Black Star Riders – The killer instinct

 

En 2010 le guitariste Scott Gorham prend la décision de reformer Thin Lizzy pour la énième fois en s’adjoignant les services de quelques uns des anciens comparses de Phil Lynott dont le batteur, Brian Downey. La formation tourne sur scène pendant 2 ans et en profite aussi pour travailler sur un nouvel album. Se pose alors la question de utilisation du nom de Thin Lizzy pour publier les compositions originales, et au final le choix s’oriente vers le lancement d’un autre groupe: The Black Star Riders. Après quelques changements de personnel,  le combo, dont le nom s’inspire de celui du gang de hors-la-loi sévissant dans le film Tombstone, sort en 2013 son premier album All Hell Breaks Loose. Musicalement le répertoire se situe dans la lignée de Whitesnake ou UFO avec un hard rock gentillet auquel il manquerait une pincée d’énergie et un soupçon d’originalité. Bref! c’est propre, écoutable mais pas de quoi défriser Nelson Momfort non plus. Pour autant, l’artwork des albums attire l’attention grâce son design dans la plus pure tradition du Nose Art. Pour la première jaquette la pin-up est carrément extraite du catalogue de Gil Evgren, un des maîtres du genre, dont s’est inspiré Adrian Andrews pour la deuxième galette, The Killer Instinct sorti en ce début d’année.

Patrick BETAILLE, décembre 2015

Funkadelic – Electric Spanking of War Babies

Funkadelic The Electric Spanking of War Babies

[Extrait]: Orchestré par George Clinton, Funkadelic allait devenir l’un des groupes les plus importants pour ce qui concerne l’évolution de la musique Funk via la fusion unique de psychédélisme, de rock et de soul. En 1981, après plus de trente années de succès générés par des explorations musicales teintées de satires sociales et d’engagements politiques, parait le 12ème album studio du groupe. Tout n’est pourtant pas si rose. Clinton, passablement ravagé par la drogue, rencontre des problèmes non seulement avec la maison de disque mais aussi avec sa formation qui pour la circonstance intègre de nouveaux venus, dont Sly Stone. Par son titre, Electric Spanking of War babies fait allusion à la guerre du Vietnam et critique ouvertement l’impérialisme américain… La démarche est pour le moins mal perçue par la maison de disques qui d’emblée rejette l’idée de double album initialement prévue. Funkadelic revoie sa copie pour en tirer un album simple mais le concept se retrouve à nouveau écarté. Cette fois Warner censure la pochette car le design de Pedro Bell représente une femme nue dans un vaisseau spatial de forme phallique. Au final l’artiste recouvre l’objet du délit d’un habillage sur lequel on peut lire: ″ Oh regarde! c’est la jaquette qu’ils avaient si peur d’imprimer! ″. Qualitativement bien inférieur à Magot Brain ou One Nation under the Groove le disque n’est édité qu’à 100 000 exemplaires. Boudé par le public War Babies alimente rapidement les bacs à soldes et sera le dernier opus de la formation du Dr. Funkenstein sous le nom de Funkadelic. Même si occasionnellement il se produit sur scène avec ses anciens acolytes (dont certains continuent même à l’accompagner dans ses projets solos), George Clinton dissout le groupe.

Patrick BETAILLE, novembre 2015


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Barrence Whithfield & the Savages – Under the savage sky

 

Ceux qui espèrent que le Rock’n’Roll ne soit pas mort et qu’il aura encore et toujours la capacité de les faire bouger doivent absolument posséder le dernier brûlot de Barrence Withfield. Under the Savage Sky est une petite tuerie qui prouve si besoin en était que Rock et Rythm & Blues ne sont pas concurrents mais complémentaires et fusionnels. A l’écoute des 12 titres on imagine sans mal Otis Redding en train de jammer avec MC5 ou Screamin’ Jay Hawkins accompagné par George Thorogood et ses Destroyers. Explosif! ” Kick out the jam motherfuckers ”! Ça hurle à tous les étages, Barrence s’y entend pour ça, mais il n’est pas question de frime, c’est juste un moyen supplémentaire de transmettre son énergie bienfaitrice. Quant au groupe, The Savages, il n’est pas en reste. Le guitariste Peter Greenberg, le bassiste Phil Lenker, le batteur Andy Jody et le saxophoniste Tom Quartulli assurent avec un talent et une efficacité redoutables. Et pour rester dans le ton, la production brute de décoffrage du disque restitue en studio et à merveille l’ambiance chaude d’un bar bondé où il fait bon ingurgiter quelques tartines de houblon avec des potes. Pour les avoir vu tout récemment sur la scène du Show Case à Pau le constat est imparable; que ce soit sur disque ou en live Barrence Withfield et sa bande de sauvages sont totalement dévoués à une juste cause, notre plaisir. Pour preuve: Rock and Roll Baby!

Patrick BETAILLE, octobre 2015

 
 

Mom’s Apple Pie – La Part du Gâteau

Mom's Apple Pie censure

[Extrait]: Groupe de Classic Rock américain, Mom’s Apple Pie connait dans les années 70 et sur ses terres un petit succès d’estime. La dizaine de membres tourne régulièrement sur les campus universitaires, dans les clubs et même au Whikey A-GO-GO à Los Angeles. La voix du chanteur Bob Fiorino et la section de cuivres à la Chicago Transit Authority attirent l’attention et leur donnent la possibilité d’ouvrir pour The Doobie Brothers ou David Bowie. Avec seulement deux albums à son actif  la carrière du combo reste malgré tout éphémère. Mom’s Apple Pie tombe rapidement dans l’oubli. Pas pour tout le monde. En effet, en 1972, la jaquette du premier album éponyme, de prime abord bon enfant, affiche clairement un sexe de femme dégoulinant en lieu et place de la découpe d’une part de tarte. Dès sa parution l’album est bien évidemment censuré et le concepteur, Nick Caruso, se trouve contraint de revoir sa copie. Il garde globalement le même design mais remplace ″ l’objet ″ controversé par mur de briques miniatures surmonté de barbelés. Avec humour, il ajoute également des policiers qui épient à la fenêtre et une larme qui coule sur le visage du personnage principal. Les deux versions deviennent vite très prisées des collectionneurs qui n’accordent que peu d’importance au contenu pourtant loin d’être inintéressant. La preuve!

Patrick BETAILLE, septembre 2015


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Seasick Steve – Sonic Soul Surfer

Seasick Steve Sonic Soul Surfer

On ne dira jamais assez de bien de Seasick Steve. La sortie récente de Sonic Soul Surfer, son huitième album en 11 ans, est donc l’occasion de s’attarder sur la production de cet artiste hors du commun. Sa voix ferait passer Tom Waits pour un crooner de kermesse et sa technique pourrait propulser Jack White vers un troisième prix de l’école de musique de Carpentras. Avec une sensibilité digne de hobo plus libre que le vent, le barbu à casquette et salopette à la Marvin Sutton est de retour. Toujours accompagné de Dan Magnusson, son fidèle batteur, Seasick Steve nous offre 16 nouvelles compositions dépouillées jusqu’à l’os qui bringuebalent entre Boogie ou Stomp nerveux et ballades Folk atmosphériques. Question Blues Rock, l’électricité rustique de titres que ne renieraient pas John Lee Hooker ou ZZ Top première époque nous promène sur des routes que l’on imagine parcourir au volant d’une vieille Ford T. Côté Folk, on retrouve avec un plaisir non dissimulé les belles ambiances du brillant ”You can’t teach an old dog new tricks” sorti en 2011  et déjà bourré jusqu’à la gueule d’un savant mélange de Blues viscéral et de Country généreuse. Quelque part ”Sonic Soul Surfer” est une petite merveille qui, loin des standards, perpétue une tradition qui devrait séduire quiconque bénéficie d’un minimum de disponibilité au niveau des esgourdes, d’un soupçon de sensibilité musicale et d’un goût avéré pour la musique émotionnellement authentique.

Patrick BETAILLE, septembre 2015

 

Davy Knowles – The Outsider

Davy Knowles the OutsiderSix années se sont écoulées depuis la sorite du Dvd ”Live at the Gaiety Theater” Six années au cours desquelles le guitariste Mannois a tourné sans compter et peaufiné de nouveaux titres. Revoici donc Davy Knowles, sans Back Door Slam cette fois,  avec un album solo qui devrait ravir les fans. Composé de 11 originaux et de deux reprises, ”The Outsider” se distingue d’emblée par son ampleur créative. Knowles semble apporter beaucoup de lui même dans des compositions au sein desquelles guitares et voix sont empreintes de sensibilité et d’originalité. La voix, déjà plus qu’ honnête, est devenue plus contrôlée et mieux dosée pour coller au feeling des chansons. Question guitare, le jeu du jeune prodige a gagné en subtilité et en finesse. Les chorus électriques sont toujours de haut vol mais Davy nous prouve aussi qu’il maîtrise magistralement la six cordes acoustique et le Dobro. Le disque débute par ”It’s not no grave”, un cover de Johnny Cash, et s’achève avec ”Pastures of plenty” sur une interprétation imaginative d’un titre de Woody Guthrie.  Les autres chansons évoluent entre ambiances bucoliques, mid tempo et blues joyeux en laissant une place aux purs moments de Rock’n’roll que sont ”Catch the Moon” et ”In a little while”. Actuellement, Davy Knowles travaille avec DAM Productions sur un film autour de sa musique et de ses influences. Intitulé ”Island Bound” , le documentaire devrait voir le jour prochainement; c’est l’autre bonne nouvelle.

Patrick BETAILLE, août 2015

Screamin’ Jay Hawkins – Constipation Blues

Source Image: Wikimedia Commons

 

S’il est un original qui mérite une place toute particulière dans le Panthéon du Blues c’est bien Screamin’ Jay Hawkins. Déjà au cours de son enfance Jalacy Hawkins est en partie élevé par des indiens Blackfoot. Après le lycée, en 1945, il devient acteur-chanteur fantaisiste pour l’armée de l’air, exerce ses talents en Allemagne, au Japon et en Corée et se met même à pratiquer la boxe. En 1951 il est engagé comme pianiste chanteur dans un groupe de jazz et saisit l’opportunité de partir en tournée avec Fats Domino. En 1956, tout bascule. Il attire l’attention du public avec I put a Spell on you (eh oui, c’est de lui!) qui malgré la censure devient un énorme succès. Dès lors celui qui se targue de changer de maison de disque comme de chaussures peut donner libre cours à son goût prononcé pour la provocation et les délires en tous genres. Il invente pour la scène un personnage loufoque qui sort d’un cercueil vêtu d’une cape, manipule des gris-gris voodoo, joue avec des crânes et se livre à toutes sortes d’élucubrations. Un de ses délires musicaux les plus loufoques  reste sans conteste un titre de l’album What that is  qui parait en 1969. Constipation Blues – qui fera l’objet d’un duo avec Serge Gainsbourg – est un régal d’humour scatologique.

″ Mesdames et messieurs! La plupart des artistes ont écrit des chansons sur l’amour, les peines de cœur, la solitude, le chagrin, mais personne ne s’est exprimé à propos de la véritable douleur. Le groupe et moi même revenons à l’instant de l’hôpital où nous rendions visite à un homme atteint de ce mal. cette chanson s’appelle le Blues de la constipation. Umm – Ummmhhh – Oooh – Uh – Uh – Aaahh -Uoh – Ah! Faut qu’ça sorte! Faut qu’ça sorte! Aah! J’ai trop mal. Chaque fois que j’essaie j’y arrive pas! Faut qu’ça sorte! Waaaaoooh ! Cette douleur à l’intérieur, j’en peux plus! Faut qu’ça sorte! Splassh – Spshhh – C’est bon, je me sens bien! Splash! Flush! Phew – Phew – Phew! Ça va vachment mieux! ″. Avec le son et même sans odorama c’est encore mieux. La preuve! En sortant vous êtes priés de laisser cet endroit aussi propre que vous l’avez trouvé en entrant!

Ecouter:  Voodoo Jive, The Best Of Screamin’ Jay Hawkins. Une compilation Rhino essentielle. Screamin’ Jay Hawkins Live, un concert enregistré à l’Olympia en 1998; le constipé est on ne peut plus en forme et c’est son chant du cygne car il mourra deux ans après.

Patrick BETAILLE, juillet 2015

 

 

 

The Rolling Stones – Sticky Fingers

Rolling Stones, censure de Sticky Fingers

[Extrait]: Publié en avril 1971, Sticky Fingers marque l’entrée des Rolling Stones dans les seventies. C’est avec cet album que le groupe lance son propre label, Rolling Stones Records, mettant ainsi fin à sa collaboration avec Decca Records pour le Royaume-Uni, et London Records aux USA. Pour la première fois Mick Taylor est présent sur les 10 titres du disque et Mick Jagger est crédité sur certaines parties guitares. Première apparition également du désormais incontournable logo ″ Tongue and Lip ″. Chef-d’œuvre rock, triple platine et considéré comme le meilleur album de la longue carrière des Stones, Sticky Fingers se fait aussi remarquer par sa jaquette pour le moins originale. L’idée est d’Andy Warhol qui, pour la photo, fait appel à Billy Name. C’est Craig Braun qui est en charge de la partie technique du concept de la fermeture éclair. Mick Jagger insiste sur le fait que le zip doit être opérationnel et, qu’une fois actionné, il doit révéler ce à quoi l’on s’attend. Beaucoup de fans pensent que c’est à Mick Jagger qu’appartient la proéminence sous la braguette des jeans.
En fait non. Plusieurs figurants étaient présents lors des séances photos et c’est Joe Dallesandro, un acteur ami et probablement amant de Warhol, qui revendique le fait d’ avoir été sélectionné. Pour une fois, malgré le côté suggestif du visuel, la jaquette ne sera pas désavouée aux États-Unis, pas plus qu’en Grande-Bretagne. En 2003, la chaîne américaine Network VH1 attribue même à l’objet le titre de  » plus belle pochette de disque de tous les temps « . Seuls quelques distributeurs déplorent le fait que la fermeture éclair endommage les vinyles lors du stockage et de la manipulation. En Espagne par contre, la censure est appliquée et le jean zippé est remplacé par une boite de mélasse d’où émergent des doigts, évidemment gluants. Par la même occasion, Sister Morphine est banni de cette version hispanique. Pour cause d’incitation aux drogues, le titre est remplacé par une version live de Let it Rock, une composition de Chuck Berry. Olé !

Patrick BETAILLE, juillet 2015


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Datura4 – Demon Blues

 

Un nouveau combo composé de vétérans de la scène Rock australienne, confirme que traditionnellement les autochtones ont un goût prononcé pour le Rock généreux et efficace. Sur leur premier album, Datura4 égrène un large éventail d’influences stylistiques gravitant autour de ces sons durs et lourds qui ont fait les riches heures des seventies. Tout nouveaux et  tout chauds,  les 11 titres de ”Demon blues” égrènent Hard Rock, Boogie et Blues Rock agréablement efficaces. Dès L’ouverture du disque, Out with the tide, affiche la capacité du groupe à œuvrer dans ce style si souvent galvaudé. A la différence de certains excités du manche, Dom Mariani (guitare et chant) et Greg Hitchcock (Guitares) jouent le jeu sans en faire des tonnes tandis que le duo Warren Hall/Stu Loasby assure le job en offrant une assise rythmique sobre et parfaitement équilibrée. Malgré quelques variations Pop ou West Coast ce Demon Blues  semble plus que prometteur et devrait pleinement satisfaire les adeptes de Heavy Rock, les amateurs de Left Lane Cruisers ou Radio Moscow et ceux en mal de décrassage des cages à miel. Infos et extraits: Alive Records!

Patrick BETAILLE, juillet 2015

 
 

Syd Barret – Have you got it Yet?

 

Roger Keith Barrett, musicien britannique attiré par les extravagances du psychédélisme, fut avec David Gilmour l’un des membres fondateurs de Pink Floyd. De tempérament torturé et totalement instable Syd Barret, s’adonnait régulièrement aux substances hallucinogènes; au point d’être exclu du groupe en 1968 à cause entre autres de sa surconsommation de LSD. Il se lança alors dans une brève carrière solo tout en continuant de pratiquer la peinture, son autre drogue,  pour finalement se retirer du monde et vivre en reclus dans la banlieue de Cambridge jusqu’en 2006, date de sa mort à l’âge de 60 ans. Ce rare génie de la musque Pop aura droit cette année à un documentaire qui revient sur sa courte, mais non moins essentielle, carrière musicale. Have you got It yet? n’est pas le premier reportage consacré à l’artiste, loin s’en faut. Le film, attendu pour cet été ou début 2016, a vu sa réalisation confiée à Roddy Bogawa qui déclarait à son sujet : ″ Il est vraiment unique, il a une dimension intime que les autres docus lui étant consacrés n’ont pas su capter ″. Source: New Musical Express.

Patrick Betaille, juillet 2015