre en Angleterre et de devenir son producteur et manager. Une fois à Londres, Chandler fait entrer Hendrix en studio – avec Noel Redding et Mitch Mitchell – et enregistre la chanson par le trio qui devient The Jimi Hendrix Experience. Le single sort en décembre 1966. Avec en face B Stone Free, le disque connaît un succès immédiat, grâce notamment au jeu innovant du magicien de la 6 cordes de Seattle…

En 1966, Johnny Hallyday était de passage à Londres. Lui aussi croisait le gaucher, lui aussi tombait sous le charme de cette saga et lui aussi décidait de se l’approprier. Il confia à Gilles Thibaut le soin d’adapter les paroles avec comme consigne de faire abstraction de meurtre et de cavale. De cocu énervé il était toujours question, mais dans cette version française, le dépit amoureux, l’amertume et le mépris donnaient le ton. « Tu vois Joe, hier je rêvais d’avoir ta peau mais je préfère te voir souffrir et de cette fille, je t’en fais cadeau. Hey Joe! Allez bonne chance Joe!« . 20 ans plus tard, dans une magnifique interprétation, Alain Baschung reprendra à sa façon ce standard planétaire du rock et de ses environs: Hey Joe.


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Patrick BETAILLE, août 2022

Iron Maiden – Sanctuary

 

[Extrait]: Dès sa sortie le 23 mai 1980, le second single d’Iron Maiden provoque des remous et génère la première controverse à laquelle le combo de heavy metal doit faire face. En cause, l’illustration de Derek Riggs qui représente Eddie, la mascotte du groupe, en train d’assassiner Margaret Thatcher. Gisant au sol, elle tient dans ses mains les restes d’une affiche arrachée ; l’une de celles qui fait la promotion d’un concert de la formation britannique. Le journal Daily Mirror publie l’image et titre :  » Maggie se fait agresser. C’est un meurtre ! « . Les parlementaires montent au créneau et dans de nombreux pays la pochette est censurée. Un bandeau noir est appliqué sur les yeux de la victime ; il est soit disant destiné à masquer l’identité de la Première Ministre du Royaume-Uni… La polémique enfle et ne fait qu’accroître la popularité d’Iron Maiden auprès du jeune public. Sur Women in Uniform, le single suivant, la Dame de fer prend sa revanche. En tenue kaki et armée d’un pistolet mitrailleur, elle attend Eddie au coin d’une ruelle pour lui régler son compte.

Patrick BETAILLE, août 2022


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Barry Ryan – Eloïse

 

Dans les années 50, Marion Ryan était l’une des grandes stars de la pop britannique qui squattait les émissions de variétés. Mariée à 17 ans, c’est dans le Yorkshire qu’elle donna naissance à deux enfants, les jumeaux Paul et Barry Ryan. Ah les lois de Atavisme! En 1965, Les garçons signent chez Decca Records et sortent leur premier disque alors qu’ils n’ont que 17 ans. Jusqu’en 1967, ils obtiennent rapidement quelques succès d’estime qui leur permet d’être parrainés par Frank Sinatra et de participer à quelques projets avec notamment les Hollies, Roy Orbison, les Small Faces et Dusty Springfield. Écœuré par les exigences du show business Paul se met en retrait. Barry décide alors d’entamer une carrière solo et c’est avec un titre écrit par son frère qu’il renoue avec le succès. Eloïse, son premier single sort en 1968, grimpe immédiatement à la deuxième place au classement des meilleures ventes britanniques, à la première au hit parade français et se vend à hauteur de 5 millions d’exemplaires dans le monde. Mélodramatique, lyrique, grandiloquente et très orchestrée, la chanson raconte l’histoire d’un amour déchu. ″Difficile d’admettre que cet amour est en train de mourir. Désormais elle sait que je pleure et que toutes les nuits je suis là, le cœur brisé. Elle, elle n’est pas là et au fur et à mesure que les jours passent, les nuits deviennent plus froides. Eloïse tu es ma raison d’être alors je t’en prie, écoute moi″. Ok, dans le genre, Brel et son Ne me Quitte Pas peuvent dormir tranquilles! Alors qu’en Australie la complainte figure en bonne position au Top 10, une enfant de huit ans nommée Eloise Worledge est enlevée à Melbourne. Par respect et solidarité envers la famille, les stations de radio cessent de diffuser la chanson pendant les recherches qui, malheureusement, ne donneront rien. La fillette n’a jamais été retrouvée. D’autres titres suivront – Red man en 1971 – mais sans succès notoire pour Barry Ryan qui mettra fin à son activité discographique au début des années 70. Traduite et chantée en français par Claude François, Eloïse a également été interprétée par les Damned en 1986.


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Patrick BETAILLE, août 2022