George Thorogood – Party of One

Party of One, George Thorogood

 

S’il est une musique que s’écoute avec les pieds c’est bien celle de ce bon George. Guitariste efficace par excellence, Thorogood a passé toute sa carrière à promouvoir sa propre vision d’un rockin’ blues en faisant rugir sa Gibson ES-125 sur toute les scènes du monde.  Avec sa voix puissante et authentique il a porté des standards  tels que Move It Over d’ Hank Williams, Who Do You Love de Bo Diddley et s’est également assuré l’adhésion du public biker avec des compos comme Back to the bone″. 40 ans après la sortie de son premier album, le ricain ancien joueur de baseball effectue un 360 avec une approche purement acoustique de ses racines musicales, celles des champs de coton du Mississippi et du Chicago Blues.  Pour Party of one, son 14ème album studio, George Thorogood met au chômage son groupe The Destoyers et assure à lui seul, au dobro à la guitare et à l’harmonica, un bel hommage aux grands du genre que sont Willie Dixon, Elmore James et Robert Johnson. Moins attendues mais tout aussi efficaces des covers des Rolling Stones (No expectations) et de Bob Dylan (Down by the highway). Dans ce retour aux sources, une version acoustique de l’un des traditionnels temps forts on stage avec un titre déjà popularisé depuis fort longtemps par le grand John Lee Hooker: One Bourbon, One Scotch, One Beer. Cheers!

Jethro Tull & Burton Silverman – Aqualung

Burton Silverman Aqualung

[Extrait]: Né à Brooklyn en 1928, Burton Silverman est un peintre reconnu et très apprécié pour ses portraits réalistes ayant pour thème principal la classe ouvrière. Ce que l’on sait peut être moins, c’est que l’artiste américain est à l’origine du cover art de Aqualung, œuvre majeure et incontestée de Jethro Tull. En 1971, le producteur Terry Ellis fait venir Silverman à Londres pour rencontrer le groupe qui est train de finaliser son quatrième album. Le peintre assiste à une séance de répétition dans les studios Island, prend quelques clichés et fait des croquis. De retour chez lui, inspiré par ce qu’il a vu et entendu, il se met au travail et, quelques temps plus tard, livre trois aquarelles à la maison de disques. La première, représentant un vagabond au regard vil, quelque peu menaçant, vêtu de guenilles et emmitouflé dans un grand manteau usé, sera retenue pour le recto de la pochette. Au verso, une représentation, à la fois plus sereine et plus triste, du même personnage assis sur le trottoir en compagnie d’un chien famélique… Quant au gatefold, il représente le groupe qui s’adonne à des excès pour le moins iconoclastes à l’intérieur d’une église. Après la sortie de l’album, la relation se dégrade entre Burton Silverman et Ian Anderson qui déclare ne pas particulièrement apprécier les peintures de l’artiste. Compte tenu de l’énorme succès du disque et donc de l’exploitation médiatique qui en découle, le peintre se plaint de n’être pas suffisamment rémunéré. Malheureusement pour l’artiste, aucun contrat relatif à d’éventuelles royalties générées par l’utilisation des images n’a été établi. Effectivement, à l’époque, Terry Ellis, également cofondateur de Chrysalis Records, lui a versé un montant forfaitaire de 1 500 dollars pour les trois tableaux qui illustrent Aqualung, sans autre formalité qu’une poignée de mains… Après avoir été dérobés dans les bureaux de Chrysalis, les trois tableaux, abandonnés dans un hôtel, refont surface. En 2012, un anonyme prend contact téléphoniquement avec Silverman. Il affirme posséder les toiles et tente d’en négocier la revente. Faute d’accord, la transaction n’aura pas lieu. Depuis personne ne sait ce que sont devenues les œuvres.

Patrick BETAILLE , août 2017

L’intégralité de la chronique est à retrouver dans le livre:

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Procol Harum – Novum

Procol Harum new Cd NovumCinquante ans après ″Whiter Shade of Pale″ Procol Harum revient avec aux manettes Gary Brooker en tant que seul membre restant de la formation d’origine. Novum ne prétend à rien, il ne crâne pas et pourtant il arrive à tout. Premier album studio depuis 14 ans, il est le fruit du travail d’un homme qui, bien qu’entouré de solides musiciens, reste entièrement détaché du spectaculaire et ne souhaite qu’une chose: exercer son art en paix. Ce qui est proposé ici reste la version la plus Rock de la formation anglaise qui, en 1971, avait accueilli en son sein Robin Trower  sur ″Broken Barricades″. Pour s’en convaincre il suffit de s’attarder sur ″Business Man″, ″Can’t say that″ ou encore ″Image of the Beast″. Les instants classiques sont toujours présents notamment avec une brève référence au Canon de Pachelbel sur un ″Sunday Morning″ puissamment lyrique. Et bien sûr les parties piano et la voix sépulcrale de Brooker sont là pour nous replonger avec délice dans les ambiances de Home ou de Grand Hotel des années 70. Les 11 titres du nouvel opus ont peu de rapport avec le Rock et ses couleurs criardes mais qui s’en soucie devant tant de beauté subtile? Novum affiche la classe et la sophistication musicale qui font que Procol Harum restera à jamais éblouissant.

Patrick BETAILLE, août 2017

Sir Peter Blake – Sgt. Pepper’s

Peter Blake Beatles album cover art

[Extrait]: Publié en Angleterre le 1er juin 1967, considéré comme la plus grande œuvre des Beatles et comme l’un des albums les plus influents de la musique populaire, ″Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band″ est le huitième album des Fab Four. C’est le directeur artistique Robert Fraser qui suggère au groupe de confier la réalisation de la pochette à l’artiste pop-art Peter Blake. Celui ci accepte et conçoit une image représentant les quatre musiciens au milieu d’une assemblée de personnages auxquels ils souhaitent rendre hommage. Edgar Allan Poe, Bob Dylan, Lewis Caroll, Karl Marx, Marlon Brando, Albert Einstein, Oscar Wilde et d’autres se retrouvent ainsi à l’honneur au sein d’un diorama sur fond bleu ciel. Le plus étonnant reste que le concept ne relève pas d’un photomontage ou d’un collage. En effet, les portraits sont des silhouettes en carton ou des statues de cire grandeur nature et tous les accessoires de la scénographie, y compris un palmier artificiel, sont réels. La préparation du décor nécessite deux semaines de travail et la session de photos elle même dure plusieurs heures. Le coût final de l’opération s’élève à 3000 £, soit à l’époque cent fois le coût habituel d’une jaquette.  Le résultat se soldera par l’obtention d’un Grammy Award, contribuera à la légende de l’album et marquera définitivement un tournant dans l’approche graphique des maisons de disques. Quand à Peter Blake, il concevra d’autres pochettes, beaucoup moins célèbres, pour Brian Wilson, Clapton, les who et plus récemment Oasis.

Peter Blake: Who, Clapton, oasis, Wilson


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 Patrick BETAILLE, août 2017

Kenny Wayne Shepherd – Lay It on Down

Kenny Wayne Shepherd, Lay it down

 

huitième album studio pour ce p’tit gars de la Louisiane qui depuis les années 90 s’est fait une solide réputation sur la scène Blues Rock.  ″Lay It on Down″ vient une fois de plus prouver, si besoin en était, que le genre n’a plus aucun secret pour celui qui dès l’âge de 7 ans a troqué ses Playmobil® contre une 6 cordes. Le Blues reste présent sur ce nouvel opus mais incontestablement le guitariste élargit sa palette en explorant la Soul et la Country. Quand les cuivres claquent, quand la guitare est débranchée ou quand des accents Folk ou Gospel s’invitent à la fête, les riffs et solos restent présents sur les 10 pistes au sein desquelles virtuosité et sensibilité se taillent la part belle. Variété des genres, qualité de production et exécution sans faille font de ces 41 minutes l’un des albums les plus riches  de Kenny Wayne Shepherd. How low can you go!

Patrick BETAILLE, août 2017

Is this the life we really want? – Roger Waters censuré en Italie!

Roger Waters: Is this the life we really want?

[Extrait]: Pour le dernier album de Roger Waters, les concepteurs du packaging ont fait appel au concept dit de ″la rature″. Cette technique consiste à masquer ou rayer les termes d’un texte pour qu’au final seuls certains mots clés soient mis en valeur. Mal leur en a pris. A la parution de l’album, Emilio Isgrò a déposé plainte contre Sony Italia pour plagiat. La plainte de l’artiste, sicilien de son état, reposerait sur une création que lui même à mis en œuvre il y a plusieurs années et à ce titre il exige que la vente de l’album soit interdite en Italie. Les protagonistes n’étant pas parvenus à un accord, les juges du tribunal de Milan viennent de donner raison à Emilio. L’objet déclaré illicite restera sera bien sûr disponible en ligne mais la question posée par Le nouvel opus de l’ancien leader de Pink Floyd prend aujourd’hui un sens tout particulier: ″ Is this the life we really want? ″.

Patrick BETAILLE, juillet 2017


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MusiCorps – Wounded Warrior Band

MusiCorps Wounded Warrior

L’histoire commence en 2007. Alors qu’il visite un centre médical de l’armée américaine, Arthur Bloom rencontre un soldat victime d’une mine anti personnelle. Ayant perdu une jambe, le combattant était préoccupé de savoir s’il serait un jour en mesure de pouvoir jouer à nouveau de la batterie. Ému, Bloom décide de fonder MusiCorps, un programme de réinsertion destiné aux vétérans qui, blessés en Irak ou en Afghanistan, souhaitent apprendre ou réapprendre à jouer d’ un instrument. MusiCorps a aidé et aide encore de nombreux soldats dans leur rétablissement et leur réinsertion. Qualifiée par le Wall Street Journal de ″Révolutionnaire« , cette belle initiative et son fondateur ont été classés par CNN dans le top 10 des héros de 2014. Grâce à leur courage, leur énergie, et leur talent, les membres de The MusiCorps Wounded Warrior Band ont réalisé avec succès de magnifiques prestations aux côtés d’artistes tels que Aaron Neville, Sheryl Crow ou comme ici avec Roger Waters: Shine on you crazy diamonds!

 

Fender & Gibson – La guitare en mode mineur

Guitares Eric Clapton

La guitare a allumé le feu du Rock dans les années cinquante et s’est rapidement imposée en tant qu’arme absolue de la révolution musicale qui allait bouleverser le paysage sonore des 60’s et des 70’s. Aujourd’hui les chiffres sont sans appel. En 10 ans, le nombre de guitares électriques vendues aux États Unis est passé de 1,5 millions à moins d’un million d’instruments par an. Il n’y a jamais eu autant de fabricants dans l’histoire de la 6 cordes mais paradoxalement la demande est en baisse constante. Les fabricants sont aux abois, les leaders Fender et Gibson croulent sous les dettes et pour tenir le coup PRS est en train de licencier. Au delà des aspects purement financiers liés aux stratégies commerciales des uns et des autres, force est de constater que le phénomène est assujetti à une mutation profonde quant aux  données sociétales et culturelles. A l’évidence c’est tout un pan de la musique américaine qui est en train de s’effondrer. La faute à qui, à cause de quoi? Les virtuoses d’ hier sont morts et les Clapton, Page, Townsend et consorts trop âgés pour inspirer une jeune génération qui consomme ou fait de la musique électronique. ″What we need is guitar heroes dit George Gruhn, vendeur d’instruments, auteur et surtout, expert mondial incontesté de la guitare. Sources et info: Washington Post > The death of the electric guitar.

Patrick BETAILLE, juin 2017

Chris Spedding – Motorbikin’

Source Image: Flickr

 

Ils ont eu beau tout tenter, ils n’ont jamais décroché le pactole dans la grande loterie du Rock. Chris Spedding fait partie de ces fils maudits tout simplement parce qu’ au début de sa carrière il eut la malencontreuse idée de se cantonner au rôle de session man. Son énorme talent a été constamment employé à contresens par des têtes d’affiche aussi variées que Bryan Ferry, les Sparks, John Cale et beaucoup d’autres. Chris Spedding est pourtant un vrai rock’n’roll man qui, victime d’une personnalité pas toujours très claire, n’a compris qu’un peu tard qu’il pouvait exploiter pour son propre compte sa virtuosité et ses compostions intéressantes. La popularité, il la rencontre en 1977 à la sortie de son cinquième album. Eponyme, le disque en question contient le fameux Guitar jamboree au cours duquel Chris imite le jeu d’ Albert King, Chuck Berry, Jimmy  Hendrix, Keith Richard, Eric Clapton, Jimmy, Page etc.

En bonne place également, un single déjà publié en 1975 et qui a pour thème la Moto:  Too fast to live, too young to die. ″ Écoute, c’est pas des blagues, j’ai eu ma nouvelle bécane aujourd’hui, c’est à couper le souffle! Viens je t’emmène où tu veux! Crois moi, à 150 c’est tellement bon de se sentir vivant ″. Ce titre, qui à l’époque est entré au top 20 anglais, c’est Motorbikin’ !

Chuck – Le Nouvel Album de Berry

Le dernier disque sorti du vivant de Chuck Berry date de 1979! A sa sortie, ″ Rock it ″ ne suscite que peu d’intérêt et, dépité, le chanteur guitariste décide alors de laisser tomber les compos pour se consacrer à la scène. Il se remet toutefois à l’écriture dans les années 2000 et enregistre chaque fois que l’envie et l’enchainement des tournées lui en laisse le loisir. La sortie de ″Chuck″, le nouvel opus, était prévue le jour du 90ème anniversaire de l’artiste. La grande faucheuse en a décidé autrement et c’est 3 mois après la mort de ″Crazy Legs″ que l’on peut découvrir ces dix nouveaux titres qui se révèlent être source d’indéniable plaisir. La voix est claire, assurée et énergique et le jeu de guitare, reconnaissable entre tous, toujours aussi incisif et assuré. Les riffs sont immédiatement reconnaissables; ils sont ceux avec lesquels le Maître a défini les règles du Rock’n’Roll dans les années 50 et 60. Malgré un ″Jamaica moon″ aux accents du même tonneau et ″Enchiladas″, une reprise de Tony Joe White, Chuck fait la part belle au Blues et Berry glorifie ce Rock qui résonne encore des échos de ″Roll Over Beethoven″ ou ″Maybellene″. Qui va s’en plaindre? Certainement pas la Lady B. Goode ou les Big Boys!

Patrick BETAILLE, , juin 2017