Roger Dean – Uriah Heep

Roger Dean Demons and Wizards

[Extrait]: Avec son style reconnaissable entre tous, le dessinateur Roger Dean, très actif au cours des années 1970 et quasiment indissociable de la discographie de Yes, a aussi œuvré pour la formation de hard-rock Uriah Heep. Dès sa création en 1969, le groupe britannique qui doit son nom à l’un des personnage de David Copperfield (Dickens), se distingue musicalement par un mariage inventif entre rock progressif et rock pêchu. Au cours des 70’s, après avoir accouché de 3 albums, David Byron (chant) et sa bande sont au sommet de leur art et brillent par une créativité prolifique. En 1972 deux LP arrivent coup sur coup dans les bacs. Le premier, Demons and Wizards se distingue par le hit Heavy RockEasy Livinet par une suite très floydienne de 15 minutes:Paradise/The Spell″. Le Second, The Magician’s Birthday, alterne lui aussi parties acoustiques, vocalises brillantes, rock punchy et délires musicaux qui flirtent parfois avec l’improvisation comme au cours des 10 minutes de l’éponyme The Magician’s Birthdayqui clôture le disque. Le point commun de ces deux albums reste qu’ils sont considérés par les fans comme les meilleurs du groupe et qu’ils se distinguent par un genre musical complexe et parfois sombre au sein duquel l’heroic fantasy occupe une place de choix, y compris au niveau des textes. Ceci expliquant cela pour ce qui concerne la contribution artistique d’un Roger Dean qui excelle dans la représentation stylisée de paysages, de mondes et de personnages étranges inspirés par le Fantastique.

Roger Dean The Magician's Birthday

Patrick BETAILLE, décembre 2017


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La Discothèque Idéale 2017

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Kim Simmonds, Witchy Feelin'   Boogie Beasts: Come and Get Me   Premier Cd Laura Cox Band

 

Maitre Gims vous donne des envies de suicide? Fréro Delavega vous en touche une sans faire bouger l’autre? Bien que 2017 n’ait pas été très généreuse question musique qui s’écoute avec les oreilles mais aussi avec les pieds, le remède existe! Le choix, bien qu’assumé, est bien évidemment relatif, partial et subjectif. Il a juste pour ambition d’entretenir l’espoir que le Rock n’est pas encore mort et de prouver que, contre vents et marées, de bonnes volontés mettent beaucoup de conviction et d’énergie pour que leur passion et leur plaisir deviennent nôtres. Le débat reste entier et ouvert mais il doit obéir à une constante et une seule: La musique c’est comme la vie, ça se respire (Francis Zegut). Une autre! Une Autre! Une autre!…

 

Seratones, premier Cd: Get Gone   Kenny Wayne Shepherd, Lay it down   Party of One, George Thorogood

Who’s Next – ¿Quién sigue?

Censure de Who's Next en Espagne

Extrait]: 1971. Who’s Next, le cinquième album studio des Who, sort le 14 août en Amérique et le 27 en Angleterre où il devient rapidement numéro 1. Aux États Unis la campagne publicitaire fait débat car l’affichage promotionnel représente deux prostituées dans une loge avec la mention ″Who’s Next?″ (à qui le tour?). Sur la pochette du disque, au beau milieu d’un paysage lunaire trône un bloc de béton contre lequel les quatre membres du groupe ont uriné. En Espagne, le gouvernement militaire du général Franco censure la jaquette jugée irrespectueuse et obscène. Polydor remplace l’image par une photo du groupe sur scène… Par la même occasion Love ain’t for keeping et Won’t get fooled again seront supprimées pour des raisons politiques et religieuses. Malgré tout l’album sera une des plus grosses ventes de l’année 1971, aux côtés de Sticky Fingers des Stones, d’Aqualung de Jethro Tull, de Led Zeppelin IV et de L.A. Woman des Doors. Bordel c’était le bon temps!

Patrick BETAILLE, novembre 2017


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Bands for Sergio – Le Rock se mobilise!

Bootleggers Bands for Sergio

Connu sur la place de Pau en tant que tatoueur talentueux, Sergio Cere a parcouru plus d’un demi million de kilomètres au guidon de son Shovel de 1975. Après à un grave accident, la vie de ce biker respectueux et respecté a dramatiquement basculé. Même après la sortie d’un long coma de trois mois, l’état de Sergio reste préoccupant. Son frère Didier, chanteur et guitariste des Bootleggers et d’Abilène (le groupe qui a mauvaise haleine! NDLR), a sollicité ses contacts au sein du milieu musical pour venir en aide à son jeune frère. L’idée consiste en l’élaboration d’un album pour lequel des artistes de talent se sont mobilisés. Parmi ceux là figurent The Dusters, Van Wilks, Jimmy Cornett, Big Joe & The Space Cowboys et bien d’autres qui ont donné le meilleur d’eux mêmes pour produire une musique si chère au cœur de Sergio et de ses amis: une compilation de 20 titres de Country, de Rock, et de Country Rock. Les fonds générés par la vente de cet album disponible très bientôt seront destinés à couvrir les frais générés par de longs mois de réadaptation dans un établissement spécialisé pour grands traumatisés crâniens. Les rockers ont du cœur et plus que jamais il est temps de le prouver en se joignant au clan des quelques 200 souscripteurs qui ont déjà répondu présent en gueulant ″Rock’n’Roll bordel!″. C’est Ici: Bands for Sergio!

Patrick BETAILLE, novembre 2017

The Beatles – Butcher Cover

Beatles: Butcher Cover

[Extrait]: Considérée comme outrageuse, la pochette de l’album Yesterday and Today des Beatles à été publiée à 60 000 exemplaires avant d’être censurée et retirée du marché. La photo de la désormais célèbre Butcher Cover, quasiment introuvable et souvent vendue plus de 10.000$, a bien sûr fait le bonheur financier des quelques heureux possesseurs de l’édition originale. Aujourd’hui c’est une version rarissime, le Graal pour certains collectionneurs, qui va être mise en vente aux Etats Unis le 11 novembre.  En 1972, John Lennon avait confié un exemplaire de l’album au collectionneur Dave Morrell. L’album en question est dédicacé : ″Pour Dave, de la part de John Lennon – 7 déc. 1971″. D’après les spécialistes, les enchères pourraient atteindre les 200 000$, un montant qui s’explique également par le caractère unique de l’objet. Il s’agit en effet d’un prototype stéréo qui aboutira finalement à l’album Yesterday and Today.


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Jeff Beck – Loud Hailer!

Wired 1976: Album Cover Art

 

Après Clapton et avant Page, Beck fut le deuxième guitariste vedette des Yardbirds. Il excelle déjà en technique et rapidité et apporte au swing du groupe une touche de psychédélisme teinté de Rhythm & Blues (Shape of things, Over under sideways down). Caractériel, individualiste, éternel insatisfait et déjà avide d’effets et de sons nouveaux, il quitte la basse cour au bout de 18 mois et fonde le Jeff Beck Group avec au chant un Rod Stewart pas encore connu mais déjà dépeigné. Deux albums, Truth et Beck Ola, viennent poser les fondements d’un genre qui fera les riches heures d’un Jimmy Page aux commande du dirigeable. En 70, Rod Stewart et Ron Wood partent fonder The Faces. Beck s’investit alors dans ce qui aurait pu être le meilleur power trio de tous les temps en débauchant de Vanilla Fudge le duo rythmique absolu: Tim Boggert à la basse et Carmine Appice aux drums. Quelques dissensions émanant de fortes personnalités et surtout un grave accident de voiture mettent fin à l’aventure après un seul album studio de Beck Boggert Appice. Le milieu des 70’s marque le retour de Beck avec cette fois un Jazz Fusion et un funk enjoué on ne peut plus personnels, bourrés de mélodies cinglantes, de distorsions rugissantes, d’effets novateurs, le tout drivé par une technique phénoménale. Du grand Jeff, comme en témoignent les instrumentaux Blow by Blow en 75 et Wired en 76.  ″ Il y avait des centaines de guitaristes faisant hurler leurs Les Paul, il fallait bien que j’essaie autre chose ″ déclare t’il dans une interview à Rolling stone! Le reste de la carrière de ce surdoué de la 6 cordes se résume en collaborations diverses (Roger Waters, Brian Wilson), tributes (Gene Vincent & Cliff Gallup) hommages (Les Paul) et giggs avec des invités triés sur le volet (Imelda May, Joss Stone…). Quand il ne s’enferme pas dans son garage, le nez et les mains plongées sous le capot de ses voitures de collection, Jeff Beck tourne et enregistre aussi! Il a récemment célébré ses 50 ans de carrière à l’ Hollywood Bowl en compagnie de Billy Gibbons, Buddy Guy, Jimmy Hall, Jan Hammer, Beth Hart et Steven Tyler. Figurent au répertoire de l’événement des titres de l’époque Yardbirds et des extraits du dynamitesque  Loud Hailer, album de 2016 annonciateur d’un retour partiel à un Heavy Rock féroce et classieux pour lequel il convient de noter la performance exceptionnelle de Rosie Bones au chant. Non Jeff t’es pas tout seul! 

Patrick BEATILLE, octobre 2017

David Gilmour – Live at Pompeii

Live at Pompeii 2016

 

7 juillet 2016 après JC! David Gilmour revient au pied du Vésuve, à l’endroit même où en 1971 le Floyd pas encore disloqué s’était mis en scène dans un rockumentaire ayant pour décor un amphithéâtre vide de tout spectateur. Autre temps, autres mœurs. Cette fois-ci le guitariste débarque flanqué d’un nouveau groupe, d’un light show conséquent, devant un public de 26 000 personnes acquis à sa cause et bien sûr avec un répertoire ciblant la promo du dernier album Rattle that Lock. Le show reste néanmoins axé sur les incontournables pour lesquels les fans se sont déplacés et c’est tant mieux car, il faut l’avouer, à deux exceptions près les huit compos récentes infligent au show une légère baisse de rythme. Sur la set list figurent ainsi un Great Gig in the Sky remanié, d’excellentes interprétations de Money et Wish You Were Here, 12 minutes enchantées de Shine on You Crazy Diamond et un magistral One of these days. Les trois derniers morceaux sont tous des classiques du Floyd: Time, Run Like Hell bourré d’effets pyrotechniques et bien sûr le majestueux Comfortably Numb qui vient clôturer le set. Les musiciens (Chuck Levell aux claviers) sont au top, heureux d’être là (ça se voit!) et ils parviennent à faire oublier l’absence des membres fondateurs du groupe originel. Quant à Gilmour, même si parfois la voix a un peu de mal à assurer dans les aigus, son jeu de guitare a rarement été aussi pur et grandiose (le deuxième solo de Comfortably Numb!).  Avec 21 titres et plus de 2h30 de scène, Live at Pompeii est indispensable à tout adepte du genre. D’autant plus indispensable qu’il bénéficie d’une édition Blu Ray boostée par une image et un son exceptionnels. Je me demande quand même comment, en ayant la chance de pouvoir assister à un tel événement, certains puissent apprécier le show en passant le plus clair de leur temps à brandir à bout de bras un putain de smartphone. Baltringues!

 

 

 

Billy Idol – Kentucky Rebel Yell!

Kentuky Whiskey, Rebel Yell

 

Au cours d’ une soirée, Billy Idol se retrouve avec Mick Jagger, Keith Richards et Ron Wood. Ça picole sévère et les lascars ont jeté leur dévolu sur un Bourbon du Kentucky qui coule à flots, le Rebel Yell.  Billy se dit que le nom du breuvage collerait bien pour une chanson. Reste plus qu’à l’écrire et c’est ce qu’il fait en collaboration avec son guitariste Steve Stevens. Le titre parait en 1983 sur l’album du même nom. Paradoxalement le texte ne fait pas référence à l’alcool: ″ With a rebel yell she cried more, more, more! ″. Pas d’allusion non plus à quelconque cri de ralliement rebelle. En fait, c’est bien de sexe débridé dont il s’agit dans Rebel Yell.

Patrick BETAILLE, octobre 2017

Annie Leibovitz – Born in the USA

Annie leibovitz: Born in the USA
Album cover Art – Photo Annie Leibovitz

 

[Extrait]: Elle est effectivement née aux Etats Unis Annie Leibovitz, dans le Connecticut. De 1970 à 1983, bien avant donc d’opérer derrière l’objectif pour la réalisation du calendrier Pirelli 2016, la photographe devient célèbre alors qu’elle travaille pour le magazine Rolling Stone. Au cours de cette période elle suit le Tour of Americas des Stones et en ramène plus de 400 clichés. Grâce à ses photos, Annie devient vite la mémoire argentique du rock et fixe pour la postérité de très nombreuses figures représentatives de l’époque… John Lennon, Beach Boys, Armstrong, Marley, Joan Baez, Leonard Cohen, Ray Charles, Chuck Berry, Elton John, Marvin Gaye, Miles Davis et tant d’autres, dont Bruce Springsteen. C’est d’ailleurs pour le patron du  E Street Band qu’en 83 Annie Leibovitz réalise les images qui seront utilisées pour la jaquette de l’emblématique Born in the USA. A la sortie de l’album, le Boss de dos, en jeans, debout devant le drapeau américain ne fait pas l’ unanimité. Le drapeau, que Springsteen souhaitait voir apparaître sur le disque, est évidemment en rapport avec le premier morceau de l’album Born in the USA, véritable hymne aux vétérans du Vietnam méprisés au retour dans leur patrie. Certains Républicains accusent le chanteur de laisser penser qu’il est en train d’uriner sur le Stars & Stripes. A contrario, d’autres y voient un hymne patriotique et nationaliste, à commencer par George Bush en 84 et Ronald Reagan en 88 qui utilisent la chanson à des fins électorales. Springsteen n’apprécie pas du tout, d’autant plus que le détournement a eu lieu sans son consentement.


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Savoy Brown – Witchy Feelin’

Kim Simmonds, Witchy Feelin'Savoy Brown! 52 ans d’existence. Plus de 30 albums et un line up qui, au fil des années, a vu passer une bonne soixantaine de musiciens. Ainsi peut se résumer la carrière de ce combo anglais qui depuis 1965 a fidèlement marqué au sceau du Chicago Blues la scène musicale internationale. Dans ce contexte subsiste néanmoins une constante inaltérable: la présence Kim Simmonds. Fondateur du groupe, multi instrumentiste mais surtout guitariste et chanteur ce gallois a toujours été considéré en tant que l’un des pères fondateurs du British Blues. Il est aujourd’hui accompagné de Garnet Grimm aux drums et de Pat DeSalvo à la basse. C’est donc sous la forme d’un Power Trio que Savoy Brown revient avec ce disque édité par Ruf Records. 11 tires, quasiment une heure de musique qui s’écoute avec les pieds et qui aborde les thèmes et les gimmicks chers au Blues y compris dans sa version Rock. Si le genre est immédiatement reconnaissable (et je dis: tant mieux!), l’album passe haut la main le cap de la redite facile et s’avère au final bien plus qu’ acceptable. Certains titres deviennent même exceptionnels, notamment quand Simmonds oublie son statut de vétéran pour se laisser aller dans l’expression de ce dans quoi il excelle et qui fait que l’on comprend pourquoi Savoy Brown a toujours su résister à l’épreuve du temps. Un bon gros Blues, une rythmique imparable sur un tempo bien lourd et surtout  une wah-wah en surcharge émotionnelle dont les trémolos vous catapultent direct dans l’œil du cyclone: Thunder, Lightning & Rain.

Patrick BEAILLE, octobre 2017